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Le Pègue

commune française du département de la Drôme

Le Pègue
Le Pègue
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Grignan
Intercommunalité Communauté de communes Enclave des Papes-Pays de Grignan
Maire
Mandat
Lucien Andéol
2014-2020
Code postal 26770
Code commune 26226
Démographie
Gentilé Le Pèguois, Le Pèguoises
Population
municipale
362 hab. (2016 en diminution de 8,59 % par rapport à 2011)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 25′ 49″ nord, 5° 03′ 02″ est
Altitude Min. 348 m
Max. 1 323 m
Superficie 11,12 km2
Localisation

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Le Pègue

Le Pègue est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Pèguois et les Pèguoises.

Le village est connu pour son Oppidum Saint-Marcel qui dévoile une occupation importante au Première Âge du Fer (Civilisation de Hallstatt). La découverte notamment de céramiques "peintes à pâte claire" aussi appelées Céramique pseudo-ionienne fait la célébrité du Pègue.

On retrouve également une occupation sur l'oppidum au Second Âge du Fer (Civilisation de la Tène) avec notamment les restes d'un mur d'enceinte.

Sous le village actuel on retrouve les vestiges d'une cité romaine importante. Le Pègue certainement nommé Altonum à cette époque aurait été le chef-lieu du Pagus Aletanus.

Enfin, le village actuel nous laisse encore percevoir le castrum à donjon circulaire édifié au Moyen Âge.

GéographieModifier

LocalisationModifier

  • Situé à 399 mètre d'altitude, Le Pègue est bâti au pied de la Lance, montagne ayant 1 340 mètres d’élévation, non loin de la route de Montélimar à Nyons. Le Pègue est situé à 12 km au nord-ouest de Nyons (sous préfecture), à 8 km au nord-est de Valréas (Vaucluse) et à 14 km à l'est de Grignan (chef-lieu du canton).
  • En plus du village, la commune comporte deux hameaux : le Célas et les Rabassières.
  • La commune est proche du parc naturel régional des Baronnies provençales.

HydrographieModifier

La commune est traversée par le Donjon[1], le ruisseau le Pègue[2], le Ruisseau de Saint-Martin et le Ruisseau des Jaillets.

Communes limitrophesModifier

Les communes les plus proches sont Rousset-les-Vignes, Montbrison-sur-Lez et Saint-Pantaléon-les-Vignes.

Le climatModifier

Le climat du Pègue est méditerranéen à influence semi-continentale. Il est marqué par un important ensoleillement, d'environ 2500 heures par an, avec de belles journées ensoleillées hivernales, par des précipitations assez abondantes et réparties surtout au printemps et à l'automne. Il y a deux saisons sèches: l'hiver et l'été. Le mistral souffle assez fréquemment, parfois fort. Il augmente beaucoup la sensation de froid ressenti en hiver. Le brouillard y est exceptionnel. Le nombre de jours de gel annuel est assez limité et en général faible, mais des gelées exceptionnellement fortes peuvent survenir.


HistoireModifier

Il est attesté au Pègue 6000 ans d'occupation humaine. Bien évidemment on retrouve les traces d'une population indigène mais aussi celle des celtes, des grecs et des romains.

 
Œnochoé de type ancien à inscription grecque.

NéolithiqueModifier

Le Néolithique est marqué par les débuts de la sédentarisation, de l'élevage et de la culture des céréales.

Au Pègue, sur la colline Saint-Marcel et dans la plaine, il a été retrouvé de nombreux objets qui confirment la présence humaine à cette période : pierres taillées, pierre polies en forme de haches ou de polissoirs, objets en silex (pointes de flèches, grattoirs, lames de faucilles)...

Les objets retrouvés démontrent les échanges déjà en place à cette époque : meules en basalte, serpentine, cristal de roche...

Des tessons de céramique primitives en colombin attestent également l'occupation d'une population.

L'âge du BronzeModifier

On a retrouvé sur la colline Saint-Marcel les vestiges d'un habitat datant de la fin de l'âge du bronze (XIIIe et VIIe siècle av. J.-C.).

Les objets découverts au Pègue pour cette période sont des bracelets en bronze et des céramiques typiques de la Civilisation des champs d'urnes (ou encore "proto-celte").

Le Premier Âge du Fer (Hallstatt)Modifier

Le Pègue est connu pour son oppidum protohistorique installé sur la colline Saint-Marcel.

En effet vers 530 av. J-C des hommes aménagent trois terrasses sur la colline.

Les découvertes d'objets et de céramique mettent en lumière les liens qu'ont eu les populations indigènes, les celtes et les grecs au même endroit. La voie protohistorique appelée la route de l’étain ainsi qu'une autre voie allant de l'ouest à l'est font d'un Pègue un carrefour pour l'échange entre les différents peuples. Les celtes viennent du nord pour s'y installer. Les grecs qui ont fondée la ville de Marseille (Massalia) en 600 av. J-C remontent vers le nord pour y faire du commerce. Il est supposé que certains s'installeront sur l'oppidum. Grâce aux techniques grecques, il va naître sur l'oppidum une production importante de céramiques "peintes à pâte claire" appelées, céramique pseudo-ionienne.

Les productions d'Œnochoé, de vases à vin, de coupes à lèvre ainsi que les amphores découvertes au Pègue permettent de supposer sur place une consommation de vin entre le milieu du VIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle av. J.-C..

Vers 480 av. J-C, un incendie détruit le village entièrement et pendant une petite centaine d'année il sera inoccupé.

Le Second Âge du Fer (La Tène)Modifier

Autour 400 av. J-C, la colline Saint-Marcel est réoccupée et le village est reconstruit avec autour un mur d'enceinte. La production de céramique diminue cependant les échanges commerciaux reprennent avec le monde grec ainsi qu'avec le monde gaulois.

Vers 125 av. J-C, Rome fini par s'installer militairement dans le sud de la Gaule et l'influence commerciale de Marseille va progressivement baisser.

Les habitants de l'oppidum vont eux aussi partir peu à peu face à la ville romain importante installée sous le village actuel. On retrouve les traces d'habitants sur la colline jusqu'à la moitié du Ier siècle ap. J-C.

L'Époque Gallo-RomaineModifier

Progressivement , l'influence romaine s'installe dans la région et devient dominante d'un point de vue commercial administratif et militaire. Le Pègue certainement nommé Altonum à cette époque aurait été le chef-lieu du Pagus Aletanus. Des fouilles ont révélées une cité importantes avec des voies, des galeries des habitations, des ateliers (verrier), des canalisations et nécropoles.

476 marquera la chute de l'Empire romain.

Moyen ÂgeModifier

À la fin de l'Empire romain, beaucoup de pierres ont été réemployé.

Vers le Xe siècle s'installe un castrum médiéval au sommet de la colline Saint-Marcel.

Au XIIe siècle il est définitivement abandonnée. Il est construit un château au point culminant du village actuel.

Lieux et monumentsModifier

 
Porte de ville du Pègue
 
Château du Pègue

Le Pègue médiévalModifier

De l’époque médiévale, les remparts et les quatre tours, la poterne, le château et une maison à l’intérieur des remparts sont parvenus jusqu’à nous. Trois chapelles romanes ont été conservées : celle du château, devenue la sacristie de l’église, celle du cimetière, très bel exemple d’art roman provençal, et en haut de la colline Saint-Marcel, une chapelle en ruine, dont il subsiste le chœur.

L'église du PègueModifier

 
façade de l'église du Pègue

Dans l’église, construite au XVIIIe siècle, se trouvent :

  • un grand tableau du XVIIe siècle représentant le Christ en croix, Marie, et les deux patrons du village saint Marcel et saint Ménas ;
  • des statues du XVIIe siècle des 12 apôtres, du Christ et de deux anges ;
  • un baptistère creusé dans un chapiteau romain.

L'église peut se visiter en s'adressant au musée.

La chapelle Sainte-Anne du PègueModifier

Elle est dédiée actuellement à sainte Anne et c'est le dernier vestige du couvent. Édifiée sur l’emplacement d’un temple romain, elle occupait, croit-on à peu près le centre d’Alétanum. Les colonnes antiques qui existent dans cette chapelle, les sarcophages et inscriptions lapidaires trouvés sur le territoire du Pègue, la belle mosaïque découverte le par le curé et qu’il fit enfouir dans un jardin, tout s’accorde à nous démontrer que la cité d’Alétanum eut une certaine importance.

Le Musée archéologique du Pègue (Modifier

Il conserve principalement des poteries pseudo-ioniennes, et des pierres de l’époque romaine. La salle d'exposition est baptisée salle Charles Lagrand depuis le , en hommage au fondateur du musée[3].
Musée Archéologique du Pègue

L'Oppidum Saint-MarcelModifier

En allant se promener sur la colline Saint-Marcel on y perçoit encore quelques traces d'un village. Elle a été le lieu de fouille entre 1955 et 1985. Il a été ainsi dévoilé un village datant de 530 avant notre ère (Civilisation de Hallstatt) et également du Second Âge du Fer (La Tène) dont on voit encore la porte du mur d'enceinte.

Au sommet de la colline, se trouve la chapelle Saint-Marcel, dernier vestige du premier castrum (IXe au XIIe siècle). Il y a des Restes visibles de tour et de citerne d'époque médiévale.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Charles Lagrand (1920-2004), archéologue, conservateur de musée et fondateur de celui du Pègue.
  • Jean-Jacques Hatt  (1913-1997) est un archéologue et historien français spécialiste de la religion gauloise, professeur à l'université de Strasbourg, directeur des Antiquités d'Alsace, conservateur du musée archéologique de Strasbourg.
  • Abbé Tourasse (1863-1937), nommé curé du Pègue le 10 octobre 1894[4]. Aimé de tous, il est un érudit, passionné de musique, d'histoire, de musique et de physique. Il aime la médecine, la botanique et cultive des plantes  médicinales, entre autres occupations. Il collectionne les antiquités qu'il ramasse dans les champs. Enfin l'Abbé Tourasse est un photographe qui nous laisse des clichés exceptionnels du village du Pègue au début du XXe siècle.

Politique et administrationModifier

 
mairie du Pègue

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1989 René Bérard SFIO-PS  
1989 2001 Michel Piallat DVG  
2001 2008 Jacques Goujon DVG  
2008 2008 (décès) Roland Bogart DVD  
2008 En cours
(au 22 janvier 2015)
Lucien Andeol[5] DVD Agriculteur

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7].

En 2016, la commune comptait 362 habitants[Note 1], en diminution de 8,59 % par rapport à 2011 (Drôme : +4,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
300308335353339396368380350
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
351360350344326310266273280
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
238237232200188158165157147
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
165198214305369373378391369
2016 - - - - - - - -
362--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

 
école du Pègue

Les élèves du Pègue débutent leur scolarité à l'école publique du village, qui comporte une section maternelle, avec 22 enfants, ainsi qu'une section primaire, pour 12 enfants[10].

HabitatModifier

Habitat perchéModifier

 
Le Pègue, village perché

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[11].

Fernand Benoit souligne leur origine quelquefois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[11].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[12].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). A contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[12].

Maison en hauteurModifier

 
Maisons en hauteur, dites à pontin, les escaliers extérieurs mènent au premier étage habité

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[13].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[14].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[14].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[15]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[14].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[16].

Maison à terreModifier

 
Maison à terre, dite grande bastide ou grange, en Drôme provençale
 
Maison avec son pigeonnier

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[17]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[18].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[18].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[18].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[18].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[19].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[19]. Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé ennoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[18].

CabanonModifier

 
Cabanon en bordure de champ

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui du sédentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[20].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[20].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considérés comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[20].

Personnalités liées à la communeModifier

  • Charles Lagrand (1920-2004), archéologue, conservateur de musée et fondateur de celui du Pègue.
  • Jean-Jacques Hatt  (1913-1997) est un archéologue et historien français spécialiste de la religion gauloise, professeur à l'université de Strasbourg, directeur des Antiquités d'Alsace, conservateur du musée archéologique de Strasbourg.
  • Abbé Tourasse (1863-1937), nommé curé du Pègue le 10 octobre 1894[4]. Aimé de tous, il est un érudit, passionné de musique, d'histoire, de musique et de physique. Il aime la médecine, la botanique et cultive des plantes  médicinales, entre autres occupations. Il collectionne les antiquités qu'il ramasse dans les champs. Enfin l'Abbé Tourasse est un photographe qui nous laisse des clichés exceptionnels du village du Pègue au début du XXe siècle.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Fiche du Donjon sur le site du SANDRE
  2. Fiche ru Ruisseau le Pègue sur le site du SANDRE
  3. Musée du Pègue
  4. a et b « Expo 2014 – Louis Félicien Tourasse – 1863~1937 – », Charlotte Pelloux,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juin 2017)
  5. Le Pègue sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 22 janvier 2015).
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  10. école publique du Pègue
  11. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  12. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  13. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  14. a b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  15. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  16. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  17. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  18. a b c d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  19. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  20. a b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 69.

Liens externesModifier

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