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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Polyeucte (homonymie).

Polyeucte
Polyeucte martyr
Polyeucte dans le Ménologe de Basile II
Polyeucte dans le Ménologe de Basile II

Auteur Corneille
Genre Tragédie
Nb. d'actes 5
Lieu de parution Paris
Date de parution 1642
Date de création en français 1641
Compagnie théâtrale Théâtre du Marais

Polyeucte martyr est une tragédie de Pierre Corneille représentée en 1641 au Théâtre du Marais. Elle est inspirée par le martyre de Polyeucte de Mélitène sous le règne de Valérien en 259. C'est l'une des dernières tragédies classiques du XVIIe siècle à sujet religieux : Corneille écrit encore Théodore en 1646 et Jean Racine deux autres tragédies, Esther en 1689 et Athalie en 1691, mais ces pièces ne sont pas destinées au public.

Marc-Antoine Charpentier composa vers 1679 l’ouverture du prologue de Polieucte, Charles Gounod s'inspira de Polyeucte pour un opéra du même nom qui fut donné le . Paul Dukas composa pour la pièce de Corneille une Ouverture, créée en 1892.

Les personnagesModifier

  • Félix, sénateur romain, gouverneur d'Arménie
  • Polyeucte, seigneur arménien, gendre de Félix
  • Sévère, chevalier romain, favori de l'empereur Décie
  • Néarque, seigneur arménien, ami de Polyeucte
  • Pauline, fille de Félix, et femme de Polyeucte
  • Stratonice, confidente de Pauline
  • Albin, confident de Félix
  • Fabian, domestique de Sévère
  • Cléon, domestique de Félix
  • Trois Gardes

RésuméModifier

L'action de cette tragédie historique se déroule à Mélitène, en Arménie romaine, au IIIe siècle après Jésus-Christ, lors de la persécution des chrétiens par l'empereur romain Decius. Corneille évoque les conséquences de la conversion au christianisme de Polyeucte : conséquences psychologiques et sociales pour le converti lui-même, qui doit rompre avec ses attaches humaines, et conséquences politiques puisqu'il est le gendre du gouverneur romain, Félix.

C'est aussi l'occasion pour Corneille de nous offrir des scènes d'amour conjugal entre le héros et sa femme, Pauline. Elle-même est aimée par un noble chevalier romain, Sévère, et Polyeucte, condamné au martyre, est prêt à confier sa tendre épouse à cet homme de bonne volonté.

Le tragédien fait véritablement œuvre de théologien en nous montrant diverses formes de conversions : progressive chez Pauline, qui finit par adhérer au christianisme en assistant au supplice de son mari, instantanée sous l'effet de la grâce chez Félix.

Phrases célèbresModifier

Polyeucte va être exécuté s'il ne renonce pas à sa foi chrétienne. Sa femme Pauline l'adjure de renoncer à sa foi par amour pour elle :

— Pauline : Quittez cette chimère, et m'aimez.

— Polyeucte : Je vous aime,

Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même.

(Acte IV, scène III)

La pièce recèle aussi (Acte I, sc. 1) un kakemphaton célèbre : « Vous me connaissez mal : la même ardeur me brûle / Et le désir s'accroît quand l'effet se recule » (qui peut être entendue comme : « Et le désir s'accroît quand les fesses reculent », ou bien : « Elle désire sa croix quand les fesses reculent »). Ce vers, qui provoqua l'hilarité lors des premières représentations[réf. souhaitée], fut neutralisé[réf. souhaitée] par l'auteur dans les versions postérieures.

Mises en scène notablesModifier

Comédie-Française (1960)Modifier

(Ce spectacle a fait l'objet d'une captation télévisée le 31 mars 1961, dans une réalisation d'Alain Boudet).

Théâtre du Vieux-Colombier (1962)Modifier

Comédie-Française (1969)Modifier

Comédie-Française (1987)Modifier

Théâtre de l’Épée de Bois à La Cartoucherie (2017)[1]Modifier

  • Metteur en scène : Ulysse Di Gregorio
  • Assistant dramaturge : Benoît Clair
  • Scénographe : Benjamin Gabrié
  • Costumier: Salvador Mateu Andujar
  • Distribution :
    • Polyeucte : Johann Proust
    • Pauline : Coline Moser
    • Félix : Grégory Frontier
    • Fabian : Benjamin Zana
    • Sévère : Hugo Tejero
    • Stratonice : Anaïs Castéran
    • Albin : Adrien Naisse
    • Néarque : Jean-Daniel Bankole

Autres œuvres inspirées de PolyeucteModifier

Poliuto de DonizettiModifier

Composé en 1838 sur un livret de Salvadore Cammarano, et interdit par la censure royale napolitaine, Poliuto fut transposé en français par Eugène Scribe sous le titre Les Martyrs (opéra en 4 actes) et créé dans cette version à l'Opéra de Paris . La version italienne fut finalement créée à Naples au Teatro San Carlo après la mort du compositeur, et est restée dans le répertoire en Italie. L'action est globalement fidèle à la tragédie de Corneille.

Le Polyeukt de KrauzeModifier

Polieukt est aussi un opéra du Polonais Zygmunt Krauze, d'après la pièce de Corneille. Il a été donné en France pour la première fois au Capitole de Toulouse en novembre 2011 avec une mise en scène par le coauteur de Krauze (pour le livret) : Jorge Lavelli.

Le Polyeucte de Corneille apparaît comme très modifié, puisque Krauze minimise le contexte de la colonisation romaine à l'égard de l'Arménie avec les persécutions anti monothéistes de l'empereur (IIIe siècle après Jésus-Christ). Le metteur en scène présente cette œuvre comme « Un chant pour la liberté et la tolérance » et il inclut une référence - qu'il présente comme historique[2] - à l'homosexualité de Polyeucte, qui aurait eu une relation avec Néarque (à distinguer du Néarque compagnon d'Alexandre le Grand !). Les auteurs font de leurs personnages des lutteurs en butte à l'hostilité des autres, et des provocateurs qui abattent les idoles, d'où leur exécution comme martyrs.

Les Sept Couleurs de Robert BrasillachModifier

La pièce de Corneille fonctionne en sous-texte dans le roman, Les Sept Couleurs (1939) de Robert Brasillach.

Notes et référencesModifier

  1. « Billetterie en ligne | Théâtre de l'Épée de Bois », sur www.epeedebois.com (consulté le 28 juin 2017)
  2. Le Grand Dictionnaire de Moréri, tome V, 1732

AnnexesModifier

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Article connexeModifier

Liens externesModifier