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Argonne (région)

région naturelle de l'est de la France
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Argonne.

Argonne
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Grand Est
Subdivision administrative Ardennes, Marne, Meuse
Villes principales Clermont-en-Argonne,
Sainte-Menehould,
Vouziers,
Varennes-en-Argonne,
Vienne-le-Château
Coordonnées 50° 00′ 34″ nord, 5° 05′ 35″ est
Superficie approximative 2 150 km2
Relief jusqu'à 350 mètres d'altitude
Régions naturelles
voisines
Ardennes,
Barrois,
Champagne humide

Image illustrative de l’article Argonne (région)
Localisation

L'Argonne est une région naturelle de la France, s'étendant sur les départements de la Marne, les Ardennes et la Meuse, à l'est du bassin parisien. L'Argonne est une région de forêt et d'étangs. La principale localité de l'Argonne est Sainte-Menehould.

Dans l'histoire de France, la région de l'Argonne s'est forgée une réputation grâce surtout à trois événements :

Sommaire

GéographieModifier

SituationModifier

D'extension grossièrement nord-sud, L'Argonne se situe entre le massif ardennais au nord, la Champagne humide et haute-vallée de l'Aisne à l'ouest, le Barrois de Bar-le-Duc et la vallée de l'Aire à l'est.

L'Argonne est desservie par la gare de Meuse TGV sur la ligne à grande vitesse de Paris à Strasbourg[1], par l'autoroute A4 (sorties de Sainte-Menehould et Clermont-en-Argonne) et par l'ancienne nationale 3.

ReliefModifier

Le cœur de l'Argonne, entre l'Aisne et l'Aire, bien qu'à proximité immédiate de la vallée de la Meuse, fait partie du bassin versant de la Seine.

L'Argonne présente un relief modéré, aux environs de 350 mètres pour les plus hauts sommets, avec un escarpement vers l'est. La topographie de l'Argonne forme un bastion naturel ponctué de cinq passages : Le Chesne, La Croix-aux-Bois, Grandpré, Le Claon et les Islettes. Ce relief lui a valu de jouer un rôle stratégique important lors de nombreux conflits : notamment la Première Guerre mondiale et la Bataille de Valmy, ainsi qu'antérieurement lors de la guerre de 1870.

GéologieModifier

La géologie de l'Argonne se caractérise par un relief de cuesta développé par l'affleurement de la gaize (grès glauconieux à spicules d'éponges cimenté par de l'opale) de l'étage Albien (Crétacé).

ForêtsModifier

L'emprise forestière en Argonne a évolué au cours de l'histoire. Les forêts domaniales d'Argonne résultent en partie de reboisements des années 1920 à titre de forêt de guerre[réf. souhaitée]. Ce sont notamment la forêt domaniale d'Ariethal et le site de la croix du Bayle[2] au-dessus de Fléville dans les Ardennes ; la forêt domaniale du Pont de l'Aune dans la Meuse ; la forêt domaniale de Haute Chevauchée[3] sur la commune de Vienne-le-Château dans la Marne et sur les communes de Boureuilles et Lachalade dans la Meuse ; la forêt domaniale de Lachalade dans la Meuse ; la forêt domaniale du Mort-Homme au dessus d'Esnes-en-Argonne ; la forêt domaniale du Grand Pays au dessus des Islettes ; la forêt domaniale de Châtrices dans la Marne ; la forêt domaniale de Beaulieu dans la Meuse.

HistoireModifier

Antiquité et Moyen ÂgeModifier

 
Poterie et verrerie du VIe siècle trouvées à Fléville dans la vallée de l'Aire (Musée Saint-Remi de Reims).

A l'époque gallo-romaine, les ateliers céramiques de l'Argonne, notamment les fours de Lavoye et Avocourt, produisent en masse de la céramique sigillée aux IIe et IVe siècles. La région est connue également pour ses exportations de produits verriers. Les nécropoles mérovingiennes de la région qui reprennent parfois les emplacements de sites romains, montrent la possibilité d'une réoccupation voire d'une continuité d'occupation entre le Bas-Empire romain et le Haut Moyen Âge[4].

Au Moyen Âge, le massif a connu les premiers défrichements, notamment autour des abbayes cisterciennes qui s'y implantèrent : Montiers-en-Argonne, Lachalade et Chéhéry. Plusieurs villes neuves furent fondées pour attirer des nouvelles populations. L'initiative venait du comte de Champagne ou du comte de Bar : La Neuville-au-Pont, Florent-en-Argonne, Passavant-en-Argonne (pariage avec l'abbaye de Châtrices).

