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Robert Lacoste

homme politique français (1898-1989)
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'homme politique de la Dordogne et ancien ministre. Pour le syndicaliste du Lot-et-Garonne, voir Robert Lacoste (syndicaliste). Pour les homonymes, voir Lacoste.

Robert Lacoste
Illustration.
Fonctions
Sénateur de la Dordogne

(9 ans et 5 jours)
Groupe politique Socialiste
Député de la 4e circonscription de la Dordogne

(5 ans, 5 mois et 24 jours)
Législature IIe, IIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Michel Diéras
Successeur Pierre Janot
Député de la Dordogne

(13 ans, 1 mois et 17 jours)
Législature Ire, IIe, IIIe (Quatrième République)
Gouverneur général et ministre de l'Algérie

(2 ans et 3 mois)
Maire d'Azerat

(37 ans)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Azerat (France)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Périgueux (France)
Nationalité Drapeau : France Française

Robert Lacoste, né le à Azerat (Dordogne) et mort le à Périgueux[1], est un syndicaliste et homme politique français, député socialiste de la Dordogne de 1945 à 1958 et de 1962 à 1967, sénateur de 1971 à 1980, mais surtout connu comme gouverneur général et ministre de l'Algérie de février 1956 (gouvernement de Guy Mollet) à mai 1958.

BiographieModifier

Formation et débuts professionnelsModifier

Robert Lacoste fait des études de droit à l'université de Paris.

Il devient ensuite fonctionnaire des finances et militant syndical CGT.

Seconde Guerre mondialeModifier

Signataire du Manifeste des Douze, il rejoint la Résistance en Haute-Savoie. À la demande de Jean Moulin, il participe à l'élaboration du programme du Conseil national de la Résistance (CNR)[2]

En 1944, il est délégué général adjoint du Comité français de Libération nationale pour la France occupée et devient ministre à la Production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Il accompagne ce dernier lors de sa visite à Oradour-sur-Glane, le . Son entrée au gouvernement du gouvernement provisoire est le prélude d'une longue carrière à des postes divers mais essentiels à la période considérée de l'immédiat après guerre. D'abord à la production industrielle, puis l'industrie et enfin ministre de l'industrie et du commerce. Il est quasi inamovible à ces postes sauf durant le bref intermède où la fonction est occupée par le communiste Marcel Paul. Lacoste a toujours été considéré comme une tête de pont du patronat français au sein de la SFIO ce que traduit aussi son attitude durant la grève des mineurs du Nord Pas de Calais en 1947. Il était déjà proche des milieux patronaux avant la guerre avec son ami Bélin[3].

Après-guerreModifier

Élu maire d'Azerat en 1945, il le reste jusqu'en 1983[4].

Membre des deux assemblées constituantes, député socialiste de la Dordogne, il est ministre de l’Industrie jusqu'en 1950. En 1948, il supprime des avantages acquis à la Libération par les mineurs, et doit faire face aux importantes grèves des bassins houillers qui sont sévèrement réprimées[5].

Il est nommé ministre des Finances et de l’Économie en 1956.

Guerre d'AlgérieModifier

Tout juste après la visite en Algérie de Guy Mollet, accueilli par des Français d’Algérie qui lui jettent des tomates (la « journée des tomates »), des œufs pourris et aussi des billes d’acier, Lacoste accepte de remplacer le général Catroux et devient ministre résident et gouverneur général de l’Algérie. Il conserve le ministère de l’Algérie jusqu’aux événements du 13 mai 1958. Partisan du maintien de l’Algérie dans la République française, une Algérie nouvelle profondément modifiée par la « loi-cadre » , il est l’un des principaux adversaires du FLN. Partisan d'une forte répression contre le FLN, il pourfend ceux qui, en métropole ou dans les couloirs de l’ONU, ne sont selon lui qu’indulgence à l’égard des attentats et des assassinats fomentés par l’organisation[6]. Il déclare par exemple le 7 juillet 1957 à Alger devant des anciens combattants : : « Sont responsables de la résurgence du terrorisme, qui a fait à Alger, ces jours derniers, vingt morts et cinquante blessés, les exhibitionnistes du cœur et de l'intelligence qui montèrent la campagne contre les tortures. Je les voue à votre mépris. »[7].

Témoignant pour la défense du général Salan lors de son procès, le 19 mai 1962, Robert Lacoste déclarera également, à propos des partisans du FLN et des Accords d'Évian[8]:

J’ai quand même le droit de dire cette espèce d’écœurement que j’ai aujourd’hui parce que ceux-là qui ont tué femmes et enfants à la terrasse des cafés, aux arrêts d’autobus, à la sortie des écoles, dans les stades et dans les bals populaires, sont amnistiés[8]. »

Après 1962Modifier

Il siège à nouveau à l’Assemblée nationale de 1962 à 1967. De 1971 à 1980, il est élu sénateur socialiste de la Dordogne, tout en assumant, de 1974 à 1979, la vice-présidence du Conseil régional d'Aquitaine.

Président du Conseil supérieur de l’électricité et du gaz de France en 1950, il a été maire d’Azerat jusqu’en 1983. Son épouse, née Marcelle Mahut le 5 septembre 1901, est décédée, le 19 mai 1980, à Périgueux.

Fonctions gouvernementalesModifier

  • Secrétaire général à la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 26 août au 4 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 4 au 10 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 10 septembre 1944 au 21 novembre 1945)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Léon Blum (3) (du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 22 janvier au 11 août 1947)
  • Ministre du Travail et de la Sécurité sociale (par intérim) du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 4 au 9 mai 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 11 août au 22 octobre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (2) (du 22 octobre au 24 novembre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (1) (du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement André Marie (du 26 juillet au 5 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (2) (du 5 au 11 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Henri Queuille (1) (du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Georges Bidault (2) (du 29 octobre 1949 au 7 février 1950)
  • Ministre des Affaires économiques et financières du gouvernement Guy Mollet (du 1er au 9 février 1956)
  • Ministre Résident en Algérie du gouvernement Guy Mollet (du 9 février 1956 au 13 juin 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Il a été inhumé à Azerat, cf. cimetière d'Azerat
  2. Alain Herbeth, « La gauche "Algérie française », La Nouvelle Revue d'histoire, no 85 de juillet-août 2016, p. 27-29
  3. (en) Henry Ehrmann, La politique du patronat français 1936-1955, Paris, PFNSP, , p. 199 et spécialement p. 108-109
  4. Pays-Perigord-Noir.com - Azerat
  5. La face obscure du socialisme, entretien, marianne.net, 4 mai 2014
  6. Alain Herbeth, Robert Lacoste, le bouc émissaire, Paris, L’Harmattan, , 236 p.
  7. Étienne Maquin, Le parti socialiste et la guerre d'Algérie, L'Harmattan, 1990.
  8. a et b André Figueras, Salan, Raoul: ex-général..., La Table ronde, 1965, p. 245