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Joy Division

groupe de musique britannique
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Joy Division (homonymie).
Joy Division
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Joy Division en 1979. De gauche à droite : Stephen Morris, Peter Hook, Ian Curtis et Bernard Sumner

Informations générales
Surnom Stiff Kittens
Warsaw
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Post-punk[1]
Années actives 19761980
Labels Factory Records
Influences Can, Neu!, The Velvet Underground, The Doors, Iggy Pop, Kraftwerk, Sex Pistols, David Bowie, Siouxsie and the Banshees
Site officiel www.joydiv.org
Composition du groupe
Anciens membres Ian Curtis (†)
Peter Hook
Stephen Morris
Bernard Sumner
Description de cette image, également commentée ci-après

Logo de Joy Division.

Joy Division est un groupe de rock britannique, originaire de Manchester, en Angleterre, formé en 1976 par Ian Curtis, Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Sumner. Inscrit dans les mouvances new wave et post-punk, et considéré comme l'un des initiateurs de la cold wave (vague froide en français), Joy Division est aussi l'un des groupes précurseurs et « parrains du rock gothique »[2],[3],[4],[5]. La figure emblématique de cette formation est son chanteur Ian Curtis, à la « voix mortifère »[6] « de conteur sépulcral »[7]. Le groupe, défricheur de nouveaux territoires, se dissout en mai 1980 après le suicide de Curtis à l'âge de 23 ans. Bayon écrit alors dans Libération : « notre James Dean gothique s'est jeté à corps perdu dans la vie, c'est-à-dire le vide »[8]. Pour le critique Jon Savage, Ian Curtis a su décrire la ville de Manchester en « capturant son espace et sa claustrophobie dans un style gothique moderne »[9].

Seuls deux albums ont été produits ; tout le matériel existant et les premières démos ont été depuis réédités sous format CD. Les trois membres restants du groupe ont formé New Order quelques mois plus tard avec Gillian Gilbert.

Sommaire

BiographieModifier

Origine du nom et polémiquesModifier

Le nom Joy Division est la traduction littérale de l'expression allemande Freudenabteilung. Le terme de divisions de la joie désignait une partie des camps de concentration organisant l'exploitation sexuelle de détenues par l'armée allemande. Ian Curtis choisit ce titre après la lecture du roman The House of Dolls de Yehiel De-Nur. L’ambiguïté de ce nom vaudra au groupe une suspicion de sympathie pour le nazisme. Plusieurs autres éléments alimentèrent cette idée. Leur nom précédent, Warsaw, utilisé un temps durant l'année 1977, est le nom anglais de Varsovie, la capitale polonaise, où se trouvait pendant la Seconde Guerre mondiale le plus grand ghetto juif d'Europe. Il s'agit en réalité d'une référence à la chanson Warszawa de David Bowie, chanteur que Ian Curtis admirait. La pochette de An Ideal for Living, le premier EP de Joy Division sorti en juin 1978, reproduit une affiche des Jeunesses hitlériennes, montrant un jeune aryen frappant sur un tambour avec les lettres de Joy Division imprimées en caractères gothiques. La pochette intérieure montre une photo du ghetto de Varsovie et l'introduction de la chanson Warsaw énumère le numéro matricule de Rudolf Hess (31G-350125) - numéro deux du troisième Reich.

Cette suspicion du groupe flirtant avec des idées nazies sera entretenue par le nom de groupe tout aussi ambigu que les musiciens choisiront après la mort de Curtis, « New Order ». Le terme New Order (Ordre nouveau) désigne depuis les années 1930 des officines et des groupuscules d'extrême-droite et fascistes.

Néanmoins le groupe a toujours affirmé ne pas être nazi. En effet, le groupe a envoyé des signes à leurs détracteurs en participant même à deux concerts : celui du Festival Rock Against Racism en 1978[10][réf. insuffisante] et d'Amnesty International le 3 mai 1979[11]. De plus, si l'EP An Ideal for Living fait référence au nazisme, il n'en sera plus jamais questions dans leurs deux albums studio qui suivront. Cette référence passagère au nazisme s'inscrivait dans la logique punk de départ du groupe visant à provoquer et choquer uniquement, cela sans adhésion au nazisme. Les membres restants du groupe comme Peter Hook ont regretté plus tard ce choix esthétique mettant ça sur le compte de la jeunesse[12]. Carole Curtis, la sœur du chanteur Ian Curtis dira à propos de son frère : « Dans certains livres, ils essaient d'insinuer qu'il était nazi, mais il ne s'est jamais intéressé à l'Allemagne, sinon sur le plan historique. Il ne s'intéressait même pas particulièrement à la deuxième guerre mondiale[13]. »

Formation et Warsaw (1976–1978)Modifier

Le guitariste Bernard Sumner (aussi connu sous le pseudonyme de Bernard Albrecht), le bassiste Peter Hook et un ami batteur Terry Mason, se rencontrent lors d'un concert des Sex Pistols, le 4 juin 1976. Tout de suite après, ils décident de fonder un groupe et se mettent en quête d'un chanteur. Ils déposent une annonce au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian Curtis se montre intéressé par l'offre et les contacte. La rencontre a lieu le 20 juillet lors du deuxième concert des Sex Pistols à Manchester au Lesser Free Trade Hall. Ce concert est resté fameux par le nombre de vocations qu'il a suscitées, entraînant la formation des groupes mancuniens Buzzcocks, Magazine, The Durutti Column et The Fall[14].

Le batteur Tony Tabac rejoint le groupe début 1977, en remplacement de Terry qui devient leur manager. Les répétitions commencent et s'enchaînent de façon régulière mais la formation n'a toujours pas de nom consensuel. L'affiche de leur premier concert les présente sous le nom Stiff Kittens (les chatons raides), qui leur avait été suggéré par Pete Shelley des Buzzcocks. Juste avant leur premier concert à l'Electric Circus le 29 mai, le groupe décide en définitive d'opter pour un autre nom, Warsaw. Cinq semaines plus tard le 30 juin, Tony Tabac est remplacé par le batteur Steve Brotherdale issu du groupe Panik. Aux Pennine Sound Studios d'Oldham, la formation enregistre le 18 juillet The Warsaw Demo, cinq chansons d'obédience punk. Steve Brotherdale rejoint en août son groupe d'origine et est remplacé à la batterie par Stephen Morris, ce dernier est comme Ian Curtis originaire de Macclesfield. Stephen Morris apporte une nouvelle identité sonore au groupe qui s'appelle désormais Joy Division. Ils enregistrent en décembre quatre chansons pour le EP, An Ideal for Living.

Le groupe donne son premier concert en tant que Joy Division le au Pip's Disco de Manchester. En 1978, ils commencent à jouer régulièrement dans le nord de l'Angleterre et étoffent leur répertoire. Lors d'un concert charnière organisé par plusieurs labels le 14 avril au Rafters club, Joy Division retient l'attention de Tony Wilson et Rob Gretton. Avant de monter sur scène, Curtis avait eu une altercation avec Tony Wilson, le producteur de l'émission télé So it Goes. Curtis avait reproché à Wilson d'avoir négligé son groupe au profit d'autres formations. Convaincu par la prestation de Joy Division, le promoteur Rob Gretton vient les féliciter en coulisses, et se propose de devenir leur manager, évinçant sur le champ Tony. Contacté par le label RCA, le groupe se rend aux studios Arrow les 3 et 4 mai et enregistre plusieurs titres en vue de sortir un album. Le projet échoue et le disque ne sortira plus tard qu'en pirate. En septembre, le groupe participe au show télévisé de Tony Wilson sur la chaine locale Granada Television et interprète le titre Shadowplay. En octobre, le label Factory Records voit le jour, reposant sur un partenariat entre Tony Wilson, Alan Erasmus (acteur de théâtre) et Rob Gretton. Joy Division est le premier groupe à être signé par le label. Le 11 octobre, Joy Division rencontre le producteur Martin Hannett et enregistre deux titres au studio Cargo. Martin Hannett est alors un jeune producteur aux méthodes non conventionnelles. Il se distingue par sa méticulosité et son perfectionnisme, et par une recherche sonore nouvelle, en particulier en ce qui concerne les sons de batterie et les bruitages. En décembre, les deux titres produits par Hannett, Digital et Glass paraissent sur la compilation A Factory Sample. Dans sa chronique, le NME salue Joy Division « comme le chaînon manquant entre Elvis Presley et [Siouxsie and] the Banshees »[15]. Le groupe joue ensuite le 27 pour la première fois à Londres. Faute de promotion et d'un manque de notoriété, ils ne se produisent que devant une trentaine de personnes. Durant le trajet du retour en voiture, Ian Curtis connaît sa première crise d'épilepsie. Après plusieurs examens, son médecin l'informe qu'il va désormais devoir prendre des médicaments, aux effets secondaires parfois dangereux.

Unknown Pleasures et Closer (1979–1980)Modifier

Au début de l'année 1979, grâce à l'insistance du journaliste Paul Morley, Joy Division apparaît pour la première fois en couverture du NME. Le même mois, le groupe enregistre sa première session radio pour John Peel, un DJ influent de la radio BBC. Le groupe enregistre avec Martin Hannett son premier album en avril. Lors de sa sortie en juin, Unknown Pleasures reçoit de bonnes critiques. Hannett incorpore des effets digitaux comme le delay qui décale un son dans le temps, l'écho et la réverbération principalement sur la batterie. Le NME compare Joy Division aux groupes allemands Can et Neu! ainsi qu'aux Doors[16]. Sounds note le son glacial du disque et conclut « c'est un ensemble de chansons savamment étudiées et construites »[16]. Le 20 juillet, le groupe apparaît une deuxième fois sur la chaîne Granada TV avec, cette fois-ci, une prestation live de She's Lost Control. En septembre, il est invité à la télévision nationale pour le show Something Else. Le groupe enregistre sa deuxième Peel session fin novembre. Il part ensuite jouer sur le continent. Sa première tournée européenne passe par la France avec un unique concert parisien aux Bains Douches, le 18 décembre. Ce concert est enregistré et diffusé par la radio France inter.

La tournée se poursuit courant janvier à Amsterdam, puis à Berlin. Ian Curtis devient père d'une petite fille durant cette période, mais la relation avec sa femme Deborah se détériore. Sa rencontre avec Annik Honoré, une journaliste belge[17], sème la confusion dans sa tête. Exténué par l'enchaînement des concerts et souffrant des conséquences de son traitement contre l'épilepsie, le chanteur a de plus en plus de difficultés à supporter ses engagements auprès du groupe. En mars, Joy Division fait une pause et enregistre du 18 au 30, aux studios Britannia Row de Londres, son deuxième album Closer. Les concerts reprennent immédiatement après. Une reprise du titre Sister Ray de Velvet Underground est enregistré en public le 3 avril. Le lendemain, alors que le groupe assure la première partie des Stranglers au Rainbow Theatre, Ian Curtis est à nouveau victime d'une crise d'épilepsie. Le public prend cela pour un « effet scénique » mais il n'en est rien. Les médecins préconisent le repos mais le succès occasionne au contraire une charge de travail supplémentaire. Le 7 avril, Ian Curtis fait une tentative de suicide aux barbituriques. Le lendemain, au concert du Derby Hall de Bury, le remplacement de Ian Curtis par Alan Hempsall, chanteur du groupe Crispy Ambulance et Simon Topping de A Certain Ratio déclenche une émeute qui s'achève en bagarre générale[18]. Les prestations suivantes deviennent si laborieuses que les concerts programmés fin avril sont annulés.

Deborah Curtis, l'épouse du chanteur, annonce son intention d'engager une procédure de divorce. Miné, de nouveau tenté par le suicide, Ian Curtis se sent de plus en plus désemparé. Joy Division donne un dernier concert le vendredi 2 mai à l'université de Birmingham. Les musiciens ont alors quelques jours de repos avant de partir aux États-Unis pour leur première tournée américaine. La veille du départ, le 18 mai à cinq heures du matin, en plein désarroi et seul chez lui, Ian Curtis se donne la mort par pendaison dans la cuisine de son domicile à Macclesfield. Sa femme, à qui il avait demandé la veille de quitter les lieux après une énième dispute, le découvre en rentrant vers midi. Après le choc, le label Factory annonce que le planning des sorties de disques est maintenu. Le 45-Tours Love Will Tear Us Apart et l'album Closer sont respectivement publiés en juin et juillet. Le magazine anglais Sounds écrit dans sa chronique de Closer que le disque contient « des nuances sombres de rock gothique »[19].

Une répétition a lieu aux studios Graveyard avec Kevin Hewick comme chanteur de remplacement. Juste après, la dissolution de Joy Division est décidée et, sur une idée de Rob Gretton, les trois musiciens restant, Peter Hook, Barney Sumner et Stephen Morris, décident de poursuivre leur activité en créant un nouveau groupe, New Order. Leur premier single regroupera les deux derniers titres écrits et composés avec Ian Curtis, Ceremony et In a Lonely Place.

Après (depuis 1981)Modifier

En octobre 1981, Factory publie la compilation Still. Ce double 33 tours/LP regroupe d'une part plusieurs faces-b et titres inédits et, d'autre part, des titres live enregistrés aux derniers concerts de Birmingham et de Londres. En 1995, Deborah Curtis publie le livre Touching from a Distance où elle raconte la vie de Ian Curtis et la carrière de Joy Division, qui est adapté au cinéma en 2007 par Anton Corbijn sous le titre Control, avec Sam Riley dans le rôle principal.

Style musicalModifier

InfluencesModifier

Les musiciens de Joy Division ont cité en référence plusieurs formations de rock allemand parmi lesquelles Kraftwerk, Can et Neu![20]. Ian Curtis et ses musiciens avaient pris pour habitude de faire patienter leur public avant chaque concert en faisant passer l'intégralité de l'album Trans-Europe Express de Kraftwerk: pour Stephen Morris, « le mariage hommes-machines lorsqu'il fonctionne [comme chez Kraftwerk], est quelque chose de fantastique »[21]. La période berlinoise de David Bowie avec l'album Low a aussi eu un impact sur le groupe[22]. Parallèlement à cela, le rock américain sombre de la fin des années 1960, avec le Velvet Underground et The Doors, a aussi inspiré les mancuniens. La voix de baryton de Curtis a souvent été comparée au timbre de Jim Morrison. En Angleterre, les Sex Pistols ont inspiré Joy Division à leurs débuts. Peter Hook a déclaré que Siouxsie and the Banshees ont aussi été « une de nos grosses influences [...] pour la façon inhabituelle de jouer de la guitare et de la batterie »[23].

SonModifier

Joy Division a pris le temps de développer son propre style musicale avec les années. Au début, lorsque le groupe s’appelait encore Warsaw, ils jouaient du « punk influencé par le hard-rock qui était indistinguable des autres groupes ». Selon le critique Simon Reynolds, leur originalité est seulement devenue « apparente quand leurs chansons sont devenues plus lentes ». Reynolds écrit à propos de cette originalité : « La basse de Peter Hook portait la mélodie, la guitare de Bernard Sumner laissait des lacunes plutôt que de remplir le son du groupe avec des riffs denses et la batterie de Stephen Morris semblait encercler le bord d'un cratère ». D'après le critique musicale Jon Savage « Joy Division n'était pas un groupe punk mais ils étaient directement inspirés par son énergie ». En 1994, Bernard Sumner dit que les caractéristiques sonores du groupe « sont venues naturellement: je suis plus dans le rythme et les cordes , et Hooky (Peter Hook) était dans la mélodie. Il avait l'habitude de jouer fort la basse principale parce que j'aimais que ma guitare ait un son distordu, et l'amplificateur que j'avais voulait marcher seulement quand le volume était maximal. Quand Hooky jouait bas, il ne pouvait pas s'entendre lui-même. Le style de Steve (Stephen Morris) qui est différent des autres batteurs. Pour moi, un batteur dans un groupe est l'horloge, mais Steve n'était pas l'horloge, car il est passif : il suivait le rythme du groupe, ce qui nous donnait notre propre limite. »[24]

Ian Curtis fut l'unique chanteur du groupe, il est connu pour sa voix sombre et puissante de baryton faible, sans doute le marqueur sonore le plus caractéristique de Joy Division. Il ne jouait que très rarement d'un instrument mais jouait de la guitare sur quelques chansons comme Love Will Tear Us Apart. Martin Hannett, producteur du groupe, est considéré comme l'inventeur du son Joy Division par son implication dans la spatialisation sonore du groupe qui rend le son de Joy Division froid et chirurgical, donnant l'impression d'une séparation entre tous les instruments.

ParolesModifier

Ian Curtis fut l'unique parolier du groupe. Il écrivait frénétiquement quand l'humeur le lui disait, puis il écoutait les musiques du groupe (souvent arrangées par Sumner) puis choisissait les paroles les plus adaptées à la musique. Des thèmes récurrents apparaissent dans les paroles : « la froideur, le désespoir, la dépression, la perte de contrôle, l'échec, la pression, l'isolement social, la mort, les ténèbres, la dépersonnalisation ou encore la crise identitaire ». En 1979, le journaliste du NME Paul Rambali écrit : «  Les thèmes de la musique de Joy Division douloureux et parfois profondément tristes ». Selon Jon Savage : « Le plus grand succès des paroles des Curtis est de capturer la réalité sous-jacente d'une société en plein bouleversement, et de rendre cela à la fois universel et personnel ». La littérature et la philosophie ont été de grandes influences pour Curtis dans l'écriture de ses paroles. Ainsi le musicologue Robert Palmer montre les influences évidentes de William S. Burroughs et J. G. Ballard. Stephen Morris se souvient que Ian lisait le poète T. S. Eliot et sa femme Deborah Curtis se souvient qu'il lisait des auteurs comme  Fyodor DostoevskyFriedrich NietzscheJean-Paul SartreFranz Kafka, ou encore Herman Hesse[25].

Le groupe refusera toujours d'expliquer les paroles et n'imprimera pas de carnets de paroles. Ian Curtis s'adressant au fanzine Printed Noise dit: « Nous n'avons pas vraiment de message; les paroles sont ouvertes à l’interprétation. Elles sont multidimensionnelles. Vous pouvez lire en elles ce que vous voulez ». Le suicide de Curtis ne fit que renforcer l'interprétation autobiographique, celui-ci aurait tenté d'exprimer son mal-être et son désespoir à travers la musique. Deborah Curtis se souvient que c'est seulement à la sortie de l'album Closer que beaucoup des personnes proches du chanteur se sont aperçues que « ses intentions et ses sentiments étaient tous là, dans ses paroles ». Les membres restants du groupe ont affirmé regretter de ne pas avoir décelé des signes avant coureurs du suicide et du désespoir de Curtis dans ses paroles. En 2007, Bernard Sumner a dit à propos du jour précédant le suicide du chanteur : « En regardant en arrière, comment ai-je pu être aussi stupide ? Bien sûr qu'il écrivait à propos de lui. Mais je ne suis pas entré pour l'attraper et lui demander : "Comment ça va?" Je dois vivre avec ça. »[26]

Prestations scéniquesModifier

Contrastant avec le son de leurs enregistrements studio, Joy Division jouait de manière très agressive pendant leurs concerts. Le groupe n'était pas satisfait au départ du mixage de Martin Hannett pour Unknown Pleasures, celui-ci diminue en effet l'aspect frontal et saturé du son original de Joy Division. En concert, le groupe interagissait très peu avec le public. Le plus remarquable dans les performances scéniques du groupe étaient les prestations de Ian Curtis : dans une sorte de transe hypnotique, celui-ci se mettait à bouger frénétiquement les bras et le reste de son corps en se tordant dans de nombreux spasmes (C'est ce qu'on appelle la danse du papillon crevé. Cette manière si particulière de danser a notamment été reprise par Thom Yorke du groupe Radiohead). Cette danse est à la fois liée à l'épilepsie diagnostiquée chez Ian Curtis mais aussi à sa personnalité, en effet selon Deborah Curtis dans son livre Touching from a distance, celui-ci dansait déjà de manière étrange avant même d'être diagnostiqué épileptique. Ainsi, le chanteur entretient la confusion entre maladie et jeu scénique[25].

Cependant, le 4 avril 1980, au Rainbow Theatre, à Londres. Le chanteur subit une grave crise d'épilepsie et ne contrôle plus sa danse qui ne s'arrête pas, il heurte la batterie en reculant. Il est évacué. Le public n'y voit que du feu, croyant à un fait-exprès, alors même que Twiny et Dave Pills transportent Ian, encore en convulsions, en direction de la loge, où il se remet[25].

MembresModifier

DiscographieModifier

Albums studioModifier

EPModifier

  • 1978 : An Ideal for Living: Warsaw/No Love Lost//Leaders of Men/Failures (of the Modern Man), juin 1978 45t/7"EP Enigma Records PSS 139, 1 000 copies ; oct. 1978 Maxi-45t/12" Anonymous Records, ANON 1, 1 200 copies
  • 1979 : Transmission/Novelty, oct. 1979 45t/7" Factory Records FAC 13; déc. 1980 Maxi-45t/12", Factory FAC 13.12
  • 1980 : Licht und Blindheit : Atmosphere/Dead Souls, mars 1980 33t(sic!)/7" Sordide Sentimental SS 33022, 1 578 copies (France)
  • Komakino: Komakino/Incubation/As You Said, avril 1980 45t/7" en flexi-disk (disque souple), Factory FAC 28, 10 000 copies anglaises et 15 000 pour les États-Unis
  • 1980 : Love Will Tear Us Apart: Love Will Tear Us Apart (mars 1980)/These Days/Love Will Tear Us Apart (janvier 1980), avril 1980, 45t-33t(pour la face B)/7", Factory FAC 23; juin 1980 (USA, juin 1981), Maxi-45t/12", Factory FAC 23.12, UK #13
  • 1980 : She's Lost Control/Atmosphere, août 1980, Maxi-45t/12" (She's Lost Control en face A) et sept. 1980, Maxi-45t/12" (Atmosphere en face A), Factory US FACUS 2, 33t/LP 600207 (France)
  • 1986 : The First Peel Sessions diffusées le 14 février 1979: Exercise One/Insight//She's Lost Control/Transmission, nov. 1986, Maxi-45t/12"EP, Strange Fruit SFPS 013, juillet 1988 CD, SFPSCD 013
  • 1987 :The Second Peel Sessions diffusées le 10 décembre 1979: Love Will Tear Us Apart/24 Hours//Colony/Sound Of Music, sept. 1987, Maxi-45t/12"EP, Strange Fruit SFPS 033, juillet 1988 CD, SFPSCD 033
  • 1988 :Atmosphere/The Only Mistake, juin 1988, 45t/7", Factory FAC 213-7
  • 1988 :Atmosphere/The Only Mistake/Sound Of Music (ou Transmission pour la version Canada-Australie), juin 1988, 45t/12", Factory FAC 213
  • 1988 :Atmosphere/Transmission (live)/Love Will Tear Us Apart, juin 1988, CD, Factory FACD 213
  • 1997 :Video 5 8 6 de New Order/As You Said, juillet 1997, 33t/12"EP, Touch TONE 7.1
  • 2007 :Love Will tear us apart (réédition) : ''Love Will tear us apart (Original)/Love Will tear us apart (Radio)/Atmosphere, FACD 24, 24 septembre 2007 (UK)

CompilationsModifier

  • Still, 2 LP (titres rares et certains enregistrements publics), Factory FACT 40, octobre 1981 et FACD 40 ou Quest 9 26495-2, 1990 (UK) - 2 LP, Virgin 60025/301002 et CD Virgin/PDO 30339, 1990 (France)
  • Substance sous-titré Joy Division 1977–1980, LP (compilation de 10 titres divers) Factory FACT et CD (compilation plus 7 titres en Appendice) FACD 250, juillet 1988 (UK) - LP Virgin 70614 et CD PDO 30614, août 1988 (France)
  • The Peel Sessions, LP et CD (8 titres enregistrés au studio de la BBC en janv. et nov. 1979 - 30 minutes), Strange Fruit SFRLP/SFRCD 211, septembre 1990 (UK) - Strange Fruit WMD642201/326, 1991 (France)
  • Love Will Tear us apart, CD (6 titres dont 2 remixes de Love Will Tear us apart, par Don Gehman et par Arthur Baker), London/Polygram 850/129-2, mai 1995 (UK)
  • Warsaw (regroupe les titres du premier album inédit plus ceux du Warsaw Demo enregistré en juillet 1977), en LP (33 tours) et 7"(45 tours), diff. versions, RZM Production Ltd RZM200/RZM 100, 1981 (Allemagne), CD promo (hors vente), 1990 (USA), CD Intermusic: Movieplay Gold MPG 74034, 1995 (UK, disponible en 1997 en magasins de disques)
  • The Complete BBC Recordings, LP et CD (les 8 titres plus les deux lives She's Lost Control et Transmission pour l'émission Something Else de septembre 1979, plus l'interview de Ian Curtis et de Steven Morris par R. Skinner), CD SFRSCD 094, juillet 2000 et LP SFRSLP 094, 2001 (UK), également CD Fuel 2000/61284, 2000 et 2 CD 61213 (avec le CD du concert de New Order à la BBC Before and After), juillet 2002 (USA)
  • Permanent, 2 LP et CD (compilation de 15 titres, plus le remix de Love will tear us apart par Don Gehman), London Records 90 Ltd, 2 LP Int 828624-2/PY281 et CD PY900, juin 1995 (UK), CD Qwest 945979-2 (USA)
  • Heart and Soul, 4 CD (coffret de 81 titres dont 14 versions doubles, 300 minutes), London 828 968-2, 1997 et London 3984 29040-2, 1999 (UK):
    • le 1er CD reprend tous les enregistrements studio de l'album 33t Unknown Pleasures avec du matériel, dans l'ordre, de la compilation double Maxi-45t/EP A Factory Sample, des 45t géants/EP/12" Transmission et Earcom 2: Contradiction (compilation avec 2 titres du groupe), enfin des albums Still et Substance;
    • le 2e CD reprend des titres, dans l'ordre, du Maxi-45t/EP/12" She's Lost Control, du 33t Still, des 45t/7" Licht Und Blindheit et des 45t-33t/7" et Maxi-45t/12" Love Will Tear us apart, enfin des albums Closer et Substance;
    • le 3e CD reprend des titres ayant figuré sur les 45t/7" et Maxi-45t/12" An Ideal Fo Living, sur l'album Substance et sur le Flexi-45t Komakino (distribué gratuitement en 1980), ainsi que des titres rares, inédits ou radio-diffusés, quelques Peel Sessions et Video 586 de 1997;
    • le 4e CD comprend 19 enregistrements publics à Londres, tous inédits.
  • Preston 28 February 1980 avec titre en tranche The Fractured Music Archive Volume 1, CD (12 titres live à Preston), FACD2.60, 1999 et mai 2003 (UK)
  • Les Bains Douches 18 December 1979 avec titre en tranche The Fractured Music Archive Volume 2, CD (9 titres live aux Bains Douches plus 7 titres live aux Pays-Bas), FACD2.61, avril 2001 et mai 2003 (UK)
  • Fractured Box Set, 2 CD (coffret en édition limitée tirée à 1 000 copies, reprenant tous les titres présents dans les deux précédents albums live - 110 minutes), octobre 2001
  • Refractured Box One, 3 CD (coffret en tirage limité à 3 000 copies, comprenant tous les titres présents sur Fractured Box Set: les titres d'Eindhoven font partie du CD Preston et le double-CD Paris comprend en supplément les 14 titres du concert d'Amsterdam au Paradiso le 11 janv. 1980 – 170 minutes), Alchemy FACD 2.60, décembre 2003 (UK)
  • Martin Hannett's Personal Mixes, compilation d'enregistrements non utilisés et de versions alternatives produits par Martin Hannett sortie en juin 2007.
  • Joy Division in Memory, 4 LP (vinyle seulement, coffret en édition limitée de Peter Saville, comprenant les albums Closer, Unknown Pleasure et Still en double LP), septembre 2007 (UK).
  • Unknown Pleasures, réédition en 2 CD, FACD 10 / London, 17 septembre 2007 (UK):
    • le 1er CD reprend les titres de l'album Unknown Pleasures (en réédition) ;
    • le 2e CD comprend 12 titres d'un enregistrement à The Factory de Manchester le 13 juillet 1979.
  • The Best Of Joy Division, Compilation 2 CD, London Records, 31 mars 2008.

VidéosModifier

  • Here Are the Young Men (VHS, Ikon FACT 37V; Beta, Ikon FACT 37B, August 1982)
  • Punk (Compilation VHS. WEA/Warner, en association avec Granada TV, 4 509 91011-3. Réalisation 1992) Joy Division joue "Shadowplay". Tiré de Granada Reports, Granada TV, 20 septembre 1978.

CinémaModifier

  • Control, film d'Anton Corbijn, 120 minutes, noir et blanc, 2.39 (scope), sorti en France le 26 septembre 2007. Adaptation par Matt Greenhalgh du livre biographique Touching from a distance - Ian Curtis and Joy Division (édité par Faber & Faber, 1995, GB, réédité) écrit par Deborah Curtis (née Woodruffe), veuve de Ian Curtis. Anecdote : Tony Wilson, un des quatre coproducteurs (avec Deborah Curtis) est mort avant d'avoir vu le film, 4 jours avant sa sortie.
  • NotNa, documentaire télévisé de Lance Bangs, 41 minutes, 13 septembre 2005 (USA) : Ian Curtis inclus
  • 24 Hour Party People de Michael Winterbottom, 8 avril 2002
    • Crédits musicaux : Transmission, Atmosphere, She's Lost Control, Love Will Tear Us Apart
    • Personnages de la sphère Joy Division : Tony et Linsay Wilson, Alan Erasmus, Rob Gretton, Bernard Sumner, Peter Hook, Martin Hannett, Ian Curtis, grand-mère de Ian Curtis, Tony H. Wilson.
  • Joy Division, film documentaire de Grant Gee, 94 minutes, sorti en avant-première au "MelkWeg" d'Amsterdam, le 19 septembre 2008.

DVDModifier

  • Joy Division. Under review , 70 min, 2006 : documentaire biographique anglais constitué d'entretiens de critiques de Rock, et aussi de l'ex-femme de Tony Wilson, entrecoupés d'extraits de chansons très courts (probablement pour ne payer de droits d'auteur). Aucun titre en intégralité ; en bonus, un extrait sonore d'un entretien de Ian Curtis capté dans un bar.
  • Control , 119 min, 2007 : Le film d'Anton Corbijn + bonus avec les commentaires du réalisateur et les proches du groupe.

Notes et référencesModifier

  1. (en) John Bush, « Joy Division – Artist Biography », sur AllMusic (consulté le 16 octobre 2016).
  2. (en) voir cet article "GodFathers" signifie "parrains". Nitsuh Abebe.A Life Less Lived Pitchfork.com. 24 janvier 2007. "Familiar classics from the bands who turned out to be goth's godfathers-- Joy Division, the Cure, Bauhaus, Siouxsie & the Banshees-- but the heart of the thing remains England's 1980s goth heyday, where the urge to dance comes out in grim, grinding, relentless music for the fake undead: Look to the Sisters of Mercy's steamroller Temple of Love".
  3. (en) voir cet article où le mot Godfathers (parrains)est aussi utilisé. Goth rock. Allmusic.com. "The godfathers of goth-rock were British post-punkers Joy Division, whose bleak, remote, obsessively introspective music and lyrics laid the initial foundation for goth".
  4. "NME Originals : Goth" NME. Hors série spécial publié en octobre 2004.
  5. (en) Luke Lewis. "Release The Bats" NME.com. 5 mars 2009. 1. Joy Division – Atmosphere. Peter Hook despairs whenever anyone refers to Joy Division as a goth band, but what else were they? Desolate atmospherics, icily reverberating synths, Ian Curtis' portentous baritone. All those qualities found their ultimate expression in 'Atmosphere', a song whose shattering emotive power is intensified by Anton Corbijn's monochrome video (shot eight years after the song's original release), featuring mysterious hooded figures swarming slowly over a bleached landscape. Most gothic moment: The vast, echoing guitar chords that enter at 3.23.
  6. Jean Marc Chapus. "Control". Rock'n'folk. Octobre 2007. page 70.
  7. (en) Pacôme Thiellement. Joy Division. Rock'n'folk. Octobre 2007. page 77.
  8. (en) Bayon, dans Libération du 18 mai 1990. Texte reproduit dans Rock Critics, éditeur Don Quichotte, 2010. (ISBN 2359490168).
  9. Deborah Curtis (préf. Jon Savage), Ian Curtis et Joy division: histoire d'une vie [« Touching from a Distance »], Camion Blanc, (ISBN 0571174450).
  10. (en) Sarfraz Manzoor, « The year rock found the power to unite », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  11. « Joy Division concert 3rd May 1979: Eric's, Liverpool (Amnesty International Benefit) », sur www.joydiv.org (consulté le 3 août 2017)
  12. (en) « We can still learn from Joy Division's beautiful but tragic legacy », iNews,‎ (lire en ligne)
  13. Middles, Mick., Erkens, Gaëlle. et Impr. Centre de traitement numérique), Joy Division : la vie de Ian Curtis, Camion blanc, impr. 2008 (ISBN 9782910196837, OCLC 470907132, lire en ligne)
  14. (en)Paul Morley, "A northern soul", The Observer Music Monthly, 21 mai 2006, consulté le 10-11-12
  15. Paul Morley, «Modern Life in the UK: Factory gets it right (chronique de la compilation A Factory Sample)», NME, 31 mars 1979, p. 33.
  16. a et b Clinton Heylin. p. 508
  17. Mais aussi fondatrice de la salle de concert du « Plan K » à Bruxelles et plus tard des Disques du Crépuscule et de Factory Benelux.
  18. (en) Peter Hook, « Joy Division's Ian Curtis commits suicide » The Guardian, 14 juin 2011.
  19. (en) McCullough, Dave. Closer to the Edge - chronique de l'album Closer. Sounds (magazine). 26 juillet 1980. « Young men in dark silhouettes, some darker than others, looking inwards, looking out, discovering the same horror and describing it with the same dark strokes of gothic rock  ».
  20. (en) Hewitt, Ben, « Can Tago Mago Bakers Dozen: Joy Division & New Order's Stephen Morris On His Top 13 Albums », The Quietus, (consulté le 1er août 2013)
  21. (en) Hewitt, Ben, « Kraftwerk Trans-Europe express Bakers Dozen: Joy Division & New Order's Stephen Morris On His Top 13 Albums », The Quietus, (consulté le 1er août 2013)
  22. (en) Neil Spencer. "When I joined the NME in the 70s, Bowie was an obsession". The Guardian. 17 janvier 2016. Consulté le 14 mars 2017.
  23. Interview "Playlist – Peter Hook’s “Field recordings”". Q magazine. 23 avril 2013. Consulté le 14 mars 2014.
  24. Savage, Jon (July 1994). "Joy Division: Someone Take These Dreams Away". Mojo.
  25. a, b et c Curtis, Deborah, Touching from a distance : Ian Curtis and Joy Division, Faber and Faber, (ISBN 0571174450, OCLC 476913810, lire en ligne)
  26. Lester, Paul (31 August 2007). "It Felt Like Someone Had Ripped Out My Heart"The Guardian.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

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