La Postolle

commune française du département de l'Yonne

La Postolle
La Postolle
Le village depuis la route de Voisines
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Intercommunalité Communauté de communes de la Vanne et du Pays d'Othe
Maire
Mandat
Daniel Lapôtre
2020-2026
Code postal 89260
Code commune 89310
Démographie
Population
municipale
143 hab. (2017 en augmentation de 0,7 % par rapport à 2012)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 59″ nord, 3° 26′ 37″ est
Altitude Min. 123 m
Max. 227 m
Superficie 11,59 km2
Élections
Départementales Canton de Brienon-sur-Armançon
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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La Postolle

La Postolle est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Postolliers.

GéographieModifier

Doucement vallonné entre 130 et 200 m d'altitude environ, le finage de la commune se répartit à parts sensiblement égales entre agriculture et forêt. Le village (135 m d'altitude vers l'église) est traversé d'est en ouest par la route départementale 28 (de Villeneuve-l'Archevêque à Pont-sur-Yonne). Le GR 2 (Le Havre-Dijon par Paris) passe également sur la commune dans une même direction mais un peu plus au nord.

L'habitat est concentré dans le village, il n'y a pas de hameau rattaché au village sur la commune. Le sol calcaire a pu fournir autrefois de la chaux et des matériaux de construction, et on trouve encore sur la commune des vestiges d'habitations troglodytes creusées dans la craie.

HydrographieModifier

Situé sur une hauteur séparant les bassins versants de la Vanne et de l'Yonne (par l'Oreuse qui prend sa source sur la commune voisine de Thorigny-sur-Oreuse), le village n'a pas de cours d'eau. Cette position élevée explique historiquement la présence au village d'une mare qui recueille les eaux de pluie pour abreuver le bétail (aujourd'hui asséchée), de puits, et à la fin du XIXe siècle d'une éolienne destinée à pomper l'eau (cf. § "Lieux et monuments" de cette page).

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

HistoireModifier

PréhistoireModifier

Le finage a été riche en sites méthodiquement pillés entre les deux guerres par Nazaire Lajon, clerc de notaire de Villeneuve-l'Archevêque, avant la naissance d'une réglementation sur les fouilles archéologiques (mise en place par l'Etat français). Une propriétaire locale l'y a encouragé. Les produits de la collecte ont été dispersés lors de la vente aux enchères ayant accompagné son décès.

Époque médiévaleModifier

La Postolle a été une annexe de la paroisse de Thorigny jusqu'à la révolution. Au sommet Nord du finage, un château a existé à Vermont, siège d'un fief qui subsistera jusqu'à la fin du XVIIe siècle[1]. Ce château était déjà en ruine vers 1520. On tentera vainement d'essarter les lieux sous François Ier. Vermont pourrait être l'héritage accordé au gendre Jean de Villuis[2] par un chevalier de la famille de Thorigny au XIIIe siècle[3]. Le fief a été par la suite la propriété des de Viezchastel[4], Beuve et Dubois, de Sens. Il sera acquis par la famille Lambert, originaire de Paris, et détentrice de la seigneurie de Thorigny[5]. Deux cadets de cette famille porteront le nom de "Lambert de Vermont". Aucun document médiéval ne cite d'habitants.

Un gros hameauModifier

Un compte de 1502 montre la brusque présence de 22 chefs de famille à La Postolle[6]. Le hameau appartient dans sa totalité à la terre et seigneurie de Thorigny (-sur-Oreuse). Le hameau de Puy-Blanc (ou Piblanc) cité dans la première moitié du XVIe siècle était à la sortie Nord-Est de La Postolle. Le finage est traversé par un grand chemin : celui venant de Pont-sur-Yonne et se rendant aux foires de Troyes par Villeneuve-l'Archevêque. Un moulin à vent voit sa courte existence abrégée par les guerres de Religion. L'importance du hameau lui vaut d'être doté d'une chapelle dédiée à saint Fiacre, le patron des laboureurs, desservie en général par un vicaire payé par le curé de Thorigny. Le seigneur Juvenal de Belleville y fait enterrer son cœur à l'entrée du chœur en 1553. En 1660, le seigneur de Thorigny achète de quoi constituer une grande ferme agricole. Quelques commerçants et artisans se fixent à La Postolle, qui est dans la dépendance du bourg de Thorigny. Chauriers (producteurs de chaux)[7], charbonniers[8] et couvreurs tirent parti des ressources de la forêt de Vauluisant. Les habitants disposent de leurs propres marguilliers et tiennent leurs assemblées, aux beaux jours, sous le tilleul placé à la porte de la chapelle. Ils suivent en cela un usage bien attesté dans les pays de l'Yonne depuis le XIIe siècle, de tenir des réunions en plein air, et à l'abri des frondaisons d'un arbre (souvent un orme). Aucune ordonnance du pouvoir central n'a jamais été relevée dans la documentation en France pour exiger la plantation d'un arbre commémorant l'assassinat d'Henri IV.

