Ü (dbus)

partie orientale de l'Ü-Tsang

Ü (tibétain : དབུས་, Wylie : dbus, pinyin tibétain : wu ; chinois : 前藏 ; pinyin : qiánzàng ; litt. « Tibet avant ») est une division géographique et une région historique du Tibet dont la capitale était Lhassa.

Régions historiques et traditionnelles du Tibet d'après le professeur Andreas Gruschke

C'est la partie orientale de l'Ü-Tsang, au Tibet central, qu'elle forme avec le Tsang (tibétain : གཙང་, Wylie : gTsang, chinois simplifié : 后藏 ; chinois traditionnel : 後藏 ; pinyin : hòuzàng ; litt. « Tibet arrière » partie occidentale). L'Ü-Tsang est une des trois régions tibétaines (ou cholka-sum), les deux autres étant traditionnellement le Ngari Korsum et le Dokham[1] ou, plus récemment et notamment chez les Tibétains en exil, le Kham et l'Amdo[2].

HistoireModifier

 
carte de 1935 de l'Allemand, Georg Westermann (en) représentant le Tibet en 1415. On voit le Maryul à l'ouest du dBus et le Dokham à l'est du gTsang

À la chute de l'Empire tibétain, à la suite de l'assassinat en 841 ou 842, par un ermite bouddhiste de Langdarma, empereur opposé au bouddhisme. Commence alors l'Ère de la fragmentation dans laquelle ses deux fils se battent pour sa succession. Ösung dont les successeurs hériterons du royaume de Gugé, correspondant au Ngari, et Yumtän, dont les descendants contrôlent l'Ü[3].

Lignée des rois de LhassaModifier

Yumtän est le premier monarque de la lignée des rois de Lhassa (zh).

La succession est la suivante :

Empire mongoleModifier

Pendant la période du pouvoir mongol (dynastie Yuan), à la fin at du XIIIe siècle, le Ü et le Tsang sont divisés en treize myriarchies (trikor). La liste exacte des myriarchies varie selon les sources. D'après la « chanson de la Reine du printemps », les chroniques du 5e dalaï-Lama, celles de Ü étaient Gyama, Drikung, Tsalpa, Thangpochewa, Phagmodru, et Yazang. Certaines listes comportent Taglung à la place de Thangpochewa[5].

 
Carte de l'Ü (前藏首) en 1907. On y voit à gauche le Tsang (後藏), au nord le Qinghai (青海), au sud le Bhoutan (不丹) et à l'Est le Sichuan (四川)

Le roi du Tsang, Karma Tenkyong Wangpo, protecteur du clergé rouge (Kagyu) est un danger pour l'église jaune (Gélugpa), il s'empare de Lhassa, capitale de l'Ü, entre 1630 et 1636[6].

Les Mongols détruisirent la quasi-totalité des établissements Kagyu (bka' brgyud pa) dans les régions centrales du pays ou les transformèrent en établissement Gélugpa (dGe lugs pa)[7]. Chöying Dorje (1604 — 1674), 10e karmapa, a bénéficié de patronage du roi du Tsang, Karma Tenkyong Wangpo (kar ma bsTan skyong dbang po), alors en guerre ouverte avec les autorités de l'Ü qui appuyaient les l'école Gélugpa et les Mongols. Il fut alors contraint à l'exil pour sauver sa vie[8].

Karma Tenkyong Wangpo est défait par les Mongols qoshots vers la fin de l'année 1642 au fort de Shimbatsé (capitale du Tsang)[9]. Güshi khan ordonne de l’exécuter, ainsi que ses ministres, Dronyer Bongong et Gangzukpa. Il est enfermé dans un sac de peau et jeté dans la rivière Tsangpo près de Neu[10],[11],[12].

période Phagmodrupa (1351 — 1642) sur le Tsang, et le début de la période du Ganden Phodrang (1642 — 1959).

GéographieModifier

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (Gelek 2003) « In traditional Tibetan cultural geography, Tibet is divided into three regions: West Tibet or Upper Tibet, called To Ngari Korsum in Tibetan; the middle area of Tibet-Tsang (Bur Dbus Gtsang Ru-zhi) including the central Tibet cities and valleys of Lhasa, Yarlung, Shigatse, and Gyantse; and East Tibet or Lower Tibet-Dokham (Amdo and Kham, Smad Mdo Kham Sgang Drug). Eastern Tibet is traditionally divided into the regions of Kham and Amdo, and these are now are incorporated into parts of Qinghai, Sichuan, Gansu, and Yunnan provinces. »
  2. (Yeh 2003, p. 508) « While the division of Tibetan cultural geography into the three ‘provinces’ of U-Tsang, Kham and Amdo now dominates exile discourse, this is a relatively new representation. An earlier scheme, in use in the mid-seventeenth century, conceived of the three regions as being Ngari Korsum, U-Tsang, and mDo-Kham (including both Kham and Amdo) »
  3. (Shakabpa 2010, p. 177)
  4. (Cüppers et al. p-107) « This was from the time of Tsha-na Ye-shes rgyal-mtshan (fl. end of 10th / beginning of 11th C.), the widely respected mnga’ bdag of bSam yas, in whose term the “dark period” of Central Tibet ended. It is an indication that in the history of the revolt the idea of the spu rgyal throne was actually never questioned. »
  5. Giuseppe Tucci, Tibetan Painted Scrolls, Rome, Libreria dello Stato, , p. 681
  6. (Grousset 1965, p. 645) « Or, à ce moment, l’Église jaune était menacée d’un grave danger. Un prince tibétain, le de-srid de gTsang, protecteur de l’ancien clergé rouge, s’empara de Lhassa (entre 1630 et 1636) ».
  7. (Achard 2012, p. 431) « Il s'est en effet retrouvé au cœur des conflits qui ont agité le Tibet Central au XVIIe siècle et qui ont abouti à l'invasion mongole et à la destruction de la quasi-totalité des établissements bKa' brgyud pa des régions centrales du pays, ou bien à leur transformation en institutions dGe lugs pa. »
  8. (Achard 2012, p. 431-432)
  9. (Pommaret 1997, p. 95)
  10. Shakabpa 1967, p. 111–112.
  11. Ya 1994, p. 41.
  12. Dāsa 1905, p. 153–54.

BibliographieModifier

  • (en) W.D. Shakabpa, One Hundred Thousand Moons : An Advanced Political History of Tibet, vol. 1, Brill Publishers, (ISBN 978-90-04-17788-8, lire en ligne)
  • René Grousset, L’Empire des steppes : Attila, Gengis-khan, Tamerlan, Paris ; Chicoutimi, Editions Payot ; Classiques de l'Université du Québec, (lire en ligne) (1re édition : 1938)
  • (en) Karl Debreczeny, The Black Hat Eccentric : Artistic Visions of the Tenth Karmapa, Rubin Museum of Art, , 33-63 p.
  • (de) F. R. Hamm, « Tib. dbus und yul dbus. », Indo-Iranian Journal, vol. 4, nos 2-3,‎ , p. 150–153 (DOI 10.1007/bf00157627)
  • (en) G. Uray, « THE OFFICES OF THE BRUṄ-PAS AND GREAT MṄANS AND THE TERRITORIAL DIVISION OF CENTRAL TIBET IN THE EARLY 8TH CENTURY », Acta Orientalia Academiae Scientiarum Hungaricae, Akadémiai Kiadó, vol. 15, nos 1/3,‎ , p. 353-360 (lire en ligne)
  • (en) Jane Casey Singer, « Painting in Central Tibet, ca. 950-1400 », Artibus Asiae, Artibus Asiae Publishers, vol. 54, nos 1/2,‎ , p. 87-136 (DOI 10.2307/3250080, lire en ligne)
  • Ya Hanzhang, Chen Guansheng et Li Peizhuan, Biographies of the Tibetan Spiritual Leaders Panchen Erdenis, Pékin, Foreign Languages Press, , 415 p. (ISBN 978-7-119-01687-0, OCLC 35743089)
  • (en) Sarat Chandra Dāsa, « Tibet, a Dependency of Mongolia », Journal of the Asiatic Society of Bengal, vol. I,‎ , p. 153–54 (lire en ligne)

(en) Chtistoph Cüppers, Robert Mayer et Michael Walter, Tibet after Empire : Culture, Society and Religion between 850-1000, vol. 4, Lumbini, Lumbini International Research Institute, coll. « LIRI Seminar Proceedings Series », (lire en ligne)