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Lucien Bodard

journaliste français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bodard.
Lucien Bodard
Alias
Lulu le Chinois
Naissance
Chongqing (Sichuan, Chine)
Décès (à 84 ans)
7e arrondissement de Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Lucien Bodard, né à Chongqing en Chine le et mort le en son domicile du 7e arrondissement de Paris, est un écrivain et journaliste français.

Sommaire

BiographieModifier

Fils d'Albert Bodard et d'Anne-Marie Greffier, Lucien Bodard est né en 1914 à Chongqing, alors dans le Sichuan en République de Chine, où son père était consul à Chengdu[1]. Il vécut dix ans en Chine avant de partir avec sa mère pour la France pour intégrer l'Ecole des Roches en Normandie, puis ses études le mèneront à un diplôme de sciences politiques. Il rejoint l'Afrique du Nord, puis en 1940 Londres.

Lucien Bodard commence sa carrière de journaliste en 1944 au sein de la section presse-information du gouvernement provisoire et couvre l'actualité de l'Extrême-Orient. En 1946, il envisage comme inéluctable la décolonisation en Afrique du Nord dans France-Illustration. En 1948, il devient grand reporter au sein de l'équipe de France-Soir dirigée par Pierre Lazareff. Il est notamment correspondant de guerre en Indochine de 1948 à 1954, à Hong Kong, dans la Chine de Mao Zedong, en Afrique du Nord, et plus tard en Amérique du Sud[2].

Plongé dès son enfance dans les événements qui ont secoué l'Asie dans les années 1920-1940, il en tire une connaissance profonde de la réalité asiatique. De là son regard incisif sur le premier conflit indochinois qu'il a couvert en tant que correspondant de presse. Lucien Bodard a eu ses entrées dans l'état-major du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CFEO), auprès de l'empereur Bảo Đại, mais aussi chez des acteurs de moindre envergure comme l'administrateur civil de Cao Bang ou Deo Van Long, un chef Thaï du Nord-Ouest du Tonkin. De son œuvre magistrale en trois volumes sur la Guerre d'Indochine, Lucien Bodard a consacré le troisième tome, intitulé L'Aventure, aux deux années qui séparent l'arrivée de de Lattre le 17 décembre 1950 après la déroute de Cao Bang d'octobre 1950 de sa mort le 11 janvier 1952. La Bataille des routes coloniales à la frontière de Chine a commencé la série des « Grandes Batailles » qui s’est terminée avec la Bataille de Dien Bien Phu.

Ses livres Monsieur le Consul, qui lui vaut le prix Interallié en 1973, et Le fils du Consul (1975) sont semi-autobiographiques. Dans Anne Marie, qui lui vaut le prix Goncourt en 1981[3], il évoque encore plus précisément la figure de sa mère et de Philippe Berthelot, diplomate éminent qui a lancé la carrière diplomatique d'Albert Bodard, le père de Lucien.

Le , un débat opposa Han Suyin à Lucien Bodard dans l'émission Apostrophes de Bernard Pivot. Han Suyin dénonça la fascination « schizophrène » de Lucien Bodard pour l'ancienne Chine, alors qu'elle loua le modèle économique du Grand Bond en avant, créé, selon elle, par de « vrais économistes » pour un pays sous-développé. Ils s'opposent également sur la personnalité de Mao Zedong, sur celle de l'empereur Puyi, sur le communisme et ses méthodes, la dictature du prolétariat[4].

Occasionnellement acteur, il tourne pour Agnès Varda dans Les créatures que produit sa première épouse d'alors, Mag Bodard. Il apparaît également dans Le Retour de Martin Guerre (1982) de Daniel Vigne, ou dans le rôle du cardinal Bertrand du Pouget dans Le Nom de la rose (1986) de Jean-Jacques Annaud.

Il meurt en mars 1998 à son domicile parisien. Il avait épousé en deuxièmes noces Huguette Cord'homme le 30 mai 1962, dont il eut un fils, Julien, en 1967. Il épousa en troisièmes noces Marie-Françoise Leclère, rédactrice en chef des services culturels à l'hebdomadaire Le Point.

ŒuvresModifier

  • La Mésaventure espagnole (1946)
  • La Chine de la douceur (1957)
  • La Chine du cauchemar (1961)
  • L'Enlisement « La Guerre d'Indochine I » (1963))
  • L'Humiliation « La Guerre d'Indochine II » (1965)
  • L'Aventure « La Guerre d'Indochine III » (1967)
  • Nouvelle édition en 1973 dans la collection de poche "Folio": L'Illusion (1er et 2ème chapitres de L'Humiliation) et L'Epuisement (les trois derniers chapitres de L'Aventure)
  • Le Plus Grand Drame du monde : La Chine de Tseu Hi à Mao (1968), Gallimard
  • Le Massacre des indiens (1969)
  • Mao (1970), Gallimard (ISBN 2-07-010601-2)
  • Les Plaisirs de l'Hexagone (1971) Gallimard
  • Les Dossiers secrets du Pentagone (1971), Presses de la Cité
  • Monsieur le Consul (1973), Grasset – prix Interallié
  • La Télé de Lucien Bodard (1973), Plon
  • Le Fils du Consul (1975), Grasset
  • ''La Vallée des roses (1977), Grasset
  • La Duchesse (1979), Grasset
  • Anne Marie (1981), Grasset – Prix Goncourt
  • La Chasse à l'ours (1985), Grasset
  • Les Grandes Murailles (1987), Grasset
  • Les Dix Mille Marches (1991), Grasset
  • Capitales oubliées / Hue - Vietnam (1994), texte d'Anne Garde, photographies de Lucien Bodard, éd. du Demi-Cercle
  • Le Chien de Mao (1998), Grasset

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le Yunnan début du XXe, par Lucien Bodard, Pensée libre, 6 avril 2010
  2. Lucien Bodard dans l'Encyclopedia Universalis.
  3. Bodard, le « Chinois » magnifique, Francois Bousquet, lespectacledumonde.fr, mai 2014
  4. « La Chine d'hier et d'aujourd'hui », Apostrophes du 12 décembre 1975 sur le site de l'INA.

AnnexesModifier