Commune indépendanteModifier

Du fait de la Révolution française, l'annexe paroissiale acquiert son indépendance et le statut de commune. Les usages concédés par les seigneurs de Thorigny sont partagés avec la commune de Thorigny.

La Postolle est un village d'environ 150 habitants recensés en 1998. Une éolienne est située au beau milieu du village. C'est une éolienne Bollée du nom de ses créateurs (famille Bollée). Elle a été fabriquée en 1898 (cf. § "Lieux et monuments" ci-après).

ÉconomieModifier

Sous l'Ancien Régime, le hameau de La Postolle vit à titre principal de la céréaliculture (laboureurs et manœuvres) et de l'exploitation forestière (bûcherons, scieurs de long). Un charpentier, un tissier en toile et épisodiquement un cabaretier complètent les services locaux.

Politique et administrationModifier

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Gilbert Chargros    
1947 1959 Paul Favot    
1957 1967 Alidor Wintzinger    
1967 1989 Louis Lerigoleur    
1989 2014 Oksana Onis[9]    
2014 ???? Daniel Lapôtre[10]    
 
Mairie de la Postolle

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12].

En 2017, la commune comptait 143 habitants[Note 1], en augmentation de 0,7 % par rapport à 2012 (Yonne : -1,06 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
280328301303303307306314329
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
342366347310287315298282265
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
250206191147164162178187153
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
162135117109118136154157142
2017 - - - - - - - -
143--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • La Postolle est surtout connue pour son Tilleul, nommé tilleul Rosny, planté pour commémorer l’Édit de Nantes. Il a plus de 400 ans à ce jour. Son tronc est creux.
  • Mobilier et statuaire de l'église :
    • Saint Joseph et saint Fiacre en plâtre de facture début XXe siècle, encadrent un Christ en croix du XVIe siècle, primitivement placé face à l'ancienne chaire.
    • L'ancien autel en bois peint fut remplacé par un autel venant de l'église de Voisines et placé face aux fidèles. Une très rare statue en fruitier creux représente Saint Joseph portant l'Enfant.
    • la poutre de gloire marquant l’entrée du chœur, est parée des armoiries de Juvenal de Belleville encadrée par des engoulevents sculptés affrontés (tête de lion). Elle surplombe une pierre dans le chœur, celle-ci date de 1553 et porte une croix avec cœur en abîme Mediator, Salvator, Doctor, Pastor (effacé) "Ici fut mis le noble cœur de Juvenal de Belleville, escuier, seigneur de Thorigny et L'Apostolle 1553".
    • à l'entrée à droite, l'escalier en bois montant au clocher abritant les deux cloches, à gauche, fonts baptismaux en pierre et plâtre cloisonnés, ornés de feuilles d'acanthe.
    • les vitraux actuels, décolorés, sans relief, font regretter aux plus âgés les verrières précédentes, tel cet "œil de bœuf"-Sacré-Cœur représenté sur une photographie de communion datant de 1904. De nombreuses statues ont disparu au fil des pillages successifs. Récemment, l'abbé Leviste recherchait une statue de saint Fiacre en pierre polychrome du XVIe siècle, et une statue de Saint-Étienne en pierre polychrome figure dans les listes des monuments historiques (classée en 1944)[15].
  • Éolienne Bollée installée en 1898, destinée à l'alimentation du village en eau potable et le remplissage d'un lavoir. Sur ce modèle, l'aéromoteur de ∅ 2,60 m entraîne par un couple conique un arbre de transmission vertical qui tourne dans le mât de 14 m., et qui entraîne à son tour une pompe à eau de surface. Centenaire, elle fut restaurée à deux reprises. Elle est   Classé MH (1976)[16], c'est une des dernières de ce modèle en France (les modèles précédents remontaient l'eau par une chaîne à godets, les suivants étaient supportés par un pylône métallique en place du mât à haubans, cf. page éolienne Bollée).
  • Habitations troglodytes (dans le bois de Mainbœuf à proximité du GR2). Elles étaient encore utilisées à la fin du XIXe siècle.
  • Ancienne carrière de pierre calcaire (dans le bois de la Vallée-Forgeat en rive de la RD 28).

Personnalités liées à la communeModifier

  • Nicolas Lambert de Vermont (1666-1729). Fils et frère du seigneur de Thorigny, il porte le nom du fief qui domine le village. Magistrat au Parlement, il est nommé prévôt des Marchands de Paris, poste qu'il occupe de 1725 à 1729. Célibataire, il récupère par héritage le très célèbre hôtel Lambert de Thorigny à la pointe de l'île Saint-Louis regardant l'Arsenal et la Bastille à Paris. Tuteur de ses neveux, il ne parvient pas à les empêcher de brader leur patrimoine parisien ni leur château de Sucy-en-Brie. Son portrait par Largillierre est aux États-Unis.
  • André Despois[17]. Jardiniers, les parents du peintre se sont mariés à La Postolle. Ils poursuivront en se rendant à Foissy au service du marquis de Bérulles. Le peintre Despois s'est illustré sous le Premier Empire et la Restauration[18].
  • Géraldine Giraud (1968-2004), actrice, est inhumée dans le cimetière.
  • Félicien Lesourd (1878-1934) né à La Postolle dans une famille modeste. Boursier, il devint ingénieur horticole et ingénieur agricole. Il s'intéressa au journalisme agricole. Il fut nommé collaborateur puis rédacteur en chef de la Gazette du village. Il collabora aussi à la Revue Horticole avant de partir à la Grande Guerre. Blessé grièvement au bras, après le conflit, il devint co-rédacteur en chef avec Henry Martinet de la Revue Horticole. Il a écrit des ouvrages variés tels "Le fraisier", "l'escargot", "la grenouille comestible", "les chrysanthèmes "... Inspiré sans doute par le grand tilleul vénérable Rosny (300 ans à l'époque) de son village natal, il se lança dans le premier recensement des plus gros arbres de France. Il ne vit jamais le terme de ses recherches ni leur publication. Il mourut à Paris en 1934 et fut inhumé à La Postolle. Une place du village porte son nom à proximité du Marronnier de la Victoire planté par les enfants en 1920. La Postolle village des arbres de Mémoire.

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Etienne Meunier, « Histoire de Courroy », bulletin des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, no 14,‎ , p. 32 à 60
  2. Etienne Meunier, « La famille de Villuis », cahier généalogique de la Société généalogique de l'Yonne, no 16,‎ , p. 75 à 83
  3. Etienne Meunier, « Chevaliers de Thorigny », Cahiers de la Société généalogique de l'Yonne, no 19,‎ , p. 13 à 19
  4. Etienne Meunier, « La famille de Viezchastel », Cahiers de la Société généalogique de l'Yonne, no 16,‎ , p. 35 à 57
  5. Etienne Meunier, « La famille Lambert de Thorigny, et Thorigny », bulletin de la Société archéologique de Sens, no 6 de la nouvelle série,‎ , p. 102 à 185
  6. Etienne Meunier. Le censier seigneurial de Thorigny (1500-1502). Cahiers généalogiques de la Société généalogique de l'Yonne, tome XXI, 2015, p. 60 à 71.
  7. Etienne Meunier, « Les chauriers du Nord-Est Sénonais », bulletin des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, no 10,‎ , p. 29 à 42
  8. Etienne Meunier, « Le bois en forêt Nord-Est sénonaise (première et seconde partie) », Bulletin des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, no 4 & 5,‎ 1990 & 1991, p. 18 à 44 & 53 à 76
  9. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 31 décembre 2013.
  10. Résultats des élections municipales 2014, [1], consulté le 10 avril 2014.
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  15. Notice no PM89000953, base Palissy, ministère français de la Culture.
  16. Notice no IA89000499, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. Guy Talvat, « Le singulier destin du peintre André Despois », Imprimerie Barré,‎ , p. 1 à 146
  18. Guy Talvat. le peintre André Despois