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Jacques Sternberg

écrivain belge
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sternberg.
Jacques Sternberg
Naissance
Anvers (Belgique)
Décès (à 83 ans)
Paris (France)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Jacques Sternberg, né le à Anvers et mort le à Paris. Il fut romancier, pamphlétaire, dramaturge, essayiste, journaliste et chroniqueur, pré et postfacier, scénariste mais surtout l'auteur de romans et de nouvelles touchant à la science-fiction et au fantastique.

Sommaire

BiographieModifier

Le père de Jacques Sternberg était un diamantaire anversois d'origine polonaise mort en déportation à Majdanek. Jacques Sternberg commence à écrire dès l'âge de 19 ans en 1941. Il se tourne vite vers le fantastique et la science-fiction. Ses débuts seront difficiles. En 1946, il épouse Francine, qui restera sa femme jusqu'au bout. La même année, naît leur fils, Jean-Pol, qui deviendra plus tard un écrivain, sous le pseudonyme de Lionel Marek. Il pratique le métier d'emballeur[1], puis s'installe à Paris dans l'espoir d'être publié.

En 1953, il publie son premier livre, La Géométrie dans l'impossible chez Éric Losfeld.

En 1962, avec Jodorowsky, Topor et Arrabal il participe à la fondation de Panique.

ŒuvreModifier

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Avec plus de 1500 textes répertoriés à ce jour, Jacques Sternberg peut se targuer d'être le nouvelliste le plus prolifique du XXe siècle[réf. nécessaire]. Il fit beaucoup dans les années 1970 pour la diffusion et la reconnaissance de la nouvelle française des XIXe et XXe siècles, de la nouvelle étrangère aussi avec la série des anthologies Planète : Les Chefs-d’œuvre du fantastique, de l'épouvante, de la science-fiction, du kitsch, etc. Depuis toujours, il ne cesse de militer pour le genre de la nouvelle :

« Écrire un roman de plus de 250 pages est à la portée de n'importe quel écrivain plus ou moins doué […] Mais écrire 270 contes, généralement brefs, c'est une autre histoire. Ce n'est plus une question de cadence, mais d'inspiration, cela demande 270 idées.  »

— (préface aux Contes glacés)

« […] je ne vibre vraiment qu'en écrivant des nouvelles — avec chutes et sujets bien précis — et je naufrage généralement au cours d'un roman. D'ailleurs, je n'en lis presque jamais, je m'y ennuie. Même en dessous de trois cents pages, je les trouve presque toujours épuisants, interminables, et si souvent radotés par d'autres. »

— (Nouvelles Nouvelles, no 23, été 1991, p. 40)

« Après avoir publié une vingtaine de romans généralement étirés en une suite d'épuisantes anecdotes, il écrivit un jour un recueil de nouvelles sans se rendre compte qu'il s'attaquait à un genre qui supportait mal le manque absolu d'imagination et la prolixité dans le vide. »

— (Contes griffus, p. 134)

Il y fait également preuve d'un sens de l'humour indéniable :

« Le dernier survivant de l'humanité est assis dans un fauteuil. On frappe à la porte. »

« Quand les énormes insectes venus d'autre part virent pour la première fois des hommes de la Terre, ils notèrent, stupéfaits et très effrayés : ce sont d'énormes insectes. »

— (Contes brefs)

Grand amateur de voile légère, barreur confirmé, Jacques Sternberg était propriétaire d'un Zef (minuscule - 3,60 m - dériveur de promenade) surnomme l'Eric, puis d'un Sunfish (dériveur à coque plastique créé aux USA et alors pratiquement inconnu en Europe - offert par un admirateur) avec lequel il accomplissait de longues randonnées, y compris par mauvais temps, mais détestait la compétition et la régate autour de trois bouées... De 1974 à 1983 il vit 6 mois par an à Villers-sur-Mer (Calvados) pour assouvir ses 2 passions : écrire et naviguer.

Anarchiste dans l'âme, il a raillé impitoyablement le milieu des régatiers, des sponsors et des yachts-clubs dans son « hénaurme » roman nautico-érotico-délirant (Le Navigateur) écrit en 1976 à l'apogée de la « Tabarly-mania ».

La mer, ainsi vécue « au contact », de façon quasi charnelle, traverse toute son œuvre, et notamment le plus célèbre de ses romans Sophie, la mer et la nuit.

En ce qui concerne ses déplacements terrestres, on ne peut non plus passer sous silence son amour exclusif du Vélosolex avec lequel il affirme avoir parcouru plus de 300 000 km et dont il fait un éloge complet dans un chapitre de Vivre en survivant : démission, démerde, dérive.

ScénaristeModifier

Il a également écrit le scénario[2] du film Je t'aime, je t'aime d'Alain Resnais qu'il a rencontré en 1961 chez une amie commune. Le réalisateur l'a recontacté l'année suivante pour lui proposer de le faire travailler comme scénariste[3]. Le réalisateur a particulièrement apprécié le roman de Sternberg Un jour ouvrable qu'il a lu sur les conseils de Chris Marker[3]. Il a également lu son premier roman Le Délit et La Géométrie de l'impossible[3]. Sternberg apporte par la suite à Alain Resnais quatre idées de scénario[3]. L'une d'elle est née du fait que Jacques Sternberg se sent alors plus doué pour le conte que pour le roman : il a donc cherché un moyen d'accumuler des scènes très courtes, « avec énormément de temps morts », reliées par une même histoire[3].

Le scénariste et le réalisateur ont écrit ce scénario pendant cinq ans, avec des périodes d'arrêt qui duraient parfois plusieurs mois, Sternberg disant avoir travaillé « dans la jubilation la plus totale[3]. » Le personnage principal du film, Claude Ridder, est très inspiré de Jacques Sternberg : tout comme lui, l'écrivain a multiplié les emplois tels « [qu']emballeur, manutentionnaire, dactylo, rédacteur de circulaires, secrétaire de rédaction et autres emplois sous-payés[3]. » Il a aussi utilisé de faux papiers pendant la Seconde Guerre mondiale, et a plusieurs fois failli mourir, ce dont il a gardé « l'impression d'être en sursis[3]. » Le personnage de Catrine s'inspire de sa femme Francine, abandonnée à l'âge de cinq ans et qui en est restée éternellement triste[3].

ActeurModifier

Sternberg tourna aussi comme acteur dans quelques films et un documentaire :

  • Plein feux sur Stanislas, de Jean-Charles Dudrumet, (1965)
  • La Chute d'un corps de Michel Polac, (1973)
  • Quelques jours prés de Yves Ciampi, (1969)
  • Une approche d'Alain Resnais, révolutionnaire discret de Michel Leclerc - reportage TV, interview, (1980)
  • Qui êtes-vous Dorothée Blanck? de Haydee Caillot, (1987) 

AnecdoteModifier

L'écrivain fictif Jaime Montestrela (1925-1975), inventé par l'écrivain oulipien Hervé Le Tellier est un hommage à Jacques Sternberg. Sternberg signifie, comme Montestrela, Mont de l'Étoile. Par un jeu du destin littéraire, Jaime Montestrela, représenté par son traducteur Hervé Le Tellier, a reçu le grand prix de l'Humour noir en 2013 pour ses Contes liquides, tout comme Sternberg l'avait reçu en 1961 pour L'Employé.

PublicationsModifier

AnthologiesModifier

  • Les chefs-d’œuvre du crime - Anthologies Planète, (1959)
  • Les chefs-d’œuvre de l'érotisme - Anthologies Planète, (1964)
  • Les chefs-d’œuvre du sourire - Anthologies Planète, (1964)
  • Les chefs-d’œuvre de l'épouvante - Anthologies Planète, (1965)
  • Les chefs-d’œuvre de l'amour Sensuel - Anthologies Planète, (1966)
  • Les chefs-d’œuvre de la bande dessinée - Anthologies Planète, (1967)
  • Les chefs-d’œuvre du fantastique - Anthologies Planète, (1967)
  • Les chefs-d’œuvre du dessin d'humour - Anthologies Planète, (1968)
  • Les chefs-d’œuvres de notre enfance - Anthologies Planète, (1968)
  • Les chefs-d’œuvre de la méchanceté - Anthologies Planète, (1969)
  • Les chefs-d’œuvre de la science-fiction - Anthologies Planète, (1970)
  • Les chefs-d’œuvre de l'humour noir - Anthologies Planète, (1970)
  • Les chefs-d’œuvre du Kitsch - Anthologies Planète, (1971)

Nouvelles et ContesModifier

  • Angles Morts - sous le pseudonyme de Jacques Bert - A compte d'auteur (1944)
  • Jamais je n’aurais cru cela! - ous le pseudonyme de Jacques Bert - la Nouvelle Revue de Belgique (1945)
  • Touches Noires - Cyrano (1948)
  • La Géométrie dans l'Impossible - Losfeld (1953)
  • La Géométrie dans la Terreur - Losfeld (1955)
  • Entre deux mondes incertains - Denoël (1958)
  • Univers Zéro - André Gérard Marabout (1970)
  • Futurs sans avenirs - Laffont (1971)
  • Contes glacés - André Gérard Marabout (1974)
  • 188 Contes à régler - Denoël (1988); Gallimard, "Folio", 1998
  • Histoires à dormir sans vous - Denoël (1990); Gallimard, "Folio", 1993
  • Histoires à mourir de vous - Denoël (1991); Gallimard, "Folio", 1995
  • Contes griffus - Denoël (1993)
  • Dieu, moi et les autres - Denoël (1995)
  • Si loin de nulle part - Les Belles Lettres (1998)
  • 300 contes pour solde de tout compte - Les Belles Lettres (2002)

RomansModifier

  • Le Délit - Plon (1954) - réédition La dernière goutte (2008)
  • La Sortie est au fond de l'espace - Denoël (1956)
  • L'Employé - Éditions de Minuit (1958)
  • L'Architecte - Losfeld (1960)
  • La Banlieue - Julliard (1961)
  • Un jour ouvrable - Losfeld, Le Terrain vague (1961) - réédition La dernière goutte (2009)
  • Toi, ma nuit - Losfeld (1965); Gallimard, "Folio"
  • Attention, planète habitée - Losfeld (1970)
  • Le Cœur froid - Christian Bourgois (1972)
  • Sophie, la mer et la nuit - Albin Michel (1976) - rééd. (2010)
  • Le Navigateur - Albin Michel (1976)
  • Mai 86 - Albin Michel (1978)
  • Suite pour Eveline, sweet Evelin - Albin Michel (1980)
  • Agathe et Béatrice, Claire et Dorothée - Albin Michel (1979)
  • L'Anonyme - Albin Michel (1982)
  • Le Shlemihl - Julliard (1989)
  • La sortie est au fond du couloir - Cactus Inébranlable éditions (2014) [inédit]

ThéâtreModifier

  • C'est la guerre, monsieur Gruber - Losfeld (1968)
  • Kriss l'emballeur, Une soirée pas comme les autres - Albin Michel (1979)

EssaisModifier

  • Une succursale du fantastique nommée science-fiction - Losfeld (1958)
  • Topor - Seghers (1978)
  • Vivre en survivant - Tchou (1977)

Lettres ouvertesModifier

  • Lettre aux gens malheureux et qui ont bien raison de l’être - Losfeld (1972)
  • Lettre ouverte aux Terriens - Albin Michel (1974)

DictionnairesModifier

  • Dictionnaire du mépris - Calmann-Lévy (1973)
  • Dictionnaire des idées revues - Denoël (1985)

Essais autobiographiquesModifier

  • La Boite à guenilles - le Sablon (1945)
  • À la dérive en dériveur - Julliard (1974)
  • Mémoires provisoires - Retz (1977)
  • Profession, mortel : fragments d’autobiographie - Les Belles lettres (2001)

ScénariosModifier

  • Je t'aime, Je t'aime - Scénario pour le film homonyme d'Alain Resnais - Losfeld, (1968)
  • Marée basse - Scénario pour le court métrage de Olivier Bourbeillon, (1986)
  • Et Dieu créa le monde - Dans le cadre du Petit théâtre d'Antenne 2, Scénario TV pour :(1981)
  • Les temps morts - Scénario avec Topor pour le film d'animation de René Laloux, (1964)
  • Loin du Vietnam - collaboration - film de Alain Resnais, Jean-Luc Godard, William Klein, Claude Lelouch, Agnès Varda, Joris Ivens, (1967)

Autres publicationsModifier

  • Manuel du parfait petit secrétaire commercial - Losfeld (1960)
  • Les Pensées - Le Cherche Midi (1986), recueil d'aphorismes
  • Chroniques de France Soir - Losfeld (1971) Sternberg publia aussi des chroniques dans le France Observateur (qui allait devenir le Nouvel Obs), L'Express, Le Magazine Littéraire (plus de 10 ans), France Soir et Hara Kiri, ainsi que des contes dans le Monde (Contes froids) 
  • Les charmes de La publicité - Denoël (1971)
  • Graveurs et illustrateurs du rêver la mer - Gallimard (1979)
  • Ports en eaux-fortes - Maritimes et d’outre-mer (1980)

AdaptationModifier

  • Anne Radcliffe - Les mysteres du château d'Udolpho. Adapté par Jacques Sternberg, Marabout, (1955)

Œuvres choisiesModifier

  • Oeuvres choisies (Fin de siècle - Un jour ouvrable - La banlieue - Le délit) - La Renaissance du Livre, (2001)

FanzineModifier

  • Le Petit Silence Illustré (ISSN 0995-7847). Fanzine précurseur en France de la presse underground à tirage limité, réalisé en collaboration avec Philippe Curval. Huit numéros parus de 1955 à 1958[4], dont un numéro double numéroté 5-6 et un volume hors-série paru en 1957, Les Cahiers du Silence. Philippe Curval fera paraître en 2013 un dixième numéro[5].
  • Le Petit Plexus Illustré (1967)

RécompensesModifier

  • 1961 : Lauréat du Grand prix de l'Humour noir Xavier Forneret pour L'Employé, aux Editions de Minuit.
  • 1972 : le Prix du Festival du Livre de Nice pour le Coeur Froid.
  • 1986 : Le grand Prix Thyde Monnier de la Société des Gens De Lettre pour l'ensemble de son oeuvre.

Essai & BibliographieModifier

RéférencesModifier

  1. "Jacques Sternberg par lui-même in Univers zéro et autres nouvelles, Bibliothèque Marabout 362, page 193.
  2. Le chef-d'œuvre méconnu d'Alain Resnais.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jacques Sternberg, « Resnais le conciliant : propos recueillis par François Thomas et Claire Vassé le 6 mars 2002 », Positif,‎ , repris dans le livret de l'édition DVD du film.
  4. La fiche du Petit silence illustré sur revues-litteraires.com.
  5. Article sur le bloc-notes de La Clef d'Argent.

Liens externesModifier