Palantir Technologies

société américaine de développement logiciel spécialisée dans l'analyse des données

Palantir Technologies
logo de Palantir Technologies

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Peter Thiel, Joe Lonsdale (en), Stephen Cohen (en) et Alex KarpVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Peter Thiel, Joe Lonsdale (en), Alex Karp, Stephen Cohen (en)
Forme juridique Société à capitaux privésVoir et modifier les données sur Wikidata
Action New York Stock Exchange (PLTR)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Denver, Colorado
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Alex Karp
Directeurs Alex KarpVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Fondateurs, salariés
Activité Big Data
Filiales Palantir Technologies France (d)
Effectif 2000
Site web palantir.com

Capitalisation 22,3 milliards de $ (au 30/9/2020, date de son introduction en bourse)[1],[2]
Chiffre d'affaires 742,6 millions de $ (2019)[1]
+25% (2019 / 2018)[1]
Résultat net -579 millions de dollars en 2019, soit une perte de près de 80% de son CA[1]

Palantir Technologies est une entreprise de services et d'édition logicielle spécialisée dans l'analyse et la science des données, communément appelé « Big data » ou « mégadonnées », basée à Denver dans le Colorado. L'entreprise travaille pour la communauté du renseignement des États-Unis, notamment pour la NSA, la CIA et le FBI[3], pour différents acteurs du système de défense américain, comme les US Marines, l'US Air force et les Opérations spéciales, et pour plusieurs services de police comme le NYPD, le LAPD[4] et la Direction générale de la Sécurité intérieure française[5],[6]. Elle s'est diversifiée dans les secteurs de la finance, de l'assurance, de la santé et des biens de consommation courante. Elle met par ailleurs sa technologie à disposition d'ONG comme le Programme alimentaire mondial[7] ou Community solutions (en)[8].

HistoriqueModifier

2003-2009 : fondation et premières annéesModifier

Officiellement établie en , la société Palantir Technologies est considérée généralement comme ayant été fondée en 2004 par Peter Thiel, Alex Karp[9] et Nathan Gettings. Les premiers financements sont constitués par deux millions de dollars versés par le bras financier de la CIA, la société In-Q-Tel, et par trente millions de dollars de la part de Thiel et de son entreprise Founders Fund. Alex Karp est alors le PDG de Palantir. Le nom de la société vient de « palantír », ou « pierre de vision », un objet magique décrit dans les ouvrages de J. R. R. Tolkien Le Seigneur des anneaux et Le Silmarillion[3].

Pendant trois ans, Palantir développe ses technologies grâce à des informaticiens et des analystes en provenance d'agences de renseignement, via des projets pilotes facilités par In-Q-Tel. Le concept logiciel est développé à partir de la technologie développée chez PayPal pour détecter les activités frauduleuses[9], dont une grande partie est l’œuvre de groupes criminels organisés russes. La compagnie affirme que des ordinateurs seuls utilisant une intelligence artificielle ne peuvent pas vaincre un adversaire sachant s'adapter. Palantir propose d'employer des analystes humains pour explorer les données de nombreuses sources, ce qu'elle nomme l'intelligence amplifiée.

2010 : les réseaux GhostNet et ShadowModifier

Un organisme canadien de recherche sur l'émergence du cyberespace, l'Information Warfare Monitor, utilise le logiciel offert par Palantir pour démasquer les réseaux GhostNet et Shadow Network. Le réseau GhostNet est un réseau d'espionnage basé en Chine qui ciblait plus d'un millier d'ordinateurs situés dans une centaine de pays, parmi lesquels ceux du bureau du Dalai Lama, de l'OTAN et d'ambassades. Le réseau Shadow est une opération d'espionnage basée aussi en Chine, qui a infiltré l'appareil de sécurité et de défense de l'Inde. Les cyber-espions ont volé des documents relatifs à la sécurité de l'Inde, à ses ambassades à l'étranger, et aux activités des troupes de l'OTAN en Afghanistan[4].

2010-2012 : croissanceModifier

En , Palantir annonce un accord avec Thomson Reuters pour vendre le logiciel Palantir Metropolis sous le nom de QA Studio. Le , le vice-président des États-Unis Joe Biden et le directeur du Bureau de la gestion et du budget Peter Orszag tiennent une conférence de presse à la Maison-Blanche pour annoncer le succès de la lutte contre la fraude, stimulée par le Recovery Accountability and Transparency Board (RATB). Biden attribue ce succès au logiciel de Palantir déployé par le gouvernement fédéral. Il annonce qu'il sera déployé dans d'autres agences gouvernementales, en commençant par Medicare et Medicaid.

En 2011, le chiffre d'affaires de Palantir est estimé à 250 millions de dollars[réf. nécessaire].

2013 : renseignement et forces arméesModifier

« À partir de 2013, les agences de renseignement aussi ont utilisé Palantir pour connecter des bases de données entre départements. Avant cela, la majorité des bases de données utilisées par la CIA et le FBI étaient cloisonnées, obligeant les utilisateurs à effectuer des recherches dans chaque base, une par une. Maintenant tout est interconnecté par la technologie Palantir. »
TechCrunch en

La fuite d'un document vers le site TechCrunch révèle qu'à partir de 2013 les clients de Palantir comprenaient au moins douze groupes au sein de l’administration fédérale, dont la CIA, le DHS, la NSA, le FBI, les US Marines, l’Air force, les Opérations spéciales, West Point, le Joint IED-defeat organization and Allies, le Recovery Accountability and Transparency Board (en) et le National Center for Missing and Exploited Children (en) (centre national pour les enfants disparus et exploités). À la même époque cependant, l'US Army continue à utiliser son propre outil d'analyse de données.[réf. nécessaire]

En , Palantir dévoile une levée de fonds de plus de 196 millions de dollars, selon le dépôt enregistré à la SEC. On estime alors que la société pourrait atteindre un montant annuel d'un milliard de dollars de contrats en 2014. Le PD-G Alex Karp annonce en 2013 que la compagnie ne serait pas introduite en bourse, car « cela rendrait une société comme la nôtre très difficile à diriger ». En , la compagnie lance une levée de fonds qui rapporte 450 millions de dollars provenant d'investisseurs privés, ce qui relève sa valeur à neuf milliards de dollars selon le magazine Forbes. Le magazine explique que cette valorisation place Palantir « parmi les entreprises technologiques non cotées de la Silicon Valley les plus fortement valorisées ».[réf. nécessaire]

2014-2015: toujours plus de financementsModifier

En , Forbes rapporte que Palantir cherche à lever 400 millions de dollars de fonds supplémentaires, après avoir accompli un mois plus tôt les démarches administratives auprès de la SEC, l'autorité de contrôle des marchés financiers américains. L'information se base sur une recherche faite par VC Experts. Si la levée se réalise, Forbes affirme que le financement de Palantir pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars. En , la société a toujours différents financeurs privés, les milliardaires Kenneth Langone (en) et Stanley Druckenmiller (en), In-Q-Tel de la CIA, Tiger Global Management et Founders Fund, une société de capital-risque dirigée par Peter Thiel, le président de Palantir. Au mois de , Peter Thiel, cofondateur de Paypal et investisseur précoce de Facebook, est le plus gros actionnaire de Palantir[10].

En , la valeur de l'entreprise est estimée à quinze milliards de dollars, ce qui la place en troisième position des start-up les plus valorisées au monde, après Uber et devant AirBnb, Snapchat ou SpaceX. Elle fait partie des 37 start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars[10].

En , le site BuzzFeed rapporte que la compagnie a levé jusqu'à 500 millions de dollars de capital supplémentaire, portant sa valorisation à vingt milliards de dollars[11].

En septembre 2020, Palantir annonce son introduction partielle en bourse, évaluant sa capitalisation à 20,6 milliards de dollars[12]. Les élus démocrates au Congrès Alexandria Ocasio-Cortez et Jesus Garcia demandent une enquête au gendarme de la Bourse, estimant que trop d’informations manquent pour permettre l’entrée de Palantir au Nasdaq: le montant et la nature des contrats avec le gouvernement américain, la part que détient la CIA ou la responsabilité de l’entreprise dans des violations des droits humains. Alexandria Ocasio-Cortez évoque notamment la traque de migrants à la frontière mexicaine, mais aussi les contrats liant Palantir à des gouvernements « connus pour se livrer à des pratiques de corruption et des violations des droits de l’homme », comme le Qatar[13].

