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Martin Selmayr

professeur d'université allemand

Martin Selmayr
Illustration.
Martin Selmayr en 2014
Fonctions
Secrétaire général de la Commission européenne
En fonction depuis le
Président Jean-Claude Juncker
Prédécesseur Alexander Italianer
Biographie
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Bonn
Nationalité allemand
Parti politique CD&V (BE)
Diplômé de Université de Genève
Université de Passau
Profession Avocat

Martin Selmayr, né le à Bonn en Allemagne, est un avocat et homme politique allemand.

Membre du parti belge flamand Christen-Democratisch en Vlaams, occupant différentes fonctions au sein de la Commission européenne à partir de 2004, il organise en 2014 la campagne de Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne, puis devient son directeur de cabinet, une fois l'intéressé élu.

En mars 2018, Jean-Claude Juncker le nomme secrétaire général de la Commission dans des conditions controversées. Le Parlement européen adopte à une très large majorité une résolution qui condamne sa nomination.

Au travers de ses différentes fonctions, il exerce une influence de premier plan au sein de la Commission européenne, au point d'être parfois perçu comme la personnalité la plus puissante de celle-ci.

Sommaire

BiographieModifier

Premiers postes et rattachement partisanModifier

Avocat de formation, il a fait ses études dans les universités de Genève et de Passau.

Martin Selmayr a travaillé pour la Banque centrale européenne entre 1998 et 2000 avant de devenir conseiller juridique du groupe de médias allemand Bertelsmann.

Il est membre du parti belge flamand Christen-Democratisch en Vlaams[1].

Au sein de la Commission européenneModifier

Premières fonctionsModifier

Depuis 2004, il fait partie du personnel de la Commission européenne, où il occupe d'abord la fonction de porte-parole.

De 2009 à 2014, il est directeur de cabinet de Viviane Reding, commissaire à la Justice[2]. À ce poste, il est l’un des principaux artisans de la fin des frais d’itinérance et du règlement général sur la protection des données (RGPD), et contribue à lancer la création d’un parquet européen[2].

Directeur de cabinet de Jean-Claude JunckerModifier

En 2014, il organise la campagne de Jean-Claude Juncker pour la présidence de la Commission[3]. Une fois celui-ci élu, il devient son directeur de cabinet, ce qui en fait, pour Contexte, « la pièce maîtresse du pouvoir » de Jean-Claude Juncker à Bruxelles : « c’est à lui qu’il sous-traite entièrement l’exécution pratique des grandes lignes définies ensemble »[2]. À ce poste, il est notamment amené à maintenir les propositions sur la taxation des géants du Web, contre l'avis des cabinets de la commissaire au Commerce et du vice-président aux Investissement qui réclament un report[2]. Il contribue également à faire du marché unique numérique une priorité politique pour la Commission Juncker[2].

Secrétaire général de la Commission européenneModifier

Une nomination controverséeModifier

En mars 2018, il est nommé secrétaire général de la Commission européenne par Jean-Claude Juncker[4],[5],[6], à la surprise générale[2].

Cette nomination au poste administratif le plus prestigieux au sein de l’exécutif européen déclenche une vive polémique, désignée sous le nom de « Selmayrgate »[7]. Elle est contestée pour son processus opaque, à l'insu de la plupart des commissaires européens[6], et pour son « mélange des genres » entre l'administration et l'appareil politique européens[2]. Mediapart indique également que sa nomination pose des questions « sur l’ampleur des réseaux allemands au cœur de l’UE »[7]. Des eurodéputés ont par ailleurs demandé à la Commission pourquoi la page Wikipédia de ce politique mentionnait sa nomination avant l'annonce officielle. Il a alors affirmé avoir lui-même mis à jour la fiche le concernant, niant les accusations qui lui ont fait face[8].

Jean-Claude Juncker déclare alors qu'il quitterait la présidence de la Commission européenne si Martin Selmayr venait à être forcé de quitter son nouveau poste[9].

En avril 2018, le Parlement européen adopte à une très large majorité une résolution qui condamne sa nomination : celle-ci appelle l’exécutif européen à rouvrir le processus de nomination pour que d’autres candidats puissent postuler, demande de reconnaître que l’affaire a terni sa réputation, et exige la fin de cette pratique dans toutes les institutions de l’UE. Le Parlement européen rejette cependant un amendement déposé conjointement par les groupes des Verts et de la Gauche unitaire européenne qui plaide pour une démission immédiate de Martin Selmayr, « jusqu’à ce que la réévaluation de la procédure de nomination ait été menée à bien »[7].

Dans un communiqué, la Commission rejette l'hypothèse de la réouverture du processus de nomination et affirme avoir « respecté tant l’esprit que la lettre de toutes les règles du statut applicable à l’ensemble des institutions » ; elle propose cependant la tenue d’une « table ronde interinstitutionnelle dans les meilleurs délais », afin de réfléchir à « la façon dont l’application des règles et procédures actuelles pourrait être améliorée »[7]. La médiatrice européenne Emily O'Reilly lance une enquête sur les conditions de la nomination[7].

En juin 2018, il nomme la Danoise Pia Ahrenkilde Hansen comme secrétaire générale adjointe : celle-ci était la seule candidate à ce poste, tout comme Martin Selmayr au poste de secrétaire général[10]. Jean Quatremer qualifie cette nomination de « nouvelle mascarade » : « Manifestement, personne n’a envie de se suicider en s’opposant à la candidate de Selmayr, désormais le vrai président de la Commission qui cumule, et c’est sans précédent, les fonctions de chef de cabinet et de sherpa »[10].

Dans ses conclusions rendues en septembre 2018, la médiatrice européenne estime que « la Commission n’a pas suivi correctement les règles pertinentes ni dans la lettre ni dans l’esprit », relevant « quatre cas de mauvaise administration »[11].

Exercice de la fonctionModifier

Premier fonctionnaire européen, mais aussi homme de pouvoir, il est admiré par les uns, craint et dénigré par les autres qui l'affublent du surnom de Monstre ou Raspoutine[12].

Jean Quatremer affirme en juin 2018 que « le collège des 28 commissaires a totalement démissionné, terrorisé par ce Raspoutine au petit pied. C’est Selmayr qui gère tout, de la communication aux propositions législatives, une situation sans précédent de mémoire d’eurocrate. C’est ainsi à lui seul que l’on doit le très décevant « cadre financier pluriannuel » 2021-2027 qui gèle le budget communautaire à son niveau actuel ou encore le projet de démantèlement partiel de la Politique agricole commune »[10].

Notes et référencesModifier

  1. Belga, « Commission européenne: le controversé Martin Selmayr est membre... du CD&V », La Libre,‎ (lire en ligne)
  2. a b c d e f et g Jean-Sébastien Lefebvre, « Mythes et réalités sur Martin Selmayr, l’ombre du président de la Commission européenne », sur contexte.com, (consulté le 6 avril 2018).
  3. Jean Quatremer, « Martin Selmayr, l'euro fort », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. « Martin Selmayr, un animal politique au cœur de la Commission européenne », sur L'Opinion (consulté le 25 février 2018).
  5. (en) « London worried about promotion for ‘Berlaymont monster’ », sur Politico (consulté le 25 février 2018).
  6. a et b Jean Quatremer, « UE : Martin Selmayr et les comploteurs », sur liberation.fr, (consulté le 27 février 2018)
  7. a b c d et e Ludovic Lamant, « Affaire Selmayr: les eurodéputés évitent le choc avec la commission », sur Mediapart, (consulté le 24 avril 2018).
  8. « Le controversé haut fonctionnaire européen Martin Selmayr est membre du CD&V », RTBF Info,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Maïa de la Baume et Jacopo Barigazzi, « Juncker: If Martin Selmayr goes, I go », sur politico.eu, (consulté le 24 avril 2018).
  10. a b et c Jean Quatremer, « Union européenne : nouvelle mascarade à la « Commission Selmayr », sur liberation.fr, (consulté le 13 juin 2018).
  11. Cécile Ducourtieux, « Affaire Selmayr : « La Commission européenne n’a pas suivi correctement les règles pertinentes », sur lemonde.fr, (consulté le 5 septembre 2018).
  12. Cécile Ducourtieux, Martin Selmayr ou l'ivresse du pouvoir à Bruxelles dans Le Monde du 14 mars 2018 p. 3

Articles connexesModifier