Ouvrir le menu principal

Ü-Tsang

pays issu de l'Union de l'Ü et du Tsang après les conquêtes des rois du Tsang, n'inclus ni l'Amdo, ni le Kham, ni le Ngari
(Redirigé depuis U-Tsang)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ü et Tsang.
3 régions du Tibet en 1415, d'après une carte allemande de 1935, particularité, le Ngari Korsum est noté Mary-Ul

L’Ü-Tsang (tibétain : དབུསགཙང་, Wylie : Dbus-gtsang, chinois : 衛藏 ; pinyin : wèizàng) ou bar ütsang rushyi (tibétain : བར་དབུས་གཙང་རུ་བཞི, Wylie : bar dbus gtsang ru bzhi, THL : bar ütsang ru shyi), est l'union des deux provinces du Tibet que sont l'Ü et le Tsang.

Dans la culture géographique traditionnelle tibétaine, le Tibet est divisé en trois régions, le Tibet occidental ou Tibet septentrional appelé Ngari Korsum (tibétain : མངའ་རི་སྐོར་གསུམ, Wylie : mnga' ri skor gsum, THL : ngari korsum), l'aire central du Tibet-Tsang Ü-Tsang (tibétain : བར་དབུས་གཙང་རུ་བཞི, Wylie : bar dbus gtsang ru bzhi, THL : bar ütsang ru shyi), incluant les vallées et citées de Lhasa, Yarlng, Shigatse et Gyantse, et enfin le Tibet oriental et méridional, le Dokham (tibétain : སྨད་མདོ་ཁམས་སྒང་དྲུག, Wylie : smad mdo kham sgang drug, THL : mé dokham gang druk), composé de l'Amdo et du Kham)[1].

Les régions historiquess et traditionnelles du Tibet d'après le professeur Andreas Gruschke

La conception de la division en trois régions que seraient l'Ü-Tsang, l'Amdo et le Kham est une conception très récente des Tibétains en exil[2].


Sommaire

HistoireModifier

À la fin de l'Empire du Tibet (629 – 877), après l'assassinat du dernier empereur, Langdarma par un moine bouddhiste en 841 ou 842, ses deux fils, Yumtän et Ösung se sont disputé la succession Commence ensuite l'Ère de la fragmentation du Tibet (IXe siècleXIIe siècle) où les successeurs d'Ösung contrôle ensuite le Ngari, tandis que ceux de Yumtän contrôle l'Ü[3].

Me Ngari, est le siège du Royaume de Gugé (Xe siècle – milieu XVIIe siècle) du début de l'ère de la fragmentation à la conquête par le Khanat qoshot, sous l'impulsion de Güshi Khan.

Au XIIIe siècle l'Empire mongol commencé par Gengis Khan et étendu par ses descendant conquièrent l'ensemble du Tibet. Kubilai Khan, qui installe sa capitale à Pékin et y fonde la dynastie Yuan en 1270, y choisi l'école Sakya du bouddhisme tibétain comme représentants religieux. Ils sont défait par la dynastie Ming un siècle plus tard.

Altan Khan, maître de la Mongolie choisit les gelugpa pour école bouddhiste. Il donne le titre de dalaï-lama à Sonam Gyatso en 1578. Ce titre est alors donné à titre posthume aux deux précédents de la lignée, et sera conservé par la suite.

La dynastie Rinpungpa contrôle une grande partie de l'Ü-Tsang, entre 1435 et 1565.

L'Ü-Tsang s'est constitué par l'union d'une part du Tsang (gTsang), fief des Karmapa, gouverné par la dynastie des Tsangpa s'étendant du centre (Gyantsé - Rgyang-rtse) vers l'ouest jusqu'au Ngari, et d'autre part de l’Ü (dbus), fief des gelugpa soutenu par les Mongols qoshots gouverné par Güshi Khan, situé dans le centre autour de Lhassa.

En raison des guerres qui opposent les Mongols dzoungars et Qoshots sur le Tibet, et l'invasion de la Mongolie extérieure par les Dzoungars, la dynastie Qing, alliée aux Mongols khalkhas prend le contrôle sur le Tibet central à partir de 1720 et y intronise définitivement le dalaï-lama, tout en y gardant le contrôle via des ambans.

Le Tibet qui prit son indépendance à la révolution chinoise en 1912, correspond aux régions de l'Ü-Tsang et du Ngari. L'ensemble du Kham étant alors inclus dans le District spécial de Chuanbian, puis la province du Xikang. Les zones de mixité comportant des cultures Tibetaines étant divisé au sein des provinces frontalières ; Gansu (comportant également entre autres Hui et Yugur), Qinghai (Mongols, Yugurs, Monguors (ou Tu) et Huis), Sichuan (Yi, Qiangs), Yunnan (Bai, Naxi, Mosuoetc.). Ces régions, hors de l'Ü-Tsang comportaient généralement des Tusi (cheftaines tribales locales), créés à partir de la dynastie Yuan, à l'image du royaume de Dergé de culture tibétaine, au Kham oriental.

La Région autonome du Tibet correspond aujourd'hui à peu de chose près à l'ensemble formé par l'Ü, le Tsang, le Ngari et le Kham occidental, proche de son état sous la dynastie Qing, avant l'établissement de la voie du Bian occidental.

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (Gelek 2003) « In traditional Tibetan cultural geography, Tibet is divided into three regions: West Tibet or Upper Tibet, called To Ngari Korsum in Tibetan; the middle area of Tibet-Tsang (Bur Dbus Gtsang Ru-zhi) including the central Tibet cities and valleys of Lhasa, Yarlung, Shigatse, and Gyantse; and East Tibet or Lower Tibet-Dokham (Amdo and Kham, Smad Mdo Kham Sgang Drug). Eastern Tibet is traditionally divided into the regions of Kham and Amdo, and these are now are incorporated into parts of Qinghai, Sichuan, Gansu, and Yunnan provinces. »
  2. (Yeh 2003, p. 508) « While the division of Tibetan cultural geography into the three ‘provinces’ of U-Tsang, Kham and Amdo now dominates exile discourse, this is a relatively new representation. An earlier scheme, in use in the mid-seventeenth century, conceived of the three regions as being Ngari Korsum, U-Tsang, and mDo-Kham (including both Kham and Amdo) »
  3. (Shakabpa 2010, p. 177)

BibliographieModifier

  • (en) Lobsang Gelek, « The Washul Sethar », Chinese Sociology and Anthropology, vol. 35, no 1,‎ , p. 3-20 (ISSN 0009-4625, DOI 10.2753/csa0009-462535013)
  • (en) W.D. Shakabpa, One Hundred Thousand Moons: An Advanced Political History of Tibet, vol. 1, Brill Publishers, (ISBN 9789004177888, lire en ligne)
  • (en) Emily T. Yeh, « Tibetan Range Wars: Spatial Politics and Authority on the Grasslands of Amdo », Development and Change, vol. 34, no 3,‎ , p. 499–523 (DOI 10.1111/1467-7660.00316)