Jeanne Even

actrice française

Jeanne Even, nom de scène de Jeanne Marie Courtois, est une actrice française, pensionnaire de la Comédie-Française, née le 31 août 1877 à Saïgon (Cochinchine)[1], morte le 24 janvier 1950 (à 72 ans) à Clichy (Hauts-de-Seine)[2].

Jeanne Even
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
Clichy
Nom de naissance
Jeanne Marie Courtois
Nationalité
française
Activité
Conjoint

BiographieModifier

Elle était fille de Marie Charles Courtois,  polytechnicien, capitaine à l’état-major particulier du Génie, chef de bataillon du Génie à la direction du Génie en Cochinchine (né à Paris 2e ancien, le 3 mars 1839), épouse le 15 janvier 1870 à Paris 7e Valentine Marie Louise Desquibes (née à Paris 3e ancien, le 28 mars 1850)[1].

Elle passait des cours à Paris à l’Ecole classique de la rue Charras. Le 21 juillet 1893, « Le Rappel » n° 8533 écrivit sur les résultats des concours de déclamation et d’opéra-comique de l’Ecole classique de la rue Charras, qui ont lieu sous la présidence de M. Edouard Chavagnat : « du concours de déclamation : Comédie (femmes) : 1er accessit Mlle Jeanne Even, élève de M. Jolliet. » Au concours du Conservatoire de Paris en 1896, elle obtient un 2e accessit à la tragédie et un 1er accessit à la comédie[3].

On ne sait pas pourquoi elle s'est appelée Jeanne Even. En raison de son nom de scène, la rumeur a circulé qu'elle était luxembourgeoise et la fille de Jean-Pierre Even (1828-1886), député-maire de Beaufort (Luxembourg), qui avait une fille appelée Marie Jeanne Even, née en 1864 à Thionville. Cette rumeur a cependant été rejetée en 2016[4].

À Paris, à l’époque, Jeanne Even devint une actrice connue. Depuis 1900, elle jouait au Théâtre de l’Odéon. Le 19 juin 1900, « Le Radical » écrivit : « A l’Odéon. M. Ginisty vient d’engager Mlle Jeanne Even, la jeune et charmante tragédienne. » Et le 5 mars 1902, « Le Radical » écrivit de « Mlle Courtois, dite Jeanne Even, de l’Odéon. » Elle jouait également au Théâtre Antoine et au Théâtre Fémina, à Paris. De 1911 à 1927, elle était la 266e pensionnaire de la Comédie-Française.

Théâtre[5]Modifier

Rôles au Théâtre de l’Odéon (e.a.):

  • Œnone, dans Phèdre, de Jean Racine, musique de Jules Massenet, 8 décember 1900[6].
  • Fanny, dans Le Luxe des autres, de P. Bourget et H. Amic, 20 février 1902.
  • La princesse, dans Résurrection, de H. Bataille d'après le roman de Tolstoï, 14 novembre 1902
  • La Saga, dans Les Noces corinthiennes, d'Anatole France, 30 janvier 1902[7].
  • Mme Duprat, dans Poste restante, de Serge Basset, 29 octobre 1903.
  • Pauline, dans Polyeucte, de Pierre Corneille, 6 novembre 1903.
  • Phoedime, dans Mithridate, de Jean Racine, 11 novembre 1903.
  • Rosemont, dans Le Premier venu, de Jean-Baptiste-Charles Vial, 3 décembre 1903[8].
  • Araminthe, dans Les Ménechmes, de Regnard, 18 février 1904.
  • Arsinoë, dans Le Misanthrope, de Molière, 3 mars 1904.
  • La Douairière, dans Le Roi Galant, de Marsolleau et M. Soulié, 21 avril 1904[9].
  • Hélène, dans La Déserteuse, d’Eugène Brieux et Jean Sigaux, 15 octobre 1904.
  • Gildis, dans Armide et Gildis, de Camille de Sainte-Croix, 26 novembre 1904.
  • Nourrice, dans Hippolyte couronné, de Bois, 23 mars 1905.
  • Mme de Moisand, dans La Souris, d’Edmond Pailleron, 25 octobre 1905.
  • Dorothée, dans Don Juan d'Autriche, de Casimir Delavigne, 28 octobre 1905.
  • Renaude, dans L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, musique de Georges Bizet, 18 novembre 1905.
  • La comtesse, dans Les Plaideurs, de Jean Racine, 21 décembre 1905[10].
  • Euryclée, dans Endymion, d'Achille Richard, 29 mars 1906.
  • Herminie, dans Le Jeu des ans et de l’amour, d’Adolphe Aderer et Armand Éphraïm, 21 mai 1906.
  • Nancy, dans Biribi, de Georges Darien et Lauras, 5 novembre 1906[11].

Rôles au Théâtre Antoine :

  • Mme Hardouin, dans Le Bluff, de Georges Thurner, 10 janvier 1907.
  • Lydie Ivanovna, dans Anna Karénine, d’après Léon Tolstoi. adaption Edmond Guiraud, 30 janvier 1907.
  • Mme Baudricourt, dans La Sacrifiée, de Gaston Devore, 19 septembre 1907.
  • Mme Letison, dans Monsieur Codomat, de Tristan Bernard, 17 octobre 1907.
  • Mistress Brent, dans Sherlock Holmes, d’après Arthur Conan Doyle et William Gillette, adaption Pierre Decourcelle, 20 décembre 1907.
  • Rosemonde, dans Ubu Roi, d'Alfred Jarry, 15 février 1908.
  • Mme de Blaye, dans Répudiée, de Louise Dartigue, 1er octobre 1908[12].
  • Mme Clergeot, dans L’Oreille fendue, de Lucien Népoty, 16 octobre 1908[13].
  • Julia, dans Master Bob, gagnant du Derby, de Henry de Brisay et Marcel Lauras, 21 avril 1909[14].
  • Catherine Archer, dans 1812, de Gabriel Nigond, 1er mars 1910.
  • Mme Esselin, dans La Bête, d’Edmond Fleg, 4 mars 1910.

Rôles au Théatre Fémina (Paris) :

  • Mme Turpin, dans Les Jumeaux de Brighton, de Tristan Bernard, 16 mars 1908.

Rôles à la Comédie-Française[15],[16],[17]:

  • Cléone dans Andromaque, de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1913, 1915, 1919, 1920, 1921, 1923).
  • Doris dans Iphigénie en Aulide, de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1920, 1921).
  • Comtesse dans Les Plaideurs, de Jean Racine, 1911 (et 1922, 1923).
  • Oenone dans Phèdre, de Jean Racine, 1911 (et 1912, 1913, 1917, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924).
  • Marceline dans Le Mariage de Figaro, de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, 1912 (et 1913, 1915, 1920, 1922, 1923, 1924, 1926).
  • Clara, dans Antony, d’Alexandre Dumas, 27 juin 1912.
  • Phoedime dans Mithridate, de Jean Racine, 1912 (et 1913, 1918, 1920, 1921, 1923, 1924, 1926).
  • Albine dans Britannicus, de Jean Racine, 1912 (et 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1926).
  • Claudine, dans Yvonic, de Paul Ferrier et Jeanne Paul-Ferrier, 20 août 1913.
  • Mme de Plessans, dans La Marche nuptiale, de Henry Bataille, 24 novembre 1913.
  • Panope dans Phèdre, de Jean Racine, 1914 (et 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923).
  • Céphise dans Andromaque, Jean Racine, 1914 (et 1918, 1919, 1920, 1921, 1922).
  • La nourrice, dans Sophonisbe, d’Alfred Poizat, 1914.
  • Mme Hubert, dans Le Prince charmant, de Tristan Bernard, 12 juillet 1914
  • Mme de Sotenville dans Georges Dandin, de Molière, 1916 (et 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1925)[18].
  • Egine dans Iphigénie en Aulide, de Jean Racine, 1917.
  • Mme Lepic, dans Poil de carotte, de Jules Renard, 11 janvier 1917.
  • Anna, dans Les Sœurs d’amour, de Henry Bataille, 15 avril 1919.
  • Lady Montaigu, dans Juliette et Roméo, d’André Rivoire, d’après William Shakespeare et Luigi da Porto, 1er juin 1920.
  • Clotho, dans La Mort enchainée, de Maurice Magre, 10 septembre 1920.
  • Mme Chadeaux, dans Maman Colibri, de Henry Bataille, 29 décembre 1920.
  • Mme Vagret, dans La Robe rouge, d’Eugène Brieux, 1er mars 1921.

Autres rôles:

  • En été 1908, à l’Abbaye de Saint-Wandrille, Jeanne Even joua Geneviève dans Pélléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck. Il semble, qu’en été 1915, dans le même lieu, elle jouait encore Geneviève dans le film muet Pélléas et Mélisande, réalisé par Gustave Labruyère[19].
  • Le 4 décembre 1913, à la Halle-aux-Draps de Tournai, Jeanne Even joua Stratonice dans Polyeucte de Pierre Corneille[20].
  • Le 13 mai 1918, à l’Alhambra à Orléans, elle jouait le rôle de Renaude dans L’Arlésienne, d’Alphonse Daudet et Georges Bizet[21].

CinémaModifier

Entre 1917 et 1924, Jeanne Even, en partie sous le nom de Jane Even, participait, comme actrice de cinéma, dans les films suivants[22] :

Vie privéeModifier

Le 28 juin 1927, à Paris 7e arr., a eu lieu le mariage de Jeanne Even avec l'auteur dramatique Eugène Brieux (1858-1932)[28]. Le lendemain, 29 juin, « Le Journal » n° 12673 écrivit : « Le mariage de M. Eugène Brieux et de Mlle Jeanne Even. Un mariage bien parisien a été célébré, hier matin, à la mairie du 7e arrondissement, celui de M. Eugène Brieux, membre de l’Académie française, et de Mme Jeanne Even, ancienne pensionnaire de la Maison de Molière. Le témoin de l’auteur de ‘Blanchette’ était M. Barthou, vice-président du conseil, et M. Fabre, administrateur de la Comédie-Française, celui de Mme Even. »

Eugène Brieux, depuis 1878, en premières noces, était marié avec Blanche Bricout (1858-1925)[29]. Il est mort le 6 décembre 1932, ayant auprès de lui Jeanne Even[30].

