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Bataille d'Entzheim

ContexteModifier

Après avoir ravagé le Palatinat, Turenne repasse le Rhin le . Il se poste près de Wissembourg, pour défendre l’Alsace. Mais Louis XIV lui ordonne de l’évacuer, d’y démanteler toutes les places et de ne tenir que Brisach et Philippsbourg. Turenne s’y refuse. Il s’installe à Landau, convaincu qu’il faut combattre au-delà du Rhin[1].

Rassuré par la victoire de Condé à Seneffe le , le roi finit par donner raison à Turenne.

La batailleModifier

Le , les Impériaux se mettent en marche, passent le Rhin à Mayence, le remontent jusqu'à Spire, où ils le passent à nouveau le . Tandis que Turenne sur ordre du roi couvre Saverne et Haguenau, ils franchissent le pont de Kehl le 1er octobre, avec à leur tête Alexandre de Bournonville. La république de Strasbourg, neutre jusqu'ici, les laisse entrer en Alsace. Bournonville établit un camp de 35 000 hommes à Entzheim, au sud de Strasbourg, entre la Bruche et l’Ill[2].

Turenne ne l’apprend qu’avec retard. Il accourt, passe la nuit du 3 au 4 au château d'Osthoffen et, le , à la tête de 25 000 hommes, il attaque Bournonville. Les Impériaux perdent 3 000 hommes, une dizaine de pièces d’artillerie et 30 drapeaux. Mais ils tiennent leurs positions jusqu’au soir[3].

Sans être le triomphe que célèbre madame de Sévigné[4], le combat, très indécis, peut néanmoins être considéré comme favorable à Turenne[5]. À la faveur de la nuit, les Impériaux se replient sur Illkirch.

ProlongementsModifier

Turenne quitte Entzheim et va camper à Marlenheim, entre Saverne et Haguenau. Le , Frédéric Guillaume Ier, électeur de Brandebourg, franchit à son tour le Rhin, avec 20 000 hommes[6]. Ce que Turenne redoutait le plus est arrivé : la guerre s’installe en Alsace. Et les Allemands sont maintenant au nombre de 55 000, avec un point faible cependant : il n’y a pas de véritable unité de commandement[7].

SourcesModifier

  • Jean Bérenger, Turenne, Fayard, 1987.
  • Jacques Garnier (dir.), Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l’histoire de France, Perrin, 2004.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Bérenger, Turenne, p. 404-405.
  2. Jean Bérenger, op. cit., p. 405.
  3. Jacques Garnier (dir.), Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l’histoire de France, p. 305.
  4. Lettre du 15 octobre 1674 à Bussy-Rabutin.
  5. Jacques Garnier, ibid.
  6. Jacques Garnier, op. cit., p. 306.
  7. Jean Bérenger, op. cit., p. 406.