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Pierre Serna

historien français

BiographieModifier

Ancien élève du lycée Masséna de Nice, où il suit les cours d'histoire d'Emile Llorca, il poursuit ses études à Paris au lycée Henri-IV et au lycée Lakanal, puis à l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne, à partir de 1984. Il commence alors ses premiers travaux de recherche sous la direction de Michel Vovelle, successeur deux ans auparavant d'Albert Soboul, à la chaire d'histoire de la Révolution française et de l'Empire. Il obtient l'agrégation d'histoire en 1986 et enseigne successivement au lycée Faidherbe à Lille, au Lycée international de Saint-Germain-en-Laye, puis à l'université de Catane en Sicile, en tant que lecteur/attaché linguistique des services culturels de l'ambassade de France en Italie.

Il consacre sa thèse de doctorat à un révolutionnaire méconnu, Pierre-Antoine Antonelle, aristocrate, ancien maire d'Arles et jacobin engagé dans les grands combats démocratiques de la Révolution et du Directoire, le premier penseur du concept de démocratie représentative. En 1998, à la suite de la publication de cette thèse, il obtient le grand prix d'histoire du conseil général des Bouches-du-Rhône, attribué par un jury présidé par les historiens Maurice Agulhon et Robert-Henri Bautier.

Il est maître de conférences en histoire moderne à l'université de Reims Champagne-Ardenne de 1995 à 1998, avant d'être nommé à Paris I à la rentrée universitaire 1999. En 2008, il devient professeur des universités et prend la tête de l'Institut d'histoire de la Révolution française, dixième professeur depuis Alphonse Aulard et septième directeur depuis sa fondation par Georges Lefebvre et Jean Zay en 1937. Il exerce cette fonction de 2008 à 2015, date de son intégration au sein de l’IHMC.

Depuis le 1er octobre 2019, il est membre de l'Institut Universitaire de France.

Il dirige la revue électronique La Révolution française[1], cahiers de l'Institut d'Histoire de la Révolution française, sur le portail OpenEdition Journals, qui reprend le titre d'une revue anciennement dirigée par Alphonse Aulard[2]. Il est également directeur de la collection « La chose publique » aux éditions Champ Vallon.

Il est vice-président de la Commission internationale d’Histoire de la Révolution Française depuis 2010. Il est co-porteur, avec Anne Simonin, du projet « RevLoi. La Loi en Révolution (1789-1795)[3] » soutenu par l'Agence Nationale de la recherche, pour la numérisation des 20047 décrets et lois des trois premières assemblées.

Il est également directeur scientifique de la numérisation des Archives parlementaires[4] en collaboration avec Persée, la Bibliothèque Interuniversitaire de la Sorbonne (BIS)[5] et l'Institut d'histoire de la Révolution française.

Après avoir consacré une vingtaine d’années de recherches aux élites dans le processus révolutionnaire (nobles jacobins, «girouettes» et noblesse d’État de 1789 à 1816), il travaille désormais sur les humbles en révolution (peuple, esclaves, vieillards et animaux).

On lui doit également l'invention du concept d'extrême-centre, qu'il théorise en 2005 dans son ouvrage La République des girouettes. 1789-1815 et au-delà. Une anomalie politique française, la France de l'extrême-centre, et qu'il étend, redéveloppe et modernise en 2019 dans L'extrême centre ou le poison français : 1789-2019.

Il est aussi engagé dans d'autres terrains de recherche, il s'intéresse principalement à la culture de la violence dans l'Ancien Régime, ainsi qu'aux idées et aux pratiques républicaines élaborées par la Révolution et plus particulièrement sous le Directoire et dans les Républiques sœurs. De plus, il consacre une partie de ses travaux à la place de l'animal au XVIIIe siècle, notamment son rôle et son omniprésence dans le paysage urbain, mais aussi dans l'histoire politique et des représentations.

Actuellement, il anime un courant de recherche sur la Révolution atlantique et l'histoire internationale de la fin du XVIIIe siècle, autour de la naissance de nouvelles expériences politiques, et la circulation du modèle républicain[6].

De plus il a ouvert le chantier de l’histoire politique des animaux entre 1750 et 1850, et plus particulièrement durant la Révolution. Il a publié deux ouvrages, Comme des Bêtes. Histoire politique des animaux et L’animal en République. Genèse du droit des bêtes 1789-1802. C’est dans ce cadre qu’il dirige au sein de la MSH, dans le Collège des Études Mondiales le séminaire sur une « Histoire mondiale des animaux ».

Un historien dans la citéModifier

Il a été membre du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire, il est engagé à ce titre et en tant que responsable scientifique de l'IHRF, dans la réflexion sur les manières d'enseigner la Révolution et les usages de celle-ci dans l'espace public contemporain, et tout particulièrement dans les discours politiques.

Début 2011, il publie plusieurs textes à propos de la révolution tunisienne et de la révolution égyptienne[7],[8]. Il critique en particulier les analyses faites par certains historiens en parallèle avec les événements de 1789, dans les colonnes du journal Le Monde[9],[10],[11].

