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Université Paris-Nanterre

université française dont le campus principal est situé à Nanterre, en Île-de-France
(Redirigé depuis Université Paris X)
Université Paris Nanterre
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Histoire et statut
Fondation
1970
Type
Forme juridique
Régime linguistique
Président
Localisation
Campus
Localisation
Pays
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Chiffres-clés
Étudiants
33 000
Enseignants
2 000
Budget
160 millions d'euros (2016)[1]
Divers
Membre de
Site web

L’université Paris-Nanterre ou « Université Paris Nanterre », dont le nom officiel est Paris-X[2], est une université française dont le campus principal est situé à Nanterre, en Île-de-France.

L'université est héritière de la faculté des lettres et sciences humaines fondée en 1964 et de la faculté de droit et des sciences économiques créée en 1966 afin de désengorger la Sorbonne : elle est le théâtre d'événements qui ont marqué le monde universitaire à la fin des années 1960. Elle offre aujourd'hui des formations en langues, philosophie, lettres, sciences humaines, sport, sciences économiques, management, droit, sciences psychologiques et sciences sociales.

L'université compte deux mille enseignants-chercheurs, sept cents membres du personnel administratif et technique et plus de trente-trois mille étudiants.

Sommaire

HistoireModifier

Les constructions des années 1960Modifier

En 1958, une première vague d'étudiants parisiens s'installe dans les locaux vacants de l'Établissement central du matériel aéronautique (ECMA, ex-Base aérienne 119 Nanterre), qui avait abrité une école de mécaniciens d'avions[3].

L'esprit de la créationModifier

À sa création en 1965, Nanterre "a soulevé de grands espoirs" et "devait être le lieu d'expérimentation d'un enseignement renouvelé, l'esquisse de l'Université de demain", en profitant de l'apport de "célèbres professeurs" qui "ont volontairement quitté la Sorbonne pour participer à la Grande Aventure"[4]. Henri Lefebvre, professeur de sociologie de 1965 à 1968, influence les étudiants qui initient le mouvement de Mai 68, puis livre une analyse à chaud des événements[5].

Ces "grands espoirs" sont rapidement déçus. Pour être moderne, "il ne suffit pas d'utiliser du béton et du verre", dénoncera quatre ans après un étudiant , cité par L'Express, en pointant aussi la vanité du "club des professeurs": vaste salle vitrée, calme, pastel, fauteuils profonds et tables basses[4]. En 1964, Nanterre accueille 2 300 étudiants et en 1968 elle a dû en absorber 12000[4].

La construction du bâtiment de lettres en 1963, la fac de droit ouvre en 1966Modifier

En , débutent les études de bâtiments pour la faculté de lettres. Leur édification s'amorce le pour s'achever en 1969.

Le la faculté de lettres et de sciences humaines est ouverte, comme annexe de la Sorbonne. Elle devient l'un des plus gros centres d'enseignement parisiens destinés à désengorger la Sorbonne ; s'ensuit l'ouverture de la faculté de droit en 1966, rattachée à celle du Panthéon[3].

Un immense couloir relie cinq bâtiments de la « barres des sciences sociales » (A à E) et dessert les amphithéâtres[6]. Le C, au centre, avec sa caféteria, est stratégique. Le bâtiment DD est adossé à l’historique bâtiment D en 1992 par Paul Chemetov[6]. Dans le prolongement du bâtiment A, la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie dite MAE ouvre ses portes en 1996-1997[6].

La petite gare de « La Folie »Modifier

Au départ la gare de « La Folie » était une baraque en bois, du type "Far West", vite perçue comme inadaptée aux flux des étudiants[6] et causant l’enclavement du campus universitaire par rapport au reste de la ville[6]. Une rampe sortant de la gare a été construite en 1964, l’année de l’inauguration du campus. En 1972, l’arrivée du RER[6], un an après l'achèvement de la préfecture, a transformé la physionomie de la gare[6].

Le restaurant universitaireModifier

En 1962-63, trois à cinq projets de restaurants universitaires sont planifiés pour la faculté[6]. Ouverture, à proximité de la bibliothèque universitaire, en 1967[6]. Durant ses premières années il est symbole de l’ouverture sur l’extérieur les jeunes des cités et bidonvilles venant s’y restaurer[6]. Un petit déjeuner est d'abord servi le matin pour un public clairsemé de résidents[6]. Longue attente après la fermeture du bâtiment en 1970, pour des questions de propriété[6].

La bibliothèque universitaireModifier

La bibliothèque universitaire, haute de 57 mètres[6] et achevée en 1969[6], est le dernier édifice de l’architecte Edouard Albert, disparu avant la fin du chantier[6].

La résidence universitaireModifier

La résidence ouvre le 3 novembre 1965[6], c'est la deuxième de la région en nombre de lits[6]. L’Association des résidents (ARCUN), fondée et présidée par Dominique Tabah, compte 800 inscrits pour 1 400 résidents dès 1967[6]. L'écrivain Robert Merle, professeur d'anglais sur le campus, en fait l'épicentre de son roman "Derrière la vitre"[7].

Avec 4 tours de 9 étages et 4 barres de cinq étages, cuisine collective au bout du couloir[6] de 20 ou 30 chambres, 3 douches, WC et un seul téléphone au milieu, la "Cité U" donne sur le bidonville du Pont de Rouen et sur l’école du Petit Nanterre qui accueille les enfants des bidonvilles[6]. Le foyer F, la salle Mimosa dans la chaufferie, et celle du centre culturel au milieu des pelouses, accueuillent les fêtes étudiantes réputées des années 1980[6], quand est fondée en 1984 une nouvelle "Association des résidentes de Nanterre".

La bibliothèque et le centre sportifModifier

Le centre sportif est inauguré le 1er janvier 1968[6].

La bibliothèque universitaire, haute de 57 mètres[6] et achevée en 1969[6], est le dernier édifice de l’architecte Edouard Albert, disparu avant la fin du chantier[6].

 
Vue générale du campus de Nanterre.

Les constructions ultérieuresModifier

 
Le théâtre Bernard-Marie Koltès de l'université (situé dans le bâtiment L) lors d'un concert de l'association MELO'DIX le 27 mars 2012.

Les édifications successives se sont faites aux dates suivantes :

  • 1992 : ouverture du bâtiment DD qui abrite les sciences sociales ;
  • 1995 : ouverture du bâtiment L, avec son théâtre, pour l'UFR LLPhi (littératures, langage, philosophie) ;
  • 1996 : ouverture de la Maison Archéologie et Ethnologie René-Ginouvès, pour une recherche fédérative (CNRS, Paris I, Paris X) ;
  • 1997 : création de la Maison de la recherche « Max Weber » (détruite en 2010) ;
  • 2002/2003 : réhabilitation des bâtiments B et F et construction d'une galerie de cheminement ;
  • 2003 : aménagement du carré central pour des installations sportives et des espaces verts rénovés ;
  • 2005 : ouverture du bâtiment des services logistiques et du laboratoire de psychophysiologie ;
  • 2006/2007 : construction d'un bâtiment destiné à abriter l'UFR des sciences et techniques des activités physiques et sportives ;
  • 2006 : rénovation et installation de matériel de projection de cinéma dans l'amphithéâtre Henri Lefebvre (amphi B2), qui devient ainsi la plus grande salle de cinéma numérique d'Île-de-France ;
  • 2008/2009 : construction du nouveau bâtiment de langues (inauguré en 2010) ;
  • 2009 : rénovation du hall du bâtiment G (UFR SEGMI), et construction d'une cafétéria ;
  • 2010 : ouverture du bâtiment des Langues (V), abritant les formations de l'UFR de langues et civilisations étrangères ;
  • 2011 : ouverture de la Maison des Étudiants (bâtiment R), accueillant des associations étudiantes et des bureaux de services destinés aux étudiants ;
  • 2016 : ouverture de la Maison des SHS (portant également le nom de Max Weber).

En 1970, la crétation des UER et le rattachement de l'IUTModifier

L'année 1970 voit la création de l'université pluridisciplinaire Paris X[8] (nom d'usage « Paris X Nanterre ») rassemblant les UER issues des deux facultés et le rattachement de l'IUT de Ville-d'Avray à l'université.

La créations des antennes décentralisées en 1985 et 1989Modifier

En 1984, la promulgation de la loi Savary, qui crée des UFR actuelles (renouveau et élargissement de la carte des diplômes) favorise en 1985 l'ouverture d'une antenne à Saint-Quentin-en-Yvelines puis en 1989 l'ouverture d'une autre antenne à Cergy-Pontoise et en 1991 : Saint-Quentin et Cergy deviennent des universités de plein exercice.

Les innovations des années 1990, 2000 et 2010Modifier

  • 1992 : élargissement de l'UFR SSA (sciences sociales et administration), création d’ateliers informatiques ;
  • 1999 : création de nouvelles filières (IUP) ;
  • 2000 : création de l'UFR SITEC (systèmes industriels et techniques de communication) sur le site de l'IUT de Ville d'Avray et de Saint-Cloud ;
  • 2008 : nom d'usage : « université Paris-Ouest Nanterre La Défense »[9] ;
  • 2016 : un nouveau nom d'usage est choisi « université Paris-Nanterre[10] ».

L'objectif de réaménagement de l'université et de ses environs est financé grâce au projet de l'Établissement public d'aménagement Seine-Arche[11] visant à désenclaver l'espace derrière la Défense en détruisant des tronçons de routes ainsi que des voies ferrées et en construisant de nouveaux bureaux. Il bénéficie aussi du projet U3M (universités du 3e millénaire) (durée des travaux d'environ quinze ans).

Le conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par Patrick Devedjian (UMP), avait supprimé en une subvention annuelle de 900 000 euros versée depuis quatre ans[12]. La subvention a été rétablie en dans le cadre d'une convention d’objectif en vue de la création d’un institut du numérique[13]. Depuis, cette subvention de 750 000 euros a été supprimée par le président du conseil général des Hauts-de-Seine, alors que dans le même temps le Pôle universitaire Léonard-de-Vinci, dont la création a été très controversée a reçu une dotation du conseil général une subvention de 7 millions d'euros[14]. Ainsi l'arrêt de cette subvention a engendré la disparition de l'institut du numérique de l'université de Nanterre.

L'université Paris-Ouest, dans le cadre du projet de Grand Paris, a initié un partenariat avec le pôle Léonard de Vinci[15].

Historique des doyens et présidentsModifier

Doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Paris à Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1965 - 1968 Pierre Grappin Professeur des Universités Langue et littérature allemandes
1968 - 1969 Jean Beaujeu Professeur des Universités Langue et de littérature latines
1969 - 1970 Paul Ricœur Professeur des Universités Philosophie
1970 - 1971 René Rémond Professeur des Universités Histoire
Doyen de la faculté de droit et des sciences économiques de l'université de Paris à Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1968 - 1969 Philippe Malaurie Professeur des Universités Droit
1970 - 1970 Jean-Maurice Verdier Professeur des Universités Droit
Liste des présidents successifs de l'université Paris X Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1970 - 1971 Eugène Schaeffer Professeur des Universités Droit
1971 - 1976 René Rémond Professeur des Universités Histoire
1976 - 1981 Jean-Maurice Verdier Professeur des Universités Droit
1981 - 1983 Carol Heitz Professeur des Universités Histoire de l'art
1983 - 1988 Michel Imberty Professeur des Universités Psychologie
1988 - 1993 Paul Larivaille Professeur des Universités Langue et littérature italiennes
1994 - 1997 Michel Imberty Professeur des Universités Psychologie
1998 - 2003 André Legrand Professeur des Universités Droit
2003 - 2008 Olivier Audeoud Professeur des Universités Droit
2008 - 2012 Bernadette Madeuf Professeur des Universités Sciences économiques
depuis 2012 Jean-François Balaudé Professeur des Universités Philosophie

ComposantesModifier

 
Bâtiments DD et C des UFR SSA et SPSE

Avec 268 diplômes préparés et environ 8 000 diplômés chaque année, l'université regroupe 9 unités de formation et de recherche, un IUT et un institut. La réforme LMD pour une harmonisation des diplômes au niveau européen est appliquée pour une grande partie des formations proposées.

Unités de formation et de rechercheModifier

L'université Paris Nanterre s'organise autour de huit unités de formation et de recherche (UFR)[16].

(Données chiffrées et organigramme en date de mai 2010)

InstitutsModifier

CampusModifier

Les trois campus de l'université Paris Nanterre sont situés dans le département des Hauts-de-Seine, à proximité du site de la Défense.

Campus de NanterreModifier

 
Campus de Nanterre.

Situé à proximité du quartier d'affaires de la Défense et du centre ville de Nanterre, le campus de Nanterre, principal campus de l'université, s'étend sur près de trente hectares et regroupe autour de son « carré vert » central :

  • l'essentiel des locaux d'enseignement et de recherche de l'université ;
  • la bibliothèque universitaire (BU) et La contemporaine ;
  • la Maison Archéologie et Ethnologie René-Ginouvès (MAE) ;
  • la Maison de l'étudiant ;
  • le restaurant universitaire (RU) ;
  • une résidence universitaire du CROUS de l'académie de Versailles d'une capacité d'accueil de 1 400 chambres ;
  • une piscine olympique ;
  • un centre sportif universitaire comprenant une salle omnisports, des salles spécialisées et de nombreux terrains extérieurs ;
  • une salle de cinéma (bâtiment B amphi B2) d'une capacité d'environ 1 000 places ;
  • un théâtre, le théâtre Bernard-Marie-Koltès ;
  • un espace d'exposition, l’espace Reverdy.

Campus de Ville-d'AvrayModifier

Il accueille dans les locaux de l'ancienne école technique aéronautique le secteur technologies industrielles de l'université. Le site regroupe ainsi un bâtiment d'enseignement et de recherche et les ateliers dans lesquels les étudiants des formations professionnalisées reçoivent des enseignements pratiques. On y trouve également un restaurant universitaire et une cafétéria.

Campus de Saint-CloudModifier

Le campus de Saint-Cloud est dédié aux formations préparant aux métiers du livre et de la communication audiovisuelle. Ouvert à la rentrée 1999, ce bâtiment regroupe les locaux d'enseignement et de recherche et inclut une cafétéria.

Enseignement et rechercheModifier

Centres de recherche actuelsModifier

Au cours du contrat quinquennal 2014-2018, l'université Paris compte 41 centres de recherche, dont 13 unités mixtes de recherche (UMR). Ces unités de recherche regroupent plus de 1 000 personnes, dont plus de 700 enseignants-chercheurs de l'université Paris-Ouest, mais aussi plus de 150 enseignants-chercheurs d'autres universités, plus d'une centaine de chercheurs du CNRS et plusieurs dizaines de chercheurs provenant d'autres établissements.

  • EA1586 - Centre des sciences de la littérature française (CSLF)
  • EA1587 - [Centre d'histoire sociale et culturelle de l'Occident (XIIIe – XVIIIe siècles) (CHiSCO)
  • EA1589 - Centre de recherche éducation et formation (CREF)
  • EA2320 - Centre d'études juridiques européennes et comparées (CEJEC)
  • EA2931 - Centre de recherche sur le sport et le mouvement (CeRSM)
  • EA3454 - Modélisation aléatoire de Paris X (MODAL'X)
  • EA3456 - Laboratoire éthologie cognition développement (LECD)
  • EA3457 - Centre de droit civil des affaires et du contentieux économique (CEDCACE)
  • EA369 - Études romanes
  • EA370 - Centre de recherches anglophones (CREA)
  • EA381 - Centre de recherche en droit public (CRDP)
  • EA382 - Centre de droit international de Nanterre (CEDIN)
  • EA3931 - Littérature et poétique comparées
  • EA3932 - Sociologie et philosophie politiques (SOPHIAPOL)
  • EA3982 - Centre de droit pénal et de criminologie (CDPC)
  • EA4004 - Cognition humaine et artificielle (CHART) (sous la tutelle déposante de l'université Paris-VIII, également sous la tutelle de l'EPHE et de l'université de Lorraine)
  • EA4223 - Centre d'études et de recherches sur l'espace germanophone (CEREG) (sous la tutelle déposante de l'université Sorbonne-Nouvelle)
  • EA4386 - Laboratoire parisien de psychologie sociale (LAPPS)
  • EA4414 - Histoire des arts et des représentations (HAR)
  • EA4415 - Thermique interfaces environnement (TIE)
  • EA4416 - Laboratoire d'énergétique mécanique et électromagnétisme (LEME)
  • EA4417 - Centre d'histoire et anthropologie du droit (CHAD)
  • EA373 - Institut de Recherches Philosophiques (IREPH-DIPSA)
  • EA4418 - Centre de recherches pluridisciplinaires multilingues (CRPM)
  • EA4419 - Institut de recherche juridique sur l'entreprise et les relations professionnelles (IRERP)
  • EA4429 - Centre d'études et de recherches sur les organisations et la stratégie (CEROS)
  • EA4430 - Clinique psychanalyse développement (CLIPSYD)
  • EA7339 - Dispositifs d'information et de communication à l'ère numérique - Paris, Île-de-France (DICEN IDF) (sous la tutelle déposante du CNAM, également sous la tutelle de l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée)
  • UMR7041 - Archéologies et sciences de l'Antiquité (ArScAn) (sous la tutelle déposante de l'université Panthéon-Sorbonne, également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7055 - Préhistoire et technologie (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7014 - Centre de théorie et analyse du droit (CTAD) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7114 - Laboratoire modèles, dynamiques, corpus (MoDyCo) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7186 -Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7217 - Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) (sous la tutelle déposante de l'université Paris-VIII, également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7218 - Laboratoire architecture, ville, urbanisme, environnement (LAVUE) (également sous la tutelle de l'université Paris-VIII, de l'ENSA Paris-Val de Seine et du CNRS)
  • UMR7220 - Institut des Sciences sociales du Politique (ISP) (également sous la tutelle de l'École normale supérieure de Cachan et du CNRS)
  • UMR7235 - Economix (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7533 - Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS) (également sous la tutelle de l'université Panthéon-Sorbonne, de l'université Paris-Diderot, de l'université Paris-VIII et du CNRS)
  • UMR8168 - Mondes américains, sociétés, circulations, pouvoirs (XVe – XXIe siècles (MASCIPO) (sous la tutelle déposante de l'École des hautes études en sciences sociales, également sous la tutelle de l'université Panthéon-Sorbonne, du Collège de France et du CNRS)
  • UMR8533 - Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société (IDHES) (sous la tutelle déposante de l'université Panthéon-Sorbonne, également sous la tutelle de l'université Paris-VIII, l'École normale supérieure Paris-Saclay, l'université d'Évry-Val-d'Essonne et du CNRS)
  • UMR8238 - Laboratoire d'études de genre et de sexualité (LEGS) (également sous la tutelle de l'Université Paris-VIII et du CNRS)

Et une unité de service et de recherche :

Et aussi une fédération de recherche :

  • FR2393 - Institut de linguistique française (également sous la tutelle du CNRS)

ScientométrieModifier

L'université Paris-Nanterre n’est pas ou mal classée dans les principaux classements mondiaux des universités.

