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Léon Walras

économiste néo-classique français (1834-1910)
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Léon Walras
Walrass.jpg
Biographie
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Clarens
Nom de naissance
Marie Esprit Léon WalrasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Père
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
travaux sur l'équilibre général et la Loi de Walras, le développement du concept d'utilité marginale
Mouvement

Léon Walras, né à Évreux le et mort à Clarens le , est un économiste français.

Il a été considéré par Joseph Schumpeter comme « le plus grand de tous les économistes[1] ».

Walras a décrit l’équilibre général de concurrence pure et parfaite et a cherché à montrer que cet équilibre est optimal. Il a voulu dire par là que l’équilibre de concurrence parfaite permettrait le plein emploi de tous les facteurs de production : toute la population active serait occupée et tous les capitaux seraient utilisés. Il permettrait de satisfaire toutes les demandes solvables. Cette idée a été critiquée par Keynes (les économistes d’influence keynésienne continuant d’ailleurs à s’opposer à cette vision du fonctionnement du marché), ainsi que nombre de libéraux, particulièrement ceux adhérant aux théories de l’école autrichienne. La procédure de « tâtonnement walrasien » vers l’équilibre n’a rien à voir avec ce que l’on entend habituellement par marché : les échanges bilatéraux y sont interdits, toutes les offres et toutes les demandes convergent vers un commissaire-priseur qui affiche les prix : le marché est parfait et fournit des informations justes à l’ensemble des acteurs.

Sommaire

BiographieModifier

 
Théorie mathématique de la richesse sociale, 1883

Formation : simple bachelierModifier

Né en 1834, Léon Walras est le fils d’Auguste Walras, un normalien qui fera une carrière dans l'éducation nationale d'abord comme professeur de philosophie, puis, comme inspecteur d'économie. C'est lui, un économiste amateur qui donnera plus tard à son fils l'envie d'être économiste. [2]. Il étudie au collège de Caen en 1844, puis au lycée de Douai en 1850. Il est diplômé bachelier-ès-lettres en 1851 et bachelier-ès-sciences en 1853 à la suite de quoi, il se présente au concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique. En 1854, il tente une nouvelle fois le concours et échoue à nouveau[2] Il s'inscrit alors en tant qu'élève externe à l'École des Mines de Paris. Il n'arrive pas à réussir les examens qui lui aurait permis de poursuivre sa scolarité dans cette école[3].

En 1856, il se consacre à la littérature et envoie à la Revue des deux mondes, un roman Francis Sauveur qui lui sera retourné et qu'il fera publier à compte d'auteur. En 1858, alors qu'il se promène le long du Gave de Pau, il a une illumination

« mon père m'affirma avec énergie qu'il y avait deux grandes tâches à accomplir pour le XIXe siècle : achever de créer l'histoire et comencer à créer la science sociale. Il ne soupçonnait pas alors combien Renan devait lui donne satisfaction sur le premier point. Le second, qui l'avait préoccupé toute sa vie , le touchait plus sensiblement encore. Il y insistait avec une conviction qu'il fit pssser en moi. Et ce fut alors que, devant la porte d'une campagne appelée "Les Roseaux", je lui promis de laiser la itérature et la critique d'art pour me consacrer entièrement à la continuation de son oeuvre (Autobbiographie, Jaffé, tome 1, p.2)[4] »

Après cette « illumination », Walras se met à écrire des articles dans la La Presse (France) d'Emile de Girardin et Journal des économisteset des livres dans le domaine de l'économie politique. C'est en écrivant L'Économie politique et la Justice, un livre de réfutation des thèses de Proudhon qu'il a sa seconde illusion. Il écrit :

« j'y transcrivis les lois de variation de valeur des capitaux et des services fonciers, personnels et mobiliers dans une société progressive telles que mon père les avait fournies dans sa Théorie de la richesse sociale; mais il m'apparut dès lors que, faite dans le langage ordinaire, la démonstration de ces lois était insuffiante et, que pour la rendre rigoureux, il eût fallu lui donner la forme mathématique (Etudes d'économie appliquée, p.466)[5]. »

1860-1870: Une période de douteModifier

En 1859, il écrit son premier ouvrage économique (réfutation des doctrines de Proudhon).

En 1860, il participe au congrès international de l’impôt réuni à Lausanne. Il répond au concours du canton de Vaud sur la question de l’impôt, en formulant la théorie de l’attribution de la terre et de la rente foncière à l’État. Il reçoit la quatrième récompense.

Il travaille à la Caisse d'Escompte, contribue à plusieurs journaux et développe sa pensée jusqu’en 1868 (rédaction du journal Le Travail, Revue du mouvement coopératif, paru pendant deux ans en 1866-67 et 1867-68).

Université de LausanneModifier

En 1869 et en 1875, la faculté de droit de l’Académie de Lausanne souhaite instituer une chaire d’économie politique. Se souvenant du mémoire de Walras présenté en 1860, elle lui propose de se présenter au concours. Il y répond en manifestant son intention de créer l’école mathématique qui est son objectif depuis 1860.

Il est nommé professeur à la chaire d’économie politique de l’Université de Lausanne et y enseignera de 1870 à 1892.

Le fondateur du marginalismeModifier

Avec William Jevons, Carl Menger, simultanément mais indépendamment d’eux, il crée le concept d’« utilité marginale » au sein de la théorie de la valeur, qui donnera naissance au paradigme du marginalisme.

Au sein de ce qu’il convient d’appeler la « révolution marginaliste », tant les concepts sont novateurs par rapport à la théorie classique, il fonde l’École de Lausanne encore appelée walrassienne en son honneur. On peut distinguer trois écoles issues du marginalisme :

Il a travaillé sur l’équilibre général concurrentiel en micro-économie.

Il fut également un promoteur actif et engagé des différentes formes d’associations populaires (coopératives ouvrières de production, coopératives de crédit, coopératives de consommation). Il se déclara sur le plan politique comme étant socialiste.

Le flambeau de son héritage est toujours allumé avec des économistes néo-walrassiens comme Kenneth Arrow.

Utilité amoraleModifier

Léon Walras donne une définition amorale de l'utilité dans sa troisième leçon des « Éléments d'économie politique pure » :

« Je dis que les choses sont utiles dès qu'elles peuvent servir à un usage quelconque, dès qu'elles répondent à un besoin quelconque et en permettent la satisfaction. Ainsi, il n'y a pas à s'occuper ici des nuances par lesquelles on classe, dans le langage de la conversation courante, l'utilité à côté de l'agréable entre le nécessaire et le superflu. Nécessaire, utile, agréable et superflu, tout cela, pour nous, est plus ou moins utile. Il n'y a pas davantage à tenir compte ici de la moralité ou de l'immoralité du besoin auquel répond la chose utile et qu'elle permet de satisfaire. Qu'une substance soit recherchée par un médecin pour guérir un malade ou par un assassin pour empoisonner sa famille, c'est une question très importante à d'autres points de vue, mais tout à fait indifférente au nôtre. La substance est utile, pour nous, dans les deux cas, et peut l'être plus dans le second que dans le premier ».

NotesModifier

  1. "The greatest of all economists." Schumpeter, History of Economic Analysis, 1954, p. 827.
  2. a et b Dumez 1985, p. 127.
  3. Dumez 1985, p. 128.
  4. Dumez 1985, p. 131.
  5. Dumez 1985, p. 132.

PublicationsModifier

BibliographieModifier

  • Cyrille Rouge-Pullon, Introduction à l'œuvre de Walras, 1996, p. 9-14
  • Olivier Robert, Francesco Panese, Dictionnaire des professeurs de l’Université de Lausanne dès 1890, Lausanne, 2000, p. 1314
  • Antoine Rebeyrol, 1999, La pensée économique de Walras, Dunod.
  • Michio Morishima, L'économie walrasienne: une théorie pure du capital et de la monnaie, éd. Economica, Paris, 1979.
  • Hervé Dumez, L'économiste, la science et le pouvoir : le cas Walras, Paris,

Articles connexesModifier

Liens externesModifier