Poya

nom de la transhumance dans les Alpes suisses

La poya (qui signifie en arpitan « montée », « côte », du latin podium[1]) ou montée en alpage est le nom de la transhumance dans les Alpes suisses. Ce terme est aussi utilisé en France en particulier dans la vallée de Chamonix, dans les Alpes et dans le Sud du Jura. Elle fait partie des traditions vivantes de Suisse.

Un chalet à fronton décoré de poyas à Estavannens.

En Suisse, dans le village d'Estavannens (en Gruyère), la poya est une tradition séculaire qui dure encore, où art et fête populaire se joignent à l'agriculture. Cette région est spécialisée dans l'élevage et la fabrication de fromage. Le fromage de Gruyère est connu depuis le XVIe siècle. C'est un fromage au lait de vache entier, au lait cru.

Suisse et SavoieModifier

La montée à l'alpage et la désalpeModifier

 
Désalpe à Bernex en Haute-Savoie.

Les troupeaux de vaches passent les mois d'été à l'alpage. Les déplacements que sont la montée en alpage au printemps comme la désalpe (ou Rindyà, Almabtrieb dans les pays de langue allemande) en automne sont devenus des défilés où l'armailli est fier de défiler avec ses bêtes, qui sont décorées pour l'occasion. (Ne pas confondre donc la montée à l'alpage qui est la poya et la descente de l'alpage - autrement dit la désalpe - qui est la rindyà)

Pour la poya et la rindyà, l'armailli porte le bredzon du dimanche, le capet, le beau loyi (poche à sel) neuf et la canne à la main. Les vaches sont bichonnées et fleuries. Une partie du troupeau porte les grosses sonnailles avec de belles courroies brodées et les initiales du propriétaire. Le « train du chalet » transporte le matériel jusqu’à l’endroit où l’on peut arriver avec un char tiré par un mulet : les malles des armaillis et tous les outils du chalet, c'est-à-dire le baquet à lait, les petits baquets à crème, le grand fouet, le tranche-cailler, la passoire avec son support, les baquets à traire, la baratte, l'oji (châssis servant à transporter les fromages sur la tête et les épaules).

Au XVIIIe siècle, il y avait près d'une centaine d'alpages en activité. À cette époque, la production annuelle est de 14 000 meules de fromages. Dans ce contexte, la poya est connue bien au-delà des campagnes. La Gruyère a fourni des troupeaux aux familles princières de France. Celles-ci se sont alors intéressées aux parades de la poya.

 
Rentrée des vaches dans le Jura.

Art populaireModifier

 
Tableau à Estavannens, sur le fronton d'une maison.
 
Tableau de poya.

La poya est aussi dès 1800, une peinture, souvent naïve, qui représente cette transhumance.

Fête populaireModifier

À Estavannens a lieu en mai 1956 la première fête populaire de la Poya d'Estavannens organisée par l'association gruérienne pour le costume et les coutumes. Elle célèbre le 75e anniversaire de la publication le d'un poème publié par Étienne Fragnière racontant la montée à l'alpage. Depuis, la fête s'est renouvelée en 1960, 1966, 1976, 1989, 2000 et 2013[2].

Les armaillis défilent également tous les vingt ans à la Fête des vignerons de Vevey dès 1819. Bernard Romanens, armailli de Marsens devient une figure légendaire pour son interprétation du Ranz des vaches lors de la Fête des vignerons de 1977.

Dauphiné et VivaraisModifier

  • Quartier de la Poya à Fontaine (Isère)
 
Rue de la Poya à Fontaine (Isère)
Malgré l'aspect fortement urbanisé de la ville de Fontaine, située dans la proche banlieue de Grenoble, le quartier de La Poya a su garder l'aspect d'un hameau à l'écart du tissu urbain. C'est également est le secteur le plus ancien de la commune. Proche des grandes falaises du Vercors, il est le seul à être situé sur une hauteur à l'abri des crues dévastatrices du Drac, gros torrent alpin qui, au Moyen Âge, débordait régulièrement dans la cuvette grenobloise. Le plus grand parc public de la commune se dénomme Parc de la Poya. Le terminus de la ligne A du tramway de Grenoble se dénomme Fontaine-La-Poya.
  • Rue de l'Appuya à Chateaubourg (Ardèche)
La rue de l'Appuya est située dans le centre du village de Châteaubourg en Ardèche. Il s'agit d'une voie montante qui permet de rejoindre la rue du château qui domine le territoire communal et la vallée du Rhône, selon les références toponymiques fournies par le site géoportail de l'Institut géographique national[3].

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Glossaire sur le site henrysuter.ch et [1]
  2. ATS, « Succès pour la Poya d'Estavannens malgré la pluie », La Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  3. Site géoportail, page des cartes IGN.

BibliographieModifier