Cette situation est liée pour l’essentiel à la méthodologie de ces classements internationaux. Les spécificités de l'université Paris-Ouest la pénalisent en effet fortement ; il s’agit d’une université française, essentiellement centrée sur les sciences humaines et sociales, alors que ces classements favorisent très fortement les établissements généralistes ou spécialisés en sciences exactes dont les recherches sont publiées en anglais[17].

Évolution démographique et budgetsModifier

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
33 661[18]31 569[19]27 676[20]29 820[21]30 426[22]30 257[23]29 643[24]29 345[25]
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
28 873[26]29 459[27]29 866[28]31 807[29]31 928[30]32 381[31]-33 673[32]
2016 2017 - - - - - -
-33 600------

Le budget 2012 s'élève à 155 millions d'€ (2013). Par rapport à 2012, la hausse des crédits n'est que de 0,83 % ([39]), soit moins que l'inflation (cf. coup de sang de Pierre Dubois).

Mouvements étudiants des années 1960Modifier

À partir de 1966, l'université se fait surtout remarquer comme le théâtre du développement des groupes d'extrême gauche et les prémices du mouvement de 1968.

L'arrivée des anarchistes en 1964 et 1965Modifier

Article détaillé : Anarchisme.

La Liaison étudiante anarchistes apparait à Nanterre dans le sillage des rapprochements depuis 1963 des anarchistes avec le Comité de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER), à Nantes, Srasbourg ou la Sorbonne, au sein d'une "Tendance, syndicaliste révolutionnaire" de l'UNEF. Richard Ladmiral et Thomas Ibáñez entament à la Sorbonne, dès la rentrée 1963 au sein de l'UNEF une collaboration assez étroite avec la « Tendance syndicaliste révolutionnaire » impulsée par les lambertistes de l'UNEF[33],sur le modèle de l’alliance tissée dans la région de Saint-Nazaire [33]. En Mai 68 à Nantes, des ouvriers "lambertistes" seront aux débuts du mouvement de grève générale[34] de Mai 68. Ils sont aidés apr Alexandre Hébert, responsable régional de Force ouvrière et la figure de proue locale entre anarcho-syndicalistes et lambertistes.

La LEA diffuse à la rentrée 1964 un communiqué dans Le Monde libertaire[33] convoquant une réunion, en octobre, à son local de la rue Sainte-Marthe[33]: une douzaine d’étudiants, y viennent, pami eux, Jean-Pierre Duteuil et Georges Brossard – fraichement inscrits à la nouvelle université de Nanterre[33]. Venu du lycée de Nanterre, Jean-Pierre Duteuil participé à l’envahissement de la pelouse lors d’un match de rugby à Colombes entre la France et l’Angleterre devant les caméras de télévision mais a aussi rencontré des militants anarchistes italiens en Italie. La LEA Nanterre prône l'interruptions de cours, le refus systématique de tout pouvoir, fût-il symbolique, et la critique virulente du contenu de l’enseignement[33].

La LEA de Nanterre accueille à la rentrée 1965 Daniel Cohn-Bendit, qui a connu des militants de Nanterre lors du camping international libertaire organisé par la FIJL en 1965 á Aiguilles, dans le Queyras[35],[36]. Elle publie fin 1965 une brochure "Positions sur l’enseignement et le syndicalisme", dénonçant "la classe dirigeante qui organise l’éducation nationale (...) pour renforcer les positions des monopoles sur le marché du travail" , l’évaluation scolaire, qui "éduque dans un état d’esprit arriviste et de compétition" ou l’enseignement de l’histoire qui donne "l'explication des guerres par les seules ruptures diplomatiques"[37].

Puis elle voit apparaitre en son sein la TSFR (Tendance Syndicale Révolutionnaire Fédéraliste), qui début 1967, se fait élire au bureau de l’UNEF en philosophie / sociologie / psychologie , grâce à l’absence d’une partie du bureau[37].

"Les Provos hollandais nous ont montré un des moyens de créer ce type de situation qui aggrave les conflits, libère les énergies, montre à chacun son vrai rôle", explique cette TSRF, qui pratique dénonciation et provocation systématiques de toute forme de répression[37], ainsi que le soutien écrit à toutes les actions directes qui apparaissent : "occupations du restau-U, du bâtiment des filles de la cité, et une foule d’autres actions auxquelles nous n’avons pas pensé", écrit son journal[37].

La LEA voit apparaitre en son sein la TSFR (Tendance Syndicale Révolutionnaire Fédéraliste), qui début 1967, se fait élire au bureau de l’UNEF en philosophie / sociologie / psychologie , grâce à l’absence d’une partie du bureau[37].

"Les Provos hollandais nous ont montré un des moyens de créer ce type de situation qui aggrave les conflits, libère les énergies, montre à chacun son vrai rôle", explique cette TSRF, qui pratique dénonciation et provocation systématiques de toute forme de répression[37], ainsi que le soutien écrit à toutes les actions directes qui apparaissent : "occupations du restau-U, du bâtiment des filles de la cité, et une foule d’autres actions auxquelles nous n’avons pas pensé", écrit son journal[37].

La brouille entre Cohn Bendit et les "enragés" après la soirée du 22 mars est mise en scène dans "Coup double sur Mai 68" Roman de Patrick Haas aux Editions L'Harmattan[38].

La grève de novembre 1967 et la "Commission Campus"Modifier

Le 17 novembre 1967, les étudiants en sociologie lancent un mot d'ordre de "grève sauvage", en accord avec leurs professeurs: les étudiants sont là et discutent de leurs problèmes avec ces derniers[4]. Pour la majorité des étudiants, cette grève ne remettait pas en cause le principe de la réforme Fouchet, mais ses modalités: travaux pratiques surchargés, manque de bibliothèques, problème des équivalences entre l'ancien et le nouveau régime, observe L'Express[4].

Le mouvement gagne l'ensemble de la faculté et dure 10 jours: il obtient la constitution d'une commission mixte (étudiants, professeurs) chargée d'élaborer les propositions communes à soumettre au ministère[4]. Une solution dont sont satisfaits les étudiants qui ont créée en novembre 67 la "Commission Campus", voulue par les modérés[39]. Ces "modérés" condamnent les "minorités agissantes"[4], sur fond de crise de l'UNEF et de crise de l'Union des étudiants communistes, qui refusent cette réforme "technocratique" et dénoncent au contraire l'asservissement de l'Université aux besoins immédiats de l'industrie[4].

La grève démarre à Nanterre pour protester contre le plan Fouchet, qui prévoit le développement de formation courtes dans le premier cycle[40]. Début 1968, Dominique Tabah et sa sœur sont interviewées, en tant que dirigeantes de l'association des résidents de Nanterre, dans un film documentaire de Victor Franco et Claude Ventura réalisé pour l’ORTF: comment vivent les étudiants dans la résidence de Nanterre en grève depuis novembre 1967[41]. Plus tard, Dominique Tabah participe aux manifestations au Quartier latin et racontera la difficulté de prendre la parole en tant que jeune femme, alors que les hommes se complaisent dans la violence de rue[42].

Le 14 février 1968, l'ARCUN-FRUF de Dominique Tabah-

Les événements violents de décembre 1967-janvier 1968Modifier

Article détaillé : Les Enragés (mai 68).

Dès la fin de la grève de novembre 1967 contre la création des IUT, les anarchistes, alliés aux "Enragés", réclament la dissolution de l'UNEF puis organisent un boycott des cours. Ce mouvement indigne les étudiants qu'il empêche de travailler [43]. Une rumeur traîne alors dans le microcosme gauchiste[43]: l'administration de l'université a dressé des listes noires. Les enragés empruntent un appareil, photo et photographient n'importe qui dans le hall, puis collent les clichés sur des panneaux et promènent le tout, le 26 janvier[43]. Cette manifestation du 26 janvier dans le hall de la Faculté "contre les listes noires"[44] déclenche la première intervention de la police dans les locaux universitaires[44].

Dès la fin du mois de décembre 1967, ils multiplient les actions scandaleuses à Nanterre: interruption de cours, graffitis énormes, et «tomatage» des professeurs avec le soutien des anarchistes, qui craignent d'être pris de vitesse. Lors de l’affichage mural géant du tract intitulé «En attendant la cybernétique les flics», le texte initial n'est pasrespecté et les signes de ponctuation sont remplacés par des croix gammées[45].

Le doyen Pierre Grappin n'apprécient pas d'être traité de nazi et ces croix gammées tracées sur les murs, d'autant qu'il a fait des ouvertures une mois plus tôt en créant des commissions paritaires.

Quelques jours plus tard[46], Patrick Cheval[43] est expulsé de la cité universitaire[44].

Dans la foulée, au début du mois de février 1968[43], en hommage aux plus radicaux des sans-culottes de la Révolution française est donné le nom d'«Enragés» au groupe qui prend forme autour de Patrick Cheval, Gérard Bigorgne, plus tard exclu pour cinq ans de toutes les universités françaises et René Riesel, convoqué devant le conseil de l'Université avec six autres étudiants, ce qui déclenchera les événements du mois de mai.

Juste après, Cohn-Bendit doit comparaître devant la commission spéciale d'expulsion de la Préfecture de Police, le samedi 17 février. Il est menacé d'expulsion du territoire français "pour avoir tenu des propos offensants à l'égard de M. Missoffe, lors de l'inauguration de la piscine de Nanterre, mais aussi pour avoir participé à l'agitation politique "dans un mouvement anarchiste à la faculté", rapporte "le Monde" du 17 février 1968[47].

Parmi les 8 étudiants convoqués début mai devant le conseil d'université pour des sanctions pour répondre de la soirée du 22 mars, il y a René Riesel, des "enragés". Yves Flesch[48] et Pierre Ploix, étudiant en sociologie, sont aux comités maoïstes pour le Viet Nam. Daniel Schulmann a quitté la JCR pour se rapprocher des pro-chinois[44], Michel Pourny est membre du bureau national du Comité de liaion des étudiants révolutionnaires[44]. Seul Olivier Castro n'est membre d'aucune organisation[44].

Mai 1968Modifier

La situation sociale et politique du campus à la rentrée 1967Modifier

La Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) se crée à Pâques 1966, mais ne fonctionnera réellement qu'en octobre puis créé en novembre 1966, un Comité Vietnam avec des enseignants et des étudiants de l'UEC, avec des objectifs pacifistes et «apolitiques» calqués sur ceux du Mouvement de la paix puis en prend le contrôle et développe le CVN Nanterre qui va adhérer au Comité Vietnam national[44]. De 1966 à 1968, la JCR joue par ailleurs un rôle prépondérant dans l'UNEF Nanterre.

Pendant quelques mois de l'année 1967, l'AFGEN pour l'UNEF de l'ensemble de Nanterre est présidee par Jean-François Godchau (JCR, étudiant en histoire)[49]. Pendant l'hiver 1967-1968, est apparue la figure d'Yves Stourze, qui lui succède[49]. La direction de l'université a accordé un local syndical unique, commun à l'UNEF et la FNEF, implantée au département de Droit et Sciences Eco, où les étudiants sont souvent en costume et cravate[49].

L'UNEF n'avait, en sciences économiques, au début pas d'existence vraiment indépendante de la rue d'Assas (l'AGEDESEP). Jean-Pierre Dupuis a fondé le groupe d'études de l'UNEF en droit et sciences économiques pour Nanterre en 1967[49]. Il créé un groupe d'études avec la neutralité bienveillante de quelques éléments de l'UEC[49], et l'aide d'Alain Lenfant, un des rares de la JCR en droit et sciences économiques[49] et celle de Jean-Paul Guillot[49], un militant catholique , qui quelques mois plus tard fondera le MARC, mouvement d'action et de recherche critique[49].

La Jeunesse communiste révolutionnaire est contre la première occupation du bâtiment des filles en mars 1967,organisée par l'ARCUN (Association des résidents), mais certains des initiateurs de l'occupation sont des sympathisants très proches et elle va tenter ensuite de contrôler l'ARCUN. Parmi ceux qui étaient à la Cité, Daniel Bensaïd qui venait de Toulouse, Bernard Benichou qui arrivait d’Algérie, ou Jacques Tarnero[50].

En septembre 1967, le grand public découvrire les «maos» de Nanterre avec "La Chinoise", film de Jean-Luc Godard, qui y gagnera le sobriquet de «plus con des Suisses prochinois»[51]. Il sera chargé de tourner à Rome, en juin 1969, un «western politique», Le Vent d'est, écrit par Daniel Cohn-Bendit pus confié à un duo maoïsant fait de Jean-Pierre Gorin et Raphaël Sorin[51].

Avant d'être médiatisée comme un des épicentres de Mai 68, Nanterre était progressiste : dès décembre 1967, le principe de cogestion, l'une des principales conquêtes du mouvement étudiant de 1968, était acquis[52]. Des professeurs fondateurs, dont le germaniste et doyen Pierre Grappin, le philosophe Paul Ricœur ou le latiniste Jean Beaujeu, ont mis en place des relations plus égalitaires avec les assistants et les élèves[52].

À la rentrée 1967, les «groupuscules», d'extrême-gauche à Nanterre représentent entre 130 et 140 personnes[44], pour la plus grande partie en lettres où il y a 12 000 inscrits en 1967/1968 soit 1,1 % du total[44], selon l'anarchiste Jean-Pierre Duteuil. Les 29 résidents menacés de sanctions à la suite de l'occupation du bâtiment des filles en mars 67 ne sont pas tous membres ni même proches d'une des organisations politiqueS+s. Ces dernières sont réparties entre quatre pôles[44]. La Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) regroupe une quarantaine de personnes sous son influence directe, dont environ 25 sont adhérents[44], tandis que le groupe anarchiste LEA ne compte qu'une quinzaine de participants[44]. L'UJCml (maoïste) et le CLER Comité de liaion des étudiants révolutionnaires, avec leurs 7 ou 8 adhérents contrôlent, par le biais du Comités Viêtnam de base (CVB) (CVB) et de la «tendance», entre vingt-cinq et trente étudiants pour la première, une quinzaine pour le second[44]. Le Comité de liaion des étudiants révolutionnaires est plus implanté dans d'autres universités ce qui l'amène à faire pression sur la direction de l'UNEF. La direction de l'UJCml détache en avril 1968 à Nanterre deux étudiants en architecture : Jacques Barda et Roland Castro[44]. Parmi les militants de l'UJCml, Isabelle Saint Saëns, amie d'enfance de Nicole Lapierre et Yves Fleischl, parti à Vincennes en 1969, qui transmettront en une photo de l'occupation à Médiapart[53],[50], Joél Bonamy et Charles Masse ou encore Christine Buci-Glucksmann, mariée avec le philosophe André Glucksmann de 1958 à 1974, mais qui était étudiante à la Sorbonne. L'Université est en travaux, entre deux bidonvilles, l'un vers la Seine, l'autre vers la petite colline qui abritera la préfecture des Hauts-de--Seine, où les étudiants allait très souvent parce qu’il y avait un excellent couscous pas cher, mais pas du tout pour parler avec les gens[50]. Jacques Rémy[Lequel ?], sera un des chefs du service d’ordre de l’UJC puis de la GP, comme Jean-Claude Zancarini, dit "Tarzan"[50].

À ces quatre organisations, s'ajoutent deux ou trois militants de Lutte ouvrière, qui comme l'UJCml se consacrent peu aux luttes étudiantes mais soutiennent à l'occasion les plus radicaux par un vote[44] et sont présents le soir du 22 mars[44], ainsi que 3 ou 4 étudiants socialistes unifiés (ESU) du Parti socialiste unifié[44], partagés entre la tendance majoritaire de leur parti, majoritaire au bureau national de l'UNEF et une minorité prochinoise proche du PCMLF[44], selon Jean-Pierre Duteuil. En mars 1968, la section ESU de Nanterre comporte de 15 à 20 membres, estime au contraire son leader Jean-Pierre Dupuis[49].

Un dernier groupe de sept ou huit est appelé les «pro-situs» ou les «enragés»[44]. Il est distinct des anarchistes[44], et deviendra célèbre par plusieurs interventions : deux affiches («en attendant la cybernétique, les flics» et «A vous de jouer, camarades»), la chanson «La grappignole» sur l'air de la Carmagnole, et nombre d'inscriptions sur les murs[44]. Le soir du 22 mars, 3 des «pro-situs» décident de fouiller les bureaux administratifs pour détruire les dossiers des étudiants[44], créant une polémique avec le reste des occupants[44].


L'occupation du bâtiment des filles à la Résidence universitaireModifier

Au début de 1966, après trois mois d'agitation, un nouveau directeur de la résidence prit sur lui d'établir un règlement laissant toute liberté aux jeunes gens, sous cette réserve que les mineurs devraient avoir l'autorisation de leurs parents[54].

Dominique Tabah, étudiante de philosophie à Nanterre, débarquent avec sa seur et leur oncle Léon, pour s’installer au dernier étage, pour l'année 1966-1967. Elles fondent l'ARCUN, l’Association des résidents de la Cité universitaire de Nanterre, qui compte dès 1967 plus de 800 adhérents sur 1 400 résidents[6].

Il y a une antenne du planning familial à Nanterre, que Dominique Tabah soutient, mais le règlement de la cité universitaire interdit de de bouger un meuble, une affiche[55], et précise qu'après 22 heures, les garçons peuvent recevoir des visites tandis que c'est interdit aux filles[56]. "On parlait des filles qui montent et de celles qui ne montent pas" se souvient Dominique Tabah[55], qui déplore cette discrimination et d'infantilisation[55],[57]. Le règlement est détourné régulièrement, comme à la Résidence universitaire Jean-Zay d'Antony où les résidents ont empêché en 1966 les ouvriers d'édifier devant le bâtiment des filles la loge du concierge chargé du contrôle, surnommée «loge de la honte»[54].

Au début de 1967, le bureau national du Parti socialiste unifié (PSU) décide de lancer une campagne sur les résidences[54], menée par Bernard Ravenel, secrétaire de la section du PSU à la Résidence universitaire Jean-Zay d'Antony[58], où en 1965-1966, une pétition a rassemblé 1 500 signatures contre les nouvelles loges permettant de contrôler les entrées, selon l'historien Adrien Dansette. De la bataille pour être libre d’être avec qui bon vous semble, surtout menée par les étudiantes, est "restée une idée: les filles gagnent !", selon Bernard Ravenel.

Le 16 octobre 1965, 8 résidents d'Anthony sont traduits en Conseil de Discipline à cause de leur opposition à la construction de la loge. La mixité est finalement obtenue dans chaque bâtiment de la Résidence universitaire Jean-Zay en 1967, mais à Nanterre rien n'a changé.

