Regnéville-sur-Meuse

commune française du département de la Meuse

Regnéville-sur-Meuse
Regnéville-sur-Meuse
L'église Saint-Martin.
Blason de Regnéville-sur-Meuse
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Intercommunalité Communauté de communes Argonne-Meuse
Maire
Mandat
André Trouslard
2020-2026
Code postal 55110
Code commune 55422
Démographie
Gentilé Régnevillois, Régnevilloises
Population
municipale
51 hab. (2019 en augmentation de 8,51 % par rapport à 2013)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 15′ 14″ nord, 5° 19′ 36″ est
Altitude Min. 180 m
Max. 255 m
Superficie 3,81 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Verdun
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Clermont-en-Argonne
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Regnéville-sur-Meuse

Regnéville-sur-Meuse est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

GéographieModifier

SituationModifier

Regnéville-sur-Meuse forme un petit territoire de 381 hectares assez fortement marqué. On y trouve trois secteurs bien distincts :

  • à l’ouest : la forêt domaniale, située en crête dans le prolongement de la côte de l'Oie qui a été plantée surtout en résineux dans les secteurs trop abîmés au cours de la Première Guerre mondiale pour être remis en cultures, c’est la « Zone rouge »,
  • plus à l'est : un secteur agricole, à la pente nettement marquée et au relief accidenté jusqu'à la route départementale 123A et au village ; l'ancienne voie ferrée Sedan-Verdun coupe ce secteur en deux,
  • la vallée inondable de la Meuse comprise entre la RD 123A et le canal de l'Est, branche Nord, de part et d’autre du fleuve.

Communes limitrophesModifier

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Regnéville-sur-Meuse est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Verdun, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 103 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[4],[5].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (50,1 %), prairies (37,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,7 %), forêts (4,1 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

ToponymieModifier

Ronei villa, XIIe siècle ; Rigneiville, 1200[8].

D'un nom d'homme germanique Run- + suffixe gaulois -iacum, auquel s'est adjoint à l'époque médiévale l'appellatif vile « domaine rural, village » (> vilain « paysan médiéval », français moderne ville)[8].

Remarque : les ressemblances avec Regnéville-sur-Mer (Manche, Reniervilla vers 1280); Regnévelle et Regniéville sont fortuites[8], tout comme la ressemblance avec Reigneville-Bocage (Manche, Runeville jusqu'au XVe siècle).

HistoireModifier

Le village a été affranchi en 1321 par Henri d'Apremont, évêque de Verdun et Gobert, sire d’Apremont. Les seigneurs de Regnéville percevaient des droits de passage au Gué-sous-Regnéville. En 1850, on voyait encore au bord du fleuve Meuse la base d’une tour qui avait servi d’abord à la défense du passage et ensuite de logement au péager.

Avant 1790, le village dépendait, pour le spirituel, du diocèse de Verdun, archidiaconé de la Princerie, doyenné de Forges, et, pour le temporel, du Verdunois, terre d’évêché, bailliage de Verdun, prévôté de Charny.

La commune a été entièrement détruite au cours de la Première Guerre mondiale. Elle a été partiellement reconstruite à partir de 1920.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 En cours
(au 23 mai 2020)
André Trouslard [9]
Réélu pour le mandat 2020-2026
  Ancien cadre

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2019, la commune comptait 51 habitants[Note 3], en augmentation de 8,51 % par rapport à 2013 (Meuse : −4,17 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
114140135144146147147126145
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1131051071129186878286
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
828690363639565848
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
343440323436393947
2017 2019 - - - - - - -
5151-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • L'église Saint-Martin, reconstruite après 1918.
  • La place du Capitaine Aynard
Une place du village a été nommée du nom de cet officier de la Grande Guerre par délibération municipale du , afin qu'en demeure le souvenir. Elle a été aménagée et agrémentée d'une fontaine au cours des années 1994 et 1995 pour que l'on se souvienne de la difficile mise en place de la distribution publique d'eau potable.
Jadis, le franchissement du fleuve se faisait aux gués, c'est-à-dire aux endroits où l'eau était suffisamment basse pour pouvoir passer à pied sec.
L'installation d'un bac ou ponton, manœuvré par un passeur à l'aide d'une longue et solide barre de bois, fut un progrès considérable car la traversée pouvait avoir lieu à n'importe quelle saison. Chariots, animaux, fourrages, personnes puis automobiles l'empruntaient après avoir réglé la redevance correspondante. Le chemin menant au bac fut tout naturellement appelé rue du Bac.
Grâce à l'aide de Miss Horace Gray, riche Américaine de Boston, qui dirigea un hôpital de blessés en France, pendant la Grande Guerre, séduite par un roman rédigé et édité par Henri Frémont, journaliste à Verdun, intitulé Le Père Barnabé, un pont en béton armé fut construit, à partir de 1930 par l'entreprise Rombert de Sedan, pour faciliter la liaison entre les deux rives du fleuve. Il présentait deux voûtes en béton armé reposant sur une pile centrale et supportant une chaussée de 4 mètres de largeur avec une plinthe formant trottoir de 50 centimètres. Il permettait aux habitants des villages de la rive droite de se rendre à la gare de Regnéville-sur-Meuse située sur la ligne de chemin de fer Stenay-Verdun et aux agriculteurs de la rive gauche d'accéder facilement à leurs propriétés situées sur la rive opposée. D'autre part, il donnait la possibilité aux touristes de relier directement le bois des Caures au Mort-Homme et autres haut-lieux des combats de la rive gauche. Il devait remplacer une passerelle en bois installée lors de l'offensive franco-américaine Meuse-Argonne à la fin de la Grande Guerre et le bac ancestral qu'il fallait attendre, manœuvrer et payer.
Pour tenter de retarder l'avance allemande, le , l'armée française en repli fit sauter l'ouvrage qui avait été inauguré en .
Une simple barque que l'on manœuvrait soi-même remplaça alors ce pont et permit la traversée des personnes de 1940 à 1960.
Il faudra attendre 1960 pour qu’un pont semi-définitif d'occasion, de type Pigeaud, à voie unique, soit mis en service par l'État. L'ouvrage est une partie du pont Legay de Verdun. Il n'a jamais été réceptionné par les maires de l'époque. Les élus locaux, tant de Samogneux que de Regnéville-sur-Meuse, n'ont jamais accepté cet ouvrage de réemploi. Épaulés par les conseillers généraux et régionaux, les députés et les sénateurs, ils ont été enfin compris et entendus par les services de l’État qui ont proposé un plan de financement acceptable. Ledit pont devrait être remplacé en 2009. Après mise en concurrence, le marché a été signé avec l’entreprise Berthold de Dieue-sur-Meuse.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Charles Souhaut, prêtre érudit (1828-1900).
Il est né le à Regnéville de parents cultivateurs. Après des études au séminaire de Verdun, il est ordonné prêtre le . Il est professeur de Belles Lettres au petit séminaire de Verdun, avant d'être curé des Islettes, de l'église Saint-Étienne de Saint-Mihiel et curé-doyen de Ligny-en-Barrois. Il est l'auteur d'une notice sur le sépulcre de Saint-Mihiel, d'une étude sur les Ligier et leurs œuvres, d'un écrit sur Notre-Dame-des-Vertus de Ligny-en-Barrois et de quatre tomes sur l'hostie sainte.
  • Jean Gueusquin, né à Regnéville en 1782, époux de Marie Madeleine Dulphy.
Un de ses fils, Joseph Gueusquin, né à Forges-sur-Meuse en , part tenter sa chance à Paris comme marchand de vins. Vers 1840, il découvre le Val d’Aulnay en venant, le dimanche, traîner ses guêtres au bal de Sceaux, très fréquenté à l’époque. Sur le territoire de la commune du Plessis-Piquet, devenue aujourd'hui Le Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine, il est émerveillé par les énormes châtaigniers à la taille tout à fait remarquable. Il imagine alors d’installer dans le plus grand d’entre eux des plates-formes et des cabanes reliées par un escalier. Il ouvre, en 1848, le premier bal-restaurant dans cet espace boisé un peu à l'écart du bourg. Parce qu’il est grand amateur de récits d'aventures et que la vie de Robinson Crusoé sur son île déserte le passionne, il nomme son établissement Au Grand Robinson. C'est le succès : le Tout-Paris y défile. D'autres cabarets, une trentaine, s'installent. L'endroit devient vite un véritable hameau appelé Robinson. La tradition des guinguettes au Plessis-Piquet est lancée. On y déguste de la friture de poissons, de la matelote d'anguilles et plus tard des moules-frites. On y danse la polka, la valse et le quadrille puis le musette au son de l’accordéon. On y profite des balançoires et des loisirs liés à l'eau comme la pêche ou le canotage.
  • Nicolas Lhoste, né à Regnéville le , chef de bataillon, chevalier de la légion d'honneur.

HéraldiqueModifier

  Blason
Tranché : au 1er d'azur à la tour d'or, ouverte et ajourée du champ, adextrée d'une larme d'argent, au 2e d'or à trois pointes flamboyantes de gueules mouvant d'une plaine du même ; le tout sommé d'un chef de gueules à la croix d'argent.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

RéférencesModifier

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. a b et c Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 560a.
  9. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.