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Ne doit pas être confondu avec Jean Sullivan.
Jean Sulivan
Nom de naissance Joseph Lemarchand
Naissance
Montauban-de-Bretagne
Décès (à 66 ans)
Paris
Activité principale
Prêtre et écrivain
Auteur
Langue d’écriture français

Jean Sulivan, pseudonyme de Joseph Lemarchand, est un prêtre et écrivain français né le à Montauban-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine, et mort le à Paris.

Sommaire

BiographieModifier

« Joseph Lemarchand, de son vrai nom, est né en 1913 dans une famille bretonne d'exploitants agricoles ». Son père est tué à la guerre en 1916, en Argonne. Sa mère, ne pouvant continuer seule de mener l'exploitation agricole en tant que métayère, se remarie en 1919. Joseph Lemarchand est l'enfant unique issu du premier mariage de sa mère. Il est « mis en pension, au petit séminaire de Chateaugiron »[1], puis il entre au grand séminaire de Rennes. Il est ordonné prêtre en 1938 [2].

Jeune prêtre, il est aumônier des étudiants de Rennes, auprès desquels, après la Seconde Guerre mondiale, il organise un ciné-club, monte une bibliothèque de prêt en littérature, tout en mettant sur pied un journal mensuel, Dialogues Ouest[2].

En 1958 — il est alors âgé de 45 ans —, il quitte son poste d'enseignant dans un lycée catholique, « pour se consacrer uniquement à l'écriture ». En vingt-deux ans, il écrira presque trente livres[2].

Il est renversé par une voiture à Paris et décède une semaine plus tard le 16 février 1980[3].

Quant à son nom de plume, Jean Sulivan l'a emprunté au film de Preston Sturges, Les voyages de Sullivan (1942), rapporte Pádraig Ò Gormaile en se fondant sur un passage de Matinales, Itinéraire spirituel de l'écrivain. Il ajoute: « “Sulivan”, avec un seul “l”, dénote une touche de singularité [...]. Ce nouveau nom représente pour lui une renaissance »[2].

Jean Sulivan a également été directeur de collection chez Gallimard, puis chez Desclée de Brouwer[4].

L'écrivain et prêtreModifier

Une page de synthèse littéraire de manuel scolaire, intitulée « Roman et idéologies d'après-guerre » au paragraphe « Orthodoxies et création » du volume Littérature XXe siècle de la collection Henri Mitterand - « Textes et documents », situe Jean Sulivan au chapitre « Années 1950... Hussards et Chevau-légers », 2. « Romans de mal du siècle », en tant que romancier inspiré par le christianisme, aux côtés de Pierre-Henri Simon, Luc Estang, Paul-André Lesort, Roger Bésus, Henri Queffélec ou Gilbert Cesbron[5]...

En 1964, Jacques Madaule aurait dit de Sulivan qu'il était « un auteur capable de continuer Bernanos »[6].

Dans un article de 2011 du journal La Croix, Bruno Frappat considère Jean Sulivan plutôt comme un « contemporain » qui « s'engagea dans la voie de la littérature en se libérant, mais sans rupture, de son statut d'ecclésiastique affecté à des missions sacerdotales ». Selon lui, l'entrée tardive en écriture, telle une « seconde naissance » ouvrit à Jean Sulivan « la voie d'une liberté intérieure et de la promotion de cette liberté spirituelle qui est le fil conducteur de ses écrits ». Il s'agissait aussi d'une « liberté par rapport à l'Église institutionnelle, sans négliger pourtant que celle-ci avait sa fonction : la parole de l'Évangile », car, interrogeait l'écrivain, « sans l'Église l'aurions-nous entendue ? ». Mais « cette reconnaissance de dette », poursuit Frappat en citant encore Sulivan, n'empêchait pas celui-ci « d'exprimer un sévère appel à une Église qui “cesse d'apparaître comme cette énorme coiffe de plomb à organiser les apparences” »[7].

ŒuvresModifier

  • Fin des années 1950
    • Le Voyage intérieur, Plon, 1958; réédité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968
    • L'insurrection du prince, récit inédit, 1959, édité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968
    • Provocation ou la faiblesse de Dieu, Plon, 1959
  • Années 1960
    • Le bonheur des rebelles, Plon, 1960, réédité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968
    • Le Prince et le mal, Paris, Spes, 1960
    • ''Ligne de crête Plon, 1961, réédité et suivi de Les Hommes de souterrain, Desclée de Brouwer, Coll. « Connivence », 1978.
    • Paradoxe et scandale, Plon, 1962, réédité sous le titre Dieu au-delà de Dieu, Gallimard, 1968, puis aux éditions Desclée de Brouwer, 1982
    • Du côté de l'ombre, Gallimard, 1962
    • Mais il y a la mer, Gallimard, 1964 ; collection Folio, no 628, 1974.
    • Le plus petit abîme, Gallimard, 1965
    • Devance tout adieu, Gallimard, 1966; collection Folio no 1451, 1983. Prix des écrivains de l'Ouest 1988.
    • Car je t'aime, ô Éternité !, Gallimard, 1966
    • L'Obsession de Delphes, Gallimard, 1967
    • Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968
    • Consolation de la Nuit, Gallimard, 1968
    • Dieu au-delà de Dieu, Gallimard, coll. « Les Essais », 1968 (réédition de Paradoxe et scandale, Plon, 1962, avec quelques ajouts), réédité aux Éditions Desclée de Brouwer, coll. « Connivence », 1982.
    • Les Mots à la gorge, Gallimard, 1969 et éditions Apogée, 2008
    • Miroir brisé, Gallimard, 1969
  • Années 1970
    • D'Amour et de mort à Mogador, Gallimard, 1970
    • Petite littérature individuelle suivi de « Logique de l'écrivain chrétien », Gallimard, Collection « Voies ouvertes » (dir.: Jean Sulivan), 1971.
    • Joie errante, Gallimard, 1974; coll. Folio no 1917, 1988.
    • Je veux battre le tambour, Gallimard, 1975
    • Matinales I : Itinéraire spirituel, Gallimard, 1976; Folio essais no 367, 2000, Prix Bretagne 1976
    • Matinales II : La Traversée des illusions, Gallimard, 1977. « Passez les passants », postface à Henri Guillemin, Sulivan ou la parole libératrice, Gallimard, 1977.
    • « La Dévotion moderne », introduction à L'imitation de Jésus-Christ, nouvelle traduction du latin par Michel Billon, Desclée de Brouwer, coll. « Connivence », 1979
    • L'instant l'éternité, Entretiens avec Bernard Feillet, Ed. du Centurion, 1978
    • Quelque temps de la vie de Jude et Cie, Stock, 1979
  • 1980 sqq., éditions posthumes

Autres publications de Jean SulivanModifier

  • En tant qu'éditeur (directeur de collection)
    • « Blessure d'absolu », préface de J. Sulivan à Roger Munier, L'instant, éditions Gallimard (Collection « Voies ouvertes »: dir. Jean Sulivan), 1973.

Archives de Jean SulivanModifier

Au début de l'année 2011, les archives de Jean Sulivan ont été déposées par Édith Clanet-Delos, légataire de Jean Sulivan, à l'I.M.E.C. (Institut mémoires de l'édition contemporaine).

Association des Amis de Jean SulivanModifier

L'Association des Amis de Jean Sulivan, fondée en 1985 et présidée par Édith Delos, a publié 13 numéros de sa revue Rencontres avec Jean Sulivan. Sa dissolution, estimée nécessaire, a été prononcée lors de sa dernière assemblée générale en novembre 2010[7].

Bibliographie et documentsModifier

AnthologiesModifier

  • Pages (éd.:Marie Botturi, Edith Delos, Marguerite Genzbittel), « avant-propos » de Jean Grosjean, introduction de Raymond Jean, Gallimard, 1996.
  • Jean Sulivan. Libre sous le regard de Dieu, présentation par Patrick Gormally et Mary Ann Mannion, Fides, Québec, 2006.
  • L'incessante marche. Extraits de Jean Sulivan (éd.: Joseph et Maryvonne Thomas), Mine de Rien, Néant-sur-Ivel, 2003.
  • Jean Sulivan Abécédaire, Édition établie et présentée par Charles Austin, Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-07-013178-5)
  • Jean Sulivan. Une pensée par jour, textes choisis par Claude Goure, éditions Médiaspaul, 2014 (ISBN 978-27122-1298-8)

Bibliographie complémentaireModifier

  • Collection Henri Mitterand, Littérature Textes et Documents XXe siècle, Bernard Lecherbonnier, Dominique Rincé, Pierre Brunel, Christiane Moatti, Introduction historique de Pierre Miquel, Paris, Nathan, Edition revue et mise à jour, Impression février 2001.  
  • Henri Guillemin, Sulivan ou la Parole libératrice suivi de Passez les passants par Jean Sulivan, Paris, Gallimard, 1977.
  • Joseph Majault, l'Évidence et le mystère, Le Centurion, 1978[réf. souhaitée].
  • Marie Botturi, « Sur la route de L'Exode avec Jean Sulivan », Études, no 353/2-3, août-septembre 1980, p. 195-209.
  • Rencontres avec Jean Sulivan, Revue de l'Association des Amis de Jean Sulivan, directrice de publication : Édith Delos, directeur de rédaction : Claude Goure, 1985-2010.
  • Claude Lebrun, Invitation à Jean Sulivan, Le Cerf, 1981.
  • Collectif, « Le sacrement de l'instant. Présence de Jean Sulivan », Actes du premier colloque Jean Sulivan, Question de, no 80, Paris, Albin Michel, 1990
  • Pádraig Ò Gormaile , « Littérature et spiritualité : l'aventure de Jean Sulivan ». In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1993, no 45. p. 135-147. DOI : 10.3406/caief.1993.1812 [4]  
  • Jean Lavoué, Jean Sulivan, je vous écris, Éditions Desclée de Brouwer, 2000
    • Jean Sulivan, la voie nue de l'intériorité, Éditions Golias, Lyon, 2011.
  • Collectif, Yvon Tranvouez (dir.), Jean Sulivan, L'écriture insurgée, Éditions Apogée, Rennes, 2007 [5][6]
  • Eamon Maher, Jean Sulivan, 1913-1980 : la marginalité dans la vie et l'œuvre, L' Harmattan, 2008.
  • Franck Delorme, « La parole vive de Jean Sulivan », dans Études, mars 2010.
  • Jean Sulivan, une parole d'intériorité pour aujourd'hui, Actes du Colloque de Ploërmel des 24 et 25 avril 2010, Les Sources et les Livres, 2, rue de la Fontaine, 44410 Assérac.
  • Bruno Frappat, « Jean Sulivan, contemporain », Journal La Croix, 6 janvier 2011. 
  • Jean-Claude Guillebaud, « Jean Sulivan nous revient », La vie — Édition papier du 7 mars 2013 (no 3523)

Documentation audio-visuelleModifier

  • La flûte de Jean Sulivan, film de Patrick Chagnard, diffusé par TF1 le 18 février 1968, et « La parole inachevée », interview de Jean Sulivan par Marie-Thérèse Maltèse, diffusé sur TF1 le 24 septembre 1978 - Association des amis de Jean Sulivan, Les Films du Parotier et CFRT, 2006 (DVD).

Notes et référencesModifier

  1. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le petit séminaire représentait souvent « l’un des seuls moyens de s’instruire pour les enfants vivant à la campagne et dont les parents avaient de faibles ressources ». Repérés par les curés de paroisse, les enfants doués pouvaient y étudier: l'Église prenait leurs études en charge. « La discipline y était rigoureuse ». Le petit séminaire de Châteaugiron fut fermé en 1971 et remplacé par un établissement scolaire. (Source documentaire: « L'ensemble Sainte-Croix », Les circuits du patrimoine, site consulté le 14 octobre 2017: [1]).
  2. a b c et d Ò Gormaile Pádraig, « Littérature et spiritualité : l'aventure de Jean Sulivan ». In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1993, no 45, p. 135-138. [lire en ligne]
  3. Biographie de Jean Sulivan sur le site de l'Association des Amis de Jean Sulivan (dissoute en 2010), page d'archive consultée le 15 octobre 2017 [2]
  4. Jean-Claude Guillebaud, « Jean Sulivan nous revient », La vie, site consulté le 14 octobre 2017 [3].
  5. Collection Henri Mitterand, Littérature Textes et Documents XXe siècle, p. 525.
  6. Eamon Maher, Jean Sulivan (1913- 1980) ; la marginalité dans la vie et l'œuvre, Paris, L'Harmattan, 2008: « Jacques Madaule a dit de lui dans Témoignage chrétien du 30 avril 1964 qu'il était “un auteur capable de continuer Bernanos” » (Quatrième de couverture du livre).
  7. a et b Bruno Frappat, « Jean Sulivan contemporain », La Croix, [lire en ligne]

Voir aussiModifier

Sources de l'articleModifier

  • Source biographique: Ò Gormaile Pádraig. « Littérature et spiritualité : l'aventure de Jean Sulivan ». In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1993, no 45. p. 135-147. DOI : 10.3406/caief.1993.1812 [7].
  • Source bibliographique: dans « Appendices » de Jean Sulivan Abécédaire, Édition établie et présentée par Charles Austin, Gallimard, novembre 2010 (ISBN 978-2-07-013178-5).

Liens externesModifier

  • Biographie de Jean Sulivan sur le site de l'Association des Amis de Jean Sulivan (dissoute en 2010), page d'archive consultée le 15 octobre 2017 [8]
  • Sur Jean Sulivan dans l'hebdomadaire La vie [9]
  • L'ensemble Sainte-Croix (Couvent, puis Petit séminaire de Châteaugiron), circuits du patrimoine: site consulté le 13 octobre 2017 [10]