À Nanterre, l'ARCUN organise le 21 mars 1967 une conférence de Boris Fraenkel sur la "Révolution sexuelle de Wilhelm Reich[56], occasion de diffuser en tract le manifeste du théoricien de l'orgone mais 29 personnes sont exclues de la cité universitaire dans les jours qui suivent[56]. Six jours après, le 29 mars 1967[6],[59], le hall du bâtiment des filles est occupé symboliquement par 60 étudiants de l'ARCUN[6], qui négocient leur sortie contre l'absence de sanctions[6]. L’ARCUN remettra cela plusieurs fois. Elle va par ailleurs se fédérer à la La Fédération des résidences universitaire de France (FRUF)[60] fondée en 1964 à Anthony la suite de la grande grève des loyers de novembre 1963.

Le 13 février 1968, une assemblée générale de l'ARCUN soutient la décision de la FRUF de rejeter tout règlement intérieur «imposé par l'administration»[60]. La FRUF et l'UNEF proclament «l'abrogation unilatérale du règlement le lendemain et le soir, à Nanterre, le hall du pavillon des filles est occupé symboliquement[60].

Le 22 février, lors des assises locales de l'UECF aux Bains-douches de Nanterre, l'UNEF considère comme «hypocrites» les propositions d'Alain Peyrefitte pour les résidences et le 13 mars, une réunion d'information est organisée par l'ARCUN pour préparer la manifestation de l'UNEF du 14 mars à la Halle aux vins sur les problèmes des résidences[60].

Fondation du mouvement du 22 mars 1968Modifier

Article détaillé : Mouvement du 22 mars.

Le , à l'occasion d'une manifestation organisée par le Comité Vietnam national (CVN) « pour la victoire du peuple vietnamien contre l'impérialisme américain », trois cents étudiants saccagent le siège de l'American Express, à l'angle de la rue Scribe et de la rue Auber à Paris. Six activistes sont arrêtés[61], dont Xavier Langlade[62], étudiant à Nanterre et membre du service d'ordre de la Jeunesse communiste révolutionnaire (décédé à Cuba le ), et Nicolas Boulte , ancien secrétaire général de la Jeunesse étudiante chrétienne, secrétaire du Comité Vietnam national[63],[64] et futur membre de la Gauche prolétarienne (mort par suicide en 1975)[65].

Vers 15 heures, une assemblée générale exige la libération des militants interpellés et en garde à vue depuis le 20 mars[66]. Après de vifs débats, il est décidé d'occuper, le jour même, le dernier étage de la tour universitaire où siège le conseil de la faculté. Le lieu est symbolique : c'est celui du pouvoir universitaire d'où sont exclus les étudiants[67].

À 21 heures, 142 étudiants, profitant d'une porte laissée ouverte, occupent le huitième étage du bâtiment administratif de l'université, la salle du conseil des professeurs, « un symbole de l'autorité de l'université[68] ». Dans la soirée, Daniel Cohn-Bendit, à la tête d'une délégation d'une vingtaine d'étudiants, vient annoncer la nouvelle à la fin du concert que l'Orchestre de Paris donne à l'amphithéâtre B2 de la faculté, au rez-de-chaussée[69].

Au huitième étage, une commission rédige un « manifeste » qui appelle à « rompre avec des techniques de contestation qui ne peuvent plus rien » et reprend l'essentiel des revendications portées par les étudiants depuis un an : l'anti-impérialisme, la dénonciation de la répression policière, la critique de l'université et du capitalisme.

Dans la salle, Angéline Neveu, étudiante en philo à Paris et membre des "Enragés"[70], qui allait assister aux cours de sociologie d'Henri Lefebvre et avait pris l'habitude de perturber ses cours après son retour du Japon, lui reprochant de surtout parler des restaurants, des sushis, au lieu de donner des vraies nouvelles du Japon, c'est-à-dire du Zengakuren. Elle constate la présence de beaucoup de gens de l'extérieur, des gens assez costauds prêts à intervenir et le dessin ce soir là d'une affiche : « Courant d'air sur le pommier du Japon », détournant un tableau du peintre Marcel Duchamp[71]. Les situationnistes présents fouillent dans les tiroirs pour trouver de l'alcool mais "il n'y avait pas d'alcool"[71]. Ils ont alors sortis trois verres et son partis après cinq minutes après le discours de l'anarchiste Cohn Bendit déclarant qu'ils sont en train de voler les verres[71].

Le lendemain, c'est l'annonce aux médias de la création du Mouvement du 22 Mars par Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar, alors dirigeant du Snesup et 140 autres.

La réactions des professeurs au mouvement du 22 mars 1968Modifier

Peu après la création du Mouvement du 22 Mars, la majorité des professeu=rs, dont l'historien René Rémond, se sont opposés au mouvement des « enragés » du 22 mars, notamment en signant une pétition, lue au conseil de la faculté le , menant à la création d'une force universitaire de sécurité sous l'autorité du doyen, à la création d'un conseil universitaire de discipline et à la banalisation des zones non construites de l'Université, désormais ouvertes à l'intervention de la police[52]. Le sociologue Alain Touraine, Guy Michaud et Paul Ricœur s'y opposèrent, signant à cet effet une tribune dans Le Monde daté du [52]. Le lendemain (2 mai), une journée « anti-impérialiste » fut organisée dans la fac par les étudiants, au cours de laquelle le cours de René Rémond fut annulé, suscitant des conflits entre les étudiants contestataires et certains étudiants souhaitant assister à son cours[52]. Le doyen Grapin prit alors la décision de fermer administrativement la fac, ce qui a conduit à l'extension du mouvement au quartier Latin et au début proprement dit de mai 68[52]. Huit étudiants de Nanterre, dont Cohn-Bendit, sont convoqués le par le rectorat en commission disciplinaire; les professeurs de Nanterre Henri Lefebvre, Guy Michaud, Alain Touraine et Paul Ricœur les accompagnent alors en soutien[52].

Les événements d'avril 1968Modifier

  • 21 avril 1968, Occident saccage, par représailles, le siège de l'UNEF puis le 22 avril 1968 les locaux du Comité Vietnam National. Le lendemain les gauchistes saccagent le local de la FNEF[72].
  • mardi 23 avril, tensions entre étudiants de droite et de gauche durant le congrès de l’UNEF [73]. Daniel Cohn-Bendit harangue un groupe de militants du Mouvement du 22 Mars pour les convaincre d'attaquer le local de la FNEF, dirigé à Nanterre par Jean-Luc Gréau, selon lui responsable des actes d'Occident, ce qui cause deux blessés chez cette dernière[74] puis le quasi-lynchage en cours de l’étudiant Yves de Kerautem[75], militant de la FNEF[76]. Pratiquant un discours volontairement modéré[76], la FNEF s'oppose en fait au mouvement de Mai 68[76] surtout par des tracts moqueurs. À Nanterre, son représentant, Didier Gallot, président de l'Assiation des Étudiants en Lettres, est interviewé par l'ORTF[41] et estime qu'il faut dialoguer avec les autorités universitaires[41].
  • jeudi 25 avril, nouvelle bagarre à Nanterre » en relation avec les problèmes à l’UNEF[77], une quarantaine de militants gauchistes menés par Daniel Cohn-Bendit rossent Hubert de Kervenoaël[74]. Il a dix points de suture et dix jours d'arrêt de travail. Son portefeuille lui a été volé. À 17H, réunion avec Pierre Juquin, perturbée par les maoïstes. Il avait été décidé que Cohn-Bendit lui poserait des questions sur les articles hostiles de L’Humanité concernant Nanterre et les "pro-chinois", qui interviendraient si Juquin refusait de répondre"[78]. Puis débat avec Laurent Scharwtz et André Gorz sur «la fonction sociale de l'Université» est déclaré non-pertinent par un militant du CLER. Daniel Cohn- Bendit se pose alors en défenseur d'André Gorz.
  • vendredi 26 avril, enquête-documentaire de l'ORTF sur la résidence universitaire Nanterre. Didier Gallot et Patrick Buisson, militants à la FNEF de Nanterre avec Hubert de Kervenoaël l'enmènent porter plainte[79],[76]. Une seconde plainte a été déposée par le recteur Jean Roche[Lequel ?], au sujet de la publication de la recette du Cocktail Molotov, dans le journal Mouvement du 22 Mars.
  • samedi 27 avril, Daniel Cohn-Bendit arrêté à 8h30, en bas de chez lui, alors qu'il part à l’ORTF participer à une émission[80]. Il est interrogé au commissariats de Nanterre, Puteaux puis à la police judiciaire et libéré à 20 h[81], sur décision du Garde des sceaux, Louis Joxe et du premier ministre Georges Pompidou[80]. Il est dans la soirée interrogé sur les ondes de l'ORTF à la suite de son arrestation[80]. Hubert de Kervenoaël a porté plainte et l'accuse de l’avoir molesté le 25 avril.
  • dimanche 28 avril, dans un communiqué, la FNEF accuse Cohn-Bendit d’avoir prononcé de violentes menaces devant témoins à l’encontre de Kervenoaël[82]. Cohn Bendit répond qu'il a davantage protégé qu’agressé Kervenoaël[80] et seulement fait un canular potache avec la recette du Cocktail Molotov[80].
  • 28 avril 1968, les GPA attaquent à Paris l'exposition sur les « crimes » des Vietcongs organisée par le Front uni de soutien au Sud-Viêtnam dirigé par Roger Holeindre qui se tient, 44, rue de Rennes.
  • 29 avril, Conseil universitaire à Nanterre: «le corps enseignant unanime exprime sa détermination d'assurer le déroulement des examens dans les formes régulières». Le principe d'une force universitaire de sécurité approuvé par le recteur Jean Roche[Lequel ?][60].
  • 2 mai, plusieurs cours n'ont pu avoir lieu du fait d'incidents (menaces proférées contre des étudiants, des professeurs, des fonctionnaires).

Le départ d'enseignants après 1968Modifier

Le bâtiment G, des Sciences économiques notamment, a été initialement destiné à accueillir Sciences Po Paris. L'effervescence de 1968 a conforté les opposants (enseignants et élèves) à ce transfert dans leur refus de quitter Paris intramuros. Seuls quelques pionniers de l'IEP, dont le professeur Mendras, s'y installèrent. L'université Paris-X est créée en 1970[8], réunissant la faculté des lettres, des sciences économiques et du droit, avec comme premier président l'historien René Rémond, qui avait succédé l'année précédente au philosophe Paul Ricœur.

Mouvements étudiants des années 1970Modifier

L'agitation se poursuit, avec notamment plusieurs jours d'émeute en 1970 à la suite de la tentative de l'administration d'autoriser la police à pénétrer sur le campus, dont le paysage évolue par ailleurs.

Les changements du campusModifier

René Rémond veut l'usage du campus comme parc par les habitants proches, lançant en 1970 un programme de plantations d’arbres[6]. Le mur d’enceinte est en partie détruit après 1971 et les grands hangars qui tenaient lieu de bibliothèque, de salle de sports et de spectacle pour le théâtre des Amandiers s’effacent après 1969-70[6].

Les émeutes de février-mars 1970 et leurs conséquencesModifier

En février 1970, les 187 blessés des Emeutes de février-mars 1970 à Nanterre mettent le feu aux poudres [83] d'un hiver 1970 marqué par une forte agitation sur le campus de Nanterre, avec la critique de certains cours et examens[49], ou des affrontements avec l'extráme droite à la suite d'incursions spectaculaires de la Gauche prolétarienne: deux jeunes ouvriers dénommés Titi et Bouboule et Gérard Miller, venus de Vincennes haranguer les étudiants[49].

Dès le 23 janvier 1970 Serge July et Charles de Choiseul-Praslin[Lequel ?] sont condamnés à de la prison avec sursis, pour s'être rebellés dix jours plus tôt lors d'un accrochage avec des policiers lors d'une vente à la criée de La Cause du peuple, journal de la Gauche prolétarienne. Le jour où ils sont condamnés, Alain Geismar et Olivier Rolin attaquent un commissariat, à Mantes la Jolie, mettant le feu à six véhicules.

Ce même 23 janvier 1970, un groupe de maoîstes envahit le bureau de Paul Ricœur, doyen de Nanterre, acculé dos à une fenêtre: insultes, menaces, déprédations[84]. Trois jours après, il est de nouveau assailli au bâtiment C, insultes, coups, crachats au visage, poubelle renversée sur sa tête[85].Les 3 et 5 février, deux appariteurs subissent insultes, menaces de mort, sévices divers, tandis que du mobilier est jeté par les fenêtres du bâtiment C. La tension s'accroît encore avec le XIXe congrès du PCF tenu à Nanterre, du 4 au 8 février 1970, d'autant qu'un film doit y être consacré par le cinéaste Jean-André Fieschi[86] et que les maoïstes sont fiers d'avoir évincé Pierre Juquin (PCF) du campus en Mai 68.

Une banderole au-dessus des portes battantes du bâtiment E déclare : « Fascistes échappés de Dien Bien Phu, vous n’échapperez pas à Nanterre »[84]. Le 12 février, deux étudiants sont sommés de quitter la faculté puis des commandos casqués saccagent la salle proche de la caféteria en brisant chaises et banquettes, pour en faire des matraques et partent à l’attaque d’un groupe adverse, puis de la Résidence universitaire de Nanterre ce qui cause un blessé grave, tandis que 7 voitures en stationnement sont endommagées.

Le 20 février, un groupe d'étudiants communistes est séquestré dans un amphithéâtre[87],[88]. Sur ordre de la direction du PCF, Pierre Bernardini, rassemble une dizaine de militants pour les libérer[89], sans voir que les ravisseurs les suivent ensuite jusqu'au parking[88] avec des barres de fer et des poches pleines de poudre, de tessons de verre et de grenaille. Une Austin, où sont montés des amis de Bernardini est attaquée à coups de barre de fer[88] et lui-même, qui n'a pas eu le temps d'y monter, est blessé par une projection de bouteille et des coups à la tête[88], qui l’immobilisèrent plusieurs mois[87] avec une double fracture du crâne et dix jours de coma[88]. Deux étudiants des jeunesses communistes sont laissé pour morts. La pression monte aussi à Assas et Dauphine[84]. Le Doyen de Nanterre est convoqué en fin de journée par Olivier Guichard, ministre de tutelle, qui exige que l’ordre revienne. Puis on l’informe que le ministre de l’intérieur Raymond Marcellin, a décidé d’investir le campus le lendemain. Au petit matin, Paul Ricœur laisse les CRS à l’extérieur des bâtiments où ils se font bombarder de tables et machines à écrire. Le 22 février, des étudiants d’extrême droit d’Assas viennent provoquer les étudiants barricadés dans Nanterre. Au conseil d’université, Paul Ricœur et son dauphin René Rémond demandent l’autorisation de faire intervenir la police et d’organiser des rondes de nuit sur le campus[84]. Ils sont reçus le 26 février 1970 par le Ministre de l’Intérieur, et le 27 février commence la « surveillance » policière. Cette mesure suscite des réactions hostiles chez les étudiants proches de la GP, et le début d’un Cycle provocation-répression-mobilisation »[90].

C'est la rivalité entre les maoïstes et les communistes, entrainant des violences « politiques » qui ont conduit le doyen Ricœur, peu suspect de conservatisme , à faire appel à la police pour assurer l'ordre à l'intérieur du campus de Nanterre [91]. Alain Lenfant, membre des Jeunesses communistes révolutionnaires, a réussi à « entrer » (incognito) au sein de l’Union des étudiants communistes, formation liée au PCF[6] pour tenter d'atténuer ces tensions.

Le 27 février à 15h30, un car de police patrouille sur le campus de Nanterre, il est immédiatement attaqué[84]. Renforts, riposte de la police, bataille jusqu’à 18h30[84]. Les maoistes organisent des barrages le 28 février, un véhicule de l’ORTF est « attaqué » et une bagarre fait neuf blessés [92]. Parmi les maoïstes de Vive la révolution (VLR) pourchassant le GUD, le futur historien Stéphane Courtois[93]

Pour apaiser, après avoir reçu une délégation SNES, UEC, Section communiste de Nanterre, UNEF-Renouveau, MARC-200 et FNEF, le doyen demande à la police de ne plus entrer sur le campus. Le matin du 2 mars, une cinquantaine d’étudiants conservateurs se concentrent au bâtiment de droit pour dénoncer les blocages d’examen. Ils sont pourchassés par une centaine d’étudiants casqués et armés[84]. L’intervention d'un groupe de 5 policiers en faction, vers 16h, vire à leur attaque par quelques 200 jeunes jusqu’à 19h[84]. Les forces de l’ordre battent en retraite, par endroits, par moments[84]. Le 3 mars, du coup, la réaction est brutale, la police déplorant un total d'une soixantaine de blessés dans ses rangs . Les étudiants commencent par attaquer les gardiens municipaux dans la rue de la Folie puis se replient sur le campus. Vers 15h30, la police avance en grand nombre, saccage les voitures des étudiants sur le parking, casse tout, et passe en fin de journée à la chasse aux étudiants, armés ou pas, retranchés au restaurant universitaire, gazés et encerclés par des CRS surchauffés[84]. Ils ne sont extirpés en fin de journée que par l’intervention des garde-mobiles. Le restau U est dévasté, des millions de dégâts matériels, ce qui entraîne la suspension des cours par le conseil de gestion[84]. Nelly Boblin, une étudiante se souvient de 'l’acharnement qu’ils ont mis à rendre irrespirable l’air par des tirs incessants de gaz lacrymogènes'[6], de la solidarité avec le personnel, et l’intervention des gardes mobiles qui "a permis à tous de sortir sain et sauf de cette souricière"[6]. Nelly Boblin, étudiante, se souvient d'une barricade de tables et de chaises devant l’ascenseur du bâtiment d’Histoire empêche les enseignants de rejoindre les salles de cours, les obligeant à escalader les fenêtres[6]. L'ORTF montre un personnel choqué, quand le préfet de police de Paris Maurice Grimaud, vient constater l’ampleur des dégâts[94]. Malgré la création du département des Hauts-de-Seine le 1er janvier 1968, sa préfecture n'est érigée qu'en 1971[6].

Le Nouvel Obs titre: « Faut-il brûler Nanterre ? »[84]. Le 6 mars une manifestation sur le campus réunit 3 000 personnes sans désordre, ni violence, sauf une porte d’amphi (A1) fracturée[84]. Le même jour, les maoïstes se déplacent à Assas pour en faire le siège[95]. «Un vent prolétarien commença à souffler à Nanterre, un vent qui réchauffait le cœur des étudiants et glaçait le sang de toutes les vermines réactionnaires» écrit au même moment La Cause du peuple du 13 mars 1970. « Mot fétiche » des maoïstes, « réactionnaire » sert à (dis)qualifier indistinctement tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans la mouvance révolutionnaire. Le 9 mars, le doyen Paul Ricœur démissionne, remplacé par René Rémond[85], comme avait démissionné un an plus tôt son prédécesseur Pierre Grappin.

