Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Crusoé.

Robinson Crusoé
Image illustrative de l’article Robinson Crusoé
Illustration de l'édition originale de 1719.

Auteur Daniel Defoe
Pays Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Genre Roman d'aventures
Version originale
Langue anglais
Titre The Life and Strange Surprizing Adventures of Robinson Crusoe, Of York, Mariner
Éditeur William Taylor
Lieu de parution Londres
Date de parution
Version française
Traducteur Thémiseul de Saint-Hyacinthe et Justus Van Effen
Éditeur Honoré & Chatelain
Lieu de parution Amsterdam[1]
Date de parution
Nombre de pages 588
Illustration d'un livre de colportage anglais du XVIIIe siècle.

Robinson Crusoé est un roman d'aventures anglais de Daniel Defoe, publié en 1719. L'histoire s'inspire très librement de la vie d'Alexandre Selkirk. Écrit à la première personne, l'intrigue principale du roman se déroule sur une île déserte où Robinson, après avoir fait naufrage, vécut pendant 28 ans. Durant son séjour, il fit connaissance d'un « sauvage » qu'il nomma Vendredi. Les deux compagnons vécurent ensemble pendant plusieurs années avant de pouvoir quitter l'île.

Le romanModifier

C'est un des premiers romans d'aventures, voire le premier, écrit en anglais. Il connut un grand succès à sa parution. Certains, comme Jean-Jacques Rousseau, le considérèrent comme un livre d'éducation. Il reste aujourd'hui un grand classique de la littérature.

Titre completModifier

Le titre complet, traduit en français, de l'ouvrage est « La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé de York, marin, qui vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, à la suite d'un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même, et comment il fut délivré d'une manière tout aussi étrange par des pirates. Écrit par lui-même ».

Résumé de l'histoireModifier

 
Robinson et Vendredi.

En 1651, Robinson Crusoé quitte York, en Angleterre, contre la volonté de ses parents qui voulaient qu'il devienne avocat, pour naviguer. Le navire est abordé par des pirates de Salé et Crusoé devient l'esclave d'un Maure. Il parvient à s'échapper sur un bateau et ne doit son salut qu'à un navire portugais qui passe au large de la côte ouest de l'Afrique. Arrivé au Brésil, Crusoé devient le propriétaire d'une plantation grâce au matériel qu'il y avait sur le bateau.

En 1659, alors qu'il a vingt-huit ans, il se joint à une expédition partie à la recherche d'esclaves africains, mais à la suite d'une tempête il est naufragé sur une île à l'embouchure de l'Orénoque en Amérique du Sud. Tous ses compagnons étant morts, il parvient à récupérer des armes et des outils dans l'épave. Il fait la découverte d'une grotte. Il se construit une habitation et confectionne un calendrier en faisant des entailles dans un morceau de bois. Il chasse et cultive le blé. Il apprend à fabriquer de la poterie et élève des chèvres. Il lit la Bible et rien ne lui manque, si ce n'est la compagnie des hommes.

Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée « Despair Island », signifiant « île du désespoir », reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon « Vendredi », du jour de la semaine où il est apparu. Il lui apprend l'anglais et le convertit au christianisme.

28 ans après son arrivée sur l'île, un navire anglais survient ; une mutinerie vient d'éclater et les rebelles veulent abandonner leur capitaine sur l'île. Le capitaine et Crusoé parviennent à reprendre le navire et à retourner en Angleterre avec Vendredi qui sera toujours un serviteur dévoué. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre pour retrouver sa femme et ses enfants.

TraductionsModifier

La première traduction française est publiée dès 1720, à Amsterdam. Elle est faite par Thémiseul de Saint-Hyacinthe et Justus Van Effen, et illustrée de gravures d’après Bernard Picart.

La traduction la plus connue de Robinson Crusoé de Defoe en langue française est celle réalisée par le poète et écrivain romantique frénétique Petrus Borel au XIXe siècle[2],[3].

Une nouvelle version est sortie en 2012, traduction de Françoise Du Sorbier (Albin Michel).

Une traduction en langue arabe faite par l'écrivain Ahmed Khiat est parue en mars 2019.[réf. nécessaire]

PersonnagesModifier

  • Robinson Crusoé : personnage de fiction créé par Defoe. Celui-ci le fait naître à York en 1632 d'un père, originaire de Brême et d'une mère de la famille Robinson, une des meilleures de la province d'où son double nom de Robinson-Kreutznaer. Defoe nous explique que par une corruption de mots, assez commune en Angleterre où se situe l'histoire, il le nomma Robinson Crusoé. Troisième fils de la famille, son père voulait en faire un avocat. Mais, le désir de Robinson était de partir en mer. Malgré l'interdiction de ses parents, il partit sur un bateau pour Londres le 1er septembre 1651. Durant cette première navigation, le bateau fut pris dans une terrible tempête et sombra. Enfin arrivé à Londres, il rencontra un capitaine de vaisseau avec qui il partit vers la côte de Guinée. Capturé par des corsaires de Salé, il fut réduit à l'esclavage. Il s'échappa, après deux ans de captivité, et à la suite d'une longue navigation il arriva à la baie de Tous les Saints au Brésil. Il y devint planteur de tabac. Au bout de quatre ans, associé à d'autres planteurs, il partit sur un vaisseau afin de se procurer des esclaves. Après douze jours de navigation, il fut complètement désorienté par un ouragan. Le navire fit naufrage près d'une île aux environs de l'Orénoque. C'est le début de son long isolement.
  • Robinson Crusoé description physique: Robinson était roux, assez grand, habillé de vêtements déchirés après son naufrage. Il était assez foncé mais pas noir et il avait des cheveux mi-long.
  • Vendredi : jeune indigène cannibale. La description qu'en donne le roman de Defoe est la suivante (trad. Saint-Hyacinthe) : « C’était un grand beau garçon, svelte et bien tourné, et à mon estime d’environ vingt-six ans. Il avait un bon maintien, l’aspect ni arrogant ni farouche et quelque chose de très-mâle dans la face ; cependant il avait aussi toute l’expression douce et molle d’un Européen, surtout quand il souriait. Sa chevelure était longue et noire, et non pas crépue comme de la laine. Son front était haut et large, ses yeux vifs et pleins de feu. Son teint n’était pas noir, mais très-basané, sans rien avoir cependant de ce ton jaunâtre, cuivré et nauséabond des Brésiliens, des Virginiens et autres naturels de l’Amérique ; il approchait plutôt d’une légère couleur d’olive foncé, plus agréable en soi que facile à décrire. Il avait le visage rond et potelé, le nez petit et non pas aplati comme ceux des Nègres, la bouche belle, les lèvres minces, les dents fines, bien rangées et blanches comme ivoire. »
  • Ismaël.
  • Josué, l'ennemi de Ismaël.
  • Xury : ancien esclave qui réussit à s'échapper grâce à l'aide de son ami Robinson Crusoé; il décide d'accompagner son maitre au Brésil. Puis, il sera vendu par ce dernier.

Le roman de Defoe fut adapté au cinéma et à la télévision à maintes reprises ; citons un téléfilm, une série télévisée commencée en 2008 et à ce jour en production, une série d'animation (Robinson Sucroë), une version modernisée intitulée Seul au monde, une version soviétique de Stanislav Govoroukhine en 1973 (Жизнь и удивительные приключения Робинзона Крузо)[4], un film de Luis Buñuel, Les Aventures de Robinson Crusoé.

CinémaModifier

 
Illustration de 1865 par Alexander Frank Lydon (Groombridge and Sons edition). Robinson Crusoé découvre une grotte-refuge.

Télévision et RadioModifier

TéléfilmsModifier

Séries téléviséesModifier

AnimationModifier

DocumentaireModifier

Bandes dessinéesModifier

Il existe deux adaptations en bande dessinée :

Livre disqueModifier

Opéra comiqueModifier

Jacques Offenbach a adapté Robinson Crusoé en opéra-comique en 1867

RobinsonnadesModifier

Article détaillé : Robinsonnade.

Depuis sa parution, l'œuvre de Defoe n'a cessé de susciter de nouvelles variations sur le thème, ou robinsonnades. Parmi les plus représentatifs, Le Robinson suisse de Johann David Wyss (1812) L'Île mystérieuse de Jules Verne (1874), ou encore Sa Majesté des mouches de William Golding (1954).

D'autres auteurs ont également procédé à une réécriture de l'œuvre, en modifiant l'histoire et les problématiques qu'elle propose :

  • Michel Tournier :
  • J. M. Coetzee, Foe, roman (1986)
  • Patrick Chamoiseau : L'Empreinte à Crusoé, 2012
  • Michael Morpurgo, Le Royaume de Kensuké, Luçon, Paris, éditions Gallimard jeunesse, 2007 (pour la traduction en français), 70 p.
  • Jacques Van Green, On part vivre sur une île déserte, Paris, éditions Gallimard Jeunesse, 2013, 157 p.
  • Nikolaus Heidelbach, La Reine Gisèle, Paris, Éditions du Panama, 2006.
  • Hubert Ben Kemoun et Stéphane Girel, Le Ventre de la Chose, Paris, éditions Vilo jeunesse, coll. « Coup de coeur », 2007, 32 p.
  • Éric Fougère, Les Voyages et l’ancrage : Représentation de l’espace insulaire à l’Age classique et aux Lumières (1615-1797), Paris, l’Harmattan, 2000
  • Sigmund Freud, Totem et Tabou (1913), Paris, Payot, 2004
  • René Girard, La Violence et le Sacré, Paris, Fayard, coll. « Pluriel », 2011
  • Mircea Eliade, Aspects du mythe, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Essais » no 100, 1988

Autres naufragésModifier

Robinson Crusoé aurait été inspiré par l'histoire du marin écossais Alexandre Selkirk qui survécut quatre ans sur une île déserte.

Il existe d'autres récits ou légendes à propos de naufragés solitaires. Par exemple, selon Laura Secord, le marin naufragé Pedro Serrano, a été retrouvé après sept ans de solitude.

Notes et référencesModifier

  1. La première traduction française paraît à Amsterdam en 1720.
  2. Texte intégral, traduction de Pétrus Borel, sur Ebooks libres et gratuits.
  3. Robinson Crusoé. enrichi de La vie de Daniel de Foé. d'une Notice sur le matelot Selkirk, sur Saint-Hyacinthe, sur l'île de Juan-Fernandez, sur les Caraïbes et les Puelches. et d'une Dissertation religieuse. par Daniel de Foé ; trad. de Petrus Borelpar Tome I et II disponible sur Gallica.
  4. Robinzona Kruzo.
  5. http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.charlescros.org/pdf/palmares2003.pdf

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • (fr) Yvan Matagon, La Vraie Histoire d'Alexandre Selkirk, émission 2000 ans d'Histoire - France Inter, 2001
  • (fr) Une analyse du livre de Daniel Defoe
  • (fr) Un résumé complet des Aventures de Robinson Crusoé
  • (en) Robinson Crusoe (Londres, W. Taylor, 1719), text of the first edition, free at Éditions Marteau
  • Danielle Dubois Marcoin, dans une intervention du 25 janvier 2008 intitulée « La robinsonnade pour la jeunesse et la question de l’altérité au XIXe siècle », article consultable en ligne
  • Gérard Genette, Palimpsestes, Paris, éditions du Seuil, 1982, p.287
  • Florence Thinard, Encore heureux qu’il ait fait beau, éditions Thierry Magnier, 2012, p. 36
  • Anne Leclaire Halte, Les robinsonnades en littérature de jeunesse contemporaine : genre et valeurs, voir bibliographie p.72)
  • Michael Morpurgo, Le Mystère de Lucy Lost, éditions Gallimard Jeunesse, 2015, p. 354-355
  • Edgar Morin, dans La Voie. Pour l’avenir de l’humanité, Paris, Fayard, 2011, p. 307
  • Anaxagore, fragment 17 tiré d’un traité intitulé De la nature (édition en ligne voir url : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/anaxagore/fragments.htm).
  • Daniel Defoe, Vie et aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé de York, marin (1719), Librairie Générale Française, 2003
  • Florence Gérard Lojacono, « Un invariant de la robinsonnade ontologique : la figure du prédécesseur », article consultable en ligne, (http://revistas.ucm.es/index.php/THEL/article/viewFile/36768/35600), 2009 REGLE Niurka, « Le récit d’aventures et la pensée sauvage », intervention pour le colloque « Rapports entre la littérature de jeunesse et la littérature générale », consultable en ligne SCHAEFFER Jean-Marie, * Qu’est-ce qu’un genre littéraire ?, Paris, Seuil, 1989
  • Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation (1762), Paris, Garnier Flammarion, 1966