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Roland Glavany

général de corps d'armée et pilote d'essais

BiographieModifier

En 1939, reçu aux baccalauréats de mathématiques et de philosophie, il s'inscrit en classe préparatoire à l'École navale et à l'École de l'air, au lycée Saint-Louis de Toulouse. Après la défaite française et la signature de l'armistice (22 juin 1940), les Allemands interdisent toute formation de cadres militaires. Les concours d'entrée dans les écoles sont interrompus ou reportés, l'École de l'air de Salon-de-Provence est dissoute en août.

École de l'airModifier

En septembre 1940, un concours est cependant organisé discrètement et Roland Glavany fait partie de la quarantaine d'élèves sélectionnés. Il rejoint, le , le Cours spécial d'élèves officiers qui s'ouvre, sans l'accord de l'occupant, près de Toulouse.

 
Morane-Saulnier MS.230

En septembre 1941, à la suite des pertes subies par l'Armée de l'air de Vichy au cours de la Campagne de Syrie, le général Jean Bergeret obtient des forces d'occupation la réouverture de Salon-de-Provence, où a lieu le baptême de la promotion 1940 (promo « Lieutenant Marcel Steunou »). Roland Glavany y obtient, en septembre 1942, son brevet de pilote — sur Morane-Saulnier MS.230 — et reçoit le grade de sous-lieutenant[3].

Après l'invasion de la zone libre (novembre 1942), la base de Salon-de-Provence est investie par les Allemands et l'École de l'air fermée. Comme beaucoup de ses camarades, il rejoint l'organisation Jeunesse et montagne qu'il déserte rapidement ; « [l'un des officiers de Vichy] nous affirma sans ambages que notre devoir était d'aller travailler en Allemagne pour le Maréchal et pour la France… Je ne restai pas une journée de plus au camp de Sainte-Livrade ». Il passe en Espagne en et, échappant à la prison où sont regroupés les réfractaires, Roland Glavany finit par rejoindre Alger où il apprend que la saturation des écoles de pilotage ne lui permettrait de poursuivre sa formation qu'aux États-Unis. Il choisit alors de changer d'uniforme — « Je n'étais pas venu de si loin pour partir en Amérique alors que la guerre se poursuivait en Europe ».

1er bataillon parachutiste de chocModifier

Près d'Alger, il s'engage dans une unité de parachutistes volontaires, le 1er bataillon parachutiste de choc du commandant Gambiez[4]. Après un mois d'entraînement intensif, responsable d'une section de combat, il participe à la libération de la Corse, de l'île d'Elbe, puis au débarquement de Provence. Il est blessé plusieurs fois.

Armée de l'AirModifier

En 1945, cité trois fois à l'Ordre de la nation, il signe à Paris un nouvel engagement dans l'Armée de l'air. À 23 ans, il complète sa formation de pilote, prenant les commandes de Curtiss Hawk, Spitfire, ou Hurricane sur la base de l'École de Meknès, au Maroc. En août, il est affecté à Fribourg, au GR 2/33 Savoie ; « J'avais la chance de voler sur le plus bel avion de combat de la guerre, le Mustang »[5].

Centre d'essai en volModifier

En 1948, il réussit le concours d'entrée à SupAéro. Il est recruté, à sa sortie en 1950, au C.E.V. et après être passé par l'École du personnel navigant d'essais et de réception où il se lie d'amitié avec André Turcat, il participe pendant quatre ans aux essais de nombreux chasseurs comme le Vampire, le Mistral, l'Ouragan, le Mystère II, ou encore le Mystère IV-A au bord duquel il est le cinquième français à passer le mur du son[6].

Avions Marcel DassaultModifier

En 1954, placé en congé du personnel navigant de l'armée de l'Air, il est détaché pour une période de cinq ans à la Générale Aéronautique Marcel Dassault (GAMD), où il assure les fonctions de chef-pilote. Il vole sur les Mystère IV, Vautour, Étendard IV, Mirage III. Le 17 juin 1958, Roland Glavany prend les commandes du prototype du bombardier supersonique Mirage IV. Les premiers vols parfaits autorisent le chef-pilote à effectuer, au cours du troisième essai, un passage au Salon du Bourget, en présence de Charles de Gaulle. Le 24 octobre 1958, il est — au cours d'un vol de 30 minutes — le premier pilote à faire franchir Mach 2 à un appareil européen, le Mirage III A 01, précédant de deux jours André Turcat qui atteindra la même vitesse à bord du Nord 1500 Griffon[7].

Les années passées chez Dassault ont été « les plus belles et les plus riches de sa vie de pilote. Il a côtoyé les géants de l'après-guerre : Roger Carpentier, André Turcat, Jean Sarrail et Jacqueline Auriol qui deviendra l'amie de la famille »[6].

Retour dans l'armée de l'AirModifier

En 1959, il reprend l'uniforme et réintègre l'armée. Il est affecté à la 11e brigade parachutiste en Algérie où il assure la liaison entre les troupes au sol et les moyens aériens. Il dispose pour cette mission d'hélicoptères Alouette II — utilisée en PC volant — et Sikorsky H-34. « Officier croyant à la mission de son pays, il s'interroge néanmoins sur cet ennemi incertain aux côtés duquel il s'est sans doute battu 16 ans plus tôt ». Il fait la connaissance de Valérie André, future première générale de l'armée française, qui devient une grande amie[8].

Fin 1960, il revient en France avec deux autres citations à l'Ordre de la nation. Intégré à l'état-major, il est affecté au Bureau des programmes de matériels (BPM), assiste au déploiement du Mirage IV dans les Forces aériennes stratégiques, et collabore à la définition du projet franco-britannique SEPECAT Jaguar. Il commande ensuite les bases militaires d'Istres et de Mont-de-Marsan (Centre d'expériences aériennes militaires). En 1975, il dirige l'ensemble des écoles de l'armée de l'Air, « passant des jours et des nuits à "dépoussiérer" et à ajouter de nouveaux chapitres aux cours d'aérodynamique et de mécanique du vol »[8].

En avril 1978, il quitte l'armée avec le grade de général de corps d'armée (4 étoiles). Son carnet de vol totalise environ 5 000 heures de vol effectuées majoritairement en qualité de pilote d'essai.

OfemaModifier

De 1978 à 1984, il préside l'Office français d'exportation de matériel aéronautique (Ofema)[3].

RetraiteModifier

Il « consacre les trente dernières années de sa vie à ses proches au sein d'une famille "élargie" »[3].

Il décède le 16 janvier 2017, une semaine après son épouse Monique[9].

FamilleModifier

Père de quatre enfants (trois garçons, et une fille), l'un de ses fils, Jean, fut ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Lionel Jospin, de 1998 à 2002 et l'un de ses petits enfants, Mathieu, rugbyman professionnel au Stade Français Paris et au Racing 92.

DistinctionsModifier

HommagesModifier

OuvragesModifier

  • Du bataillon de choc au Mirage, Éditions Pierre de Taillac, , 256 p. (ISBN 978-2364450233), en collaboration avec Bernard Bombeau
  • Discours aux obsèques du général Jacques Collombet le 12 octobre 1989 , publié dans la revue Les Ailes brisées
  • « La vie de Jean Dagnaux : 28 Novembre 1891 - 18 Mai 1940 », Icare, no 132,‎ , p. 19-69

Notes et référencesModifier

  1. Valérie André, « Gal. Roland GLAVANY », La lettre de l'AAE, no 102,‎ , p. 13 (lire en ligne [PDF]), sur le site de l'Académie de l'air et de l'espace
  2. « Grand pilote d’essai, Roland Glavany avait dompté tous les Mirage », sur Ouest-France, (consulté le 16 janvier 2017)
  3. a b et c Bernard Bombeau, « Roland Glavany : Trois vie et une passion… », Le Fana de l'Aviation, no 570,‎ , p. 50 à 61
  4. Le Fana de l'Aviation, no 570, pp. 54-55
  5. Le Fana, no 570, p. 56
  6. a et b Le Fana, no 570, pp. 57-59
  7. « Décès du général Roland Glavany, le pilote d’essai du Mirage III », sur opex360.com,
  8. a et b Le Fana, pp. 60
  9. « Issy : mort du général Roland Glavany, pilote d’essai et père de Jean Glavany », sur Le Parisien, (consulté le 18 janvier 2017)
  10. a et b « Décret du 3 avril 1985 » [PDF], sur legifrance.gouv.fr
  11. général Michel Forget, « Le général Glavany », sur Comité d'Issy-les-Moulineaux et Vanves, (consulté le 12 mai 2019).
  12. « Association des Anciens Élèves de l'École de l'Air », sur www.aea.asso.fr (consulté le 21 juillet 2017)
  13. « A la mémoire du général Glavany », Le Fana de l'Aviation, no 594,‎ , p. 7.

Liens externesModifier