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Le pédobaptisme est une doctrine approuvant le baptême des jeunes enfants et des nouveau-nés[1]. Il se distingue du crédobaptisme ou baptême du croyant qui n'est accordé qu'aux individus ayant fait leur profession de foi.

De nombreuses confessions chrétiennes pratiquent le baptême des jeunes enfants, mais il est rejeté par les mouvements protestants évangéliques en général et en particulier les anabaptistes.

Cette pratique n'est pas explicitement indiquée dans les textes néotestamentaires qui parlent néanmoins de baptiser « toute une maison » (Ac 16, 15 et 33 ; 1 Co 1,16). Elle s'explique par la croyance en l'existence d'un lien établi par Dieu dans la famille entre les parents et les enfants (1 Co 7,14), en vertu de laquelle les enfants ont droit au baptême en tant que membre de l'alliance dont le baptême est le signe[2].

HistoireModifier

La date à laquelle le baptême des enfants a d'abord été pratiqué est sujette à débat. Certains croient que les chrétiens du Ier siècle ne le pratiquent pas, notant l'absence de toute preuve explicite de pédobaptisme[3]. D'autres, constatant au contraire l'absence de toute preuve explicite de l'exclusion des jeunes enfants, pensent qu'il était déjà pratiqué à cette époque[4].

Plus récemment, les travaux de Joachim Jeremias ont permis d'avancer des preuves positives de la présences du baptême des nourrissons dans les 4 premiers siècles[5].

Cette doctrine s'est affirmée par la théologie de la grâce de saint Augustin qui soutient que les enfants morts sans être baptisés étaient damnés. Les fidèles font dès lors pression sur le clergé pour que ce sacrement soit administré le plus tôt possible, le pédobaptisme étant justifié par la « foi des autres »[6]. Cette doctrine a été proclamée lors du concile de Carthage en 418 et du concile de Florence en 1441. Le concile enseigne que le baptême peut servir de remède contre le péché originel.

Cette doctrine fut rejetée par le mouvement anabaptiste au XVIe siècle.

Pour ce qui est du protestantisme et en particulier de la foi réformée (calviniste), le pédobaptisme est maintenu comme conforme à l'enseignement de l'Ecriture pour plusieurs raisons. Le parallèle entre circoncision dans l'Ancienne Alliance et baptême dans la nouvelle alliance[7], les cas de baptêmes de familles[8], la théologie de l'Alliance[9], le statut de l'enfant dans le Nouveau Testament[10] ou les découvertes récentes sur les traités du Moyen-Orient[11] sont régulièrement invoqués pour soutenir cette pratique.

Notes et référencesModifier

  1. https://www.universalis.fr/dictionnaire/pedobaptisme/ Pédobaptisme, Encyclopædia Universalis
  2. « Le pédobaptême : sur quelle base baptisons-nous ? », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Stanley J. Grenz, Theology for the Community of God, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 528
  4. (en) Gregg Strawbridge, Ph.D., All Saints' Presbyterian Church, « Infant baptism », 1998
  5. « Le pédobaptême : l’histoire de l’Église », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  6. Jean-Pierre Arrignon, Bernard Merdrignac, Cécile Treffort, Christianisme et Chrétientés en Occident et en Orient, Editions Ophrys, , p. 87
  7. « Le pédobaptême : le fameux argument de la circoncision. », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  8. « Le pédobaptême : le témoignage explicite du Nouveau Testament », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  9. « Le pédobaptême : l’Alliance de Dieu », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  10. « Le pédobaptême : le silence du Nouveau Testament », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)
  11. « Le pédobaptême : le fonctionnement d’une alliance au Moyen-Orient », PAR LA FOI,‎ (lire en ligne)

Articles connexesModifier