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Adolphe Landry

homme politique et économiste français
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Adolphe Landry
Adolphe Landry.jpg
Adolphe Landry, député de la Corse (1917).
Fonctions
Sénateur (d)
-
Député de la Corse
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Ministre du Travail (en)
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Président
Académie de marine
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Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts (d)
9 -
Président
Académie de marine
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Ministre de la Marine
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Député de la Corse
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Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Activités
Fratrie
Autres informations
Partis politiques
Parti républicain, radical et radical-socialiste (d)
Alliance démocratique
Parti républicain-socialisteVoir et modifier les données sur Wikidata

Adolphe Landry, né le à Ajaccio et mort le à Paris, est un économiste et homme politique français.Économiste, il avait posé en 1901 le problème du « quantum de capitalisation » nécessaire à une création de richesses conforme à l'intérêt social. Cependant, c'est surtout par son œuvre démographique (il est un des inspirateurs d'Alfred Sauvy et de la théorie de la transition démographique) qu'il est aujourd'hui reconnu. Il fut à la suite de Charles Andler un des tenants du socialisme éthique.

BiographieModifier

Fils de Timothée Landry (1841-1912) et d'Augustine Meuron, dite Lasthénie (1844-1926). Il étudie à l'Normalien. Il passe en 1901 une thèse intitulée L'utilité sociale de la propriété individuelle qu'il dédit à Charles Andler[1]. Il est proche alors du socialisme éthique de ce dernier. Pour eux pour eux, le socialisme est une « adhésion » du coeur et une exigence de la raison, ce n'est pas une nécesité historique[2]. Il est nommé au tout début de 20e siècle professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. A compter des années 1920, il se consacre son activité de chercheur aux études démographiques[3]

Landry mène parallèlement une carrière politique. Il est député (de 1910 à 1932, de 1936 à 1940 et de 1945 à 1946), président du groupe de l'Union républicaine radicale et radicale-socialiste à la Chambre des députés de 1914 à 1919, ou sénateur (en 1930 et de 1946 à 1956) radical de la Corse, maire de Calvi, il défend ardemment les idées natalistes et la cause des familles. Plusieurs fois ministre sous la Troisième République, il généralise les allocations familiales en 1931 et inspire le Code de la famille de 1939.

Œuvre en qualité d'enseignant et de chercheurModifier

En économieModifier

A la suite de sa thèse l'utlité sociale de la propriété individuelle de 1901, il écrit en 1904 L'intérêt du capital son ouvrage majeur [2]. Ces deux ouvrages révélent l'influence de Eugen von Böhm-Bawerk. Il écrit d'ailleurs en 1907 dans la Rivista di Scienza, un article intitué : L'Ecole économique autrichienne. Il utilise l'analyse marginaliste autrichienne dans son Manuel Economique publié en 1908. Pour Landry l'analyse marginaliste ne peut expliquer l'équilibre atteint que dans le cadre de la propriété privée. Selon lui le problème est alors que cet équilibre ne correspond pas forcément à un optimum de bien-être social[2].

Charles Andler regrette « de le voir céder à un économie » qui tend « à réduire le socialisme à la solution à la solution du problème de l'optimum de bien-être matériel »[4].Durant cette période, il cherche à concilier son activité de chercheur et d'homme d'action engagé en politique et participe à un receuil publié en 1907 intitulé Le socialisme à l'oeuvre[5].

En démographieModifier

Selon Bernard Ducros[6]dans Théorie de l'Intérêt, Landry s'est aperçu que l'appropriation privée des moyens de production n'est pas forcément incompatible avec l'intérêt de la société[4]. Aussi, peut-être la difficulté à faire concorder marginalisme et socialisme a-t-il été un des éléments qui l'ont amené à s'intéresser à la démographie. Ducros soutient aussi que dés sa thèse, ses études ont eu un contenu démographique dans la mesure où il s'intéresse déjà à la notion « de produit social entendu comme maximisation du bien-être moyen d'une population variable »[7].

Dés 1909, il publie dans la Revue d'histoire des Doctrines économiques et sociales un article Idées de Quesnay sur la Population où contre Quesnay il soutient les idées de Cantillon selon lesquelles la population est limitée par le volume de subsistance[8]. En 1925, il présente un rapport sur la vie chère à la Conférence parlementaire internationale. Là, il défend deux grandes idéees ; 1) l'inflation résulte d'une offre insuffisante et 2) « la population conditionne le volume de la production et son insufficance explique la stagnation de l'activité économique[8]. »Au Congrès mondial de la population qui se tient à Genève en 1927, « il s'oppose aux thèses néo-malthusiennes de limitation des naissances soutenues par les démographes anglo-saxons »[8]. En 1930 il présente un rapport sur la démographie au Congrès des économistes de langue Française.

En 1934, il publie la Révolution démographique, en 1936, un article sur La dépopulation dans l'Antiquité gréco-romaine et en 1942 un article plus théorique : Le rôle et la place de la démographie pure dans la théorie démographique[9]. Son ouvrage majeur sur la question reste son Traité de Démographie publié en 1945[9].

Vie privéeModifier

En 1897, il épouse Lucie Thuillier (1877-1956) avec qui il aura 3 enfants :

  • Hélène (née en 1898 et décédée en 1962), marié au ministre et avocat César Campinchi, elle deviendra aussi une brillante avocate[10],
  • Letizia (née en 1900),
  • Jean-Paul (né en 1901).

Sa nièce épousa l'académicien Jean Bernard.

Fonctions ministériellesModifier

  • Ministre de la Marine dans les cabinets Millerand I et II et Leygues du au
  • Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et de l'Enseignement technique dans le cabinet François-Marsal du 9 au .
  • Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale dans les cabinets Laval I, II et III du au .

PublicationsModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Philippe Zanco (dir.), Dictionnaire des ministres de la marine, SPM 2011.
  • Édouard Barthe, Le combat d'un parlementaire sous Vichy, éd. Singulières, 2007, (ISBN 978-2-35478-005-0).
  • « Adolphe Landry », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Bernard Ducros, « L'œuvre d'Adophe Landry », Revue d'économie politique,‎ , p. 186-207

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Ducros 1957, p. 186.
  2. a b et c Ducros 1957, p. 187.
  3. Ducros 1957, p. 191-192.
  4. a et b Ducros 1957, p. 190.
  5. Ducros 1957, p. 19.
  6. Bernard Ducros, 1925-2016, professeur d'économie à l'université de Dijon puis de Paris I, a été selon son ancien étudiant Christian de Boissieu un pédagogue hors pair
  7. Ducros 1957, p. 193.
  8. a b et c Ducros 1957, p. 191.
  9. a et b Ducros 1957, p. 192.
  10. Fiche d'Hélène Campinchi sur enfantsenjustice.fr