LocalisationModifier

Le siège social est situé à Denver dans le Colorado.

Jusqu'en 2020, le siège de Palantir était situé à Palo Alto en Californie, à proximité de l'université Stanford, dont les fondateurs et une grande partie des employés sont issus.

La société dispose également de bureaux en Amérique du Nord (Los Angeles, New York, Ottawa, Seattle et Washington D.C.), en Europe (Copenhague, Londres, Munich, Oslo, Paris, Stockholm et Zurich), en Océanie (Canberra, Sydney et Wellington), en Asie (Tokyo) et au Moyen-Orient (Abu Dhabi et Tel Aviv)[14].

Activité de lobbyingModifier

Aux États-UnisModifier

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying de Palantir aux États-Unis s'élèvent en 2019 à 1 430 000 dollars[15].

Auprès des institutions de l'Union européenneModifier

Palantir est inscrit depuis 2019 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne, et déclare en 2018 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre 10 000 et 25 000 euros[16].

Palantir et la DGSIModifier

À l'été 2016, un contrat de 10 millions d'euros aurait été conclu avec la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), le service de renseignement intérieur et de police judiciaire du ministère de l'Intérieur français. Compte tenu du problème de souveraineté posé par l'achat d'un système aussi stratégique à une entreprise américaine, cette solution serait temporaire. Plusieurs autres entreprises avaient répondu à l'appel d'offres, classifié, mais ont été écartées, notamment Thales[17].

Des formateurs sont en train d’être recrutés et déployés au siège de la DGSI, à Levallois, tandis qu’un expert venu de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), le service de renseignement extérieur français, est chargé « d'auditer le nouveau système pour débusquer la moindre porte dérobée »[17].

En , la DGSI confirme le renouvellement de Palantir au détriment d'une solution 100 % française.

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Vincent Lamigeon, « Avant son introduction en bourse, Palantir se paie Google et Facebook », sur le site du journal Challenges, (consulté le 6 novembre 2020)
  2. Antoine Crochet-Damais, « Big Data : Palantir atteindrait une valorisation de 15 milliards de dollars », Le Journal du Net, .
  3. a et b (en) Andy Greenberg et Ryan Mac, « How A 'Deviant' Philosopher Built Palantir, A CIA-Funded Data-Mining Juggernaut », Forbes, .
  4. a et b (en) « Leaked Palantir Doc Reveals Uses, Specific Functions And Key Clients », TechCrunch, .
  5. « Olivier Tesquet, Palantir, l'encombrant ami américain du renseignement français », Télérama, .
  6. « Big Data : la DGSI s'émancipe de Palantir pour une solution 100% française », sur Silicon, (consulté le 6 novembre 2019)
  7. (en) « Palantir and WFP partner to help transform global humanitarian delivery | World Food Programme », sur www.wfp.org (consulté le 19 janvier 2021)
  8. « Les outils numériques viennent en aide aux sans-abris », Atelier.net,
  9. a et b Zak Allal, Martin Biéri et Sylvain Gemberlé, « Palantir Technologies, la start-up qui a révolutionné le monde du renseignement », Portail-ie.fr, (consulté le 22 décembre 2015).
  10. a et b (en) « The Billion Dollar Startup Club », The Wall Street Journal (consulté le 24 mars 2015) (souscription requise).
  11. (en) William Alden, « Palantir Valued At $20 Billion In New Funding Round », BuzzFeed, (consulté le 19 novembre 2018).
  12. « Palantir valued at $20 billion in choppy stock exchange debut », sur Reuters,
  13. Pierric Marissal, « Souveraineté numérique : comment Palantir s'achète une respectabilité », sur L'Humanité,
  14. « Contact Us », sur Palantir (consulté le 19 août 2020)
  15. (en) Opensecrets, « Opensecrets.org », sur le site du Center for Responsive Politics (consulté le 27 avril 2020)
  16. « Registre de transparence », sur le site de la Commission européenne (consulté le 27 avril 2020)
  17. a et b Olivier Tesquet, « Palantir, l'encombrant ami américain du renseignement français », Télérama, .

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier