Ministère de l'Intérieur (Japon)

Le ministère de l'Intérieur (内務省, Naimu-shō?), est un département ministériel du gouvernement japonais, en activité de 1873 à 1947. Ses fonctions comprenaient l'administration locale, la police, les travaux publics et les élections.

Siège du ministère de l'Intérieur, à Tokyo, avant 1923.

HistoireModifier

Après la restauration de Meiji, le ministère de l'Intérieur fut créé en , à partir du ministère des Affaires civiles, initialement comme « agence de sécurité intérieure » pour contrer les possibles menaces pour le gouvernement des anciens samouraïs mécontents. C'est un des huit ministères du gouvernement de Meiji.

Ōkubo Toshimichi fut le premier chef du ministère. Quand Aritomo Yamagata le remplaça, il organisa le ministère en sections responsables pour l'administration générale, l'administration locale, la police, les travaux publics, la santé publique, l'administration postale, les relevés topographiques, les institutions religieuses et la censure nationale. L'administration de l'île d'Hokkaido et de la préfecture de Karafuto tombait aussi sous la juridiction du ministère des Affaires intérieures.

En 1886, il prend le contrôle de l'inspection centrale de Tokyo[1] et en fait la Direction centrale de la police japonaise. De 1875 à 1895, le ministère a la charge des prévisions météorologiques, qui sont assurées par l'Observatoire météorologique de Tokyo, renommé Observatoire météorologique central en 1887[2].

Le ministère fut aussi initialement responsable de la promotion de l'activité industrielle mais cette fonction fut récupérée par le ministère de l'Agriculture et du Commerce en 1881.

En 1890, la société gouvernementale des chemins de fer japonais et, en 1892, le ministère des Postes et Télécommunications furent créés, retirant ces fonctions au ministère de l'Intérieur. Les fonctions de santé publique furent dévolues au ministère de la Santé en 1938.

Puis, avec la création du shintoïsme d'État, un département des Affaires religieuses fut ajouté au ministère en 1900. À la suite de l'incident Kōtoku, la force de police Tokkō fut créée en 1911.

Avec l'entrée en vigueur des lois de Préservation de la Paix en 1925, le ministère fut habilité à réprimander la dissidence politique, et à contrôler les activités des socialistes, des communistes et du mouvement ouvrier. Une section « police de la pensée », appelée Tokkō, est alors formée, avec des branches dans tout le Japon et à l'étranger, dans des endroits à forte concentration de ressortissants japonais, pour surveiller l'activité des socialistes et des communistes. En 1938, la Direction de l'hygiène et de la santé publique est détachée du ministère de l'Intérieur et devient un ministère de plein exercice, le ministère du Bien-Être public[3].

L'association pour les Loisirs et l'Amusement fut créée par le ministère et une organisation civile le par le biais d'investissement ce capitaux (50 millions de yens chacun), officiellement pour contenir les pulsions sexuelles des forces d'occupations, protéger la population japonaise des viols et préserver la « pureté » de la « race japonaise ». La déclaration officielle du déclarait que « grâce au sacrifice de milliers d'« Oikichis » de l'ère Shōwa, nous allons construire une barrière pour retenir la frénésie des forces d'occupations et cultiver et préserver la pureté de notre race pour les siècles à venir... » Le slogan de l'association était : Pour le pays, un brise-lame sexuel pour protéger les femmes japonaises (お国のために日本女性を守る性の防波堤, Okuni no tame ni nihon josei o mamoru sei no bōhatei?)[4].

Après la Seconde Guerre mondiale, en octobre 1945, la portée des activités du ministère des Affaires intérieures fut sévèrement limitée par les forces d'occupation américaines. Les autorités américaines pensaient que la concentration de pouvoirs dans un ministère unique était une cause et un symptôme de la mentalité totalitaire du Japon d'avant-guerre, et pensaient également que centraliser le commandement des forces de police dans un ministère lui-même centralisé était dangereux pour le développement démocratique du Japon d'après-guerre.

Plusieurs centaines de fonctionnaires du ministère sont révoqués, dans le cadre de la purge des militaristes et des ultranationalistes. Le , le Ministère de l'intérieur a été officiellement supprimé. Ses fonctions ont été réparties entre le Ministère des Affaires intérieures, le Ministère de la Santé et des Affaires sociales (devenu Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, la Commission nationale de sécurité publique) et le ministère de la Construction (intégré depuis au Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme).

Le ministère des Affaires intérieures fut lui aussi officiellement supprimé le , et ses fonctions furent réparties entre le ministère des Affaires intérieures, le ministère de la Santé et des Affaires sociales (devenu le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales), la commission nationale de Sûreté publique[5], le ministère de la Construction[6] (aujourd'hui ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme).

Liste des seigneurs de l'intérieurModifier

Nom Dates
1 Ōkubo Toshimichi Nov 1873 - Fév 1874

Liste des ministres de l'IntérieurModifier

Noms Dates
1 Yoshikawa Akimasa -
2 Kiyoura Keigo -
3 Hara Takashi -
4 Hirata Tosuke -
5 Hara Takashi -
6 Ōura Kanetake -
7 Hara Takashi -
8 Ōkuma Shigenobu -
9 Ōura Kanetake -
10 Ōkuma Shigenobu -
11 Ichiki Kitokurō -
12 Gotō Shinpei -
13 Mizuno Rentarō -
14 Takejirō Tokonami -
15 Mizuno Rentarō -
16 Gotō Shinpei -
17 Mizuno Rentarō -
18 Wakatsuki Reijirō -
19 Osachi Hamaguchi -
20 Adachi Kenzō -
21 Osachi Hamaguchi -
22 Suzuki Kisaburō -
23 Tanaka Giichi -
24 Mochizuki Keisuke -
25 Adachi Kenzō -
26 Tokugorō Nakahashi -
27 Inukai Tsuyoshi -
28 Suzuki Kisaburō -
29 Yamamoto Tatsuo -
30 Fumio Gotō -
31 Shigenosuke Ushio -
32 Kakichi Kawarada -
33 Eiichi Baba -
34 Nobumasa Suetsuga -
35 Kōichi Kido -
36 Naoshi Ohara -
37 Hideo Kodama -
38 Eiji Yasui -
39 Kiichirō Hiranuma -
40 Harumichi Tanabe -
41 Hideki Tōjō -
42 Michio Yuzawa -
43 Hideki Tōjō (ministre par intérim) -
44 Michio Yuzawa -
45 Kisaburō Andō -
46 Shigeo Ōdachi -
47 Genki Abe -
48 Iwao Yamazaki -
49 Zenjirō Horikiri -
50 Chuzō Mitsuchi -
51 Seiichi Ōmura -
52 Etsujirō Uehara -
53 Kozaemon Kimura -

RéférencesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Inspection centrale de Tōkyō (東京警視廳, Tōkyō Keishichō?).
  2. (en) Agence météorologique du Japon, « History » [« Histoire »] (consulté le ).
  3. Ayanori Okasaki, « Le problème et la politique démographiques au Japon », Population, vol. 7, no 2,‎ , p. 207—226.
  4. お国のために日本女性を守る性の防波堤
  5. Commission nationale de Sûreté publique (国家公安委員会, Kokka-kōan-iinkai?).
  6. Ministère de la Construction (建設省, Kensetsu-shō?).