Longtemps, l'Argonne a été considérée, non comme une véritable entité, mais comme partagée entre les deux régions majeures que sont la Champagne et la Lorraine.

XVIIIe et XIXe sièclesModifier

En 1782, l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne[5] décrit l'Argonne comme suit ;

« Contrée de France, qui s'étend en Champagne & dans le Barrois. Elle a environ 18 lieues de long sur une largeur fort inégale. Cette contrée n'est pour ainsi dire qu'une grande forêt, dans laquelle sont des vuides où l'on a bâti des villes & des villages. Les habitants en cultivent les environs avec le plus grand soin ; mais indépendamment de ce que la qualité du sol n'en pas bien bonne, les bêtes fauves dont le pays est rempli, les privent en grande partie du fruit de leur labeur. Le bétail leur réussit mieux, & le commerce des bois leur est encore une ressource. Sainte-Menehould est la capitale de cette contrée ».

Durant la Révolution française, ce territoire proche des frontières est mis en exergue par la fuite de Louis XVI et son arrestation à Varennes en 1791, puis par la bataille de Valmy en 1792 (c'est au célèbre Moulin de Valmy, le . L'armée révolutionnaire sous les ordres de Dumouriez et Kellermann y arrête l'invasion austro-prussienne, commandée par le duc de Brunswick)

L'économie de la région au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle était d'essence locale. La présence de nombreux cours d'eau, de grandes forêts et de minerai de fer ont conduit à la construction de nombreux moulins et de petites forges au rayonnement local. Entre 1708 et 1880, de nombreuses faïenceries ont existé en Argonne, la plus célèbre étant celle du Bois d'Épense près du bourg des Islettes.

Au XIXe siècle, la découverte des coquins, des nodules de phosphate de magnésium, va développer une petite industrie des engrais à partir du milieu du siècle (premier moulin en 1855) ; les anciennes installations de lavage du minerai de fer, en disparition, ainsi que des moulins vont être reconvertis pour le lavage et le concassage des coquins. L'activité se développe et pour envoyer l'engrais dans toute la France, la gare ferroviaire de Grandpré est agrandie. L'activité durera plus d'un demi-siècle et s'éteindra après avoir périclité vers la fin du siècle face à la concurrence des nouvelles sources de phosphates. Le dernier moulin à coquins fermera après la Première Guerre mondiale.

Première Guerre mondialeModifier

 
Hôpitaux et ambulances entre Reims et Verdun en 1917 d'après Ambulance 464 de Julien Bryan[6].

L'armée allemande s'installe dans le massif de l'Argonne dès l'automne 1914 après la bataille de la Meuse fin août dans les Ardennes. Les combats de Vaux-Marie, la bataille de Revigny au sud et surtout la bataille de la Marne plus à l'ouest, permettent à l'armée française de fixer le front dans le nord de l'Argonne sur la ligne Servon - Varennes. L'Argonne reste ainsi l'un des accès à la place fortifiée de Verdun, par la route et la voie ferrée. La bataille de Vauquois commence alors et durera jusqu'en 1918.

L'Argonne est le front oriental des batailles de Champagne notamment de décembre 1914 à mars 1915 puis en septembre-octobre 1915.

Pendant la bataille de Verdun de 1916 et celle de 1917, les points hauts en rive gauche de la Meuse tels que la cote 304 et le Mort-Homme au nord d'Avocourt, Esnes et Cumières, sont l'objet de combats meurtriers.

À l'automne 1918, l'armée américaine du général Pershing passe à l'offensive en direction du nord entre Meuse et Argonne. Le front atteint Vienne-le-Château, Varennes, Avocourt et Esnes dès le 26 septembre. L'armée américaine dépasse Vauquois et prend la butte de Montfaucon le lendemain puis s'attaque aux positions fortifiées entre le défilé de Grandpré sur l'Aisne et Brieulles-sur-Meuse. Elle s'empare de la ligne de crête au dessus de Romagne-sous-Montfaucon le 14 octobre et franchit la Meuse à Brieulles début novembre[réf. nécessaire]. L'armée américaine atteint les faubourgs de Sedan et Montmédy le 11 novembre lorsque l'armistice met fin aux combats. Les actes d'héroïsme les plus connus de l'offensive Meuse-Argonne sont le sauvetage du bataillon perdu (en) dans les ravins de Charlevaux[7] au nord-est de Binarville et l'exploit du sergent York près de Chatel-Chéhéry.

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L'Argonne fait partie des lieux emblématiques du front ouest de la Première Guerre mondiale que l'association « Paysages et Sites de mémoire de la Grande Guerre » cherche à faire reconnaître par l'Unesco en vue d'une inscription collective au patrimoine mondial[8]. Les nombreux cimetières militaires allemands, français et américains de la région témoignent des combats dans lesquels des milliers de soldats sont morts ; ce sont par exemple la nécropole nationale de Saint-Thomas-en-Argonne, le cimetière militaire allemand d'Apremont[9], le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon et bien d'autres. Les zones de combat et les zones arrière les moins perturbées par les reforestations d'après-guerre se prêtent à des restaurations telles que celle du camp de la vallée Moreau[10] près de Vienne-le-Château, ou à des fouilles archéologiques telles que celles réalisées par la DRAC Champagne-Ardennes en 2010 et 2011 sur l'emplacement du « Lager Borrieswalde » en forêt d'Argonne entre Binarville (Marne) et Apremont (Ardennes)[11],[12]. De même, des prospections archéologiques américaines ont donné des résultats dans les ravins de Charlevaux sur les traces du bataillon perdu[7].

TourismeModifier

Aujourd'hui, ses structures d'accueil (gîtes ruraux, auberges, camping, etc.) permettent aux visiteurs recherchant le calme et la nature de passer un agréable séjour. Ses paysages vallonnés, ses forêts et son riche patrimoine des XVIe et XVIIe siècles (châteaux et abbayes) en font une région touristique attractive, mais fort peu mise en valeur.

 
Gite rural à Beaulieu-en-Argonne.

À voir dans la régionModifier

 
Abri du Kronprinz à proximité de Varennes-en-Argonne.

À écouter dans la régionModifier

  • Depuis 1994, le village de Louvergny accueille un festival de musique lyrique original, les Rencontres de Louvergny qui a lieu dans la première quinzaine d'août. Des concerts ont maintenant lieu un peu partout en Argonne, et autour.
  • Une autre série de concerts de musique classique ou plus moderne, intitulée Notes d'Argonne, a lieu en Argonne au mois de mai.

SpécialitésModifier

Une des spécialités culinaires de l'Argonne est le gâteau mollet, gâteau à pâte levée briochée cuit dans un moule à côtes. Le moule à gâteau mollet est plus trapu que son homologue à kouglof et la cheminée centrale est plus ample.

Le pied de cochon est aussi une spécialité culinaire de l'Argonne et plus particulièrement de Sainte-Menehould où un restaurant en a fait une de ses spécialités.

Notes et référencesModifier

  1. Entre Châlons-en-Champagne et Verdun, la ligne ferroviaire classique n'est plus utilisée que pour le fret.
  2. « Le programme de valorisation des forêts d'Argonne », sur le site de l'ONF
  3. « Un lieu emblématique de la guerre souterraine », sur le site de l'ONF
  4. Michel Gazenbeek (contributeur : Sander Van der Leeuw), « L'Argonne dans l'Antiquité : Étude d'une région productrice de céramique et de verre », Gallia, vol. 60, no 1,‎ , p. 269-317 (DOI 10.3406/galia.2003.3056, lire en ligne).
  5. Voir page 151 de l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne imprimée à Paris, M DCC. LXXXII (1782), Chez Plomteux, Imprimeur des états
  6. (en) Ambulance 464 sur Wikisource
  7. a et b « Le Lost Battalion », sur archeologie1418.culture.fr
  8. « Sites funéraires et mémoriels de la première guerre mondiale - Front Ouest : Secteur mémoriel de l'Argonne »
  9. « Cimetière militaire allemand d'Apremont », sur ardennes.com
  10. « Camp de la vallée Moreau »
  11. Yves Defosses, « Fouille programmée du « Lager Borrieswalde » à Apremont (Ardennes) » [PDF], sur archeologie1418.culture.fr, Service régional de l'archéologie, DRAC Champagne-Ardenne,
  12. Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, « Le Borrieswald en forêt d'Argonne » [vidéo], sur youtube

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jérôme Buridant, « La gestion de la forêt d’Argonne autour de Beaulieu, XVIe-XVIIIe siècles », Beaulieu-en-Argonne, abbaye en pays frontière, Actes des XXXIe journées d’études meusiennes, Société des lettres,sciences et arts de Bar-le-Duc – Université de Nancy II, 2004, pp. 187–196.
  • Jérôme Buridant, « La forêt d’Argonne ou les permanences de l’histoire », Revue historique ardennaise, n° 43, 2011, pp. 63–82.
  • Daniel Hochedez, « La guerre franco-allemande et l'occupation en Argonne (1870-1873) », Horizons d'Argonne, no 87,‎ , p. 13-45 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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