Le 27 octobre 1933, « Ciné-Comoedia » publia « Une lettre de Madame Brieux au producteur du film La Robe Rouge » . Le 2 décembre 1935, les aveugles de guerre ont inauguré la plaque à la mémoire de Brieux, leur « grand-père », sur la maison qu’habita Eugène Brieux dans l’avenue Frochot, « en présence de Mme Eugène Brieux, veuve de l’écrivain »[31].

Le 6 décembre 1936, la municipalité de Cannes a honoré la mémoire d’Eugène Brieux en apposant une plaque commémorative sur les murs de la villa « Le Pin qui danse » qu’il habita de 1920 à 1926, et de donner son nom à une rue du quartier de la Croisette, « d’accord avec Mme Brieux »[32].

Jusqu'à sa mort, Jeanne Brieux-Courtois eut des copyrights pour des œuvres d’Eugène Brieux[33].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Etat Civil, Résultats », sur anom.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le 11 mars 2020).
  2. État-civil de Clichy.
  3. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  4. Pierre Even, "Auf den Spuren einer vergessenen Mimin. War Jeanne Even eine Luxemburger Schauspielerin?" In: Luxemburger Wort/Die Warte, 7 juillet 2016.
  5. (en) « Individual : EVEN Jeanne, Paris, France Keyword : Paris - Search the Genealogy Library », sur Geneanet (consulté le 5 mars 2020)
  6. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  7. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  8. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  9. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  10. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  11. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  12. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, (consulté le 13 mai 2020)
  13. « Affiches de Théâtre - L'Oreille fendue de Lucien NÉPOTY - Théâtre Antoine 1908 », sur www.regietheatrale.com (consulté le 13 mars 2020)
  14. « Affiches de Théâtre - Master Bob, gagnant du Derby de Henry de BRISAY et Marcel LAURAS - Théâtre Antoine 1909 », sur www.regietheatrale.com (consulté le 13 mars 2020)
  15. « Jane Even », sur Les Archives du Spectacle (consulté le 4 mars 2020)
  16. « Recherchez sur la base La Grange ・ Comédie-Française », sur lagrange.comedie-francaise.fr (consulté le 5 mars 2020)
  17. Albert (1846-1918) Auteur du texte Soubies et Paul (1848-1924) Auteur du texte Milliet, « Almanach des spectacles : continuant l'ancien Almanach des spectacles publié de 1752 à 1815 », sur Gallica, 1912 et 1913 (consulté le 13 mai 2020)
  18. « Sociétaires de la Comédie Française - 1922 », sur www.regietheatrale.com (consulté le 13 mars 2020)
  19. Christophe Gauthier, « Au-delà du film d’art. Sur deux films retrouvés à la Cinémathèque de Toulouse », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze. Revue de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma, no 56,‎ , p. 337–334 (ISSN 0769-0959, DOI 10.4000/1895.4083, lire en ligne, consulté le 4 mars 2020)
  20. mounetsully, « Jeanne Even », sur Mounet-Sully et Paul Mounet (consulté le 4 mars 2020)
  21. Journal du Loiret, 101e Année, N° 114 du 11 mai 1918.
  22. « Jeanne Even », sur IMDb (consulté le 4 mars 2020)
  23. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Le Dédale », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le 16 mars 2020)
  24. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - Par la vérité », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le 16 mars 2020)
  25. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - La Route du devoir », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le 16 mars 2020)
  26. « Fondation Jérôme Seydoux-Pathé - La Ferme du choquart », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le 16 mars 2020)
  27. « Violettes Impériales, 2e chapitre: Violetta No.1 | Pathé Baby Collection », sur library.princeton.edu (consulté le 16 mars 2020)
  28. État-civil de la mairie du 7e arr.
  29. Le 19 février 1925, « Le Figaro » écrivit : Nous apprenons avec un vif regret la mort de Mme Brieux, femme de M. Brieux, de l’Académie française, décédée à Cannes.
  30. Le 7 décembre 1932, « Le Petit Parisien » écrivit : Il rendait le dernier soupir dans les bras de Mme Brieux qui, depuis sa maladie, n’avait pas quitté son chevet.
  31. Voir : « Comoedia » du 26 novembre et 3 décembre 1935.
  32. Voir : « Comoedia » du 20 novembre et 12 décembre 1936.
  33. « Catalog of Copyright Entries » Third Series, Vol. 3, Part 14 A, Number 1 (1949).