Patrick Juvet

chanteur de variétés suisse

Patrick Juvet est un chanteur-compositeur suisse, né le à Montreux (Suisse) et mort le à Barcelone (Espagne)[1].

Patrick Juvet
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Patrick Juvet en 2008.
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Barcelone
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Œuvres principales

Brièvement mannequin, il connaît le succès en tant que chanteur dans les années 1970 avec des titres de variété française puis de disco, dont Où sont les femmes ? (1977) ou encore I Love America (1978) qui parvient à se classer dans plusieurs pays européens.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Patrick Juvet naît le à Montreux et grandit à La Tour-de-Peilz, dans le canton de Vaud en Suisse[2],[3]. Le lieu d'origine de la famille Juvet est Fleurier au Val-de-Travers. Son père Robert Juvet possédait un commerce de radio et télévision, ce qui permettra à Patrick d'obtenir tous les disques américains. Auparavant il était musicien de jazz et avait joué dans un groupe[4]. Sa mère, Janine Juvet, née Féty, est d'origine française et naturalisée suisse. Avec elle, il a une relation fusionnelle jusqu'à sa mort, le , à l'âge de 89 ans[5]. Adolescente sa mère a connu Paris sous l'occupation allemande et a perdu un frère au champ de bataille pendant la seconde guerre mondiale. En Suisse, elle a fait de la politique, comme députée du Grand Conseil du canton de Vaud[6] de 1982[7] jusqu'en 1989 où elle démissionne[8], mais aussi conseillère communale de La Tour-de-Peilz de 1966 à 1985 et présidente en 1981[9], avec les radicaux avant d’entrer à la Croix-Rouge suisse. Il a un frère et une sœur[10],[11].

Il entre au conservatoire de Lausanne dès l'âge de 6 ans, dans la classe de piano où il obtient un premier prix. Il poursuit ses études à l'école des arts décoratifs jusqu'à 17 ans lorsqu'on lui propose de remplacer un mannequin pour une agence en Allemagne à Düsseldorf[12]. À 18 ans, il est remarqué par une agence allemande de mannequin pour qui il travaille pendant deux ans[13].

En , il participe à un concours local en Suisse La Grande Chance où paraît un article sur les candidats dans le Journal d'Yverdon. Le journaliste tient cette appréciation « le niveau général était à vrai dire assez moyen. Pourtant quelques-uns ressortaient du lot. Patrick Juvet de la Tour-de-Peilz a présenté une chanson de sa composition en s'accompagnant au piano. Si la mélodie est très « accrocheuse », les paroles paraissent un peu trop facile, dommage »[14].

CarrièreModifier

DébutModifier

En 1971, Patrick Juvet quitte son emploi et part pour Paris rejoindre Pascal Maignant, son compagnon et futur agent, où il persuade l'attachée de presse Florence Aboulker (1934-2002) de faire reconnaître son talent de compositeur. Elle le présente à Eddie Barclay[2] qui produit Romantiques pas morts, un premier 45 tours dans la même année, puis La musica qui sort en et se vend à plus de 300 000 exemplaires[15]. Patrick Juvet compose alors Le Lundi au soleil interprété par Claude François, qui est un immense succès. Avec entre autres Véronique Sanson et Alain Chamfort, il fait partie d'une nouvelle génération qui compose des chansons originales contrairement aux yéyés qui proposaient surtout des reprises de tubes américains[16].

SuccèsModifier

Le , lors d'une sélection nationale télévisée à Berne, Patrick Juvet est choisi, parmi dix candidats, pour représenter la Suisse au Concours Eurovision de la chanson avec le titre Je vais me marier, Marie qu'il a lui même composé sur un texte de Pierre Delanoë. Le , au terme du Concours qui se déroule à Luxembourg, il termine à la 12e place sur les 17 pays participants. L'album Love, sorti la même année, est suivi de Rappelle-toi minette, l'un des titres emblématiques de Juvet[non neutre][12] : en effet, il se considère alors comme un « chanteur à minettes »[17]. En , il présente lors d'un Musicorama à l'Olympia un show d'avant-garde inspiré par les stars et la mode glam rock anglo-saxonne. Dans un nuage de fumée, il chante maquillé à la Ziggy Stardust[18]. Impressionné par la forte personnalité de son choriste Daniel Balavoine, il lui permet en 1974 de co-signer son nouvel album Chrysalide. Il contribue à lancer la carrière du chanteur, alors inconnu, en lui laissant interpréter la chanson Couleurs d'automne[12].

