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La Ville bidon

film de Jacques Baratier, sorti en 1971
La Ville bidon
Réalisation Jacques Baratier
Scénario Jacques Baratier
Christiane Rochefort
Daniel Duval
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Sortie 1976

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Ville bidon est un film français réalisé par Jacques Baratier, sorti en 1976[1]. Il s'agit de la reprise du téléfilm La Décharge, tourné en 1968 et 1970, réalisé en 1971 mais censuré et donc non diffusé sous ce format. Le fim a été réédité en DVD en 2008 par Doriane Films[2].

Ce film satirique est une critique de l'urbanisme des villes nouvelles dans la banlieue parisienne, dont il montre l'affairisme et l'idéalisme hypocrite, ainsi que le démantèlement des bidonvilles et l'absurdité de vie dans les grands ensembles, dans un contexte de montée de la société de consommation.

Sommaire

SynopsisModifier

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

La participation de Françoise Choay, historienne et philosophe critique de l'urbanisme, professeur à l'Université de Vincennes, est à noter et donne une indication sur la tonalité critique du film.

Musique du filmModifier

Deux chansons de Claude Nougaro, écrites spécialement pour ce film, contribuent à son atmosphère: Sa Maison et La Décharge.

RéceptionModifier

Sorti en 1976, quelques années après son tournage sur le chantier de la construction de la ville de Créteil, le film a partagé la critique. Si la critique de l'affairisme et de la spéculation immobilière est bien reçue, notamment dans la presse de gauche, le caractère hybride du film entre documentaire et fiction, ainsi que son interprétation mêlant habitants jouant leur rôle et acteurs connus, ne convainquent pas certains critiques. Les extraits suivants, compilés par la Cinémathèque française[3], illustrent cette réception à deux facettes :

« un anarchisme aimable et vengeur, parfois irritant, comme on le pratique volontiers à Saint-Germain-des-Prés. »

— Michel Mohrt, Le Figaro, .

« un film assez mal fichu mais intéressant (…) parce qu’il nous montre, avec un humour corrosif, quelques messieurs de la promotion dans l’indélicat exercice de leurs combinaisons. »

— France Soir, .

« un pamphlet énergique sur l'urbanisme moderne, énergique et quelque peu simplificateur probablement (…). Un bon film, émouvant, sensible par moments, et qui dit (…) beaucoup de choses justes, montre beaucoup de choses vraies. »

— Albert Cervoni, L'Humanité, .

« Jacques Baratier a l’audace de nous raconter que nous sommes manipulés par des quarterons d’escrocs redoutables, l’architecte, le promoteur, le député-maire, le sociologue… »

— Jacques Doyon, Libération, .

« Le procès de l’immobilier, que l’auteur esquisse par les caricatures (…), exigeait une contrepartie positive. Il nous la propose dans l’évocation nostalgique d’un monde de jeunes ferrailleurs en blouson, casseurs de voitures, chevaliers du chalumeau (…). À ce béton niveleur (de la pleine et des consciences), Baratier ne sait opposer que l’attendrissement sur la fin des individualistes, des purs »

— Jean-Pierre Nicolas, Le Monde diplomatique, .

« un film fait de bric et de broc, dans l’inspiration du désordre cher à Baratier (…). Le résultat est sympathique, la générosité du propos nous touche mais le film sur les cités-cauchemars de Créteil et d'ailleurs reste à faire. »

— Michel Perez, Les Nouvelles littéraires, .

« La Ville bidon n’est pas un film à thèse, c’est un grand divertissement lyrique avec jeux de cirque, une comédie de notre temps ou le souffle est porté par d’admirables acteurs, Bernadette Lafont, Dubillard, Daniel Duval. »

— Georges Walter, Pariscope, .

« un petit film fauché, sympathique, mais notoirement insuffisant (…). La Ville-bidon (…) hésite constamment entre les vertus du reportage et les charmes de la fiction, sans réellement choisir une voie. »

— H. D., Politique hebdo, .

« Mais qu’est-ce que la contre-culture demandent souvent nos bourgeois aux sociologues (…) ? À voir La Ville bidon de Jacques Baratier, on comprend enfin que la contre-culture n’est ni plus ni moins qu’une autre manière de vivre, de penser, et de s’exprimer que celles qu’on nous impose. »

— Henry Chapier, Le Quotidien de Paris, .

« des ruptures de ton qui dispersent parfois l’intérêt. »

— Le Canard enchaîné, .

« Il me paraît grave que La Ville bidon soit un film lui-même… bidon, [Jacques Baratier] se contente d’effleurer les vrais problèmes, au profit d’un attendrissement suspect sur des gens qui sont (…) des profiteurs, non des victimes. »

— Jean Rochereau, La Croix, .

« l'auteur se contente d’effleurer ces sujets (…). Quand il prend le parti des loulous, il semble vouloir affirmer qu’un bon terrain vague vaut mieux qu’une vilaine HLM Ce qui est pousser un peu loin le goût du paradoxe et de la vie au grand air. »

— Jean de Baroncelli, Le Monde, .

« On pourrait croire qu’au nom de la liberté, l’auteur réclame [des] décharges publiques (…) contre la construction de HLM (…). Ce n’est certainement pas le cas et ses intentions sont pures mais ses discours obscurs et son film bien confus. »

— Jean-Louis Tallenay, Télérama, .

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier