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Mandchourie

Territoire au nord-est de l'Asie
Carte du World factbook de la CIA. l'île de Sakhaline est généralement incluse dans la Mandchourie-Extérieure.

La Mandchourie (Japonais : 満州, translittération Manshū ; chinois simplifié : 满洲 ; chinois traditionnel : 滿洲 ; pinyin : Mǎnzhōu) est un vaste territoire au nord-est de l'Asie, dont la plus vaste extension couvre le Nord-Est de la Chine (environ 1 550 000 km2), et l'Est de la Russie sur l'océan Pacifique (environ 1 000 000 km2).

GéographieModifier

 
Mandchourie, Daourie, Mongolie et Turkestan chinois sur une carte de l'Empire chinois (1836).

La Mandchourie est entourée de la Mongolie à l'ouest, de la Sibérie au nord, de la Chine au sud-ouest et de la Corée au sud-est.

Cependant, aucun terme pour "Mandchourie" n'existe en langue mandchou[1], qui désignait à l'origine la région comme "les trois provinces orientales"[2],[3]. Ce nom semble avoir été introduit en France par Edme Mentelle et Conrad Malte-Brun en 1804[4].

Le nom Mandchourie peut désigner différentes régions de taille variable, qui sont, de la plus petite à la plus grande :

HistoireModifier

 
Épidémie de peste de 1911 en Mandchourie.

La Mandchourie a été le berceau des peuples xianbei, khitan et jurchen. Ces derniers ont fondé plusieurs dynasties en Mandchourie comme dans d'autres régions de Chine. La Dynastie Jin (1115-1234) qui prit le pouvoir sur les Khitans, fut écrasée par les Mongols à l'époque de Gengis Khan. La plus récente et la plus célèbre fut, lors de la Dynastie des Jin postérieurs, leur prise de pouvoir sur l'ensemble de Chine au XVIIe siècle (dynastie Qing, parfois Tsing), où ils furent rebaptisés Mandchous (Mandchou :  , translittération Manju). Ils donnèrent leur nom à la région, et gouvernèrent la Chine jusqu'à sa chute en 1911, a la révolution initiée par le soulèvement de Wuchang dans l'actuelle Wuhan.

Le Nord de la province est frappée par une épidémie de peste, provenant des marmottes de novembre 1910 à mars 1911 qui fait des centaines de milliers de victimes[5].

République de ChineModifier

De 1912 à 1931, la région est dominée par une faction armée mandchoue dite du Fengtian et se trouve sous domination économique japonaise. À la suite d'un conflit sino-soviétique (1929), elle est envahie par le Japon en 1931.

MandchoukouoModifier

 
Carte du Mandchoukouo
Article détaillé : Mandchoukouo.

Entre 1931 et 1945, la Mandchourie constitue l'avant-poste de l'occupation de la Chine par l'empire du Japon dans le cadre de sa politique expansionniste. Les Japonais y créent un nouvel État, le Mandchoukouo (满洲国 / 滿洲國, mǎnzhōu guó, « État mandchou » ; en japonais : manshūkoku (満州国?) ; en kyūjitai : 滿洲國), et placent à sa tête Puyi, le dernier empereur Mandchou déchu en 1912, avec le titre d'empereur du Mandchoukouo.

Présenté par les Japonais comme un pays indépendant de la Chine, et inversement comme un État fantoche par les Chinois, cet État est aboli en 1945 par les Soviétiques lors de leur attaque contre le Japon à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

République populaire de ChineModifier

Depuis 1949, en République populaire de Chine, la Mandchourie ne correspond plus à aucune région administrative. En revanche, le Nord-Est ou Dongbei chinois identifie, dans le langage courant, un territoire et une culture spécifique à l'intérieur du territoire chinois.

Certains noms de famille chinois, caractérisés par leur bivalence, gardent encore les origines mandchoues de leur ascendance. La ville de Harbin (哈爾濱, ha'erbin) est un exemple de toponyme d'origine mandchoue

AnnexesModifier

RéférencesModifier

  1. [1]Giles 1912, p. 8.
  2. mnc. ᡩᡝᡵᡤᡳ
    ᡳᠯᠠᠨ
    ᡤᠣᠯᠣ
    , Dergi ilan golo; zh. 東三省 / 东三省, Dōng Sānshěng.
  3. Clausen 1995, p. 7.
  4. « Les provinces tributaires du Nord ou la Mantchourie, la Mongolie, la Kalmouquie, le Sifan, la Petit Bucharie, et autres pays vulgairement compris sous la fausse dénomination de TARTARIE », dans Edme Mentelle et Malte Brun, Géographie mathématique, physique & politique de toutes les parties du monde, vol. 12, H. Tardieu, (lire en ligne), p. 144.
  5. Summers 2012.

BibliographieModifier

  • (en) William C Summers, The great Manchurian plague of 1910-1911 : the geopolitics of an epidemic disease, New Haven, Conn., Yale University Press, cop., 2012. (ISBN 9780300183191)

Articles connexesModifier

Dans la fictionModifier