Ouvrir le menu principal

Ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Darsac

ligne de chemin de fer française

Ligne de
Saint-Germain-des-Fossés à Darsac
Image illustrative de l’article Ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Darsac
Un TER tracté par une BB 67400 en réversibilité près de Saint-Germain-des-Fossés
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Saint-Germain-des-Fossés, Vichy, Ambert, La Chaise-Dieu, Darsac
Historique
Mise en service 1881 – 1902
Concessionnaires Syndicat du Bourbonnais (1855 – 1857)
PLM (1857 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 785 000
Longueur 160 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 25 kV – 50 Hz
entre Saint-Germain-des-Fossés et Vichy
Pente maximale 30 
Nombre de voies 2 (Saint-Germain – Vichy)
1 (Vichy – Darsac)
Signalisation BAL de Saint-Germain à Vichy
Trafic
Propriétaire SNCF, Syndicat ferroviaire du Livradois Forez (entre Pont-de-Dore et Darsac)
Exploitant(s) SNCF, AGRIVAP
Trafic Intercités, TER, Fret

La ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Darsac est une ligne ferroviaire qui permet de relier la gare de Saint-Germain-des-Fossés au massif du Forez, aux monts du Livradois et au Velay via Vichy. Partiellement abandonnée aujourd'hui, sa partie nord reste très active puisque parcourue par les trains qui assurent la relation Paris - Clermont-Ferrand.

Elle constitue la ligne 785 000[1] du réseau ferré national.

HistoriqueModifier

Les 2 février et 6 avril 1855, les compagnies des chemins de fer de Paris à Orléans, de Paris à Lyon, et du Grand-Central signent avec le ministre des Travaux publics une convention portant création d'une société en commandite, connue sous le nom de « Syndicat du Bourbonnais. » La convention attribue aussi à la société la concession d'un chemin de fer « de Paris à Lyon par Corbeil et Moret, Nevers, Roanne et Saint-Étienne, d'un côté, Tarare de l'autre », ainsi qu'un « embranchement de Saint-Germain-des-Fossés à Vichy. » Cette convention est approuvée par décret impérial le 7 avril 1855[2]. Mais la Compagnie du chemin de fer Grand-Central de France est victime d'une déconfiture financière et est démantelé en 1857. Cela provoque la disparition de la société commune qui est démembrée au profit de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans et de la constitution de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Cette dernière compagnie récupère notamment la concession de la ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Vichy lors de sa création par la convention signée le 11 avril 1857 entre le ministre des Travaux publics et les Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée. Cette convention est approuvée par décret le 19 juin 1857[3].

Les sections de lignes « de Vichy à Thiers » et de « Thiers à Ambert » sont concédées à titre éventuel à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le 18 juillet 1868. Cette convention est approuvée par un décret le 28 avril 1869[4]. Elles sont déclarées d'utilité publique et concédées à titre définitif par une loi le 23 mars 1874[5].

La loi du 17 juillet 1879 portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en no 146 une ligne « d'Ambert à la ligne du Puy à Saint-Georges-d'Aurac[6] ».

La section d'Ambert à Darsac est déclarée d'utilité publique par une loi le 6 août 1881[7]. Elle est concédée à titre définitif à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une loi le 2 août 1886[8].

OuvertureModifier

La ligne est mise en service par sections : de Saint-Germain-des-Fossés à Vichy le 8 mai 1862, de Vichy à Courty le 10 novembre 1881, de Courty à Pont-de-Dore le 15 mai 1872 (mise en service de la ligne de Clermont-Ferrand à Thiers en tronc commun sur cette section), de Pont-de-Dore à Giroux le 9 juin 1883, de Giroux à Ambert le 5 mai 1885, d’Ambert à Arlanc le 9 juin 1893 et l’ouverture complète de la ligne a lieu avec la mise en service du tronçon d’Arlanc à Darsac le 15 septembre 1902.

Fermeture au service des voyageursModifier

Les sections de Vichy à Courty et d’Arlanc à Darsac sont fermées le 26 novembre 1971, la section de Pont-de-Dore à Arlanc le 28 septembre 1980.