En 1975, il traduit le Only Women Bleed d'Alice Cooper en J'ai peur de la nuit.

 
Patrick Juvet en 1976.

La même année, il rencontre un jeune parolier, Jean-Michel Jarre, dont il a déjà enregistré quelques titres. De cette collaboration fructueuse, naissent 21 titres, dont Magic, Faut pas rêver et surtout Où sont les femmes ? (classé no 6 en France) de l'album Paris by Night[12].

En 1978, il s'installe à Los Angeles. À New York, il rencontre les producteurs Henri Belolo[17] et Jacques Morali. D'une conversation au Studio 54 naît une collaboration entre ces trois hommes pour trois albums sur le label Casablanca Records : c'est la naissance de I Love America (co-signé par Juvet, Morali et Victor Willis, leader des Village People). Le titre se classe dans plusieurs pays, notamment en France (no 10), au Royaume-Uni (no 12), en Espagne (no 29) et en Italie (no 10)[19]. L'année suivante, il publie l'album Lady Night, un autre album disco, et se produit à l'Olympia. Le réalisateur David Hamilton lui confie la réalisation de la bande originale de son film Laura, les ombres de l'été[12].

Au début des années 1980, sort l'album rock en anglais Still Alive, suivi de Rêves immoraux, qui ne rencontrent pas le succès escompté[20]. En 1981, il sélectionne la musique pour le film L'Amour des femmes de Michel Soutter[21].

DéclinModifier

Avec la baisse de ses ventes et de sa notoriété, Patrick Juvet sombre dans la drogue et l'alcool[22],[23].

En 1991, paraît l'album Solitudes, avec la contribution et le soutien de Luc Plamondon, Marc Lavoine et Françoise Hardy[12]. Gérard Louvin finance un clip et invite Patrick Juvet dans ses émissions télé, mais l'album ne parvient pas à se classer au Top Albums[24]. Barclay réédite une compilation de ses principaux succès.

En 1993, il s'essaye à la techno avec Deep Dark Night et reprend une tournée en discothèque.

En 1995, alors qu'il prépare des remixes de ses succès, Universal met sur le marché une compilation plus étoffée que la précédente[2]. Il participe à de nombreux galas et se produit dans des boîtes de nuit gay[22], ainsi qu'au Zénith lors de la soirée Disco multi artistes.

En 2002, il écrit Je rêve pour Hélène Ségara[12],[17].

En 2005, il publie ses mémoires Les Bleus au cœur, où il raconte son succès, son déclin et sa lutte contre ses addictions.

En 2008, il fait partie d'Âge tendre, la tournée des idoles saison 3 pour 200 dates. En , une triple compilation, Les 50 plus belles chansons, sort chez Universal. La même année, il est invité à la soirée inauguration du nouveau Palace.

 
Patrick Juvet en 2013.

Il participe à nouveau en 2009, 2011, 2014 et 2018 à la tournée Âge tendre et Têtes de bois[25].

Vie privéeModifier

Patrick Juvet était bisexuel[2]. En 2012, il indique dans une interview à ce sujet : « Je suis surpris que ce sujet reste un tabou. Depuis quarante ans, les mentalités n’ont pas évolué[26]. »

En 2010, dans l'émission Vie privée, vie publique, il confie que le grand amour de sa vie fut Florence Aboulker, du moment qu'il l'a connue vers l'âge de 20 ans jusqu'en 2002, date de sa mort. Il ajoute qu'en plus de l'amour, c'était une amie et une sœur, et qu'il n'a jamais vécu cela avec une autre femme ou un homme[27],[28].

Il s'installe à Barcelone au début des années 2000[10],[29].

MortModifier

Le , son agent Yann Ydoux annonce à l'AFP la mort de Patrick Juvet[30], mais sans en préciser la date, indiquant qu'il a été retrouvé mort dans un appartement de Barcelone en Espagne et que les causes de la mort ne sont pas directement connues : « Il y aura une autopsie, je l'avais eu au téléphone il y a trois jours, je l'avais trouvé bien[31],[32] ». Selon sa volonté, il sera incinéré à la suite de ses obsèques[33].

Les premiers résultats de l'autopsie auraient conclu à une mort à la suite d'un arrêt cardiaque[34].

PublicationModifier

DiscographieModifier

Albums studioModifier


Albums LiveModifier

  • Patrick Juvet raconte son rêve : Olympia 73 (1974)
  • Live Olympia 79 (double album, 1980)


SinglesModifier

  • Romantiques pas morts (1971)
  • La Musica (1972)
  • Au même endroit à la même heure (1972)
  • Je vais me marier, Marie (1973)
  • Sonia (1973)
  • Toujours du cinéma (1973)
  • C'est beau la vie (1974)
  • Love (1974)
  • Rappelle-toi minette (1974)
  • Regarde (1974)
  • Il est trop tard pour faire l'amour (1975)
  • Magic (1975)
  • Faut pas rêver (1976)
  • Où sont les femmes ? (1977)
  • Megalomania (1977)
  • Got a Feeling (1978)
  • I Love America (1978)
  • De plus en plus seul (1978)
  • Lady Night (1979)
  • Swiss Kiss (1979)
  • Laura (1979)
  • Sounds Like Rock'n Roll (1980)
  • Sans amour (1981)
  • Rêves immoraux (1982)
  • Getting To the Heart of Me (1983)
  • Je tombe amoureux (1984)
  • Thinking With Your Body (1986)
  • L'amour avec les yeux (1987)
  • Rêve (1988)
  • Solitudes (1991)
  • Cruising Bar (1992)
  • Deep Dark Night (1993)
  • I Love America (remix 95) (1995)
  • Rester cool (1998)
  • Ça c'est Paris (2000)
  • Don't Be Afraid (2010)

Classements des singlesModifier

Année Titre Classement
(Meilleure place)
Ventes   France
FR
[35],[36],[37]
BEL/Wa
[35],[38]
CH/Ro
[35]
1972 La Musica 4 15 1 300 000[39]
Au même endroit, à la même heure 11 25 1 200 000[39]
1973 Je vais me marier, Marie 8 19 150 000[40]
Sonia 9 14 200 000[40]
Toujours du cinéma 7 16 200 000[40]
1974 Rappelle-toi Minette 8 24 200 000[41]
Love 25 48 NC
Regarde 26 37 NC
Nama 42 43 NC
1975 Il est trop tard pour faire l'amour 40 28 NC
Magic 15 13 80 000[42]
1976 Faut pas rêver 17 21 NC
1977 Où sont les femmes ? 6 5 2 250 000[43]
Megalomania 48 NC
1978 I Love America 10 200 000[44]
De plus en plus seul 7 200 000[44]
1979 Lady Night 10 200 000[45]
Swiss Kiss 17 100 000[45]
1980 One Way Love 42 NC
Sounds Like Rock'n'Roll 44 NC
1981 Sans amour 52 NC
1982 Rêves immoraux 42 NC
1983 Getting to the heart of me 75 NC
2000 Ça c'est Paris 98 NC

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. « Mort de Patrick Juvet : la cause de son décès révélée par l'autopsie », Midi Libre,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a b c et d Mathieu Lindon, « Grâce à une compilation, Patrick Juvet réussit un come-back inespéré. C’était un chanteur abandonné », sur liberation.fr, (consulté le ).
  3. « Village people. Patrick », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le ).
  4. Patrick juvet - Mélody de star - 2006, Melody, 2006
  5. Patrick Juvet : sa maman était la femme de sa vie, Gala (magazine), 2 avril 2021.
  6. Janine Juvet : Patrick Juvet ce n'est pas la grande Zaza, La Liberté, 11 mai 2005.
  7. Janine Juvet élue au Grand Conseil, Feuille d'Avis de Vevey, 8 mars 1982
  8. Démission de Janine Juvet Bulletin du Grand Conseil printemps 1989 (page 40),Canton de Vaud.
  9. Annonce Ville de La Tour-de-Peilz, Janine Juvet, hommages.ch.
  10. a et b « Patrick Juvet, ses bleus au coeur | L’Illustré », sur Illustre.ch, (consulté le ).
  11. Dossier « Patrick Juvet, absolument disco! », dans les archives de la Radio télévision suisse en ligne..
  12. a b c d e f et g « Biographie de Patrick Juvet - Universal Music France », sur universalmusic.fr (consulté le )
  13. Sylvain Siclier, « Mort de Patrick Juvet, interprète romantique et vedette du disco dans les années 1970 », LeMonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. La Grande Chance, Journal d'Yverdon, 30 décembre 1968 (page 7) Archive Bibliothèque cantonale et universitaire - Lausanne.
  15. « TOP 45 Tours - 1972 », sur www.top-france.fr (consulté le )
  16. « Patrick Juvet : « Les jeunes ont la nostalgie de mon époque, pas moi » », JSL,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. a b et c « Patrick Juvet : Bientôt un nouvel album - Interviews CiteGAY.com », sur www.citegay.fr (consulté le ).
  18. « Juvet, l'autre Patriiiiick », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. « Patrick JUVET », sur blogspot.fr (consulté le ).
  20. Pop Music Deluxe,consulté le .
  21. Hervé Dumont et Maria Tortajada, Histoire du cinéma suisse 1966-2000, t. 2, Lausanne / Hauterive, Cinémathèque suisse / Editions Gilles Attinger, (ISBN 2-88256-179-2).
  22. a et b « Patrick Juvet : Drogue, alcool, bisexualité, il dit tout ! - France Dimanche », sur www.francedimanche.fr (consulté le ).
  23. « Patrick Juvet - Biographie, discographie et fiche artiste », sur musique.rfi.fr, (consulté le ).
  24. Classements d'albums, consulté le .
  25. leblogtvnews.com, « "Age Tendre, la tournée des idoles" revient sur scène en 2018 : 60 concerts au programme. - Leblogtvnews.com », Leblogtvnews.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  26. Patrick Juvet en vedette de la foire aux vins de Gellainville, L'Écho républicain, 9 septembre 2012, consulté le .
  27. Vie Publique Vie Privée, 2010, Youtube.
  28. Patrick Juvet : la romancière Florence Aboulker, le grand amour de sa vie, Gala (magazine), 2 avril 2021.
  29. Prisma Média, « Vidéo – Patrick Juvet nous reçoit chez lui, à Barcelone - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  30. « Le chanteur Patrick Juvet, connu pour son tube "Où sont les femmes ?", est mort à 70 ans », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  31. Benjamin Pierret, « Mort de l'ex-star du disco Patrick Juvet à l'âge de 70 ans », sur bfmtv.com, (consulté le ).
  32. « Patrick Juvet, star du disco et auteur de Claude François, est décédé à l'âge de 70 ans », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  33. « Décès de Patrick Juvet : "C'était quelqu'un d'exceptionnel" témoigne son agent », sur francebleu.fr, (consulté le ).
  34. Anaïs Moine, « Patrick Juvet : l’autopsie a révélé les causes de sa mort », sur gala.fr, (consulté le )
  35. a b et c Classements internationaux de Patrick Juvet
  36. Classements français de Patrick Juvet
  37. Patrick Juvet - Lescharts.com
  38. Patrick Juvet - Ultratop
  39. a et b « Top 45 Tours - 1972 », sur top-france.fr (consulté le ).
  40. a b et c « Top 45 Tours - 1973 », sur top-france.fr (consulté le ).
  41. « Top 45 Tours - 1974 », sur top-france.fr (consulté le ).
  42. « Top 45 Tours - 1975 », sur top-france.fr (consulté le ).
  43. « Top 45 Tours - 1977 », sur top-france.fr (consulté le ).
  44. a et b « Top 45 Tours - 1978 », sur top-france.fr (consulté le ).
  45. a et b « Top 45 Tours - 1973 », sur top-france.fr (consulté le ).

Voir aussiModifier

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