Ligne Orbe – Chavornay

ligne de chemin de fer suisse

Ligne secondaire à voie normale
Orbe – Chavornay
Ligne de Orbe à Chavornay
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Carte de la ligne
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Automotrice Be 2/2 14 sur la plaine de l'Orbe
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Villes desservies Orbe, Chavornay
Historique
Mise en service 1894
Électrification 1894
Caractéristiques techniques
Longueur 3,898 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 750 V continu
Pente maximale 30 
Nombre de voies Voie unique
Signalisation lumineuse
Trafic
Propriétaire UO (1894-1992)
OC (1993-2006)
Travys (depuis 2007)
Exploitant(s) OC (1894-2002)
Travys (depuis 2002)
Trafic Marchandises, voyageurs

La ligne Orbe – Chavornay (OC) est une ligne de chemin de fer longue de 3,9 km, à voie unique à écartement normal, reliant la gare d'Orbe à Chavornay (Suisse). Elle possède la particularité d'être la première ligne de train à voie normale à être électrifiée en Suisse.

HistoireModifier

DébutsModifier

En 1855, la ligne MorgesYverdon-les-Bains passe à 3 km d'Orbe. En 1870, la ligne DaillensVallorbe passe aussi à 3 km d'Orbe. La volonté de relier la ville d'Orbe au grand réseau ferroviaire fait son idée et le 7 décembre 1888 un comité d'initiative se forme pour créer une société exploitant une ligne de chemin de fer reliant Orbe à Chavornay. Le , l'octroi d'une concession pour exploiter le tronçon Orbe – Chavornay est délivré et la société anonyme des usines de l'Orbe, qui exploitera la ligne, est fondée le 26 avril 1891[1]. Les travaux débutent alors le et le la ligne est mise en service[2]. Il s'agit alors de la 1re ligne de train à voie normale à être électrifiée en Suisse.

ConstructionModifier

Le projet de construction est confié par la société des usines de l'Orbe à l'ingénieur Louis Deluz, qui assure à lui seul l'intégralité du projet qui consiste aussi bien en l'établissement d'une ligne de chemin de fer que de centrales hydroélectriques pour alimenter en électricité la ville et la ligne. En effet, il a été décidé que la ligne serait, dès son début, entièrement électrifiée afin de réduire les coûts d'exploitations par rapport à l'usage de locomotives à vapeur[3].

La troisième révision du projet de Louis Deluz est approuvée le 27 janvier 1891 et une fois le capital de la société entièrement souscrit le 1er juin 1891, les travaux peuvent débuter[4]. Au cours de l'année 1892, les différents mandats sont attribués. Les retenues et barrages sont attribués à Ulysse Perrin pour un montant de 58 025,00 CHF. Les installations hydrauliques, comprenant deux turbines dont une Kaplan[5] vont à l'entreprise de Jakob Rieter pour 28 820,00 CHF. Les génératrices ainsi que la caténaire sont confiées à la compagnie industrielle électrique de Genève pour 59 630,00 CHF. Les tabliers métalliques des cinq ponts de la ligne sont attribués à Louis Fatio pour 19 131,60 CHF alors que les ouvrages d'art, la maçonnerie et les travaux terrassements vont à Mm. Chatelet et Meunier pour 74 465,50 CHF. Les voies ferrées sont fournies par Fritz Marti pour 72 806,00 CHF et sont posées par Francis Imhof qui fournit aussi le ballast, le tout pour 23 765,00 CHF. La société industrielle de Neuhausen, quant à elle, fournit deux voitures et un fourgon à usage général pour 18 895,00 CHF. La construction de la gare d'Orbe est attribué à plusieurs entreprises locales pour 16 279,91 CHF[4].

Les travaux se terminent en 1894, et après avoir reçu le 16 avril 1894 de Berne une autorisation de circuler sur la ligne, le lendemain la ligne est mise en service, sans inauguration. En tous les travaux de construction des usines électriques et de la ligne auront coûté 791 952,54 CHF répartis de la sorte[6] :

Objet Coût en francs
Achat des terrains 44 306,60
Terrassements, maçonnerie 137 489,57
Ponts en métal 40 371,05
Voie ferrée 115 689,90
Bâtiments (sauf ceux des turbines) 22 746,65
Installations électriques 113 416,30
Matériel roulant 27 331,55
Toutes les installations hydroélectriques 127 957,31

Travaux et réfectionsModifier

En 1994, un abri pour les voyageurs est construit à la gare de Chavornay ainsi qu'un local à la gare des Granges dans le but d'abriter les futures installations de sécurité. Deux ans plus tard, en 1996, le quai servant au chargement et déchargement de marchandises en gare d'Orbe est démoli afin de permettre une meilleure qualité de service avec les réseaux de bus. À cela s'ajoute, en 1997, la construction d'une aubette sur la façade nord de la gare pour les voyageurs prenant les bus[7].

En 1998, une partie des installations de sécurité de la ligne est mise en service[7].

En 2002, un nouveau raccordement à l'usine Nespresso de Nestlé est mis en service[8].

En 2003, le pont en métal des Théleyres situé dans la grande courbe entre la halte de Saint-Éloi et la gare des Granges est remplacé par un pont en béton afin de permettre un élargissement de la route cantonale menant à Orny[8].

Concernant les installations pour le trafic marchandises, les voies menant au PESA I sont refaites en 2004 et durant la même année, la compagnie construit les embranchements au PESA II ainsi qu'au TERCO. Aussi, le 15 avril 2005, le raccordement au TERCO est officiellement inauguré en présence du conseiller fédéral Moritz Leuenberger[8].

De 2007 à 2009, le dépôt-atelier d'Orbe est rénové et agrandi[8].

Connexion au réseau CFFModifier

À la fin des années 2000 est formulée pour la première fois une possibilité de faire arriver la ligne Orbe – Chavornay directement sur la voie 1 de la gare de Chavornay afin de désengorger la voie traversant la rue de l'industrie qui subit beaucoup de mouvements aussi bien ferroviaires que routiers. De plus, le passage à niveau non gardé est fréquemment le théâtre d'accidents et il est prévu de le supprimer[8]. Ce projet n'est finalement pas réalisé et le passage à niveau est doté de barrières et signaux avertisseurs. Son inauguration a lieu le 8 février 2012[9]. Néanmoins, dans le cadre du projet suisse de financement et aménagement de l'infrastructure ferroviaire, il est prévu de procéder à ces modifications pour permettre des liaisons directes entre la gare de Lausanne et celle d'Orbe. Il faut néanmoins ré-électrifier la ligne en courant alternatif sous une tension monophasée de 15 kV à 16,7 Hz[10],[11].

En 2014, la ligne transporte une moyenne de 1 200 voyageurs quotidiennement et 400 000 t de marchandises[12].

La fête des 125 ansModifier

Le dimanche 8 Septembre 2019, une grande fête à lieu à la gare d' Orbe commémorent les 125 ans le la ligne.

CaractéristiquesModifier

Longue de 3 898 m, avec une déclivité maximale de 30 , la ligne, à voie normale, comporte en plus 2 227 m de voies secondaires de manœuvre ainsi que 5 133 m de voies de raccordement industrielles privées. La ligne comporte 5 ponts pour une longueur totale de 86 m dont le plus long mesure 36,8 m. Elle est alimentée depuis son origine en courant continu sous une tension de 600 V à l'origine qui a, par la suite, été élevée à 750 V[13].

ParcoursModifier

La ligne part de la gare d'Orbe située à 470 m d'altitude. De là, elle suit un parcours de 450 m en légère pente jusqu'à la halte de Saint-Éloi, qui se trouve, elle, à 461,2 m d'altitude. La ligne emprunte un court tunnel de 9 m[14] qui passe sous le Grand Pont avant d'enjamber l'Orbe sur un pont de 36,8 m de long, le plus long de la ligne[15],[10]. De là, la ligne traverse la route de Saint-Éloi puis entame une grande courbe en pente de 30 ‰ qui la mène 1 km plus loin jusqu'à la gare Les Granges (Orbe) située à 445 m d'altitude[14]. Au milieu de cette courbe, la ligne passe sur un pont long de 8 m au-dessus de la route cantonale. De la gare des Granges partent plusieurs embranchements dont celui de la fabrique Nestlé. La ligne quant à elle, poursuit presque à plat son trajet dans le fonds de la plaine de l'Orbe avec une rampe maximale de 5 ‰[14]. Après avoir quitté Orbe, la ligne passe successivement sur trois ponts enjambant respectivement le Nozon, le Talent et le canal d'Entreroches. Les longueurs sont de 11 m, 21 m et 7 m. La ligne passe devant le TERCO et PESA et traverse la rue de l'Industrie un passage à niveau gardé qui n'a été inauguré que le 8 février 2012[9] avant d'arriver à la gare de Chavornay où l'électrification de la ligne s'achève mais la voie est connectée à la ligne CFF du Pied-du-Jura.

Galerie de photosModifier

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Notes et référencesModifier

  1. G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 7
  2. Michel Dehanne, Chemins de fer privés vaudois 1873 - 2000, p. 333
  3. G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 9
  4. a et b G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 11
  5. G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 27
  6. G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 13
  7. a et b Michel Dehanne, Chemins de fer privés vaudois 1873 - 2000, p. 336
  8. a b c d et e Jean-Louix Rochaix, Chemins de fer privés vaudois 2000 - 2009 : 10 ans de modernisation, p. 232
  9. a et b « Le passage à niveau, à l'avenir, sans risque », L'omnibus,‎ (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2014)
  10. a et b Pierre Bazin, « Orbe-Chavornay : Mini-ligne pour gros trafic », Connaissance du Rail, nos 374-375,‎ , p. 46-49 (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2014)
  11. Benoît Gaillard, « Les trains régionaux ne seront pas en reste », 24 heures (supplément du 9 janvier 2014),‎ , p. 12
  12. Daniel Reymond, « Desserte et projet ferroviaires : modernisation Orbe-Chavornay » [PDF], pôle de développement orbe-chavornay, sur adeoc.ch, (consulté le 24 août 2015), p. 31
  13. [Caractéristiques de la ligne sur le site de la société Travys (page consultée le 28 mars 2011)]
  14. a b et c Hans G. Wägli, CH+: Le rail suisse en profil, p. 32
  15. G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay, p. 23

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • G.-A. Milloud, OC 100 ans : Usines de l'Orbe + Chemin de fer Orbe-Chavornay : 1894-1994 : Ensemble vers l'avenir, Orbe, Société du Chemin de fer Orbe-Chavornay, , 32 p.  
  • Michel Dehanne, Michel Grandguillaume, Gérald Hadorn, Sébastien Jarne, Anette Rochaix et Jean-Louis Rochaix, Chemins de fer privés vaudois 1873 - 2000, Belmont, La Raillère (anciennement BVA), (ISBN 978-2-88125-011-8)  
  • Jean-Louis Rochaix, Sébastien Jarne, Gérald Hadorn, Michel Grandguillaume, Michel Dehanne et Anette Rochaix, Chemins de fer privés vaudois 2000 - 2009 : 10 ans de modernisation, Belmont, La Raillère, (ISBN 978-2-88125-012-5)  
  • (de + fr) Hans G. Wägli, CH+ : Bahnprofil Schweiz (Le rail suisse en profil), Zurich, AS Verlag & Buchkonzept, , 2e éd., 206 p.  

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

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