Johnny Stark

Johnny Stark
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Johnny Stark et Mireille Mathieu, 1971
Informations générales
Nom de naissance Roger Oscar Émile Stark
Naissance
Décès (à 66 ans)
Paris
Activité principale Imprésario
Années actives 1945 - 1989

Johnny Stark, né Roger Stark[1] le à Huningue[2] (Haut-Rhin) et mort le à Paris, était un imprésario français.

BiographieModifier

Il est le fils du colonel Stark, un notable alsacien, et d'une mère corse. Son père est horticulteur et possède des propriétés à Cagnes. La mère de Johnny Stark (née Julie Chappuit), meurt à Nice, à l'âge de trente-trois ans. Johnny Stark ne s'en est jamais véritablement remis.

Il vit en Corse jusqu'à l'âge de 11 ans, puis sur la Côte d'Azur, entre Cagnes-sur-Mer et Antibes, et principalement à Cannes où il fréquente l'école de La Bocca.

En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire en Afrique du Nord. C'est au contact des troupes américaines (spectacles aux armées) qu'il apprend le métier d’imprésario. À la fin de la guerre, il traîne entre 1944 et 1946 à Hong Kong et revient à Cannes en . Le de cette année-là, il organise « La nuit des vedettes », au stade des Hespérides, à Cannes. Il réunit Édith Piaf, Yves Montand, Lily Fayol, Reda Caire, Marie Bizet, Johnny Hess et l'orchestre d'Aimé Barelli, plus une partie sportive avec Marcel Cerdan, Laurent Dauthuille, Robert Charron, etc. L'addition se révèle très lourde : il perd un million de francs de l'époque. « On apprend ainsi le métier », conclura-t-il avec philosophie.

Johnny Stark organise ensuite des tournées avec Tino Rossi, Luis Mariano, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, et s'occupe de Gloria Lasso, Dalida et Marino Marini. Il crée le Théâtre de Verdure (Juan-les-Pins) où il engage en 1947, ainsi que pour la Corse, un programme avec Édith Piaf en vedette et Jil et Jan en vedettes américaines.

Loulou Gasté décèle les nombreuses qualités de Johnny Stark et lui demande de devenir l'imprésario de Line Renaud en 1949. Line Renaud et Loulou Gasté se marient le et Nanou Taddéi, épouse de Johnny Stark, est leur témoin.

En 1960, Johnny Stark rencontre Johnny Hallyday à l'Alhambra. Après la rupture, en 1961, entre Hallyday et la maison de disques Vogue, Stark devient le nouvel imprésario du chanteur, fonction qu'il occupe jusqu'en 1965, et tous deux signent un contrat chez Philips. Plus tard[Quand ?], il devient également impresario de Sylvie Vartan[Information douteuse] et d'Hugues Aufray[réf. nécessaire].

Vers le milieu des années 1960, Stark cherche une chanteuse capable de reprendre la place laissée vacante par la disparition d’Édith Piaf. On lui propose le nom de plusieurs chanteuses, dont, peut-être, celui de Michèle Torr.

C'est à l'occasion du passage de Mireille Mathieu au Jeu de la Chance (Télé-Dimanche, ORTF) que Johnny Stark mesure tout le profit qu'il a à prendre en main cette jeune débutante. Il devient l'imprésario de Mireille Mathieu de 1965 à 1989 et l'aide à devenir une vedette internationale, tout en lui imposant un rythme de travail très dur : « Il m'a souvent fait pleurer », confie la chanteuse après sa disparition, mais, selon Maritie Carpentier : « Il y avait une formidable complicité entre eux »[3].

De 1967 à 1970, Johnny Stark se charge également de la carrière du chanteur Michel Delpech, qui quitte Festival pour Barclay Records. Présenté à Johnny Stark par Eddie Barclay à la fin des années 1960, Gérard Majax reste deux ans chez Stark, après avoir passé une audition publique au palais des Festivals à Cannes, lors du show de Mireille Mathieu.

Le 21 novembre 1971, il reçoit une claque de Guy Béart qui lui reproche de tenter d'avantager Mireille Mathieu dans l'émission Télé Dimanche, en particulier en ce qui concerne le temps d'antenne de chacun. Après que Johnny Stark ait porté plainte, Guy Béart est condamné par le tribunal de police à 60 francs d'amende, et au versement d'un franc symbolique à sa victime[4].

En 1976, Johnny Stark contacte le chanteur François Valéry pour partir en tournée avec Mireille Mathieu. Plus de 60 galas ont ainsi lieu à travers la France.

Johnny Stark, mort à la suite d'un infarctus, repose au cimetière Saint-Véran à Avignon, dans le tombeau de la famille Mathieu.

Vie personnelleModifier

Johnny Stark a été marié deux fois : un premier mariage avec Nanou Taddei se solde par un divorce en 1962 ; une seconde union avec Nicole Bertho, dont il aura une fille, Vincence, se solde également par un divorce dans les années 1980.

Johnny Stark et la Foire aux vins d'AlsaceModifier

Le nom de Johnny Stark est lié à l'histoire du festival de musique de Colmar. En 1957, un cabaret colmarien chargé d'animer les soirées de la Foire aux vins confie la programmation à Johnny Stark. En 1958, Johnny Stark frappe un grand coup : Luis Mariano, Dalida et Jean Yanne passent à Colmar.

Le Festival de la Foire aux vins d'Alsace de Colmar, qu'il organise jusqu'en 1973, accueille de nombreuses vedettes[5] et attire durant cette période autour de 150 000 personnes.

La BedouleModifier

« La Bedoule », propriété de Johnny Stark située à Roquefort-la-Bédoule (près de Cassis), est une mini-copie de la propriété de John Wayne à Albuquerque (Nouveau-Mexique). Le style mexicain prime dans la décoration et l'architecture des différents corps de bâtiment. On y trouve un sauna, une piscine, une salle de cinéma.

CitationsModifier

  • « Je suis un homme très simple qui mène une vie très simple, j'aime mon travail... la seule chose qui me mette en colère, c'est qu'on écrive mon nom avec un C... » (cité par Nicole Duault dans France Soir)
  • « Je ne suis pas un homme d'argent, je suis un directeur artistique. » (IDEM)

Surnoms donnés à Johnny StarkModifier

  • « Le Cécil B. de Mille du show-business »
  • « Le colosse au cigare »
  • « L'Américain »
  • « papa Stark »
  • « pépé Jo »
  • « le Butch »
  • « le cow-boy »
  • « Monsieur 15 % ».

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Dominique Brierre et Mathieu Fantoni, Johnny Hallyday: Histoire d'une vie : Histoire d'une vie, Fayard / Chorus, , 409 p. (ISBN 978-2-213-64665-7, lire en ligne)
  2. « Huningue » [PDF] (consulté le ), p. 1
  3. "Merci les Artistes !" éditions Anne Carrière 2001.
  4. L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 13 janvier 1972
  5. « Edition 1958 », sur foire-colmar.com (consulté le )

SourcesModifier

  • Mireille Mathieu (Christian Page - Brea Editions)
  • Vedette à la Une - Mireille Mathieu (Vick Vance - Editions Saint-Germain-des-Prés)
  • Oui, je crois (Mireille Mathieu, avec la collaboration de Jacqueline Cartier - Editions Robert Laffont)
  • La Véritable Mireille Mathieu (Emmanuel Bonini - Editions Pygmalion/Flammarion)
  • France Soir (articles de 1989)