Philibert-Louis Debucourt

peintre français
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Philibert-Louis Debucourt
Philibert-Louis Debucourt.jpg
Autoportrait et signature de Philibert-Louis Debucourt[1].
Naissance
Décès
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Philibert-Louis Debucourt[2], né le à Paris et mort le à Belleville, est un peintre et graveur français, connu pour ses scènes de genre.

BiographieModifier

 
La Façade du Louvre vue depuis la rue Fromenteau, Paris, musée du Louvre.

Philibert-Louis Debucourt est le fils de Jean-Louis de Bucourt, huissier à cheval au Châtelet de Paris qui acquit une grande propriété le à Montmartre où il mourut en 1801. Sa mère est Marie-Luce Dieu[3].

Le 29 janvier 1782, Debucourt épouse Marie-Élisabeth-Sophie Mouchy, fille du sculpteur Louis-Philippe Mouchy et d' Élisabeth-Rosalie Pigalle, nièce de Jean-Baptiste Pigalle[4]. Le couple s'installe dans les bâtiments du Louvre, dans trois pièces et une petite antichambre, grâce à la générosité de Mouchy[5]. Debucourt est veuf le 5 avril 1783, quinze mois après son mariage et perd son fils unique Jean-Baptiste à l'âge de dix-huit ans en 1801[6]. Il se remarie en 1803, avec Suzanne-Françoise Marquant, et quitte son logement du Louvre[5].

Élève de Joseph-Marie Vien en 1774, il est agréé par l’Académie royale de peinture et de sculpture le . Il en devient membre un an plus tard. D’abord peintre de genre dans le style de Jan Van der Heiden, Debucourt s’oriente en 1785 vers la gravure en couleur et devient l’un des maîtres du genre, réalisant des compositions originales lumineuses et d’une grande perfection technique. Il grave d'après Carle Vernet et Horace Vernet[7].

Il débute au Salon en 1781 avec des scènes villageoises et continuera à exposer jusqu'en 1824. Son succès est à son apogée à la fin du XVIIIe siècle[7].

Après la Révolution française, il ne réalise plus que des estampes d'interprétation à l’aquatinte ou à la manière noire. Il collabore aussi au Journal des dames et des modes[8].

Il a pour élève son neveu par alliance Jean-Pierre-Marie Jazet, fils de Jeanne Marquant.

Il réalise des gravures pour les éditeurs Didot, notamment les illustrations pour Héro et Léandre en 1801, écrit par son ami le chevalier de Quérelles.

Il devient membre correspondant de l'Institut le .

Philibert-Louis Debucourt habita la maison paternelle située au carrefour du 2, rue Ordener et du 1, rue de la Chapelle de 1803 à 1823 en compagnie de sa seconde épouse, Suzanne Marquant[9]. Il fut l'un des pensionnaires de l'atelier La Childebert au 9, rue Childebert à Paris[10].

Debucourt s’éteint le 22 septembre 1832 à trois heures de relevée, au 18, rue des Bois à Belleville. Son fidèle neveu Jean-Pierre-Marie Jazet, domicilié au 18 bis de la même rue, déclarant, signe l'acte avec le graveur Étienne-Joseph Chevrier[11].

Les frères Goncourt ont décrit la vie de cet artiste à Montmartre. Pour référencer et illustrer leurs publications sur Debucourt, Edmond et Jules de Goncourt se sont rapprochés de Jean-Pierre-Marie Jazet et de l'un de ses fils[5].

La critique du début du XXe siècle qualifie Debucourt comme étant le graveur de « l'élégance française ». Après avoir été oublié durant le XIXe siècle, il retrouve sa notoriété au début du siècle suivant[7].

Œuvres dans les collections publiquesModifier

IllustrationsModifier

  • Boudeville, Encyclopédie du dessin, dessiné et gravé à la manière du crayon, Paris, Nicolle, 1811.

Notes et référencesModifier

  1. Maurice Fenaille, L'œuvre gravée de P.-L. Debucourt, Paris, Librairie Damascène Morgand, 1899, p. V.
  2. Aussi orthographié « de Bucourt » (André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions A. Roussard, 1999, p.174. : « À noter que l'acte de décès porte à tort le nom Debucourt »).
  3. Registre paroissial de Saint Nicolas des Champs à Paris, acte de baptême du 13 février 1755. État-civil de la ville de Paris, acte de mariage du seizième Ventôse de l'an onze de la République Française.
  4. Registre paroissial de Saint-Germain-L'auxerrois, acte de mariage de Bucourt / Mouchy.
  5. a b et c Maurice Fenaille, L'oeuvre gravée de P.-L. Debucourt, Paris, Librairie Damascène Morgand, 55 passage des panoramas, 1899.
  6. La Grande Encyclopédie, Paris, H. Lamirault et Cie Éditeurs, p. 1040.
  7. a b et c Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs dessinateurs & graveurs, Paris, Ernest Gründ, Éditeur, , p. 41 à 44.
  8. Annemarie Kleinert, Le Journal des dames et des modes ou La Conquête de l'Europe féminine, Stuttgart, Jan Thorbecke Verlag, , p. 151.
  9. « Debucourt. Rue de la Chapelle », Le Vieux Montmartre, Soc. d'Histoire et d'Archéologie,‎ .
  10. Alexandre Privat d'Anglemont, Paris anecdote, Paris, P. Rouquette, , p.144.
  11. État-civil de la mairie de Belleville, acte de décès rédigé le 23 septembre 1832, à onze heure.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Maurice Fenaille, L'œuvre gravé de P.-L. Debucourt, préface et notes de Maurice Vaucaire, Paris, Librairie Damascène Morgand, 1900 (en ligne sur archive.org).
  • Henri Bouchot, P.-L. Debucourt, Paris, Imprimerie et librairie de l'art, série « Les Artistes célèbres », s. d., [1904].
  • Debucourt, [catalogue de l'exposition au pavillon de Marsan], Paris, 1920.
    Ce catalogue no 14 fut publié par la Société pour l'étude de la gravure française. À cette occasion fut édité aussi un album de 50 planches tiré à 150 exemplaires réservé aux « Sociétaires souscripteurs aux exemplaires de luxe et aux obligeants préteurs à l'Exposition Debucourt ».
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Paris, Éditions A. Roussard, 1999, p. 174.
  • Robbe, Biographie universelle et portative des contemporains, Paris, 5. vol, Supplément, p. 141.
  • Jules Renouvier, Anatole de Montaiglon (préface), Histoire de l'art pendant la Révolution , Paris, 1863 ; réédition Spatkine, 1996, pp. 182-187.

Liens externesModifier