Jan Bernd Bicker

homme politique néerlandais, membre de la Régence d'État (1746-1812)
Jan Bernd Bicker
Illustration.
Jan Bernd Bicker.
Fonctions
14e président de la République batave
(Régence d'État)

(2 mois et 28 jours)
Élection
Gouvernement Régence d'État
Prédécesseur Willem de Beveren
Successeur Rutger Jan Schimmelpenninck (chef du gouvernement batave)
31e président de l'Assemblée nationale de la République batave

(14 jours)
Élection
Prédécesseur Jacob Abraham de Mist
Successeur Rutger Jan Schimmelpenninck
4e président de l'Assemblée nationale de la République batave

(16 jours)
Élection
Prédécesseur Albert Johan de Sitter
Successeur Daniël de Leeuw
Député de la République batave

(1 an, 10 mois et 21 jours)
Élection
Législature Première assemblée nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Amsterdam
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Wassenaar
Nationalité Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies (1743-1795)
Flag of the navy of the Batavian Republic.svg République batave (1795-1806)
Drapeau du Royaume de Hollande Royaume de Hollande (1806-1810)
Parti politique Patriote
Religion Église réformée néerlandaise

Jan Bernd Bicker
Présidents de l'Assemblée nationale de la République batave

Jan Bernd Bicker, né le à Amsterdam et mort le à Wassenaar, est un commerçant et homme politique néerlandais, membre de la Régence d'État, l'organe exécutif de la République batave, de 1803 à 1805.

Carrière dans la banque et le commerceModifier

Jan Bernd Bicker est le fils de Hendrick Bicker, un banquier, marchand et échevin d'Amsterdam. Les Bicker sont une vieille famille de régents d'Amsterdam.

Entre 1764 et 1766, il étudie le droit et la philosophie à l'université d'Utrecht. Il devient ensuite banquier et marchand chez Andries Pels en Zoonen et Bicker & Co à Amsterdam et gagne une fortune considérable. La même année, il devient avocat à la cour de Hollande et à la cour suprême de Hollande, Zélande et Frise occidentale à Amsterdam. En 1772, Bicker devient échevin d'Amsterdam. Deux ans plus tard, il devient directeur de la chambre d'Amsterdam de la compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC) et directeur de la Société du Suriname, chargée de gérer la colonie du Suriname.

La Révolution bataveModifier

Comme ses ancêtres, Bicker est un farouche opposant au prince d'Orange. Patriote, il participe activement à la révolution batave à partir de 1780. Il est cependant plus modéré que les meneurs du mouvement que sont Joan Derk van der Capellen et Coert Lambertus van Beyma. Pour Bicker comme la plupart des régents patriotes, l'abolition du stathoudérat est suffisante. En 1781, il entre au vroedschap d'Amsterdam. Il en est l'un des représentants aux États de Hollande et de Frise-Occidentale à partir de 1785.

En , l'intervention militaire de la Prusse met fin à la révolution ; Bicker fuit la Hollande en novembre et se réfugie à Anvers. Au cours de sa fuite, il manque d'être capturé par un navire de la marine hollandaise sur le Dordtsche Kil. En , il s'installe quelque temps à Bruxelles avec Joan Geelvinck, le bourgmestre d'Amsterdam, avant de se fixer à Sèvres, près de Paris. Il assiste à Versailles à la réunion des États généraux avec d'autres patriotes comme Nicolaas van Staphorst, Cornelis van der Hoop ou Johan Valckenaer. Il devient membre du comité révolutionnaire batave, fondé à Paris. Il quitte Paris en 1791 et retourne à Bruxelles puis s'installe à Nantes en , où il obtient la nationalité française. En , il quitte la France en pleine Terreur pour la Suisse.

Après le renversement du stathouder au début de l'année 1795 et l'établissement de la République batave, Bicker rentre à Amsterdam le .

La République bataveModifier

Jan Bernd Bicker reprend sa place dans la nouvelle municipalité d'Amsterdam en . Il est ensuite élu député du district de Polanen, près de Haarlem, à la première assemblée nationale batave le . Il siège dans la commission des Affaires étrangères et préside l'assemblée à deux reprises, du au et du 1er au . Il est l'un des meneurs des modérés, entre les fédéralistes, favorable à une constitution proche du système des Provinces-Unies, opposés à ceux d'un système unitaire, selon le modèle français, emmenés par Pieter Vreede ou Johan Valckenaer. Après le rejet d'un premier projet de constitution lors du référendum du , une nouvelle assemblée nationale est élue pour le 1er septembre ; Bicker est réélu par les citoyens de Polanen.

Le , les unitaristes, soutenus par la France, organisent un coup d'État. Les fédéralistes sont arrêtés ou pressés de démissionner. Jan Bernd Bicker fait partie des députés arrêtés et il est emprisonné à Wijk bij Duurstede puis à Leeuwarden. Il est libéré le , après qu'un nouveau coup d'État a renversé les unistaristes. Il reste en dehors de la vie politique jusqu'en . En 1800, il entre à la Société des sciences de Hollande, introduit par Martinus van Marum. Il y organise une conférence sur le physicien italien Luigi Galvani.

Le , Jan Bernd Bicker remplace Gerrit Jan Pijman, devenu ministre de la Guerre, à la Régence d'État. À la fin du mois de juillet, il fait partie, avec Gerard Brantsen et Maarten van der Goes, de la députation du gouvernement batave envoyée à Bruxelles auprès de Napoléon Bonaparte, en visite dans les départements français de Belgique. Il reste membre de la Régence d'État jusqu'à sa dissolution le et son remplacement par Rutger Jan Schimmelpenninck, devenu grand-pensionnaire de la République batave.

Jan Bernd Bicker se retire alors définitivement de la vie politique dans sa propriété d'Oosterbeek à Wassenaar, près de La Haye. Il y meurt le à l'âge de 66 ans.

BibliographieModifier

  • (nl) P.J. Blok et P.C. Molhuysen, Nieuw Nederlandsch biografisch woordenboek, vol. 9, Leyde, A.W. Sijthoff, (lire en ligne), p. 1247-1254
  • (en) Simon Schama, Patriots and Liberators : Revolution in the Netherlands 1780 - 1830, New York, Collins, , 745 p. (ISBN 0-00-216701-8)

Liens externesModifier