Fermetures au service des marchandisesModifier

Les sections de Puy-Guillaume à Courty et d'Arlanc à Saint-Sauveur-la-Sagne sont fermées le 26 mai 1974, de Saint-Sauveur-la-Sagne à Sembadel le 1er juin 1987, de Courpière à Arlanc le 5 février 1988 et de Sembadel à Darsac le 30 septembre 1992.

DéclassementModifier

Le déclassement a lieu[9] le 18 septembre 1992 pour les sections, de Puy-Guillaume à Courty (PK 386,400 à 397,800), et d’Arlanc à Sembadel (PK 467,580 à 493,960). La section de Pont-de-Dore à Arlanc a été déclassée le 28 août 2008. Celle entre Le-Lac-de-Malaguet et Darsac l’a été le 1er janvier 2009.

CaractéristiquesModifier

Tracé et profilModifier

À Saint-Germain-des-Fossés, la ligne se sépare de la ligne de Moret - Veneux-les-Sablons à Lyon-Perrache, plusieurs mètres après, elle rejoint le raccordement qu'empruntent les trains de la relation Lyon – Clermont-Ferrand.

C'est de cette ligne que débute la ligne de Nîmes permettant de rejoindre Clermont-Ferrand par Gannat ; elle n'est pas électrifiée et son trafic est moindre, même si aucun train de voyageurs ne circule en service normal.

Le tracé est assez sinueux et comprend de nombreuses courbes dont le rayon reste supérieur à 476 m jusqu’à Vichy et s’abaisse jusqu’à 250 m au-delà.

Le profil est médiocre. Les déclivités ne dépassent pas 10  jusqu’à Vichy, mais au-delà, elles atteignent 25  sur de grandes longueurs et même accidentellement 30 .

Ce tracé peu favorable a pour conséquences des vitesses limitées qui ne dépassent jamais 85 km/h au-delà de Vichy avec quelques zones à 55 km/h.

InfrastructureModifier

 
Sortie nord de la gare de Vichy
 
Rénovation des voies de la gare de Vichy (29 août 2012)

Cette ligne est à double voie de Saint-Germain-des-Fossés à Vichy et à voie unique de Vichy à Darsac.

L'adoption de courbes de faible rayon et de déclivités importantes a limité l'ampleur des ouvrages d'art dont le nombre reste important (voir schéma). Les tunnels sont relativement courts. Le plus long, celui des Graves, peu avant Giroux, ne fait que 313 m de longueur. Les viaducs sont généralement en pierre de taille avec des arches de 6 à 14 m d’ouverture.

La section entre Saint-Germain-des-Fossés et Vichy a été électrifiée en courant 25 kV 50 Hz au titre du projet de Moret à Clermont-Ferrand avec mise en service le 8 mars 1990.

Modernisation de la ligneModifier

Un renouvellement des rails, dont certains datent de 1907, a été opéré entre février et mai 2012 pour améliorer la desserte de la verrerie de Puy-Guillaume, au sud de Saint-Yorre. Ces travaux ont coûté 4,5 millions d'euros dans le cadre du Plan rail Auvergne. La portion de voie la plus endommagée était située dans le département du Puy-de-Dôme. Sur cette portion, 700 tonnes de marchandises transitent entre Vichy et Puy-Guillaume[10].

Un autre renouvellement voie ballast a été opéré en août 2012 en gare de Vichy, sur les quatre voies où s'arrêtent les trains de voyageurs (A, B, C et D).

Passages à niveauModifier

Entre Saint-Germain-des-Fossés et Vichy, il ne subsiste plus que trois passages à niveau (PN) en service : les PN nos 1 et 2BIS, à Saint-Germain-des-Fossés, coupant chacun un chemin communal, et le PN 7 coupant la route départementale 27 à Creuzier-le-Vieux.

Jusque dans les années 1920, il existait un PN no 8 au nord de la gare de Vichy. Il a été supprimé et le passage de Vichy à Cusset a été remplacé par un pont-rail en 1928, pour être haussé en 1988 dans le cadre de l'électrification[11].

En gare de Vichy, deux passerelles ont été construites : l'une de l'avenue des Célestins au boulevard de l'Hôpital, l'autre, dite « de l'Hôpital », de l'extrémité sud de la gare routière au boulevard de l'Hôpital, au droit du centre hospitalier, celui-ci remplaçant l'ancien passage à niveau no 9[12].

Vitesses limitesModifier

Vitesses limites de la ligne en 2012 pour les trains V 160 ou V 200 et en sens impair (certaines catégories de trains, comme les automotrices de banlieue ou les trains de marchandises, possèdent des limites plus faibles) :

De (PK) À (PK) Limite (km/h)
Saint-Germain-des-Fossés Bifurcation de Vichy 160
Bifurcation de Vichy Vichy BV 110

SuperstructureModifier

 
Gare de Saint-Yorre

Les gares sont de type PLM et comportaient à l’origine, sur la partie à voie unique, presque toutes des évitements dont la longueur variait de 325 à 740 m.

ExploitationModifier

Entre Saint-Germain-des-Fossés et Vichy, circulent sur cette section de ligne :

Entre Vichy et Puy-Guillaume, seuls des trains de marchandises circulent (en 2002, 113 200 tonnes de produits expédiés à Puy-Guillaume et 37 900 à Saint-Yorre[13]).

Depuis 1987, la section entre Pont-de-Dore et Arlanc est exploitée à la fois pour le transport des marchandises et les trains touristiques par l'AGRIVAP. Après déclassement officiel de la ligne entre Arlanc et Sembadel, ce tronçon est racheté par un syndicat intercommunal, qui après remise en état de la voie et des ouvrages d'art, en confie l'exploitation (uniquement touristique à ce jour), à l'AGRIVAP[14].

Notes et référencesModifier

  1. Bulletin Officiel de RFF no 28 de novembre 2008 p. 32.
  2. « N° 3272 - Décret impérial qui approuve la convention passée, les 2 février et 6 avril 1855, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et les trois compagnies du chemin de fer de Paris à Orléans, de Paris à Lyon et du Grand-Central de France : 7 avril 1855 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 7, no 354,‎ , p. 49 - 76 (lire en ligne).
  3. « N° 4797 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 11 avril 1857, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et les compagnies des chemins de fer de Paris à Lyon, et de Lyon à la Méditerranée : 19 juin 1857 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie impériale, série XI, vol. 10, no 522,‎ , p. 275 - 327.
  4. « No 16808 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 18 juillet 1868, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 28 avril 1869 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 33, no 1699,‎ , p. 364 - 373.
  5. « No 3112 - Loi relative à la déclaration d'utilité publique et à la concession définitive de plusieurs chemins de fer concédés à titre éventuel, et à l'adjudication de plusieurs chemins classés et non concédés : 23 mars 1874 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 8, no 205,‎ , p. 801 - 823 (lire en ligne).
  6. « No 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ , p. 6 - 12 (lire en ligne).
  7. « N° 11052 — Loi qui déclare d'utilité publique l'établissement d'un chemin de fer d'Ambert à Darsac : 6 août 1881 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 23, no 656,‎ , p. 597 - 598 (lire en ligne).
  8. « No 17490 — Loi qui concède diverses lignes de Chemins de fer à la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 2 août 1886 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 33, no 1036,‎ , p. 633 - 634 (lire en ligne).
  9. Journal Officiel de la république française du 26 septembre 1992, p. 13380
  10. Laurent Bernard, « La ligne Puy-Guillaume/Vichy rénovée », La Montagne,‎ , p. 21 (édition de Vichy)
  11. Alain Carteret, Histoire de Vichy
  12. Passerelle de l'Hôpital sur Massif Central Ferroviaire
  13. L'activité Fret des principales gares auvergnates en 2002
  14. Site de AGRIVAP

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • « De Saint-Germain-des-Fossés à Darsac », La Vie du Rail, no 402,‎
  • Pierre Gouttefangeas et Pierre Simonet, Histoire du Rail en Livradois-Forez, La Régordane, , 128 p. (ISBN 978-2-906984-18-9)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • Photos de la ligne sur Massif Central Ferroviaire (section entre Saint-Germain-des-Fossés et Vichy)
  • Photos de la ligne sur Massif Central Ferroviaire (section entre Vichy et Darsac)