Jacob Abraham de Mist

homme politique néerlandais

Jacob Abraham Uitenhage de Mist[1], né le à Zaltbommel et mort le à Voorburg, est un homme politique néerlandais, administrateur de la colonie du Cap de 1803 à 1804.

Jacob Abraham de Mist
Image dans Infobox.
Fonction
Membre de la Première Chambre des États généraux‎
-
Biographie
Naissance
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Zaltbommel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
VoorburgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jacob Abraham de MistVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Leyde ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religion
Membre de
Maatschappij der Nederlandse Letterkunde (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Pro-gouvernement (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

BiographieModifier

Jacob Abraham de Mist est le fils d'un pasteur protestant des paroisses de Hemmen, Hattem et Zaltbommel, où il naît en 1749. Il étudie le droit à l'université de Leyde du au . Là, il est initié à la franc-maçonnerie et intègre la loge La Vertu, dont il devient plus tard grand-maître. Il occupe brièvement l'activité d'avocat à Kampen de 1768 à 1769 puis, le , il devient secrétaire de la municipalité de Kampen. En 1770, il fonde la loge maçonnique Le Profond Silence à Kampen.

Révolution bataveModifier

La Révolution batave éclate en . De Mist est élu représentant à l'assemblée provisoire de l'Overijssel jusqu'en octobre, lorsqu'il est nommé au comité des affaires américaines et guinéennes, l'organisme chargé de gérer les actifs de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales disparue en 1792.

Il quitte le comité en en raison de son élection par le district de Deventer à la première Assemblée nationale de la République batave. Il y « est l'un des défenseurs les plus passionnés de la constitution historique[2] » et devient l'un des chefs du parti fédéraliste. Ainsi, il s'oppose énergiquement à l'abolition des corporations, à la séparation de l'Église et de l'État et la confiscation des biens du clergé – qu'il qualifie de « vol national » – ou à l'amalgame des dettes provinciales en une seule dette nationale. Le , il publie ses idées sur le type de constitution à adopter. Il préside l'Assemblée du au .

Réélu en , il est nommé à la commission chargée de rédiger la constitution le . Le , un coup d'État unitariste conduit par Pieter Vreede prend le contrôle de la République batave. Comme les autres députés fédéralistes, De Mist est exclu de l'Assemblée. Il est arrêté et emprisonné à la Huis ten Bosch de La Haye. Il en est libéré le , un mois après un nouveau coup d'État anti-unitariste.

Commissaire général au CapModifier

 
Maquette de la colonie du Cap en 1800.

En , Jacob de Mist est nommé au Conseil asiatique, qui gère les colonies de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, démantelée en 1795. En 1802, il est nommé directeur de l'Académie des sciences et des arts. Les qualités et compétences dont il a fait preuve au Conseil asiatique lui valent d'être nommé commissaire général de la colonie du Cap, rendue par la Grande-Bretagne à la République batave en vertu de la paix d'Amiens.

Il embarque le au Texel en compagnie du général Jan Willem Janssens, gouverneur du Cap, et arrive dans la colonie le . Il s'installe le lendemain au fort de Bonne-Espérance. La colonie est officiellement rétrocédée à la République batave le . En , il prend une série de mesures destinées à développer la colonie. Un établissement fondé en est nommé Uitenhage par le général Janssens en référence à un titre porté par la famille De Mist. Il proclame la liberté religieuse dans la colonie, aucune église n'ayant de privilège.

Conscient de la fragilité de la paix et de la volonté de la Grande-Bretagne de récupérer la colonie à la première occasion, De Mist démissionne à la fin de l'année 1804 pour permettre à Janssens d'organiser sa défense avec le plus de latitude possible. Il embarque le à bord d'un navire à destination des États-Unis, regagnant ainsi la République batave grâce à la neutralité américaine le . Le , le grand pensionnaire Rutger Jan Schimmelpenninck lui permet de retrouver son siège au Conseil asiatique.

Retour aux Pays-BasModifier

Un an plus tard, Louis Bonaparte devient roi de Hollande. Le , Jacob Abraham de Mist est nommé secrétaire général du ministère du Commerce et des Colonies et membre de la section du commerce et des colonies du Conseil d'État, section dont il devient le président le . Louis le nomme préfet du département du Maasland le , puis premier président de la Cour des comptes le . Il conserve cette fonction lorsque la Hollande est rattachée à la France en 1811.

En 1814, les Pays-Bas redeviennent un État indépendant et le roi Guillaume Ier le nomme au Conseil du Commerce et des Colonies du royaume. En 1820, il est désigné pour siéger à la première chambre des États généraux des Pays-Bas.

DistinctionsModifier

PublicationsModifier

  • 1796 : Advys van het ontwerp voor eene constitutie voor het volk van Nederland (Avis sur la conception d'une constitution pour le peuple des Pays-Bas)

Notes et référencesModifier

  1. Né Jacob Abraham de Mist, il obtient par lettre patente du roi des Pays-Bas Guillaume Ier le droit de changer son nom en Jacob Abraham Uitenhage de Mist le 23 janvier 1817.
  2. Schama 1977, p. 214

BibliographieModifier

  • (nl) P.J. Blok et P.C. Molhuysen, Nieuw Nederlandsch biografisch woordenboek, vol. 4, Leyde, A.W. Sijthoff, (lire en ligne), p. 989-993
  • (nl) C.N. Fehrmann, Mr. Jacob Abraham Uitenhage de Mist 1749-1823, Zwolle, Overijsselse portretten,
  • (en) Andrew Howson Murray, The political philosophy of J. A. De Mist : a study in political pluralism, Le Cap, HAUM, , 150 p.
  • (en) Simon Schama, Patriots and Liberators : Revolution in the Netherlands 1780 - 1830, New York, Collins, , 745 p. (ISBN 0-00-216701-8)

Liens externesModifier