Le Dernier Métro

film français de François Truffaut
Le Dernier Métro
Réalisation François Truffaut
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Carrosse
SEDIF Productions
Société française de production (SFP)
TF1 Films Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
romance
Durée 131 minutes
Sortie 1980


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Dernier Métro est un film français réalisé par François Truffaut sorti en 1980.

Lors de la 6e cérémonie des César, le film remporte un triomphe, obtenant dix César, dont les cinq plus prestigieux, ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario, du meilleur acteur (pour Gérard Depardieu) et de la meilleure actrice (pour Catherine Deneuve).

SynopsisModifier

Depuis que la moitié Nord de la France a été envahie par les nazis, les Parisiens passent leurs soirées dans les salles de spectacles, pour ne pas avoir froid. Marion Steiner ne pense qu'aux répétitions de la pièce qui va être jouée dans son théâtre, le théâtre Montmartre, dont elle assure la direction à la place de son mari juif. Tout le monde pense que Lucas Steiner a fui la France. En réalité, il s'est réfugié dans les sous-sols du théâtre. Chaque soir, Marion lui rend visite et commente avec lui le travail des comédiens, notamment celui du jeune premier de la troupe, Bernard Granger. Très vite, Lucas comprend, simplement en écoutant les répétitions depuis sa cachette, que sa femme est tombée amoureuse de Bernard Granger. Ce dernier, engagé dans la Résistance, sera le seul de la troupe à aider Lucas lors d'une perquisition de la Gestapo. La pièce est un succès mais le théâtre connaît des jours difficiles, du fait de la jalousie d'un critique de théâtre antisémite et hargneux. Alors que la France est libérée par les Alliés, Marion continue sa vie de comédienne, entre son mari, désormais réhabilité et acclamé, et Bernard.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Box-officeModifier

Le film a réalisé plus d'un million d'entrées à Paris[1]. Il réalise 3 384 045 entrées en France, seconde meilleure réalisation de Truffaut au box-office, derrière Les Quatre Cents Coups.

Pays Box-office Nbre de sem. Classement TLT[2] Source
Box-Office Paris 706 667 entrées 10 sem. - [1]

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

Lors de la 6e cérémonie des César en 1981, le film remporta ces récompenses :

Le Dernier Métro fit l'exploit de remporter dix césars dont les cinq césars les plus prestigieux (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur et meilleure actrice). Aucun autre film à ce jour n'a réédité la performance. Néanmoins, le record du nombre de César fut égalé par Cyrano de Bergerac en 1991 et le quintuplé prestigieux des Césars fut égalé par Amour en 2013.

NominationsModifier

Pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle, Andréa Ferréol fut battue par une actrice fétiche de Truffaut : Nathalie Baye.

ProductionModifier

ScénarioModifier

Truffaut écrit le film entre mai et septembre 1979 avec Suzanne Schiffman dans la maison de cette dernière, à Vaison-la-Romaine. Deux semaines avant le tournage de manivelle, découvrant L’Atelier, une pièce de Jean-Claude Grumberg, il demande à celui-ci de réécrire certaines scènes. Touchant au Paris de l'occupation tel qu'il l'a vécu, mais aussi à ses origines juives, qu'il n'a découvertes qu'en 1968, c'est pour Samuel Blumenfeld "l’œuvre la plus secrète et la plus intime du réalisateur"[3].

MusiqueModifier

On entend pendant le film plusieurs chansons des années 1930 et 1940. Entre autres, deux chansons interprétées par Lucienne Delyle, Mon amant de Saint-Jean et la Prière à Zumba, ainsi que Sombreros et Mantilles interprété par Rina Ketty.

TournageModifier

Le film a été tourné du au .

Les scènes de théâtre ont été tournées au théâtre Saint-Georges à Paris[1].

Le tournage a ensuite eu lieu dans une usine désaffectée à Clichy transformée en studio de cinéma pour reconstituer Paris sous l'Occupation[1].

InspirationModifier

Le Dernier Métro s'inspire pour partie de la vie de Margaret Kelly (la danseuse Miss Blubell) et de son mari Marcel Leibovici pendant l'Occupation[réf. nécessaire] et pour partie de la pièce Carola de Jean Renoir[4],[5], parue à L'avant scène en 1976[6] et adaptée à la télévision américaine en 1973 avec Leslie Caron.

Le film comprend également de nombreuses références à l'actualité culturelle française des années 1940. Les arrestations successives, à la Libération, du personnage incarné par Jean Poiret sont très librement inspirées des déboires de Sacha Guitry. La scène où le personnage de Gérard Depardieu s'en prend au critique de Je suis partout est tirée d'un incident qui opposa Jean Marais à Alain Laubreaux[7].

Truffaut se cite aussi lui-même : les paroles d'amour de la pièce de théâtre jouée dans le film par les personnages de Catherine Deneuve et Gérard Depardieu sont tirés de son film La Sirène du Mississipi avec en particulier les expressions « C'est une joie et une souffrance » et «  L'amour fait mal ».

Restauration et repriseModifier

Le film fut restauré en haute définition et projeté au Festival de Cannes 2014 dans la section Cannes Classics avant de ressortir en salle le pour commémorer les 30 ans de la disparition de Truffaut (parallèlement avec l'exposition consacrée au réalisateur à la Cinémathèque française).

Autour du filmModifier

  • Le groupe de musique parisien Le Dernier Métro a décidé de s'appeler ainsi pour rendre hommage à un film « qui les a totalement bouleversés » (Technikart - juin 2014).
  • Une pièce de théâtre, adaptée du film, est créée en 2018 par la compagnie STT, dans une mise en scène de Dorian Rossel. Le projet est notamment soutenu par l'ONDA (Office national de diffusion artistique). La pièce est jouée au Théâtre des Célestins de Lyon, à Annemasse et au Théâtre de Chelles.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Antoine de Baecque, « Pièce à conviction », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 7 mars 2012)
  2. Tous les temps - All Time
  3. « Les secrets du « Dernier Métro », le plus grand succès public de François Truffaut », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  4. Jean Rochefort, les français doivent réapprendre à rêver, Le Figaro, 18 octobre 2013
  5. A Companion to François Truffaut, de Dudley Andrew et Anne Gillain
  6. « Carola | L’avant-scène théâtre », sur www.avantscenetheatre.com (consulté le 2 juin 2020)
  7. « Jean Marais: portrait du prince légendaire », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 août 2017)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier