Itō Hirobumi

personnalité politique japonaise

Itō Hirobumi
伊藤 博文
Illustration.
Fonctions
Premier ministre du Japon

(6 mois et 21 jours)
Monarque Meiji
Prédécesseur Yamagata Aritomo
Premier ministre du Japon

(5 mois et 18 jours)
Monarque Meiji
Prédécesseur Matsukata Masayoshi
Successeur Ōkuma Shigenobu
Premier ministre du Japon

(4 ans et 23 jours)
Monarque Meiji
Prédécesseur Matsukata Masayoshi
Successeur Matsukata Masayoshi
Premier ministre du Japon

(2 ans, 4 mois et 8 jours)
Monarque Meiji
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Kuroda Kiyotaka
Ministre de l'Intérieur

(1 an, 9 mois et 13 jours)
Prédécesseur Ōkubo Toshimichi
Successeur Matsukata Masayoshi
Ministre de l'Intérieur

(3 mois et 26 jours)
Prédécesseur Ōkubo Toshimichi
Successeur Ōkubo Toshimichi
Biographie
Nom de naissance 林 利助 (Hayashi Risuke?)
Date de naissance
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Gare de Harbin (Mandchourie)
Nature du décès Assassinat
Sépulture Nishiōi
Nationalité Japonaise
Parti politique Rikken Seiyūkai
Conjoint Itō Umeko
Enfants Itō Bunkichi
Entourage Irie Kuichi (beau-frère)
Nomura Yasushi (beau-frère)
Ichirō Fujisaki (arrière-arrière petit-fils)
Takeaki Matsumoto (arrière-arrière petit-fils)
Diplômé de University College de Londres
Profession Homme politique, diplomate
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand cordon de l'ordre suprême du Chrysanthème
Ordre suprême de la Très Sainte Annonciade
Grand collier de l'ordre suprême de Chrysanthème
Grand-croix de l'ordre de Charles III d'Espagne
Grand cordon de l'ordre des fleurs de Paulownia
Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain
Grand cordon de l'ordre du Soleil levant
Chevalier de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski
Ordre des fleurs de Paulownia
Religion Shintoïsme, Rinzai
Résidence Sōrōku

Signature de Itō Hirobumi 伊藤 博文

Itō Hirobumi
Premiers ministres du Japon

Le prince Itō Hirobumi (伊藤 博文?, né le et décédé le ) est un samouraï du domaine de Chōshū (actuelle préfecture de Yamaguchi) qui devint homme d'État durant l'ère Meiji. Il fut quatre fois Premier ministre du Japon (le 1er, le 5e, le 7e et le 10e), genrō et résident-général de Corée. Il est assassiné par le nationaliste coréen An Jung-geun. Son gendre est l'intellectuel, politicien et écrivain Suematsu Kenchō qui a épousé sa seconde fille, Ikuko.

FamilleModifier

Né « Hayashi Risuke » (林 利助?) puis renommé en 1857 « Mizui Shunsuke » (水井 春輔[1]), il est issu d'une famille paysanne adoptée par des samouraïs du Suō, appauvris depuis et retournés à la terre. Son grand-père adoptif étant adopté au sein de la puissante famille Itō du domaine de Chōshū, il prend définitivement ce patronyme.

Jeunesse et étudesModifier

Enfant très brillant, vite remarqué par les autorités du Chōshū, il intègre en 1857, sur la recommandation de Kurihara Ryōzō et malgré son bas rang social, l'école de Matsumoto, alors dirigée par Yoshida Torajirō, école dont il sort en 1859, fortement influencé par les thèses légitimistes et xénophobes de son professeur.

À l'annonce de l'exécution de son maître par les autorités shogunales lors de la purge d'Ansei (1858 – 1859), il s'engage définitivement en politique (1862) avec son condisciple Katsura Kogorō aux côtés des partisans du mouvement isolationniste, devenu depuis le la doctrine impériale du Sonnō jōi (尊皇攘夷)[2], et devient un activiste du mouvement pour l'abolition du bakufu (倒幕運動, Tōbaku undō?).

Patriote légitimiste convaincu, il participe tout d'abord au complot (avorté[3]) contre le principal rival (intellectuel) de Yoshida dans le Chōshū, Nagai Uta (長井 雅楽), ainsi qu'à diverses actions violentes et spectaculaires, notamment l'incendie de la légation britannique () et l'agression du contre Hanawa Tadatomi (塙 忠宝)[4].

 
Les cinq de Chōshū ; Hirobumi est assis sur la balustrade, à droite.

Il est ensuite missionné par le clan de Chōshū avec quatre autres intellectuels (les cinq de Chōshū[5]) au Royaume-Uni pour y étudier les sciences et les mœurs des Européens.

Les cinq du Chōshū étudièrent à l'University College de Londres (1863-1864), sous la houlette du professeur Williamson.

Tous prirent alors conscience du retard accumulé par le Japon tant au niveau politique, économique et militaire que scientifique et technologique ; le jeune Hirobumi, autrefois adversaire acharné des Occidentaux et partisan de l'isolement du Japon, apprit beaucoup à leur contact et se transforma rapidement en fervent soutien de l'établissement de relations diplomatiques et de l'ouverture générale du pays au commerce international.

Carrière politiqueModifier

En 1864, Itō Hirobumi et Inoue Kaoru rentrèrent précipitamment au Japon pour convaincre le clan de ne pas attaquer l'Angleterre[6] : c'est au cours des négociations avec les représentants du Royaume-Uni qu'il fit la connaissance du diplomate britannique Ernest Satow, lui-même issu de l'University College et avec lequel il resta ami.

Sa connaissance de l'Europe et son anglophilie lui ouvrent les portes de la nouvelle administration (restauration Meiji) ; il obtient rapidement une place de conseiller (参与員, san'yoin?) chargé des affaires internationales. En 1870, il est missionné avec Yoshikawa Akimasa (芳川 顕正) et Fukuchi Gen'ichirō (福地 源一郎) aux États-Unis pour y étudier le système monétaire occidental ; à son retour au Japon en 1871, il est appointé directeur du service des impôts et des taxes, puis est nommé vice-ministre des Travaux publics.

En 1871-1873, il participe, en tant que vice-ambassadeur, à la mission Iwakura (岩倉使節団, Iwakura shisetsudan?) aux États-Unis et en Europe. En 1873, il est nommé conseiller (参議員, sangi'in?) et ministre des Travaux publics.

En 1875, il préside la première assemblée des gouverneurs préfectoraux, en tant qu'élu de la préfecture de Hyōgo (兵庫県, Hyōgo-ken?).

Le décès de Kido Takayoshi en 1877 suivi de l'assassinat en 1878 de son supérieur, le ministre de l'Intérieur Ōkubo Toshimichi, lui permet de succéder à ce dernier. Dès lors, plus rien n'entrave son cursus honorum. Jusqu'en 1888, il est Premier ministre du Japon, poste qu'il occupe quatre fois, notamment durant la guerre sino-japonaise (1894-1895). Il participe au projet de la Constitution de 1889 et à la mise en place d'un parlement bicaméral. En 1889, il fonde l'un des premiers partis politiques japonais, le Seiyūkai (政友会?). Il est l'un des représentants du Japon durant la signature du traité de Shimonoseki, qui marque la fin de la guerre sino-japonaise et permet au Japon d'annexer nombre de territoires jusque-là sous autorité chinoise.

 
Itō Hirobumi à l'époque de son activisme légitimiste, vers 1862.

Ses tentatives pour éviter la guerre avec la Russie suscitent le mécontentement des militaires.

Sous leur pression, il est remercié et devint le 21 décembre 1905 résident-général de Corée, suite au traité d'Eulsa ratifié en novembre, établissant le protectorat du Japon sur la Corée.

Il est assassiné par le résistant coréen An Jung-geun le à la gare de Harbin, au nord-est de la Chine.

Son portrait, avec barbe et moustache grisonnantes, était imprimé sur les anciens billets de banque japonais de mille yens.

Itō a des relations étroites avec Louis-Émile Bertin, le fondateur de la marine militaire moderne du Japon, pendant toute la durée de sa mission auprès de l'empereur Meiji, de 1886 à 1889.

Notes et référencesModifier

  1. Variantes : 水井舜輔 ou 水井俊輔 ; ce changement de patronyme (Mizui) est dû à l'adoption en 1857 de son père au sein de la famille Mizui, c'est-à-dire à leur réintégration au statut de samouraï.
  2. Le jour même de la promulgation par la cour impériale de l'édit Sonnō jōi, le clan du Chōshū ouvrit le feu sur un navire américain et commit une série d'attaques contre des navires occidentaux en juillet.
  3. Faute de combattant : Nagai Uta est condamné l'année suivante au suicide.
  4. Mort le lendemain des suites de l'agression.
  5. Soit Endō Kinsuke (遠藤謹助), Itō Hirobumi (伊藤博文), Inoue Kaoru (井上馨), Inoue Masaru (井上勝) et Yamao Yōzō (山尾庸三). Remarque : les noms figurés ici sont ceux par lesquels ces personnalités sont connues, mais pas ceux dont elles usaient à cette époque.
  6. Pour se venger des agressions commises par le clan du Chōshū à leur endroit en 1863, 17 navires occidentaux attaquèrent et détruisirent complètement les fortifications de Shimonoseki (5 et ). Un traité fut signé le 14 septembre, condamnant le shogunat à payer une forte indemnité aux Occidentaux, indemnité qui ne fut jamais réglée. Cet incident discrédita durablement l'administration du clan du Chōshū.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) K. Takii (trad. du japonais par M. Takechi), Ito Hirobumi: Japan's First Prime Minister and Father of the Meiji Constitution, (ISBN 978-0-415-83886-3).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier