Siège de Sainte-Anne (1674)

Le siège de Sainte-Anne de 1674 est une bataille de la guerre de Hollande et un siège que subit le château de Saint-Anne, dans le comté de Bourgogne, du 7 au [1]. Ce sera le dernier siège de l'histoire du château ainsi que la toute dernière bataille de la conquête finale de la Franche-Comté historique par la France.

ContexteModifier

Durant l'hiver 1673-1674, la menace d'une nouvelle invasion française se précise : Louis XIV attaque le comté de Bourgogne, alors sous domination espagnole. Les Français, en très large supériorité numérique, ont pris durant l'hiver et le printemps, les principales villes du comté de Bourgogne : Pesmes, Saint-Loup, Lons le Saunier, Vesoul, et Gray[2]. Après les prises déterminantes de Besançon et de Salins dès le début de l'été, les jeux sont faits pour les Comtois. Reste les secteurs de Luxeuil et Saint-Claude qui tombent tout début juillet. La dernière cité comtoise Faucogney tombe le 4 juillet. Une partie de ses habitants est d'ailleurs massacrée. Le même jour le château de Joux où s'était réfugié le gouverneur du comté, Fransisco d'Alveida, capitule à son tour.

Ne reste que la place forte de Sainte-Anne commandée par le gendre du célèbre Lacuzon, le capitaine Claude Balland[3]. Officier courageux et déterminé, il s'est illustré avec son beau-père durant les guerres précédentes. Il a été nommé commandant de la place l'année précédente.[4] La place de Sainte Anne était réputée imprenable parce qu’elle n’était accessible que par un étroit passage facile à garder. Lors de la guerre de Dix ans, elle n'avait pas pu être prise et lors de la guerre de Dévolution, elle n'avait capitulé que sur ordre du gouverneur de la Baume.

Le siègeModifier

 
Siège du château de Sainte-Anne en 1674.

Revenant du château de Joux qui venait de capituler, le duc de Duras se présente le 7 juillet devant le château de Sainte-Anne. Claude Balland n’a sous ses ordres que 63 hommes dont la majorité sont des paysans des environs. Le bombardement commence le lendemain 8 juillet. Le duc de Duras écrit le même jour à Louvois : Ils font fort bonne mine (les assiégés) et tirent beaucoup pour la quantité de gens qui sont dedans….…Sur ce roc vif il est bien mal aisé de faire de bonnes tranchées….. Nos deux batteries tirent depuis neuf heures du matin.

Les Comtois organisent un système de feux roulants continuel qui se révèlent très efficace. Les Français érigent une haute tour en bois au sommet de laquelle ils installent une de leurs deux puissantes batteries. Le 10 dans la journée après deux jours de bombardement intensif, une brèche parvient à être faite. En fin de journée les Comtois qui ont réussi à maintenir les Français à distance manquent de munitions. Claude Balland fait tirer un dernier coup de canon symbolique puis, à la tombée de la nuit, les assiégés descendent discrètement par la falaise et réussissent à évacuer la place quasiment sans pertes[1].

ConséquencesModifier

L'abandon du château de Sainte-Anne sonne le glas de l’indépendance de la Franche-Comté[5]. Les combats s'arrêtent alors dans toute la région. Claude Balland comme la plupart des officiers comtois ne reconnaîtra pas la souveraineté française du moins jusqu'au traité de Nimègue en 1678.

Le siège de Sainte-Anne, comme celui de Faucogney quelques jours plutôt, revêt une importance symbolique plus que stratégique.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Lacuzon d'après de nouveaux documents, imprimerie et lithographie de Gauthier frères, (lire en ligne)
  2. Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique, et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département : département du Jura, Bintot, (lire en ligne)
  3. Léon Ordinaire, Deux époques militaires à Besançon et en Franche-Comté, 1674-1814, Turbergue, (lire en ligne)
  4. Besançon univ, Mémoires et documents inédits, pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, (lire en ligne)
  5. « www.sainteanne25.com », sur www.sainteanne25.com (consulté le )