Jean-Bernard Lafonta

Jean-Bernard Lafonta, né le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est une personnalité française du monde de la finance. Il a travaillé successivement au sein de la banque Lazard, de BNP Paribas, de Wendel Investissement, dont il a été président du directoire, et de la société d'investissement HLD.

Origines familialesModifier

Jean-Bernard Lafonta est le fils de Roger Lafonta, directeur de société, et d'Antonia Germani, ingénieur[1].

Il a une sœur, Florence, née le , ancienne élève de l’École polytechnique, ingénieur du corps des Ponts et chaussées, mariée à Marc Darmon[2]. Elle dirige l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l'industrie (ESTP) depuis le [3].

De son union avec Marie-Hélène Canet, avocate, il a trois filles[1].

FormationModifier

Il a été élève du lycée de Saint-Cloud et du lycée Louis-le-Grand à Paris. Ancien élève de l’École polytechnique, il est ingénieur du corps des Mines de Paris[1].

CarrièreModifier

Jean-Bernard Lafonta commence sa carrière comme ingénieur chez Jeumont-Schneider puis rejoint les cabinets ministériels de Michel Delebarre et Ségolène Royal, ministres de François Mitterrand[4]. Bruno Roger le fait venir à la banque Lazard en 1993 où il fait ses premiers pas dans la banque d’affaires avant de rejoindre en 1996 Michel Pébereau comme directeur de la stratégie de la BNP, puis il prend la direction des marchés de capitaux de BNP Paribas et la présidence de Banque Directe.

En 2001, il devient directeur général de Wendel Investissement, société d’investissement familiale, à la suite d’Ernest-Antoine Seillière qui l’a recruté[5]. S'inspirant des grandes firmes internationales d'investissement, il adapte la politique du groupe pour l’orienter vers des investissements plus porteurs de contrôle majoritaire à long terme, augmentant les résultats et le cours de l'action qui est ainsi multiplié par sept en six ans ; ses premiers succès le portent à la présidence du directoire du groupe en 2005[6] aux côtés de Bernard Gautier. En 2008, Le Monde le qualifie ainsi de « stratège de la finance » pour son action au sein de Wendel[7].

La crise économique qui débute en 2007 n'affecte tout d'abord pas le chiffre d'affaires de Wendel (qui progresse de 15 % entre 2007-2008)[8], mais l’acquisition ambitieuse de Saint-Gobain en 2007 s'opère dans un contexte économique difficile et pèse sur le cours de bourse (qui rebondit toutefois significativement après la chute de Lehman Brothers) : l'action chute de 73 % et les résultats nets sont divisés par 5,5 sur un an (2008-2009)[9],[8],[10]. D’autre part, le montage financier effectué par Jean-Bernard Lafonta alerte l’Autorité des marchés financiers (AMF) et lui vaut en d’être condamné à une amende de 1,5 million d’euros (dont il a annoncé vouloir faire appel)[11],[12]. Toujours concernant ses activités au sein de Wendel, Jean-Bernard Lafonta fait l'objet en 2012 avec treize autres cadres et dirigeants du groupe, dont Ernest-Antoine Seillière, d'une information judiciaire pour fraude fiscale (estimée à hauteur d’environ 100 millions d’euros pour sa part)[13] dans le cadre de laquelle il est mis en examen[14]. Par ailleurs, le , le Tribunal de Commerce de Nanterre a estimé que Jean-Bernard Lafonta n'était en rien responsable des pertes et dommages subis par l'ex-directeur juridique de Wendel dans le cadre de l'investissement des cadres dirigeants de Wendel dans l'action Wendel en 2005-2008 et que ces pertes étaient la conséquence de « choix patrimoniaux » propres[15],[16].

Jean-Bernard Lafonta quitte Wendel en , sous la pression de l'actionnariat familial d'après Le Monde[17], pour fonder en une nouvelle société d'investissement : HLD (H pour Jean-Philippe Hecketsweiler, L pour Jean-Bernard Lafonta et D pour Philippe Donnet)[18]. HLD, depuis sa création, a repris et développé les laboratoires Filorga, Interflora et le fonds Perfectis[19].

En , Jean-Bernard Lafonta est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 1,5 million d'euros d'amende pour diffusion d'informations trompeuses et délit d'initié dans l'affaire Wendel. Il fait appel de cette décision. D'autre part, dans cette même affaire, en 2015 le parquet financier requiert son renvoi en correctionnelle, aux côtés d'autres protagonistes, pour fraude fiscale présumée et lui réclamerait 76 millions d'euros pénalités incluses[20],[21].

En 2020, il a racheté le groupe Exxelia.

Le 23 janvier 2020, à l'occasion d'une vente aux enchères, il fait l'acquisition pour la somme de 35,1 millions d’euros d'un ensemble immobilier de plus de 1500 m2 situé au no 12 de la rue Oudinot, à Paris, dans le 7e arrondissement[22]. L'ensemble est composé d'un immeuble (1000 m2 sur trois niveaux), d’une cour pavée, d’une maison de ville de 600 m2 et de 950 m2 de jardins, inoccupés depuis 30 ans ; le plan de sauvegarde et de mise en valeur de l’arrondissement prévoit la conservation des principaux bâtiments sur rue et sur jardin[23].

AutresModifier

Jean-Bernard Lafonta est membre du club « Le Siècle »[réf. nécessaire].

Il est chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur[24].

RéférencesModifier

  1. a b et c Who's Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 43e édition pour 2012 éditée en 2011, 2307 p., 31 cm (ISBN 978-2-85784-052-7), notice « Lafonta, Jean-Bernard » (né en 1961).
  2. Who's Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 39e édition 2008, p. 663.
  3. « Le mot des dirigeants », sur le site de l'ESTP (consulté le 20 juillet 2012).
  4. Jean-Luc Barberi, « Les réseaux de Jean-Bernard Lafonta », L'Express,‎ (lire en ligne)
  5. Frédéric Lemaître, « Les nouveaux habits de Wendel Investissement », Le Monde,‎
  6. François Vidal, « Jean-Bernard Lafonta porté à la tête de Wendel Investissement », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  7. Claire Gatinois, « Jean-Bernard Lafonta Un stratège de la finance », Le Monde,‎
  8. a et b Anne Drif, « Wendel : sur le départ, Jean-Bernard Lafonta défend son bilan malgré la chute des bénéfices », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  9. « Wendel le baron sacrifie Lafonta », Le Point,‎ (lire en ligne)
  10. Clément Daniez, « Crise financière : Lehman Brothers en faillite, Merrill Lynch rachetée », Le Point,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Scheherazade Daneshkhu, « Wendel and Lafonta fined for swaps raid », Financial Times,‎ (lire en ligne)
  12. « SAINT-GOBAIN : l'AMF inflige une sanction record à Wendel », Le Point,‎ (lire en ligne)
  13. Laurent Valdiguié, « Avalanche de plaintes chez les Wendel », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne)
  14. Yann Philippin, « Fraude fiscale: la justice met à nu le système Wendel », publié par le site Mediapart le 28 juillet 2015
  15. Valérie de Senneville, « Affaire Wendel : la société d’investissement gagne la première manche judiciaire », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  16. (Jugement du Tribunal de commerce de Nanterre du 17 décembre 2013 http://www.slideshare.net/fullscreen/lesechos2/jugement-wendel/1)
  17. Claire Gatinois, « Sous la pression de l'actionnaire familial, Jean-Bernard Lafonta quitte Wendel », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. Florentin Collomp, « Nouveaux actionnaires pour les laboratoires Filorga », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  19. Anne Drif, « Jean-Bernard Lafonta reprend le fonds Perfectis », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  20. « Lafonta, ancien patron de Wendel, condamné à 1,5 million d'euros d'amende », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  21. « Les très lourds soucis fiscaux de Wendel », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  22. Guillaume Errard, « Le nom du Français qui a acquis cette maison de campagne 35 M€ est connu », Le Figaro, 7 février 2020.
  23. « Secteurs sauvegardés (PSMV) », sur www.paris.fr (consulté le 23 mars 2020)
  24. Décret du 31 décembre 2005 portant promotion et nomination.

Voir aussiModifier

  • Who's Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 43e édition pour 2012 éditée en 2011, 2307 p., 31 cm (ISBN 978-2-85784-052-7), notice « Lafonta, Jean-Bernard » (né en 1961).

Lien externeModifier