Social justice warrior

terme péjoratif désignant une personne qui défend de manière jugée extrémiste et/ou outrancière des causes sociales dites « progressistes »

Social justice warrior (terme anglais couramment abrégé SJW, traduit littéralement par « guerrier de la justice sociale ») désigne, de façon généralement péjorative, une personne qui défend de manière jugée extrémiste et/ou outrancière des causes sociales dites « progressistes » (comme le féminisme, la lutte pour les droits civiques, le multiculturalismeetc.[1],[2],[3]).

Le terme est considéré par certains auteurs comme une forme de harcèlement idéologique, tandis que ceux qui l'emploient se disent eux-mêmes victimes de harcèlement de la part de ceux qu'ils étiquettent comme tels[4].

En Chine, le mot Baizuo est similaire à ce terme[5].

HistoireModifier

Le terme est apparu vers la fin du XXe siècle dans un sens neutre ou mélioratif pour désigner les militants progressistes actifs sur les réseaux sociaux[6]. En 2011, quand l'expression émerge sur Twitter, sa signification passe rapidement de méliorative à extrêmement péjorative[réf. nécessaire]. Urban Dictionary a ajouté le terme en 2011[7].

Une campagne de harcèlement sexiste à grande échelle qui a eu lieu en 2014 sur Twitter, Reddit et 4chan contre des journalistes et des développeuses (controverse du Gamergate) est à l'origine de l'usage péjoratif du terme « social justice warrior »[8],[9]. En 2015, le terme a été inclus dans le Oxford Dictionary en ligne[10],[7]. Utilisé à l'origine par des groupes de l'alt-right[Information douteuse], le terme est également utilisé par le mouvement pour les droits des hommes et les libéraux classiques.[réf. nécessaire]

DescriptionModifier

Pour le Oxford Dictionary, qui a intégré le mot en , le Social Justice Warrior est « une personne qui exprime ou promeut des valeurs sociales progressistes »[4]. Mais à partir de 2014 l'expression change de sens, car les joueurs impliqués dans le Gamergate se sont mis à traiter les féministes et militants souhaitant plus de diversité, de « social justice warriors » ; « comprendre "des hystériques intransigeants et sans second degré" »[4].

Le terme figure régulièrement comme antagonistes par défaut de ce que l'on appelle « Intellectual Dark Web (en) », et le mouvement pour les droits des hommes[11]. Au-delà du monde des mèmes Internet et des médias en ligne uniquement, le terme a également laissé une empreinte dans les discours traditionnels des médias (comme The New York Times, The Irish Times).

Le terme prête son nom à un jeu vidéo de rôle parodique sorti en 2014, et intitulé Social Justice Warriors[12].

Notes et référencesModifier

  1. Blistein, Jon, « Billy Corgan Compares 'Social Justice Warriors' to Cults, Maoists, KKK », Rolling Stone, (consulté le 29 mai 2016).
  2. (en-US) Caitlin Dewey, « The only guide to Gamergate you will ever need to read », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le 15 mai 2017).
  3. « La face obscure des Social Justice Warriors », sur Slate, (consulté le 6 juillet 2019).
  4. a b et c « Le social justice warrior est-il ce militant bien-pensant et agressif qu'on l'accuse d'être ? », sur France 24, (consulté le 6 juillet 2019).
  5. (en-US) Adan Kohnhorst, « "Baizuo" - China's Term for "Social Justice Warrior" - is Now in Urban Dictionary », sur RADII | Culture, Innovation, and Life in today's China, (consulté le 29 juillet 2020)
  6. « La face obscure des Social Justice Warriors », sur Slate.fr, (consulté le 6 juillet 2019).
  7. a et b (en) Sean Phelan, « Neoliberalism, the Far Right, and the Disparaging of “Social Justice Warriors” », Communication, Culture and Critique,‎ 2019-19-26 (DOI 10.1093/ccc/tcz040, lire en ligne, consulté le 4 janvier 2020)
  8. « La face obscure des Social Justice Warriors », sur Slate.fr, (consulté le 6 juillet 2019)
  9. (en-US) Abby Ohlheiser et Abby Ohlheiser, « Why ‘social justice warrior,’ a Gamergate insult, is now a dictionary entry », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le 15 mai 2017).
  10. (en) Laura Wagner, « Can You Use That In A Sentence? Dictionary Adds New Words », sur NPR, (consulté le 20 juillet 2020)
  11. Amanda Paananen et Arleigh J. Reichl, « Gendertrolls just want to have fun, too », Personality and Individual Differences, vol. 141,‎ , p. 152–156 (ISSN 0191-8869, DOI 10.1016/j.paid.2019.01.011, lire en ligne, consulté le 11 janvier 2020)
  12. « Social Justice Warriors sur Steam », sur store.steampowered.com (consulté le 10 janvier 2018).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier