Ouvrir le menu principal

L'Aiguille creuse

livre de Maurice Leblanc

L'Aiguille creuse
Image illustrative de l’article L'Aiguille creuse
Illustration de Mélong pour le roman-feuilleton L'Aiguille creuse[1].
Couverture du périodique Je sais tout no 47, .

Auteur Maurice Leblanc
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman policier
Éditeur Éditions Pierre Lafitte
Date de parution
Couverture Mélong
Nombre de pages 345
Série Arsène Lupin
Chronologie

L'Aiguille creuse est un roman policier, paru en 1909, de Maurice Leblanc mettant en scène les aventures d'Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur.

Il a été publié dans le journal Je sais tout, du 15 novembre 1908 au 15 mai 1909, puis, avec quelques modifications, le roman entier a été édité en juin 1909[2].

RésuméModifier

 
L'Aiguille d'Étretat (à gauche)
et la Porte d'Aval (au centre)

Arsène Lupin s'oppose à Isidore Beautrelet, jeune lycéen et détective amateur. L'histoire se passe à Ambrumésy et dans d'autres villes françaises, au début du XXe siècle.

"L'Aiguille creuse" est le deuxième secret de la reine Marie-Antoinette et de Cagliostro. Le Mystère de l'Aiguille creuse comporte un secret que les rois de France se transmettaient et qu'Arsène Lupin s'est approprié. La fameuse "aiguille" contient le plus fabuleux trésor jamais imaginé, il rassemble les dots des reines, des perles, rubis, saphirs et diamants... la fortune des rois de France.

Quand Isidore Beautrelet découvre le château de l'Aiguille près de Crozant et au bord de la Creuse, il pense avoir trouvé la solution de l'énigme. Mais il n'a pas compris que le roi de France Louis XIV a fait construire ce château pour brouiller la véritable piste qui, en fait, va vers une "aiguille" en Normandie, près du Havre, où Arsène Lupin, connu aussi sous le nom de Louis Valméras, s'est caché.

Source d'inspirationModifier

Le personnage d'Isidore Beautrelet semble inspiré[3] de Joseph Rouletabille, héros de Gaston Leroux (Le Mystère de la chambre jaune, 1907).

L'un des personnages de ce roman s'appelle Herlock Sholmès, ce qui est un clin d'œil faisant référence à Sherlock Holmes, le détective d'Arthur Conan Doyle. À l'époque de la sortie de L'Aiguille creuse, quatre des six recueils de nouvelles formant le Canon de Sherlock Holmes étaient parus.

Références historiquesModifier

Le roman est truffé de références à l'histoire de France, en particulier dans le chapitre "Une énigme historique". Dans celui-ci, on découvre une lettre ouverte de M. de Massiban, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, révélant publiquement l'existence du secret de "L'Aiguille creuse". En 1679, sous Louis XIV, un homme dont l'identité demeure inconnue publia un livre dévoilant ce même secret. Mais les cent exemplaires imprimés furent saisis puis brûlés et l'auteur fut secrètement emprisonné : il s'agit du fameux Homme au masque de fer. Le capitaine des gardes du roi, M. de Larbeyrie, en sauva discrètement un exemplaire des flammes. Mais il fut assassiné six mois plus tard près de Gaillon et on trouva sur lui un diamant de la plus belle eau. Ses papiers contenaient une note manuscrite ne parlant pas d'un livre sauvé des flammes mais en donna le résumé des premiers chapitres. Le document évoquait un secret connu des rois d'Angleterre, perdu par eux lorsque Henri VI devint fou et que son cousin Richard Plantagenêt, duc d'York, prit temporairement la régence du royaume. Ce même secret fut transmis par Jeanne d'Arc au roi de France Charles VII, concernant un fabuleux trésor royal, grandissant au fil des siècles. Devenu secret d'État, il fut légué de souverain en souverain par une lettre chaque fois recachetée, présente au lit de mort du défunt, portant la mention : "Pour le Roy de France".

Lorsque Louis XVI fut emprisonné sous la Révolution française dans la prison du Temple, celui-ci fut surveillé par un militaire, descendant du capitaine. Le souverain lui confia un message secret concernant le "secret de l'Aiguille" à transmettre à Marie-Antoinette, afin de la sauver. Mais même si le messager réussit sa mission, le message arriva trop tard car peu après l'avoir reçu, la reine monta sur l'échafaud. Mais elle eut le temps de le cacher dans une doublure de son livre d'heures, qu'elle confia à Axel de Fersen (le livre finit dans le musée Carnavalet). Pendant ce temps, le militaire, qui se renomma Larbrie sous la Terreur, fut obsédé par ce mystère qu'il chercha à élucider. Il compulsa ainsi tous les auteurs latins, les chroniques de France et des pays voisins, les ouvrages conservés dans les monastères, les livres de comptes, les cartulaires, les traités... Il en tira les informations suivantes :

Le résultat de ses recherches, il le publia dans une brochure en juin 1815, soit en même temps que la bataille de Waterloo, durant une période de bouleversements où les révélations contenues devaient passer inaperçues. L'auteur de ce document affirme aussi que lors de la campagne de France, alors qu'il servait comme officier de Napoléon, il trouva refuge dans un château par un vieux chevalier de Saint-Louis. Celui-ci lui parla de cet édifice, qui n'est autre que le château de l'Aiguille, construit par Louis XIV pour dérouter ceux qui ont eu vent du "secret de l'Aiguille" et qui trouveraient là une explication naturelle.

Dans le chapitre suivant, ce même M. de Massiban apprit à Isidore Beautrelet avoir relevé un passage mystérieux dans le manuscrit de l'ouvrage de Voltaire Le Siècle de Louis XIV (paru en 1751). Supprimé dans les différentes éditions, il se trouve dans le chapitre XXV. Particularité et anecdotes du règne de Louis XIV. L'auteur y affirme avoir entendu dire à son ami l'intendant Louis-François Le Fèvre de Caumartin (ami du ministre Michel Chamillart) que Louis XIV partit précipitamment en carrosse en apprenant l'assassinant M. de Larbeyrie, répétant que "Tout est perdu". L'année d'après, le fils du défunt et sa fille furent exilés dans leurs terres de Provence et de Bretagne. Il faut noter que ce Chamillart fut le dernier ministre possesseur du secret de l'Homme au masque de fer. Ce qui montre un lien entre ces différentes aventures et laisse supposer que le capitaine se servit de son exemplaire du mystérieux livre pour soutirer le joyau, probablement issu du trésor royal.

Une suite par Boileau-Narcejac en 1978Modifier

La suite directe de l'histoire oppose Lupin à La Griffe dans Le Second Visage d'Arsène Lupin, un pastiche signé Boileau-Narcejac, sorti en 1975.

Personnages principauxModifier

  • Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur,
  • Louis Valméras, l'autre visage d'Arsène Lupin,
  • Isidore Beautrelet, élève de rhétorique surdoué et jeune détective
  • Mademoiselle Raymonde de Saint-Véran, qui deviendra par la suite Madame Louis Valméras
  • Herlock Sholmès, ennemi juré d'Arsène Lupin
  • Ganimard, le détective de la police française
  • Le comte de Gesvres
  • Suzanne de Gesvres, la fille du comte de Gesvres,
  • Monsieur Filleul, le juge d'instruction

Livres audioModifier

Il existe deux versions en français de L'Aiguille creuse sous forme de livre audio, l'une avec 22 comédiens, initialement diffusée en 1990 et rééditée en 2005, l'autre plus récente, interprétée par un seul comédien et diffusée en 2011.

  • Maurice Leblanc, L'Aiguille creuse, Paris, Livraphone, (ISBN 978-2-87809-017-8, notice BnF no FRBNF38184650)
    Support : 4 cassettes audio ; durée : 6 h environ. Interprétée par Éric Herson-Macarel (sous le nom d'Éric Dufay), Évelyne Lecucq, Valérie Delbore, Jean-Claude Rey, Jean-François Dupaz, Jean-Michel Fête, Alexis Dessaux, Arnaud Riou, Philippe Destre, Bruno Pascaud, Jean-Pierre Lituac, Chantal Garrigues, François Berland, Jean-Marie Fonbonne, Marianne Lewandowski, Odette Barrois, Patrick Rousseau, Charles Baghdassarian, Pierre Val, Cathy Zambon, Marc Lalo et Alain Jopnel. Référence éditeur: LIV167.
  • Maurice Leblanc, L'Aiguille creuse, Paris, Livraphone, coll. « Une aventure d'Arsène Lupin », (EAN 335-89-500-0015-9, notice BnF no FRBNF40071473)
    Support : 6 CD audio ; durée : 6 h 5 min environ. Interprétée par Jean-Claude Rey, Jean-Marie Fonbonne, Évelyne Lecucq, et autres (sans autre précision sur la notice bibliographique BNF). Référence éditeur: LIV 197C.
  • Maurice Leblanc, L'Aiguille creuse, Paris, La Compagnie du savoir, (EAN 376-0-00-213957-9, notice BnF no FRBNF42484250)
    Support : 1 CD MP3 ; durée : 7 h 35 min environ. Interprété par Philippe Colin.

Adaptation à la télévisionModifier

Adaptation à la radioModifier

  • 1960: Les aventures d'Arsène Lupin - L'aiguille creuse, adaptation radiophonique en cinq épisodes de Jean Marcillac et produit par Maurice Renault. La réalisation est d'Abder Isker. Diffusé sur France II Régionale. Le rôle d'Arsène Lupin est interprété par Michel Roux. Le premier épisode a été diffusé le 17 décembre 1960 et le deuxième le 24 décembre 1960[4].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Lionel Acher, « Mystification et mythification dans L'Aiguille creuse et La Comtesse de Cagliostro », Études normandes, no 1 (55e année) « Arsène Lupin, gentleman normand »,‎ , p. 45-50 (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Lien externeModifier