En 2015, il signe un texte paru dans Le Monde qui s'élève contre « les mensonges et les fantasmes » relayés dans l'opinion par les médias à propos des nouveaux programmes d'histoire au collège[12].

En 2017, il cosigne une tribune dans Mediapart intitulée « Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon »[13].

À partir de , Pierre Serna tient une rubrique hebdomadaire intitulée « MA ChRONique de l'extrême centre » qui paraît dans l'édition du vendredi de l'Humanité[14]. Il s’implique fortement dans une réflexion sur la narrativité historique par le biais de la bande dessinée. Membre du jury de la bande dessinée historique des Rendez-vous de Blois de 2005 à 2018, il chronique pour le journal L’Humanité les bandes dessinées d’histoire. Il a fondé et préside en 2019 le prix « Bulles d’humanité » qui récompense la meilleure bande dessinée citoyenne et engagée de l’année.

EntretienModifier

PublicationsModifier

OuvragesModifier

  • Que demande le peuple ? Histoire des cahiers de doléances, Textuel, 2019, 192 pages.
  • L'extrême centre ou le poison français : 1789-2019, Seyssel, Champ Vallon Editions, 2019, 289 pages.
  • Comme des bêtes. Histoire politique de l’animal en révolution (1750-1840), Paris, Fayard, 2017, 452 pages. Traduit en espagnol aux presses universitaires de Zaragosse
  • Antonelle. L’Inventeur de la démocratie représentative, Arles, Actes sud, 2017, 360 pages.
  • L’Animal en République. 1789-1802, Genèse du droit des bêtes, Toulouse, Anacharsis, 2016, 256 pages. Traduit en italien aux éditions Mimesis en 2019.
  • Fratelli di Francia : storia e storiografia di una rivoluzione divenuta repubblicana (1792-1804), Milan, Guerini e associati, 2013, 280 pages.
  • La République des girouettes. 1789-1815 et au-delà. Une anomalie politique française, la France de l'extrême centre, Seyssel, Champ Vallon, 2005, 570 pages.
  • Croiser le fer. Culture et violence de l'épée dans la France moderne. XVIe-XVIIIe siècle, en collaboration avec Pascal Brioist et Hervé Drévillon, Seyssel, Champ Vallon, 2002, 429 pages.
  • Antonelle. Aristocrate révolutionnaire. 1747-1817, Paris, Éditions du Félin, 1997, 499 pages. Préface de Michel Vovelle.

Direction d'ouvragesModifier

  • Collectionner la Révolution française, avec Martial Poirson, Alain Chevalier, Michel Biard et Gilles Bertrand, Paris, Société des études robespierristes, (Collection « Études révolutionnaires », no 17), 2016, 303 pages.
  • La politique du rire ; satires, caricatures et blasphèmes XVIe-XXIe siècles, Paris, Champ Vallon, 2015, 270 pages.
  • Les colonies, la Révolution Française, la loi, avec Frédéric Régent et Jean-François Niort, Rennes, PUR, 2014, 304 pages.
  • Republics at war, 1776-1840, Revolution,  conflicts,  and geopolitics in Europe and the Atlantic World, avec Antonino de Francesco et Judith Miller, New York, Palgrave Mac Milan, 2013, 312 pages.
  • La République en voyage 1770-1830, avec Gilles Bertrand, Rennes, Pur, 2013, 442 pages.
  • Michel Biard (dir.), Philippe Bourdin (dir.), Hervé Leuwers (dir.) et Pierre Serna (dir.), 1792, entrer en République, Paris, Armand Colin, coll. « Armand Colin-recherches », , 328 p. (ISBN 978-2-200-28771-9, présentation en ligne).
  • « Extrême »  Identités partisanes  et stigmatisation  des gauches en Europe (XVIII-XXe siècle), avec M. Biard, P. Pasteur, et B. Gainot, Rennes, PUR, 2012.
  • Ordonner et partager la ville, XVIe-XIXe siècle, avec Gaël Rideau, Rennes, PUR, 2011, 224 pages.
  • Républiques sœurs. Le Directoire et la Révolution atlantique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, 359 pages.
  • Secret et République. 1795-1840, avec Bernard Gainot, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2004, 182 pages.

ContributionsModifier

  • Préface de Richard Cobb, La mort est dans Paris, Toulouse, Anacharsis, 2016, p. 1-63.
  • « Des animaux en Révolution » in Annales historiques de la Révolution française, Paris, Armand Collin, 2014, no 377, pages 3–7.
  • « Historiographies, concepts et débats » le chapitre "la révolution française, historiographie au XIXème siècle", sous la direction de Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt, publié en 2010 chez folio histoire.
  • « La seconde république d'Arles, une ville en révolution », in Arles : histoire, territoires et cultures, sous la direction de Jean-Maurice Rouquette, Arles, Actes Sud, 2008, 1297 pages.
  • « Comment meurt une monarchie ? », in Histoire politique de l'Ancien Régime, sous la direction de Joël Cornette, 2000, pages 355-345.
  • « Le Noble », in L'Homme des Lumières, sous la direction de Michel Vovelle, Paris, Le Seuil, 1995, pages 39–93.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier