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Une langue nationale est une langue considérée comme propre à une nation ou un pays, et dont la définition exacte varie selon les pays. Dans certains pays, une langue peut avoir un statut de langue nationale reconnu par le gouvernement ou la loi. La notion se confond parfois avec celle de langue officielle selon les pays.

Sommaire

En AfriqueModifier

En Afrique, la ou les langues officielles sont généralement des langues utilisées par l'administration ou les écrits, alors que la ou les langues nationales sont généralement des langues orales et véhiculaires.

En AlgérieModifier

Le tamazight est une langue nationale, entre 17 % à 25 % de natifs berberophones parlant un des dialectes du tamazight. L'arabe est la langue nationale et officielle.

Le 05 janvier 2016, une révision de la constitution algérienne ajouta l'article 3bis, reconnaissant le tamazight comme langue nationale et officielle.

Au CamerounModifier

Au Cameroun on recense plus de 200 langues, dont le bamoun, le bankon, le banen, l'éton, l'ewondo, le douala, le bassa, le yabassi, le dibom, le mbang, le ntoumou (Vallée du Ntem), le bakweri, le bulu, le peul ou foufouldé, le moundang, le toupouri, le mafa, le kapsiki, le massa, le guizigua, les langues bamiléké composées de plusieurs sous-ensembles comme le feʼefeʼ ou nufi (à Bafang), le ghomala' (à Bafoussam, Baham, Bandjoun, Batié, Bansoa, Bandenkop…), le medumba (à Bangangté), le yemba (à Dschang), le ngombaʼaBamesso), le nguienban (à Mbouda) et bien d'autres. Contrairement à la majorité des pays africains, le Cameroun n'a donc pas de langue régionale dominante ou commune. Cette variété fait également du Cameroun l'un des pays au monde possédant la plus grande diversité linguistique par rapport à la taille de sa population.

En République centrafricaineModifier

La République centrafricaine a une langue nationale : le sango.

En République démocratique du CongoModifier

 
Répartition des langues nationales en République démocratique du Congo

La langue nationale est une langue véhiculaire légalement reconnue dans une partie du pays. Elle n'est généralement utilisée qu'oralement. Pour la communication écrite, le français, qui a le statut de langue officielle, est utilisé.

Il y a quatre langues nationales:

  • Le kikongo (ouest du pays, façade maritime);
  • Le kiswahili (nord-est, est, sud-est du pays);
  • Le lingala (nord-ouest du pays);
  • Le tshiluba (centre du pays).

En République du CongoModifier

En République du Congo a deux langues nationales: le kituba (appellation locale du kikongo) et du lingala.

En ÉrythréeModifier

L'Érythrée a neuf langues nationales : le tigrigna, le tigré, l'arabe, l'afar, le saho, le bilen, le bedja, le kunama et le nara.

En GuinéeModifier

La Guinée a huit langues nationales : le kpellé, le kissi, le bassari, le malinké, le loma, le poular, le soussou et le konianké.

Au KenyaModifier

Le Kenya a une langue nationale : le swahili[1].

Au MaliModifier

Le Mali a treize langues nationales : le bambara, le bobo, le bozo, le dogon, le peul, le soninké, le songhai, le sénoufo-minianka, le tamasheq, le hasanya, le kasonkan, le madenkan et le maninkakan.

Au RwandaModifier

Au Rwanda, le kinyarwanda a seul le statut de langue nationale. Les langues officielles sont le kinyarwanda, le français et l’anglais.

Au SénégalModifier

Le Sénégal a six langues nationales définies dans la constitution de 2001 : le wolof, le sérère, le poular, le mandingue, le soninké et le diola. D’autres langues nationales ont ensuite été codifiées légalement : le balante, le bassari, le bédik, le hassaniya, le manjak, le mankanya, le noon et le safi.

Au TogoModifier

Le Togo a une multitude de langues nationales, dont l'éwé et le kabyé.

En TunisieModifier

La Tunisie ne spécifie dans sa constitution qu'une seule langue, l'arabe, qui est la langue officielle du gouvernement[2]. Toutefois cette langue n'est pas la langue maternelle ou de communication de la population ; en effet, ce rôle revient à l'arabe tunisien qui peut être alors considéré comme la langue nationale du pays[3]. Par ailleurs, bien que n'ayant pas de statut officiel, le français est utilisé extensivement dans l'éducation et le commerce et est maitrisé par 63,6 % de la population[4]. De plus, les minorités berbères de l'île de Djerba, qui constituent un peu moins de 0,5 % de la population, parlent le chelha tunisien en tant que langue maternelle et l'arabe tunisien en tant que seconde langue.

Aux AmériquesModifier

En ArgentineModifier

L'Argentine a une langue nationale : l'espagnol.

En BolivieModifier

La Bolivie a trois langues nationales : l'espagnol, le quechua et l'aymara.

Au BrésilModifier

Le Brésil a une langue nationale: le portugais.

Au ChiliModifier

Le Chili a une langue nationale : l'espagnol.

En HaïtiModifier

Haïti a deux langues nationales : le créole haïtien et le français.

Au MexiqueModifier

Il n'y a pas de langue officielle constitutionnelle de jure au Mexique, mais l'espagnol et toutes les langues indigènes ou autochtones sont considérées comme langues nationales selon la Loi de Droits Linguistiques des Peuples Indigènes. Les langues des peuples indigènes déplacés des États-Unis et de Guatemala sont comprises.

Au ParaguayModifier

Le Paraguay a deux langues nationales : l'espagnol et le guarani.

Au PérouModifier

Le Pérou a trois langues nationales : l'espagnol, le quechua et l'aymara.

En UruguayModifier

L'Uruguay a une langue officielle : l'espagnol.

Au CanadaModifier

Le Canada a deux langues nationales : Le Français et l'Anglais.

En Asie et en OcéanieModifier

En Australie et Nouvelle-ZélandeModifier

L'Australie a une langue nationale : l'anglais.

La Nouvelle-Zélande a deux langues nationales l'anglais et le maori

En ChineModifier

En Chine, le dialecte mandarin de Pékin, nommé «  » en chinois (pinyin: Guóyǔ), traduit par « langue nationale », aussi appelé « chinois standard », a été élevé au rang de langue nationale par le Gouvernement à la suite de la révolution de 1911 afin de renforcer le sentiment d'unité nationale. Différents éléments de vocabulaire d'autres dialectes ou langues chinoises ont été intégrés, soit à la suite d'une politique linguistique, soit naturellement. En 1949, la République populaire de Chine fut mise en place et continua la politique linguistique mais renomma la langue nationale, fondée sur le dialect de Pékin, "" (pinyin: pǔtōnghuà), traduit par « langue ordinaire ». Le terme Guoyu est cependant toujours utilisé à Taïwan.

Voir aussi : Histoire du mandarin standard

Aux FidjiModifier

Aux Fidji, la langue officielle est l'anglais. Néanmoins, le fidjien et le hindi sont reconnus comme langues nationales[5].

En IndonésieModifier

En Indonésie, la langue nationale est le malais depuis au moins le XVe siècle lingua franca de l'ouest de l'archipel. Les colonisateurs hollandais l'utilisaient pour s'adresser aux indigènes. Les nationalistes, réunis en congrès en 1928, l'ont solennellement baptisé indonésien, en intégrant certaines spécificités du néerlandais (vocabulaire technique, orthographe). Depuis l'indépendance, proclamée en 1945, l'indonésien évolue, accompagnant la construction d'une nation indonésienne moderne.

Au LibanModifier

Au Liban, l'arabe est la langue officielle et nationale, selon la constitution de 1990[1]

Aux PhilippinesModifier

Aux Philippines, l'anglais et le filipino sont les langues officielles selon la constitution de 1987. Le filipino, dialecte du tagalog utilisé à Manille, est la langue nationale. Selon la Komisyon sa Wikang Filipino (Commission de la Langue filipine), cette langue est la combinaison de toutes les langues qui existent dans l'archipel.

À SingapourModifier

À Singapour, le malais est la langue nationale et une des langues officielles.

Au VanuatuModifier

L'article 3 de la Constitution du Vanuatu dispose que la langue nationale est le bichelamar. Il dispose également que « Les langues officielles sont le bichelamar, l'anglais et le français. Les langues principales d'éducation sont l'anglais et le français »[6].

En EuropeModifier

En BelgiqueModifier

La Belgique a trois langues à la fois officielles et nationales : le néerlandais, le français et l'allemand. Elle est divisée en quatre régions linguistiques française, néerlandaise, allemande et bilingue de Bruxelles-Capitale (français et néerlandais). Toutefois, la fréquence de l'usage de ces idiomes varie fortement. Ainsi, le néerlandais et le français sont les langues pratiquées presque exclusivement au niveau politique fédéral et régional, dans les médias et par 99 % de la population ; l'allemand n'étant pratiqué que par la minorité linguistique des Cantons de l'Est.

En FranceModifier

En France, la langue nationale est officiellement le français depuis 1992, année durant laquelle la phrase « La langue de la République est le français » a été ajoutée à l'article 2 de la constitution.

En IrlandeModifier

En Irlande, l'irlandais a le statut de langue nationale et, en même temps, celui de langue officielle au côté de l'anglais.

Au LuxembourgModifier

Au Luxembourg, le luxembourgeois est langue nationale depuis 1984. Le multilinguisme est inscrit dans la loi. Le français et l'allemand sont langues officielles à côté du luxembourgeois. Vu le taux élevé de résidents étrangers (plus de 39 % de la population totale du pays), ainsi que le nombre élevé de frontaliers qui viennent travailler au pays, ce multilinguisme se vit continuellement.

À MalteModifier

À Malte, le maltais est la langue nationale. Le maltais et l'anglais sont les langues officielles. Ces statuts sont inscrits dans la constitution de Malte.

En SuisseModifier

En Suisse, l'allemand, le français et l'italien ont le statut constitutionnel de langue nationale depuis la fondation de l'État fédéral en 1848, et le romanche depuis 1938. Le yéniche est reconnu symboliquement en tant que langue nationale sans territoire[7]. Les trois premières langues nationales citées ont en plus le statut de langues officielles. Plus récemment, le romanche a également obtenu un statut semi-officiel, cependant uniquement pour «les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche»[8].

Notes et référencesModifier

  1. art. 7 § 1 de la Constitution du Kenya
  2. « Tunisia Constitution, Article 1 », (consulté le 10 février 2014)
  3. http://www.ethnologue.com/language/aeb
  4. (fr) [PDF]
  5. (en) "Our Country", Ministère fidjien de l'Information
  6. Constitution de la République du Vanuatu
  7. Office fédéral de la culture : Langues et minorités culturelles : Dates importantes - 1997
  8. « Constitution fédérale de la Confédération suisse, Article 70 » (consulté le 18 septembre 2010)