Guillaume V d'Orange-Nassau

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Guillaume V
Willem V
Illustration.
Portrait du stathouder Guillaume V d'Orange.
Titre
Stathouder général des Provinces-Unies

(43 ans, 2 mois et 28 jours)
Régent Anne de Hanovre
Marie Louise de Hesse-Cassel
Caroline d'Orange-Nassau
Prédécesseur Guillaume IV
Successeur Titre aboli
République batave
Biographie
Dynastie Maison d'Orange-Nassau
Nom de naissance Willem Batavus van Oranje-Nassau
Date de naissance
Lieu de naissance La Haye
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Brunswick
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Blason de la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel Principauté de Brunswick-Wolfenbüttel
Sépulture Nouvelle église de Delft
Père Guillaume IV d'Orange-Nassau
Mère Anne de Hanovre
Conjoint Wilhelmine de Prusse
Enfants Louise
Guillaume Ier Red crown.png
Guillaume-Georges-Frédéric

Guillaume V d'Orange-Nassau
Stathouder général des Provinces-Unies

Guillaume V Batave, prince d'Orange-Nassau (en néerlandais Willem V Batavus, prins van Oranje en Nassau), né à La Haye le et mort à Brunswick le , est prince de Nassau-Dietz à sa naissance, prince d'Orange-Nassau en 1751, stathouder des Provinces-Unies de 1751 à 1795, prince de Fulda et comte de Corvey en 1802. Il fut le dernier stathouder des Provinces-Unies.

FamilleModifier

Il est le fils du prince Guillaume IV d'Orange-Nassau (1711 – 1751), prince de Nassau-Dietz et prince d'Orange-Nassau (1711 – 1751), et d'Anne de Hanovre (1709 – 1759), princesse royale de Grande-Bretagne et d'Irlande, et régente des Provinces-Unies (1751 – 1759).

Il épouse, le , à Berlin, Wilhelmine de Prusse (1751 – 1820), nièce du "grand Frédéric" et fille d'Auguste-Guillaume, prince héritier de Prusse, sœur de Frédéric-Guillaume II de Prusse et petite-fille de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse.

De son union avec la princesse Wilhelmine, il eut cinq enfants :

 
Guillaume V, stathouder des Provinces-Unies.

BiographieModifier

Orphelin de père dès l'âge de trois ans, bon enfant mais faible, Guillaume V d'Orange-Nassau avait confié les affaires politiques au duc Louis-Ernest de Brunswick-Wolfenbüttel, beau-frère du roi Frédéric II de Prusse, ce qui provoqua une opposition véhémente du parti patriotique.

Âgé de dix huit ans, Guillaume V d'Orange-Nassau devint stathouder (1766) après le décès de son père survenu en 1751 et après une longue période de régence assurée par sa mère, Anne de Hanovre, de 1751 à 1759, sa grand-mère Marie-Louise de Hesse-Cassel de 1759 à 1765, et sa sœur Caroline d'Orange-Nassau de 1765 à 1766.

Le duc de Brunswick maria le jeune stathouder à sa nièce Wilhelmine de Prusse (1751 – 1820).

Il apprend la peinture auprès de Cornelis Ploos van Amstel[1].

DéfaitesModifier

 
Guillaume V à la tête des armées hollandaises.

Lors de la guerre d'indépendance américaine, Guillaume V d'Orange-Nassau resta neutre.

À la tête de la faction anglaise, il tenta de bloquer dans son État les initiatives pro-révolutionnaires et plus tard pro-françaises, mais ne put échapper à la guerre.

En effet, les Hollandais tentèrent de s'unir à la « ligue des neutres » soutenue par la Russie[2], ce qui en 1780 les plongea dans la guerre avec l'Angleterre. Celle-ci leur reprochait leur neutralité alors que des traités d'alliance les obligeaient à prêter assistance aux forces britanniques et la soupçonnait de commercer secrètement avec la France. En effet, depuis les îles néerlandaises dans les Caraïbes, les Provinces-Unies vendaient des armes aux colons américains.

Après de nombreuses pressions et discussions de beaucoup d'hommes politiques et de diplomates français et américains, ils se décidèrent à reconnaître en 1782 l'indépendance des États-Unis.

Après quatre ans de guerre, les Hollandais sont défaits et les Pays-Bas sont appauvris.

En 1785 un incident diplomatique avec les Pays-Bas autrichiens provoqua la guerre de la Marmite qui eut pour conséquence la première Révolution batave.

RévolutionsModifier

 
Wilhelmine de Prusse
 
Guillaume V.

Menés par Joan Derk van der Capellen tot den Pol, une bande de jeunes gens, appelés Patriotes, pour la plupart issus de la bourgeoisie commerçante, inquiets de la décadence des Provinces-Unies, acquis aux idées nouvelles de liberté et soupçonnant les Orange-Nassau de vouloir établir la monarchie au profit de leur Maison, provoquèrent l'autorité du stathouder.

Celui-ci dut déplacer sa cour en Gueldre, et cet éloignement du centre politique fut la seule mesure prise par le stathouder. Il respecta le désir de son influente épouse Wilhelmine de Prusse, ce qui n'améliora pas la situation.

Guillaume V d'Orange-Nassau et son épouse tentèrent de se rendre à La Haye, mais furent arrêtés par les Patriotes qui les incitèrent à retourner en Gueldre.

Pour la nièce du "grand Frédéric" et son époux ce fut un camouflet. Le stathouder appela à son secours son beau-frère le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, qui ordonna en 1787 à une partie de son armée commandée par leur talentueux cousin Charles II, duc de Brunswick, de pénétrer aux Pays-Bas afin de vaincre les Patriotes.

Cette campagne sans effusion de sang valut au duc l'admiration de ses contemporains.

Reconnaissant, le stathouder s'allia à la maison de Brunswick et donna en mariage sa fille Frédérique au fils aîné du duc de Brunswick en 1790.

L'année suivante, le prince Guillaume, son fils aîné, épousa Wilhelmine de Prusse (1774 – 1837), aînée des filles du roi Frédéric-Guillaume II. Les Orange-Nassau s'inscrivaient ouvertement dans la lignée des souverains anti-révolutionnaires.

Les Patriotes se réfugièrent en Flandre française et notamment à Dunkerque, dont les habitants parlaient leur langue.

GuerresModifier

 
Guillaume V dans les années 1790.

La France déclara la guerre à l'empereur en , provoquant un conflit qui allait devenir mondial et durer 25 ans.

En août, le duc de Brunswick, commandant des forces impériales, proche parent du stathouder et comme lui également parent du roi de Prusse et du roi de Grande-Bretagne, fit publier une déclaration dont le dessein était de replacer le roi de France dans ses prérogatives et que l'histoire retint sous le nom de Manifeste de Brunswick.

À l'orgueil aristocratique du duc répondit la fierté des révolutionnaires français. Une émeute conduisit la famille royale en prison où, après avoir été déchue, l'attendait un destin tragique.

Les Patriotes hollandais apprirent avec joie la proclamation de la république à Paris et la victoire française de Valmy en .

En 1793, la France déclara la guerre aux Provinces-Unies et à l'Angleterre.

En plein hiver 1794, le général Pichegru fit traverser à ses troupes la Meuse et le Rhin gelés et bloqua dans ses ports la flotte hollandaise.

Les Patriotes revinrent aux Pays-Bas et instaurèrent la République batave qui devint une république sœur de la République française, non sans laisser à celle-ci la rive gauche du Rhin. Cependant, la protection de la "grande sœur" française se transforma rapidement en tutelle.

Fin de sa vieModifier

 
Guillaume V (par Tischbein, 1789)

En , Guillaume V d'Orange-Nassau et sa famille s'exilèrent en Angleterre.

Subissant les pressions de son hôte, l'ex-stathouder donna instruction à ses administrateurs de céder les territoires d'outre-mer néerlandais, notamment Java, Malacca et les Moluques à l'Angleterre afin qu'ils ne tombent pas aux mains des Français.

Il s'exila par la suite avec sa famille dans la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel.

En 1801, par le traité de Lunéville qui légalisait l'annexion du sud des ex-Provinces-Unies par la France, il reçut en dédommagement les terres des abbayes de Corvey et de Fulda en Allemagne, qu'il légua à son fils en 1802.

Il mourut à Brunswick en 1806 à l'âge de 58 ans.

Son fils Guillaume revint en Hollande en 1813 et devint, en 1815, le premier roi des Pays-Bas sous le nom de Guillaume Ier.

AscendanceModifier

TitresModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Fiche de Cornelis Ploos van Amstel », sur rkd.nl (consulté le 23 mai 2018).
  2. « Ligue de neutralité armée », composée de la Russie, de la Suède, du Danemark, puis du Portugal.

Articles connexesModifier

Liens externes et sourcesModifier

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