Tribune de Genève

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Tribune de Genève
Image illustrative de l’article Tribune de Genève

Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Format Berlinois
Genre Généraliste
Diffusion 58 952[1] ex. (2008)
Date de fondation 1er février 1879
Ville d’édition Genève

Propriétaire Edipresse, puis Tamedia
Rédacteur en chef Frédéric Julliard
ISSN 1010-2248
OCLC 31882232
Site web www.tdg.ch

La Tribune de Genève est un quotidien suisse francophone, fondé en 1879 par James T. Bates, un banquier américain.

En 1991, l'entreprise de presse rejoint le groupe Edipresse. Vingt ans plus tard, celui-ci la revend au groupe de médias privé suisse Tamedia. Après la faillite de son concurrent direct le journal La Suisse, en 1994, la Tribune de Genève est le seul quotidien populaire d’importance sur le sol genevois.

HistoireModifier

 
Une de la première édition.

Le paraît le premier numéro de la Tribune de Genève. Elle est issue du quotidien alors anglophone le Geneva Times. C’est un journal du soir vendu à la criée dès 17 h pour le prix de cinq centimes, ce qui en fait le premier quotidien romand à un sou. L’abonnement annuel coûte alors onze CHF, quinze dès le . Elle est imprimée à 3 000 exemplaires. Dès la première édition, la ligne est claire : « Nous n'accepterons aucun mot d'ordre nous réservant toute notre indépendance, nous garderons notre liberté d'appréciation vis-à-vis de tous les partis... ».

Le premier format de la Tribune de Genève était de 30 × 45,4 cm. La Tribune de Genève était composée de quatre pages. Le premier rédacteur en chef, Alfred Bouvier, compte sous ses ordres quatre journalistes et quelques correspondants à l’étranger. Les rubriques considérées comme mineures (beaux-arts, musique, théâtre) sont alors laissées aux pigistes dont l’honneur d’être publié constitue le seul salaire. Le journal devient francophone dès 1879. En 1882, toute la publicité est concentrée en Une. En 1893, trois éditions quotidiennes sont édités, cinq de février 1886 à 1918. On revient alors à deux éditions. Le quotidien est imprimé en 30 000 exemplaires en 1894, elle pointe au 2e rang suisse après le Tages-Anzeiger.

 
James T. Bates, circa 1865

En 1900, deux rotatives typo assuraient le tirage du journal.

Durant l'entre-deux guerres, le tirage s'élève à 46 000 exemplaires contre 26 000 pour La Suisse.

En 1945, l'entreprise Chapalay + Mottier S.A. devient propriété de la Tribune de Genève. Cette maison d'édition a été fondée par deux banquiers genevois, Chapalay et Mottier. Leur but est de créer des annuaires, indispensables à la vie économique et commerciale d'une ville comme Genève.

En 1954, La Tribune de Genève s'unit à Roto-Sadag S.A., une imprimerie qui lui apporte les deux procédés - hélio et offset - qui lui manquaient.

En , le journal compte près de 20 000 abonnés.

En 1971, le journal abandonne la typographie au plomb pour devenir le premier quotidien suisse imprimé grâce à l’offset. C’est l’arrivée de la couleur. Son tirage dépasse alors les 70 000 exemplaires. Elle occupe près de 350 employés et imprime cinq éditions par jour avec une pagination qui peut dépasser les 100 pages quotidiennes. En , la Tribune de Genève ajoute une corde à son arc : l'édition.

Le , le feu se déclare au troisième sous-sol de l’immeuble abritant les deux rotatives offset de La Tribune de Genève. L’édition du jour paraît tout de même grâce à la collaboration des techniciens de La Suisse.

Au printemps 1990, le journal devient définitivement un journal du matin. La même année, son tirage tombe à près de 60 000 exemplaires. L’entreprise emploie alors une cinquantaine de journalistes et quelque 20 correspondants et collaborateurs extérieurs en Suisse et à l’étranger. Le journal perd 5 millions de francs à la suite d'une grève des ouvriers typographes qui éclate le . Pendant quatre jours, les membres de la Direction passent par les toits pour rejoindre leurs bureaux, les grévistes bloquant l'entrée du bâtiment. Le blocus les força même à installer le Q.G. du journal dans un hôtel pour quelque temps. En 1991, les pertes s'élèvent à 8 millions de francs suisses. La direction de l'époque décide d'éliminer des points de vente pour réduire les charges, provoquant un effondrement du tirage.

C'est dans ce contexte difficile et alors que Genève entre dans une phase de récession publicitaire qu'intervient le rachat du journal par Edipresse. Après quelques mois d'observation, un plan de sauvetage est décidé, sous la houlette du directeur des publications du groupe Edipresse, Marcel A. Pasche.

À l’automne 2016, dans un contexte publicitaire et de ventes difficile pour la presse romande, le groupe Tamedia annonce un plan de licenciement. Vingt-quatre employés sont concernés entre les rédactions de 24 heures (Suisse) et de la Tribune de Genève[2]. Après plusieurs semaines de négociations avec les syndicats et la mobilisation de personnalités, telles que Michel Pont[3], le groupe de presse décide de réduire de moitié le nombre de licenciements. 12 collaborateurs se voient finalement licenciés[4].

Sièges successifsModifier

La première rédaction de La Tribune de Genève est établie au 15, rue du Mont-Blanc, à Genève. C'est le siège du Continental Herald and Swiss Times. L’imprimerie est sise au 7, rue de la Chaponnière. En 1879, le quotidien déménage au 1, place Bel-Air. En 1887, le regroupement avec l’imprimerie s’effectue au 4, rue Bartholoni. Elle prend aussi le nom de Tribune de Genève. De 1939 à 1941, La Tribune s’installe au 42, rue du Stand. Après son rachat par Edipresse, elle déménage au 11, rue des Rois. Quant à l'imprimerie après un passage par Vernier, le journal est désormais pressé à Bussigny.

Ligne éditorialeModifier

Avec l'arrivée de la nouvelle formule en , la Tribune de Genève met en avant ses objectifs rédactionnels : approfondir et décoder l'information pour le lecteur, donner une place plus importante au reportage.

PersonnalitésModifier

Rédacteurs en chefModifier

Collaborateurs illustresModifier

Directeurs-générauxModifier

Dès 2006, la direction est centralisée à Lausanne.

PublicationsModifier

QuotidienModifier

La Tribune de Genève s'est dotée d'une nouvelle formule le . Le journal comprend plusieurs rubriques : opinions, événement, Suisse, Monde, Économie, Genève, Culture, Connexion, Zone VIP, Signature. L'édition du samedi propose des rubriques différentes telles que « Week-end en balade » ou « J'y étais ».

Site webModifier

Depuis le , le site internet de La Tribune propose une zone abonnée. Elle est en libre accès jusqu'en . Depuis 2006, la Tribune de Genève et 24 h travaillent en synergie. Une rédaction web intégrée met en ligne les informations au rythme de l'actualité.

SupplémentsModifier

La Tribune de Genève publie trois suppléments : immo, emploi et auto.

ArchivesModifier

Une numérisation intégrale des anciens numéros de la Tribune, est décidée en 2019. La Ville de Genève, le groupe Tamedia, la Nouvelle Association du Courrier et la Bibliothèque nationale ont conclu un partenariat en . Trois journaux sont concernés : Le Courrier (dès 1868), la Tribune de Genève (dès 1879), et La Suisse (1898-1994). Plus de deux millions de pages seront numérisées sous la responsabilité de la Bibliothèque de Genève, un projet estimé à 1,5 million de francs. Les fonds nécessaires seront réunis par l’Association pour la numérisation des journaux patrimoniaux genevois (ANJG), présidée par Martine Brunschwig Graf. L'objectif est de rendre ce patrimoine accessible au plus grand nombre[5].

AnecdotesModifier

Georges Favon, à l’époque rédacteur en chef du titre concurrent Le Genevois, piquait une crise lorsque sa belle-sœur, qui se prénommait Julie et qui résidait chez lui, lui demandait, à chaque fois qu’il rentrait à la maison, s’il pouvait lui prêter la Tribune. Elle est donc devenue le journal de Julie. Auparavant, il l'appelait irrévérencieusement la « meunière de Bel-Air », son siège était alors à la place Bel-Air. C'est pourquoi, pour les Genevois, la Tribune de Genève s’appelle aussi « la Julie »[réf. nécessaire].

Le titre « La Tribune » vient d'Amérique. C'est à un des premiers rédacteurs qu'on le doit, Louis Wuarin, qui était aussi le gendre du directeur du Journal de Genève, Jacques Adert. Wuarin revenait de New York où la New York Tribune lui avait souvent passé par les mains. « J'ai tout d'abord trouvé ce terme de « tribune » un peu bizarre, avouera-t-il plus tard, comme tous les néologismes et toutes les modes à leur naissance, mais il avait l'avantage d'être neuf et inviting... »[réf. nécessaire]

Notes et référencesModifier

  1. Institut Recherches et études des médias publicitaires (REMP), octobre 2008.
  2. Aïna Skjellaug et Sylvia Revello, « Chez Tamedia, le choc des licenciements », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 14 mars 2017).
  3. « Tamedia dégraisse ses titres régionaux », sur lemanbleu.ch, (consulté le 14 mars 2017).
  4. « Moins de licenciements prévus à la Tribune de Genève et 24 heures », sur rts.ch, (consulté le 14 mars 2017).
  5. Guillaume Rey, « Les archives de journaux genevois vont être numérisées et mises en ligne », RTS Info,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2019).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier