Villadin

commune française du département de l'Aube

Villadin
Villadin
La mairie.
Blason de Villadin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Nogent-sur-Seine
Intercommunalité Communauté de communes de l'Orvin et de l'Ardusson
Maire
Mandat
Claude Tenneguin
2020-2026
Code postal 10290
Code commune 10410
Démographie
Gentilé Cruchons
Population
municipale
112 hab. (2017 en diminution de 11,11 % par rapport à 2012)
Densité 9,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 06″ nord, 3° 40′ 53″ est
Superficie 12,35 km2
Élections
Départementales Canton de Saint-Lyé
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Villadin

Villadin est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

GéographieModifier

Communes limitrophes de Villadin
Saint-Lupien
Marcilly-le-Hayer   Faux-Villecerf
Aix-Villemaur-Pâlis

Le village est bâti sur le flanc d’une colline boisée culminant à 272 m et qui marque la limite entre la plaine champenoise et le pays d’Othe. On y trouve des paysages variés, culture céréalière, coteaux autrefois couverts de vignes, vallons, bois de pins et forêt de feuillus, qui ne manquent pas de pittoresque.

HistoireModifier

Les origines

La première mention écrite connue du village ne date que du XIIIe siècle mais le site était déjà habité à l’époque néolithique comme en témoignent les nombreux vestiges découverts sur le finage ou les environs immédiats : haches de pierre plus ou moins polies, couteaux et pointes de flèches en silex, un polissoir à quinze rainures, un dolmen renfermant un cadavre détruit en 1854.

De l’époque celtique, il reste un important dépôt de scories témoignant d’une intense activité métallurgique exploitant le minerai de fer local aux lieudits la Ferrière et Mâchefer. De la fin de l’époque gallo-romaine date une importante nécropole mise au jour en 1842 sur le chantier de l’actuelle D 374 : trente tombes contenant des vases funéraires et autres céramiques ainsi que des clous et crochets rouillés.

Le Moyen Âge

Le premier nom du village est Viler Adam mentionné en 1264 dans une charte de l’abbaye de Sellières. Le nom évoque un petit domaine agricole fondé par un certain Adam, probablement à l’époque mérovingienne.

On ne sait pas si Villadin a d'abord eu des seigneurs laïques mais en 1342 le fief est tenu par le prieuré Notre-Dame de Pont-sur-Seine, filiale de l’abbaye de Cormery en Touraine, qui le conservera jusqu’à la Révolution. La maison seigneuriale se situait face à l’église où se dresse aujourd’hui une imposante demeure construite au XVIIIe siècle que tout le monde appelle le Château. En 1308, le curé de Villadin est le principal témoin à charge dans le procès de Guichard, évêque de Troyes accusé d’avoir fait mourir par ensorcellement la reine Jeanne de Navarre et tenté d’empoisonner le prince héritier Louis le Hutin.

Au Moyen Âge existait à l’est du village le hameau de Verrois ou Verrault détruit pendant la guerre de Cent-ans.

Le pays des Cruches

Villadin est connu dans la région comme étant le pays des Cruches et ses habitants portent allègrement le sobriquet de Cruchons. La présence sur place de gisements d’argiles de diverses qualités a permis le développement d’un important artisanat de poterie qui a perduré jusqu’en 1885. Le premier potier connu est Jacquin qui en 1399-1400 livrait à l’évêque de Troyes dans son château d’Aix-en-Othe des pots vernissés et des tuyaux en terre cuite pour alimenter sa fontaine.

Au milieu du XVIe siècle, il y avait neuf potiers à Villadin et en 1788, on en recensait vingt. En 1992, un four daté du règne d’Henri IV a été découvert au centre du village. La poterie de Villadin était essentiellement une poterie de bouche de faible valeur : pots, cruches, gourdes, égouttoirs à fromages, casseroles à queue droite etc. Elle a fait la renommée de la localité mais il n’en reste pratiquement rien. Par contre, on trouve ici et là, y compris au musée de Troyes, des épis de toiture locaux du XVIIIe siècle en faïence qui représentent pour la plupart des soldats de Louis XV coiffés du tricorne.

Les tuileries

L’argile locale et d’importantes ressources en bois ont permis également le développement d’une importante activité de tuilerie-briqueterie sur la colline qui domine la commune. Vers 1850, cinq tuileries employant une trentaine de personnes produisaient annuellement deux millions de marchandises de toutes sortes, tuiles, briques, corbeaux, carreaux, qui se vendaient dans un rayon de 30 km. Si on ajoute les 54 bonnetiers-paysans travaillant à façon pour des négociants de Troyes, on comprend que Villadin ait pu compter jusqu’à 523 habitants en 1866 contre 142 actuellement.

Aujourd’hui la principale ressource de la commune est sa forêt. Le seul commerce de la localité est la boutique Nature et Paysans qui vend des produits bio, y compris du pain cuit dans un four à bois du XIXe siècle.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Michel Gromard[1]    
mars 2014 En cours Claude Tenneguin
Réélu pour le mandat 2020-2026 [2]
SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2017, la commune comptait 112 habitants[Note 1], en diminution de 11,11 % par rapport à 2012 (Aube : +1,44 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
383392389377466488515498478
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
487504523488468450413352336
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
321278255227235236218182177
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
158152123121102134141128118
2017 - - - - - - - -
112--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âgesModifier

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (44,5 %) est en effet supérieur au taux national (21,8 %) et au taux départemental (23,4 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51,6 % contre 48,7 % au niveau national et 48,7 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2008, la suivante :

  • 51,6 % d’hommes (0 à 14 ans = 21,2 %, 15 à 29 ans = 9,1 %, 30 à 44 ans = 13,6 %, 45 à 59 ans = 16,7 %, plus de 60 ans = 39,4 %) ;
  • 48,4 % de femmes (0 à 14 ans = 8,1 %, 15 à 29 ans = 11,3 %, 30 à 44 ans = 16,1 %, 45 à 59 ans = 14,5 %, plus de 60 ans = 50 %).
Pyramide des âges à Villadin en 2008 en pourcentage[7]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
0,0 
12,1 
75 à 89 ans
24,2 
27,3 
60 à 74 ans
25,8 
16,7 
45 à 59 ans
14,5 
13,6 
30 à 44 ans
16,1 
9,1 
15 à 29 ans
11,3 
21,2 
0 à 14 ans
8,1 
Pyramide des âges du département de l'Aube en 2008 en pourcentage[8].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,4 
90  ans ou +
1,3 
6,5 
75 à 89 ans
10,3 
13,7 
60 à 74 ans
14,3 
21,2 
45 à 59 ans
20,6 
20,2 
30 à 44 ans
19,1 
19,0 
15 à 29 ans
17,1 
19,1 
0 à 14 ans
17,3 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • L’église

L’église paroissiale de la Translation-de-Saint-Martin-et-de-Saint-Maur a été plusieurs fois remaniée. L’abside et le chœur, voûtés en ogives, datent du XVIe siècle. Dans le chœur, un vitrail du XVIe siècle représente l’Arbre de Jessé et un groupe sculpté en pierre polychrome montre saint Martin partageant son manteau. Ces deux œuvres sont classées.

La nef du XIIe siècle est couverte d’une voûte en berceau sous une charpente de chêne construite en 1802. Les fonts baptismaux et le maître-autel, œuvres du sculpteur baralbin Gabriel Chevaldin, sont du XIXe siècle. Le chemin de croix en panneaux peints date de 1863. Quant à la tour-clocher, elle a été érigée au XVIIIe siècle avec le concours du célèbre architecte Nicolas Ledoux en remplacement d’un clocher-flèche situé au-dessus de la nef qui menaçait ruine.

La chapelle de la Vierge, construite au XVIIIe siècle « au droit de la nef », a été réaménagée en 1860 en l’honneur de Notre-Dame de la Salette, notamment par la pose d’un nouveau retable de pierre, lui aussi dû à Chevaldin, reléguant la Piéta classée du XVIe siècle sur les marches de l’autel. Le vitrail de la Salette réalisé grâce à une souscription par André Vinum, maître verrier à Troyes, a été posé en 1993.

  • Le tertre de la Salette

La Salette est une petite commune de l’Isère où la Vierge Marie serait apparue en pleurs à deux enfants le . L’endroit devient vite un lieu de pèlerinage où se rend en 1859 l’abbé Renault, curé de Villadin, atteint d’une infirmité rebelle à tous les traitements. Il en revient guéri et fait le vœu d’instaurer dans sa paroisse le culte de Notre-Dame de la Salette. Il crée une confrérie dont le but « est de fléchir par l’entremise de la Sainte Vierge la colère du Seigneur irrité par la violation des commandements et des lois de son Église, de prier pour la conversion des pécheurs, de travailler à sa propre sanctification. » Il transforme la chapelle de la Vierge de l’église paroissiale et institue chaque année un exercice spirituel le dimanche qui suit le . Ce « pèlerinage » ne prendra jamais une grande importance et restera strictement local.

Dans les années 1970, l’abbé Lebois, curé de Saint-Lupien desservant Villadin, entreprend de ressusciter le pèlerinage de Villadin tombé quelque peu en léthargie. Le diocèse acquiert un terrain où il fait dresser trois statues : la Conversation inaugurée le en présence de plus de 1000 personnes, la Vierge en pleurs en 1974, la Vierge de l'assomption" en 1976. La première est un tirage en pierre reconstituée d'un modèle créé vers 1898 par le Lyonnais Pierre Vermare, les deux dernières sont l’œuvre d’André Simon, de Mesnil-Saint-Loup.

Chaque année, les pèlerins se rendent en procession de l’église au tertre portant une petite statue en bois de N.-D. de la Salette, œuvre du même sculpteur.

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason
Taillé : au 1er de gueules au cruchon d'or, au 2e d'or au rameau de chêne de sinople posé en barre.
Détails
Le cruchon évoque la tradition du travail de l'argile au village et le rameau de chêne représente la forêt.
Adopté par la municipalité en 2006.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier