Jeanne de Fougères

Jeanne de Fougères (av. 1242-ap. 1273) fut dame de Fougères[1] et de Porhoët (suo jure) à compter de 1256. Elle fut l'épouse de Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême[2].

Jeanne de Fougères
Titres de noblesse
Dame de Fougères
Dame de Porhoët
Dame de Lusignan
Comtesse de la Marche
Comtesse d'Angoulême
Biographie
Naissance
Décès
Ap. 1273
Activité
Père
Mère
Fratrie
Jean
Conjoint
Enfants
Château de Fougères (remparts nord) : tours de Guibé, Mélusine et du Gobelin, poterne d'Amboise.

BiographieModifier

FamilleModifier

Jeanne naquit au château de Fougères, en Bretagne, à une date inconnue, seule fille et enfant survivant de Raoul III, seigneur de Fougères, et d'Isabelle de Craon (née en 1212). Ses grands-parents paternels étaient Geoffrey, seigneur de Fougères, et Mathilde de Porhoët, et ses grands-parents maternels, Amaury Ier, seigneur de Craon (1175-1226), et Jeanne des Roches (1195-), fille de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, et de Marguerite de Sablé.

RègneModifier

Jeanne avait un frère, Jean, mais il mourut peu de temps après sa naissance le . Ses parents n'eurent pas d'autre enfant et Jeanne devint donc l'héritière de la seigneurie de Fougères. À la mort de son père, survenue le , elle prit le titre de Dame de Fougères. La même année, elle ordonna l'expansion du château de Fougères, faisant ajouter les tours de guet de Mélusine et du Gobelin, ainsi qu'un renforcement des remparts et des portes. Ses efforts donnèrent une meilleure stabilité à la ville[3].

Veuvage et régenceModifier

Peu après le , Jeanne devint veuve lorsque son mari Hugues XII décéda de la peste à Carthage[4] lors de la huitième croisade, où il avait accompagné Saint Louis. Jeanne était reconnue tutrice de ses enfants mineurs dès avril 1273[5],[6].

Testament, décès et sépultureModifier

 
Vue des ruines de l'Abbaye de Savigny : porche d'accès entre le cloitre et l'extérieur entre le dortoir et le réfectoire.

Jeanne fit son testament le 20 mai 1269 à Touvre[7] et mourut à une date inconnue après 1273. Elle fut enterrée à l'abbaye de Sauvigny.

Mariage et descendanceModifier

Jeanne avait épousé, le 29 janvier 1254 Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême. La cérémonie se déroula dans le château de Fougères et fut célébrée par l’abbé de Savigny, Étienne[8]. Son mariage fut enregistré le [9].

Hugues XII de Lusignan et Jeanne de Fougères furent les parents de sept enfants :

  1. Yolande de Lusignan (24 mars 1257-av. 12 octobre 1314), comtesse usufruitière de la Marche, d'Angoulême (1308-1314), dame de Fougères et de Porhoët (1308-1314). Elle épousa en premières noces Hélie Ier Rudel (av. 1260-1290), seigneur de Pons et Bergerac ; puis en secondes noces Robert de Matha, seigneur de Mornac.
  2. Hugues XIII le Brun (25 juin 1259-novembre 1303), seigneur de Lusignan, comte de la Marche, d'Angoulême, seigneur de Fougères et de Porhoët (1270-1302). Il épousa Béatrix de Bourgogne (av. 12664-ap. juillet 1328), fille d'Hugues IV, duc de Bourgogne et de Béatrice de Champagne ; sans postérité.
  3. Inconnu (v. 1261-?) dont le nom ni la destiné n'est connue.
  4. Jeanne de Lusignan (v. 1263-5 déc. v. 1323), dame de Couhé et de Peyrat. Mariée en premières noces à Bernard-Ez IV (v. 1260-24 décembre 1280), seigneur d'Albret ; puis en secondes noces à Pierre de Joinville ou de Genneville (v. 1255-1292).
  5. Marie de la Marche (1265-ap.1312). Elle épousa en premières noces, un seigneur anglais, Jean de Vescy (1244-1289) ; puis elle devint comtesse de Sancerre par son mariage avec Étienne II (ap.1259-1303/06), seigneur de Charenton. Sans postérité de ses deux unions.
  6. Isabelle de Lusignan (v. 1267-9 mars 1323), moniale à l'abbaye royale de Fontevraud[10].
  7. Guy Ier de Lusignan (v. 1269-novembre 1308), seigneur d'Archiac, surnommé parfois Guyard. À la mort de son frère, Hugues XIII le Brun (♰ 1303), il devient seigneur de Lusignan, comte de la Marche, d'Angoulême, seigneur de Fougères et de Porhoët (1303-1308) et prend le nom de Lusignan dans les actes. Il décédé de maladie et fut inhumé dans l'église des Jacobins de Poitiers. Sans union ni postérité.

Notes et référencesModifier

  1. Virginie ENÉE, « L’HISTOIRE. Ces femmes d’influence qui ont laissé leur empreinte à Fougères », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  2. « Fenêtre sur la forteresse médiévale de Fougères », sur Franceinfo, (consulté le )
  3. Amédée BERTIN et Léon MAUPILLE, Notice historique et statistique sur la baronie, la ville et l'arrondissement de Fougères, Rennes, (lire en ligne)
  4. Guillaume GUIART (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), La branche des royaus lingnages, t. XXII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 206
    1270, 26 août (vers), Carthage.
  5. Cartulaire des comtes de la Marche et d'Angoulême (éd. Georges Thomas), Angoulême, , partie LIV, p. 114-119
    1273, 3 avril : Pierre Ebrard et son fils Roger confirment en faveur de Jeanne de Fougères, comtesse de la Marche et d'Angoulême et dame de Fougères, et gardienne de ses enfants la vente qu'ils avaient fait à son mari, Hugues [XII], comte de la Marche et d'Angoulême et seigneur de Fougères de tous les droits qu'ils avaient reçu de leur épouse et mère défunte, Aelis, dans la vicomté d'Aubusson pour une rente de 100 livres assise en la châtellenie de Guéret.
  6. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye, évêque d'Angoulême, (éd. Abbé Jean Nanglard), Angoulême, (lire en ligne), p. 54-55
    1273, juillet, Vars : Jeanne de Fougères, comtesse d'Angoulême, veuve d'Hugues [XII] de Lusignan, fait hommage lige, au nom de son fils, Hugues [XIII], à l'évêque d'Angoulême, Pierre [III] Raymond, pour le fief vicomtal de la Rochefoucauld.
  7. Layettes du trésor des chartes, de l'année 1261 à l'année 1270 (éd. Élie Berger), t. IV, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 5519, p. 341-344
    1269, mai 20, Touvre : Jeanne de Fougères, épouse d'Hugues [XII] de Lusignan, comtesse de la Marche et d'Angoulême fait son testament. Elle établit son fils Hugues [XIII], héritier universel pour tout ce qui ne sera pas mentionné dans le testament. Elle attribue à ses filles, Yolande, Jeanne, Marie et Isabelle une rente de 500 livres à assigner sur son héritage. Comme elle est enceinte, elle assigne à l'enfant, s'il naît et qu'il vit, si c'est une fille, 500 livres, si c'est un garçon, qu'il reçoive un héritage selon la coutume de Bretagne. De même, si elle a d'autres enfants mâles, elle demande que son fils aîné les pourvoie selon la coutume et si elle enfante d'autres filles, qu'elles reçoivent une rente de 300 livres. Si son fils n'avait pas de descendants, elle demande que son héritage aillent à ses frères et si aucun d'entre-eux n'avait de fils, il devrait revenir à sa fille aînée puis à ses cadettes. Elle demande également de vérifier que les parts attribuées à ses filles n'excèdent pas le tiers de son héritage ou, si c'est le cas, de les réduire, auquel cas sa fille aînée aurait 500 livres de rente et le reste serait réparti équitablement entre ses autres filles. Elle choisit l'abbaye de Savigny comme lieu de sépulture. Elle demande que soient payées toutes ses dettes à tous les créanciers qui pourront les prouver. Elle laisse différentes sommes à trente-sept membres de sa maison et fait trente-neuf legs aux établissements religieux, parmi lesquels elle demande de nourrir les Franciscains d'Angoulême pendant une semaine à partir du jour de sa mort et fonde un anniversaire dans la cathédrale d'Angoulême. Elle laisse 200 livres pour la Terre sainte et 20 livres pour payer trois hommes qui feront le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle pour ses enfants. Elle lègue à son fils Hugues les anneaux de Fougères et de Porhoët, son cercle d'or à Yolande, ses deux couronnes à Jeanne et à Isabelle et sa ceinture à Marie. Elle établit comme exécuteurs testamentaires les archevêques de Tours et de Bordeaux, les évêques de Rennes et d'Angoulême, son mari, Hugues [XII], Raoul Teysson, Guillaume [IV] Paynel, seigneur de Hambye et de Bréhal, et Hélie de Mustelien.
  8. Julien BACHELIER, « Une histoire en Marche : Fougères et la Normandie au Moyen Âge (début XIe – milieu du XIVe siècle) », Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, vol. 88,‎ , p. 423-529 (lire en ligne)
  9. E Chronico Savigniacensi (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 585
  10. Copie, pour Roger de Gainières (d'après original perdu), Paris, BnF, ms. lat. 5480 (1), , p. 340 :

    « Univ[ersis presentis litteras inspecturis], Hugo Bruni, comes Marche et Engolisme, dominus Fulgoriarum, salutem. Nos Hysabelli dilecti sorori nostre moniali abbacie de Fonte Ebraudi damus, pro provisione sua in dicta abbacia vel membris ejusdem eidem honorabiliter facienda, quaterviginti libras turonensis annui redditus infra. Datum sub sigillo nostro mense Novembris [anno Domini] M° CC° LXX° VII°. »

    1277, novembre : Hugues [XIII] le Brun, comte de la Marche et d'Angoulême et seigneur de Fougères, donne à sa sœur Isabelle, moniale à l'abbaye de Fontevraud, pour son entretien, une rente de 80 livres tournois.

BibliographieModifier

Articles connexesModifier