Trop visible, trop massive, selon beaucoup, l'opération policière semble avoir renforcé la stratégie de la tension lancée par les « maos » sur le campus[84], mais elle resserre aussi les rangs de l'opinion derrière le gouvernement. Le 12 mars 1970 dans une interview à France-Soir, le Premier ministre Georges Pompidou affirme qu’ "il n’est pas admissible, il n’est pas tolérable que l’on continue, comme c’est actuellement le cas dans un certain nombre d’universités, à empêcher tout le monde de travailler, à bafouer les professeurs et les doyens, à détruire le matériel et les équipements". Dans Le Nouvel Obs du 22 mars 1970, Claude Angeli rapporte que beaucoup de policiers se sont demandés si "en haut lieu on ne souaitait pas que les événements de Nanterre soient le plus violents possible". En avril, l'Assemblée nationale qui débat d'une loi anti-casseurs, bruis de discours voulant "faire payer les maoïstes de Nanterre et les fascistes de la rue d'Assas"[96].

Des députés de Dordogne écrivent des lettres solennelles au Ministre de l’Intérieur demandant "à supprimer" le bidonville aux portes de l’Université car selon eux "des adolescents, Nord-Africains pour la plupart, constituent la troupe à tout faire des éléments perturbateurs"[84]. Dans les bidonvilles, le chantage à l’expulsion se répand entre avril et juin[84]. Dans un rapport détaillé à l’été 1970, les Renseignements généraux dénombrent six points de jonction dans la ville entre gauchistes et immigrés[84].

La situation s’envenime après la mise en place de 16 « contrôleurs » des cartes à l’entrée du restaurant universitaire[84], qui génère à lui seul la moitié des pertes de toute la région pour le CROUS[97]. Des sandwichs sont vendus par les étudiants, des « appariteurs musclés » en civil attaquent des militants, les locaux administratifs sont envahis puis le restaurant universitaire est fermé[98] pendant des mois. L’année 1970 se clôt par une vraie débandade des maoistes[84]: ouvertement dénoncés par les travailleurs du restaurant eux-mêmes[84], ils en sont chassés dans une dernière scène pathétique de tentative d’ouverture du resto U. Les soutiens se sont effilochés. Les subventions aux cours d’alphabétisation aident à refermer en parallèle les espaces jusque là ouverts au tout venant : resto U, piscine, bâtiments, cité universitaire[84].

En novembre 1970, les cours donnés par Jean Foyer, ancien ministre de De Gaull sont empêchés et les juristes de Nanterre et l'ex-doyen plaident dans Le Figaro pour que l’UER de sciences juridiques puisse faire sécession[99],[100].

  • Au printemps 1976, l'université est paralysée pendant trois mois par une grève nationale contre la réforme du second cycle. Les étudiants en économie obtiennent tous leur diplôme après avoir boycotté les examens. Ceux de droit doivent tous passer leurs examens en .
  • En 1978, les élections universitaires sont sabotées par des autonomes qui pillent le restaurant universitaire et incendient le local de l'UNEF.

Mouvements étudiants des années 1980Modifier

Des affrontements opposent régulièrement militants anarcho-communistes et d'extrême droite. Au cours de l'un de ces affrontements, un militant d'extrême droite se tue en traversant une voie ferrée. En , l'université est occupée dans le cadre de la grève nationale contre le projet Devaquet.

Mouvements étudiants des années 1990Modifier

  • En et , l'université est paralysée par une grève nationale pour l'augmentation du budget des universités.
  • En 1997, le centre informatique de l'université est occupé pendant plusieurs semaines par des étudiants non-inscrits. Cette occupation entraîne la fermeture totale de l'université pendant deux jours. Le président est contraint à la démission. La nouvelle présidente est remplacée peu de temps après par André Legrand.
  • En 1998, un groupe de chômeurs occupe durant plusieurs semaines l'un des amphithéâtres du bâtiment B. La même année, des étudiants sans-papiers font une grève de la faim durant trois semaines pour obtenir leur inscription.
  • En 1999, les étudiants non-inscrits occupent pendant plusieurs semaines l'amphithéâtre du bâtiment D.

Mouvements étudiants des années 2000Modifier

  • En , les étudiants non-inscrits occupent durant une semaine le bureau du Centre d'Éducation Permanente situé au rez-de-chaussée du bâtiment G.[réf. nécessaire]
  • Le , l'occupation de la salle E 103 par une dizaine de chômeurs et d'étudiants entraîne l'intervention d'une cinquantaine de policiers sur le campus. Les occupants sont évacués et placés pendant quarante-huit heures en garde à vue.[réf. nécessaire]
  • En , le mur du bâtiment D est entièrement détruit par des étudiants à l'occasion d'une manifestation contre la politique sécuritaire de l'université. Le président fait rapidement reconstruire le mur. Au mois de novembre, la seconde tentative de destruction est violemment réprimée par les vigiles de l'université. Plusieurs manifestants sont blessés. L'un d'entre eux, Sébastien Schifres, est accusé d'avoir participé à la destruction du mur et est emprisonné durant trois semaines à la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine (située à Nanterre, à quelques dizaines de mètres du campus). Il sera condamné à 5 000 euros de dommages et intérêts.[réf. nécessaire]
  • En 2006 : Des manifestations ont lieu depuis février, à l'université et dans Paris, contre le projet du Contrat première embauche (CPE). Une mobilisation de l'université de Nanterre se met en place par le biais d'assemblées générales, qui conduit aux blocages de quelques bâtiments et à l'occupation de certains locaux[101]. Au fil du temps le blocage des bâtiments réalisé par des étudiants grévistes, paralyse l'ensemble de la faculté, et des tensions naissent, obligeant les forces de l'ordre à intervenir, afin d'éviter de nouveaux affrontements entre les grévistes et non grévistes. De ce fait, celle-ci aura été fermée sur décision du président Olivier Audéoud pour une durée indéterminée. L'université fut officiellement fermée du au . Le , la reprise des cours aura été possible.[non neutre]
  • En 2009 : Le blocage des cours par des étudiants et enseignants, en particulier dans les bâtiments de sciences humaines, pour protester à la réforme du statut des enseignants-chercheurs et à l'autonomie des universités perturbent considérablement les enseignements durant plus de trois mois consécutif (début février à mi-mai). Certains assemblées générales constituées votent la validation de facto des enseignements sur une base de 10. Non accordé par la présidence, la session d'examen sanctionnant « ce qui avait été fait » a finalement été tenue in extremis.[non neutre]

Mouvements étudiants des années 2010Modifier

  • En 2016 : dans le contexte de la contestation contre la loi El Khomri, l'occupation de l’Espace Reverdy (bâtiment L) débute le 21 mars et prend fin pendant l'été.
  • En 2018 : l'université est bloquée du 10 au 20 décembre, pour protester notamment contre la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne.

Personnalités liées à l'universitéModifier

  Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.

EnseignantsModifier

DroitModifier

ÉconomieModifier

Finance et gestionModifier

HistoireModifier

LettresModifier

MathématiquesModifier

PhilosophieModifier

Sciences socialesModifier

AnglaisModifier

Anciens étudiantsModifier

Voir la catégorie : Étudiant de l'université Paris X.

ArtsModifier

DroitModifier

ÉconomieModifier

ÉcrivainsModifier

MédiasModifier

  • Joseph Macé-Scaron, journaliste et essayiste, licence d'histoire et de philosophie
  • Éric Naulleau, éditeur, essayiste, critique littéraire et animateur de télévision, DEA de lettres
  • Didier Porte, journaliste, chroniqueur, humoriste, maîtrise de sciences économiques
  • Laura Tenoudji, journaliste, chroniqueuse
  • Bernard de La Villardière, journaliste, animateur de télévision et de radio français, titulaire d'une maîtrise de sciences politiques

MusiqueModifier

PolitiquesModifier

ReligionsModifier

Sciences socialesModifier

SportModifier

SyndicalistesModifier

FilmographieModifier

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. [1]
  2. Article D711-1 du code de l’éducation
  3. a et b https://www.parisnanterre.fr/presentation/historique-de-l-universite-480914.kjsp
  4. a b c d e f g et h "L'Express, 18 mars 1968: la révolte des étudiants", par Jacqueline Giraud, dans L'Express du 19/03/2018 [2]
  5. Vincent Cespedes, Mai 68, La philosophie est dans la rue ! (Larousse, coll. « Philosopher », 2008).
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai et aj "Faire et arpenter l’histoire de l’université de Nanterre" pour les Journées européennes du patrimoine samedi 17 septembre 2016 [3]
  7. publié en 1970 aux éditions Gallimard
  8. a et b Décret no 70-1174 du 17 décembre 1970 portant érection en établissements publics à caractères scientifique et culturel d’universités et centres universitaires
  9. Nom d'usage dont s'est doté l'établissement par délibération de son conseil d'administration en 2007.
  10. Décision du conseil d'administration de l'université en date du « Impressions de reprise à l'université Paris Nanterre | Étudiant sur le tard, le blog éducation de Luc Bentz », sur blogs.lexpress.fr (consulté le 18 septembre 2017)
  11. EPA-Seine Arche - Les enjeux du projet
  12. L'université de Nanterre perd une subvention du conseil général, Le Nouvel Observateur, 28 janvier 2010
  13. Le conseil général va soutenir l’université Paris-Ouest
  14. « La fac Pasqua apprend à ne plus rouler sur l'or », leparisien.fr,‎ 2014-12-30cet07:00:00+01:00 (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2017)
  15. Le Parisien La « fac Pasqua » s'ouvre aux étudiants du public.
  16. Sur le site de l'Université Paris Nanterre : liste des UFR
  17. Certaines critiques sont détaillées sur la page Palmarès universitaires
  18. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2001, Imprimerie nationale, p. 161, (ISBN 2-11-092136-6), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  19. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2002, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-092152-8), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  20. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2003, Imprimerie nationale, p. 155, (ISBN 2-11-093455-7), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  21. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2004, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-094345-9), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  22. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2005, Imprimerie nationale, p. 175, (ISBN 2-11-095390 X), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  23. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2006, Imprimerie nationale, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  24. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2007, Imprimerie nationale, p. 181, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  25. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2008, Imprimerie nationale, p. 173, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  26. Daniel Vitry, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2009, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097805-9), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  27. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2010, Imprimerie moderne de l’Est, p. 173, (ISBN 978-2-11-097819-6), consulté sur education.gouv.fr le 17 septembre 2010
  28. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2011, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097810-3), consulté sur education.gouv.fr le 2 septembre 2011
  29. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur education.gouv.fr le 30 août 2012
  30. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2013, Imprimerie moderne de l’Est, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 27 septembre 2013
  31. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2014, Imprimerie moderne de l’Est, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 23 septembre 2014
  32. [4], site officiel de l'université Paris Nanterre
  33. a b c d e et f conv[source insuffisante]
  34. Blog de Gérard FRETELLIERE [5]
  35. Biographie Maitron [6]
  36. Bilan du camping international libertaire de 1965 [7]
  37. a b c d e f et g encre[source insuffisante]
  38. "Coup double sur Mai 68" Roman de Patrick Haas aux Editions L'Harmattan en
  39. "Chronologie des événements à Nanterre en 1967-1968" par Rachel Mazuy et Danièle Le Cornu, dans la revue "Matériaux pour l'histoire de notre temps" en 1988 [8]
  40. Article de Vincent LUCY et Geoffroy MANNET dans Libération
  41. a b et c "Les résidents de Nanterre", dans l'émission de l'ORTF, Tel quel 26 mars 1968 time code min 40 s [9]
  42. France Culture ressuscite Mai 68 dans le Quartier latin Elise Racque, dans Télérama le 11/05/2018 [10]
  43. a b c d et e "SPECIAL MAI 68. Le témoin du jour. René Riesel, 18 ans, étudiant en philosophie à Nanterre, prosituationniste" par Béatrice Vallaeys dans Libération du 6 mai 1998 [11]
  44. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w "Les groupes politiques d'extrême-gauche à Nanterre", par Jean-Pierre Duteuil, dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps de 1988 [12]
  45. " Scènes situationnistes de Mai 68 : Enquête sur une influence présumée", par Laurence Bernier-Renaud Sous la direction de Jean-Pierre Couture [13]
  46. "1968 - De grands soirs en petits matins", par Ludivine Bantigny
  47. "Mai-68 : et tout commença par une histoire d'accès aux chambres des filles" dans L'OBS de mai 2018 [14]
  48. Mai 68 [15]
  49. a b c d e f g h i j et k "La section des ESU à Nanterre" par Jean-Pierre Dupuis [16]
  50. a b c et d Fabrique de l’histoire / Post mai 68 / Isabelle Saint Saëns Transcription par Taos Aït Si Slimane du 1er volet de la série « Post mai 68 » 1/4 dans « La Fabrique de l’Histoire », par Emmanuel Laurentin, émission du lundi 12 mai 2008 [17]
  51. a et b "Génération Mao" par Sorin Raphaël, L'Express du 05/09/1996 [18]
  52. a b c d e f et g Charles Mercier, « René Rémond à Nanterre en 1968 », Vingtième Siècle, no 104, octobre-décembre 2009, p. 141-152
  53. Isabelle Saint-Saëns : « Une effervescence intellectuelle mais aussi érotique » 25 MARS 2008 PAR ANTOINE PERRAUD
  54. a b et c "Mai 68" par Adrien Dansette, Editions Plon, 1971
  55. a b et c "Ils partirent 142..." par Laurence Debril, dans L'Express du 30 avril 2008
  56. a b et c "A l’origine était le 21 mars 1967...", par Catherine Millet, dans Libération du 29 avril 2018
  57. "Mai 68 par ceux qui l'ont fait : Dominique Tabah" France 3, le 1/05/2018 [19]
  58. "Quand la gauche se réinventait: Le PSU, histoire d'un parti visionnaire, 1960-1989", par Bernard RAVENEL, aux Editions La Découverte, 2016 [20]
  59. Mai 1968, par Wolfgang Drost Lang, 1986
  60. a b c d et e Chronologie des événements à Nanterre en 1967-1968", par Rachel Mazuy et Danièle Le Cornu dans la revueMatériaux pour l'histoire de notre temps 1988[21]
  61. Rédaction, « La salle du Conseil de la faculté des Lettres de Nanterre occupée », L'Obs, 1er avril 2008, [lire en ligne].
  62. Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : Xavier Langlade.
  63. Rédaction, Les six jeunes gens interpellés sont remis en liberté, Le Monde, 25 mars 1968, [lire en ligne].
  64. Claude Guillon, Nicolas Boulte, Lignes de force, 18 novembre 2014, [lire en ligne].
  65. Baruch Zorobabel / Nicolas Boulte, Tentative de bilan du Comité de lutte Renault, Paris, 5 juillet 1972, [lire en ligne].
  66. Jean Sévillia, « Mai 68, ces trente jours qui ébranlèrent la France », Le Figaro, 2 mars 2018, [lire en ligne].
  67. Guillaume Houzel, « L'engrenage », in Les étudiants en France : Histoire et sociologie d'une nouvelle jeunesse, Presses universitaires de Rennes, 2015, page 71 et suivantes.
  68. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Figaro
  69. Christian Charrière, Le Printemps des Enragés, Fayard, 1968.
  70. "Angéline Neveu, l’Enragée de Nanterre" par Jacques Donguy, dans la revue L'Erudit
  71. a b et c Entretien avec Angéline Neveu (extraits) 30 novembre 2002, Montréal, par Jacques Donguy
  72. "De Gaulle, Volume 2 par Alain Peyrefitte [22]
  73. L’article du Monde en page 24 [23]
  74. a et b "La droite buissonnière" par François Bousquet, Editions du Roche, 2017
  75. “Le mai 68 que j’ai vécu” par BRUNO GOLLNISH LE 20 MAI 2008 [24]
  76. a b c et d Interrogé plus tard, Daniel Cohn-Bendit se souvient moins bien de Patrick Buisson que d'autres, voir "Quand Patrick Buisson faisait la contre-révolution" par François Krug Publié dans Le Monde du 20 février 2015 [25]
  77. L’article du Monde en page 9 [26]
  78. « L’agitation chez les étudiants / Nanterre : les "pro-chinois" empêchent M. Juquin de parler », dans Le Monde du samedi 27 avril, page 11 [27]
  79. "L'affaire Buisson devient une thématique de campagne aux Sables-d'Olonne, 15,000 habitants" par Jean-Marie Pottier —dans Slate le 13 mars 2014 [28]
  80. a b c d et e Ina: Inter actualités de 20H00 du 27 avril 1968 [29]
  81. « Nanterre : un meeting "d’explication sur la répression" », dans Le Monde du mardi 30 avril, page 4
  82. « Nanterre : M. Cohn-Bendit est interpellé par la police » dans Le Monde du samedi 27 avril, page 8 [30]
  83. "Paul Ricoeur : "Mai 68 ? Cohn Bendit, c'est fini ! " par Christophe Courtin, Consultant international sur les questions de société civile 7 avril 2018
  84. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t et u "Détruire un mur, construire une lutte - du campus libertaire au ghetto sécuritaire ", Récits d'un ex-résident de Nanterre archives personnelles Indymedia Paris [ https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/pdf/nanterre2004-cahier_final.pdf]
  85. a et b "De battre Ricoeur s'est arrêté" par Robert Maggiori dans Libération du 21 mai 2005
  86. "L’audiovisuel au service du Parti communiste français (1968-1976)" par Céline Barthonnat [31]
  87. a et b Biographie Maitron [Pierre Bernardini]
  88. a b c d et e "Ils ont tué Pierre Overney" par Morgan Sportes - 2008
  89. blog de Jacques_Berthomeau [32]
  90. "La règle et le consentement" par René Rémond [33]
  91. Le confédéré quotidien du 10 mars 1970 [ http://doc.rero.ch/record/133413/files/1970-03-10.pdf ]
  92. « La présence policière sur le campus de Nanterre provoque des incidents », par Le Monde du 1er-2 mars 1970
  93. "Stéphane Courtois dans ses œuvres" par Jean-Jacques Marie, dans LES CAHIERS DU MOUVEMENT OUVRIER [34]
  94. Situation à Nanterre - Monsieur Grimaud JT 20H du 4 mars 1970 [35]
  95. Situation universitaire : Nanterre rue d'Assas fac Sciences Vincennes JT 20H vidéo 6 mars 1970 [36]
  96. Assemblée Nationale Séance du mercredi 29 avril 1970 [37]
  97. "L’augmentation des tarifs des RU suscite des protestations", dans Le Monde, 4-5 octobre 1970
  98. « Les incidents se multiplient au RU de Nanterre », Le Monde, 4 novembre 1970
  99. Charles Mercier, « Les "réactionnaires" à Nanterre aux lendemains de Mai 68 », Histoire@Politique, no 37, janvieravril 2019 [38]
  100. « La sécession », Le Figaro du 24 novembre 1970
  101. Amélie Gautier, « CPE : à Nanterre, le blocage divise », My TF1 News, .
  102. Prisma Média, « Cristiana Reali - La biographie de Cristiana Reali avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 25 octobre 2016)
  103. Bulletin quotidien 12 avril 2012]


BibliographieModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier