Hussein Dey

Hussein Dey
(ar) الداي حسين
(tr) Hüseyin Paşa
(ber) ⵃⵓⵙⵙⴰⵢⵏ ⴷⴰⵢ
Illustration.
Hussein Dey, gravure de Victor Duruy (1864).
Titre
Dey de la Régence d'Alger
(souverain du Royaume d'Alger)

(12 ans, 4 mois et 4 jours)
Prédécesseur Ali ben Ahmed
Successeur Abdication
Khodjet al-khil (ministre)
Biographie
Nom de naissance Hüseyin bin Hüseyin
Date de naissance 1764-1765
Lieu de naissance Smyrne ou Urla
(Empire ottoman)
Origine Turc
Date de décès
Lieu de décès Alexandrie
(Égypte)
Nationalité Algérien
Conjoint Lella Fatma bent Hassan-Pacha
Enfants Amina Hanem
El Hadj Omar
Nafissa Hanim
Une autre fille
Famille Caid Ismael (gendre)
Hadida Caid Ismael (petite-fille)
Hassan-Pacha (beau-père)
Ibrahim Agha (gendre)
Saleh Bey (gendre)
Profession Sultan
Religion Islam
Dey d'Alger

Hussein Dey ou Hussein ibn Hussein, né en 1764 dans l'Empire ottoman et mort en exil en 1838 à Alexandrie, est un homme d'État, militaire, érudit religieux et commerçant algérien d'origine turque[1]. Il est le dernier dey d'Alger de 1818 à 1830 et le 16e roi indépendant d'Alger depuis la création de la fonction par Baba Ali.

BiographieModifier

Naissance, enfance et embarquement pour AlgerModifier

Hussein naît dans l'Empire ottoman vers 1764 (le lieu exact de sa naissance est contesté soit Urla, soit Smyrne). Issu d'un milieu aisé et d'une famille de tradition militaire et religieuse, il s'engage comme canonnier après des études brillantes en théologie et une formation militaire à Constantinople. Son caractère entêté lui vaut cependant des problèmes avec la hiérarchie militaire, et il fuit l'Empire ottoman pour rejoindre la Régence d'Alger[2]. Refuge traditionnel pour les personnes fuyant des pays étrangers[3], celle-ci offrait un l'avantage d'être indépendante de facto de la Sublime Porte, dont elle ne reconnaissait que l'autorité symbolique découlant du califat. Elle maintenait cependant des liens commerciaux et historiques avec l'Empire ottoman : ainsi, la milice d'Alger continue de recruter à Smyrne pour faire face au manque d'effectifs et attirer les meilleurs talents ottomans[4]. Pour ces derniers, l'enrôlement à Alger est également un débouché idéal : l'organisation de l'armée est, pour des raisons historiques, proche de celui qu'ils ont connu au sein de l'armée ottomane, et la course est synonyme d'enrichissement, d'accélération de carrière et d'opportunités considérables. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls puisque les renégats - nom donné par les Européens à ceux des leurs qui rallient les corsaires barbaresques - sont également un bassin de recrutement important, que ce soit sur la base de l'enrôlement volontaire ou par la voie de l'esclavage.

C'est donc probablement à partir de Smyrne que Hussein s'embarque pour Alger en 1782.

Parcours militaire, commercial et politiqueModifier

Une capacité d'intégration économique et sociale avéréeModifier

Tout jeune encore et étranger à l'univers de la Régence, Hussein doit faire ses preuves. Il se révèle rapidement être un excellent corsaire et gravit peu à peu les échelons en étant à la tête de navires de plus en plus importants[5]. Ses succès lui permettent un certain enrichissement, qu'il a l'intelligence de réinvestir dans le commerce local, comme certains soldats avaient coutume de le faire pendant qu'ils étaient démobilisés. Il ouvre ainsi un commerce à Alger spécialisé dans la vente de différentes matières premières agricoles (blé, tabac...), qui compte bientôt de nombreux entrepôts et annexes dans la ville[6]. En parallèle, il se construit une réputation d'érudit religieux, fort de sa formation à Constantinople, et ses actes de charité ainsi que son autorité morale lui assurent rapidement une popularité solide au sein de la population maure d'Alger[7]

Un contexte favorable et une stratégie d'alliances fructueusesModifier

Sa réussite dans les affaires et sa renommée militaire n'auraient pas suffi à lui ouvrir les portes de la vie politique algérienne si Hussein n'avait pas été doté d'un sens politique avisé et n'avait pas été porté par un contexte favorable. La vie intérieure de la Régence connaît alors une période de stabilité, sous le long règne de Mohamed Ben Othmane, à l'origine d'importantes réformes de l'administration. Le régime politique en place connaît également une mutation importante alors que les recettes de la course baissent et que les relations avec l'Empire ottoman se tendent (notamment à la faveur d'oppositions sur le dossier égyptien, la Régence d'Alger soutenant le camp français), le régime tente de se stabiliser en rendant le pouvoir davantage héréditaire[8]. Mohamed Ben Othmane prépare sa succession en nommant des membres de sa famille et de sa belle-famille au sein de la haute administration (khaznadji, Grands Écrivains, diplomatie...). Dans ce contexte, Hussein comprend qu'épouser une femme issue des grandes familles sera, plus que jamais, un gage d'ascension politique. Son importante fortune et son bilan militaire solide avaient déjà fait de lui un proche conseiller de Mohamed Dey, mais c'est en épousant la fille de son neveu, la princesse Lalla Fatma[9], qu'il consolide sa position et devient réellement membre de l'establishment politique, malgré le handicap que constituaient ses origines anatoliennes, et le fait qu'il ne soit pas né à Alger (contrairement à la majorité des hauts dignitaires).

Compenser le manque d'ancrage local par une alliance avec les familles puissantes du pays - alliance facilitée par sa fortune et sa renommée militaire - se révèle être une stratégie payante. En 1795, à la mort de Mohamed Dey, le Diwan d'Alger est, pour la première fois depuis 1671, complètement écarté de la succession du Dey, puisque c'est son fils adoptif et neveu Sidi Hassan, anciennement khaznadji (premier ministre), qui accède au pouvoir[8] En 1795, Hussein se retrouve donc être le gendre de l'homme le plus puissant de la Régence d'Alger. Cette position enviable lui permet d'intégrer l'administration dans laquelle il servira durant 23 ans, occupant une succession de postes à hautes responsabilités (imam du Dey, kodjet el-khil, Grand Ecrivain, khaznadji...).

Une habilité politique qui explique sa longévité au sein de l'administrationModifier

Devenu haut dignitaire de la Régence, Hussein ne quittera plus le milieu politique, et ce malgré les importantes turbulences qui secouent la vie politique locale à l'orée du XIXe siècle. L'assassinat de Mustapha Pacha en 1805 marque la fin de la stabilité politique. En cinq ans, 3 deys se succèderont, et malgré les assassinats et les intrigues qui marquent chaque succession, Hussein arrive à se maintenir au pouvoir, et sait se rendre indispensable[10]. Ses capacités militaires précieuses et sa bonne administration sont en effet nécessaires à chacun des partis, étant donné la crise économique et sociale sans précédent que traverse la Régence (la guerre perdue en 1816 contre les Américains a un impact désastreux sur la course, et une période de sécheresse entraîne également une crise de l'agriculture, deuxième source de revenus du pays). C'est ainsi qu'en 1817, il fait partie d'un des rares proches d'Omar Agha à être maintenu au pouvoir par Ali ben Ahmed.

En 1818, ce dernier, malade, le désigne comme successeur.

Une arrivée au pouvoir dans un contexte difficileModifier

Hussein Dey arrive au pouvoir dans un contexte extrêmement difficile[11]. Le dey précédent avait déclaré la guerre aux recrues turques de la Milice. Si la Régence d'Alger pouvait se permettre dans les années 1780 de recruter à l'étranger, la prospérité étant au rendez-vous, ce n'était plus du tout le cas en 1818. Bien au contraire, la chute des recettes de la course exacerbaient le mécontentement des janissaires turcs, et le pouvoir politique craignait une révolte de leur part, qui pourrait être instrumentalisée par la Sublime Porte pour ramener le Royaume d'Alger dans son giron. Après une répression sévère qui fit près de 1200 morts, les derniers janissaires turcs avaient donc été expulsés sans ménagement en Turquie[12].

Malgré ses propres origines, Hussein Dey avait soutenu cette option, qui, bien qu'elle fermât définitivement la voie d'accès par laquelle il était lui-même, en son temps, devenu algérien, se révélait nécessaire pour préserver l'équilibre politique, déjà bien précaire, de la Régence[13]. Mais en 1818, ce problème était réglé, et Hussein Dey devait à présenter s'attaquer à la crise économique dans laquelle s'enlisait le pays et détendre les relations avec les puissances européennes. En guise d'apaisement, il affranchit ainsi de nombreux esclaves chrétiens[14], et pour faire face aux besoins économiques, mobilisa tous les esclaves au service de l'Etat. Sur le plan social, il apporta également un soutien financier aux différentes donations pieuses qui assuraient les besoins des populations indigentes, et tenta de limiter la corruption qui s'était généralisée au cours des deux dernières décennies. Les charges de Beys (gouverneurs provinciaux) étaient en effet devenues vénales : elles s'achetaient purement et simplement sans aucune considération pour la compétence et le mérite des personnes qui y prétendaient. De plus, se sachant dépourvus de base locale, ces Beys incompétents essoraient la population, et en retiraient autant d'impôts et de taxes qu'ils pouvaient, pour verser le plus d'argent possible à Alger et conserver le soutien du Dey[15].

Cette situation était à l'origine d'un large mécontentement, qui éclata dès l'arrivée au pouvoir de Hussein Dey, au Beylick de Constantine, contre le Bey Mustapha. Confronté au soulèvement populaire, Hussein Dey jouera la carte de l'apaisement, en révoquant le Bey contesté et en nommant à sa place Ahmed Bey el-Mamelouk, chef respecté d'une tribu de l'Est algérien. Il effectuera plusieurs remaniements par la suite, tout en maintenant invariablement Ahmed Bey, un autre homme intègre issu d'une tribu de Petite-Kabylie, comme khalifa (premier ministre local). L'administration de la province étant ainsi corrigée, et la situation économique s'améliorant à partir du milieu des années 1820, la colère populaire est durablement désamorcée[16]. Hussein Dey ne parviendra cependant pas à être aussi efficace dans d'autres provinces du Royaume, puisque le Beylik de l'Ouest reste enlisé dans une corruption endémique.

Hussein Dey tente également de pousser à une application plus stricte des lois islamiques, ce qui n'est pas étonnant, étant donné sa formation religieuse initiale. Si le rôle politique de la Milice est quasi-inexistant après l'écrasement des Janissaires, celui de la population l'est également : dès son arrivée au pouvoir, Hussein Dey suspend les séances du Diwan, et les notables et anciens du pays ne sont plus consultés ; un des notables contemporains, Hamdane Khodja, témoigne même : « Si l’on a un reproche à lui faire [Hussein Dey], quant à son gouvernement, c’est celui de n’avoir pas rétabli l’ancien divan afin de pouvoir délibérer sur les affaires majeures, et profiter des conseils que l’expérience et les lumières des anciens peuvent toujours présenter pour être suivis »[17]. Ce raidissement autoritaire, s'il s'explique par le contexte de crise et par une volonté de renforcer l'autorité étatique, n'en est pas moins préjudiciable à la pertinence des décisions qui sont prises, et conduisent le pouvoir à un repli sur soi. Ainsi, revenus d'un voyage en France, des notables algérois alertent durant les années 1820 sur l'ampleur du retard technologique et logistique dont souffre la Milice : aveuglé par la réputation d'invulnérabilité d'Alger, Hussein Dey minimise et relativise[18]. Symptôme de cet excès de confiance, la Régence d'Alger se lance sans réfléchir en 1827 dans la guerre d'indépendance grecque ; si l'indépendance de la Grèce (proie traditionnelle des corsaires algériens, malgré son appartenance à l'Empire ottoman) menace bien les intérêts de la Régence, le contexte était plus que défavorable à une telle intervention, qui épuise les forces armées algériennes à la veille de l'affrontement avec la France[19].

En matière de politique étrangère, la paix est signée avec les États-Unis, l'Empire britannique et la plupart des pays européens, et les relations se détendent avec l'Empire ottoman, après des décennies de crispation. Cependant, le dossier de la créance de blé continue de plomber les relations franco-algériennes, et malgré le traité de paix franco-algérien de 1801 qui stipulait que « la guerre n'est pas naturelle entre les deux Etats »[20], la situation se détériore rapidement au cours des années 1820.

Affaire de l'éventailModifier

 
Le coup d'éventail.

Dans une tentative d'accroître sa popularité parmi le peuple français, Charles X chercha à renforcer le sentiment patriotique et détourna le regard de sa politique intérieure en « luttant contre le dey »[21]. Cela a finalement conduit à la conquête française de l'Algérie.

Dans les années 1790, la France avait contracté l'achat de blé pour l'armée française auprès de deux marchands juifs d'Alger, M. Bacri et Boushnak, et était en retard pour les payer. Ces marchands avaient eux-mêmes des dettes envers le Dey et se prétendaient incapables de payer ces dettes jusqu'à ce que la France paye les siennes. Le dey avait négocié sans succès avec le consul de France, Pierre Deval, pour remédier à cette situation, et il soupçonna Deval de collaborer avec les marchands contre lui, surtout quand le gouvernement français ne fit aucune provision pour rembourser les marchands en 1820. Alexandre, le neveu de Deval, consul à Bône, a plus tard irrité le dey en fortifiant les entrepôts français à Bône et La Calle, contre les termes d'accords antérieurs[22].

Le , à l'occasion de la fin du Ramadan, Hussein Dey reçoit comme il est de coutume les vœux des ambassadeurs musulmans et européens à la Casbah. De mauvaise humeur, il demande à Deval des explications au sujet du non-remboursement des créances par la France. Ce dernier lui répondant avec ironie et mépris qu'il ne voyait pas de quelle créance il parlait, le Dey s'emporte et frappe Deval avec son chasse-mouches[23]. Charles X instrumentalisa cet affront à son représentant diplomatique, pour exiger d'abord des excuses de la part du Dey, et ensuite lancer un blocus contre le port d'Alger. Le blocus naval, qui avait pour but d'affaiblir militairement et économiquement la Régence avant une éventuelle invasion, infligea de graves dommages à une économie déjà détériorée. Une pénurie de bois touche notamment la marine algérienne. En 1830, alors que la situation diplomatique ne s'améliore pas et après le tir de plusieurs coups de canon contre un des navires du blocus, la France entame l'invasion d'Alger[24].

Invasion d'Alger (juin 1830)Modifier

Les plans de l'invasion, y compris le lieu du débarquement, étaient connus de Hussein Dey grâce à un réseau d'espions implanté à Malte et à Gibraltar[25]. Alors que le débarquement avait été estimé imminent, Hussein Dey réunit un cercle de conseillers proches pour les consulter sur la stratégie à adopter. Deux points de vus s'affrontent : Ahmed Bey, bey de Constantine, plaide pour laisser les Français débarquer et avancer à l'intérieur de la Régence, qu'ils connaissent très mal ; après quoi les forces algériennes les attaqueraient de part et d'autres, et empêcheraient l'arrivée des renforts. A l'inverse, Ibrahim Agha, issu d'une famille de nobles locaux et gendre de Hussein Dey, plaide pour affronter les Français sur la plage même, confiant dans la capacité algérienne à en venir à bout[26]. Comme c'est lui qui occupait alors le poste d'agha[12], ou chef des forces terrestres de la Régence, c'est son parti qui l'emporte.

Des contingents issus des beyliks d'Oran, de Constantine, du Titteri et de Dar El Soltane sont mis à disposition d'Ibrahim Agha, à qui est confiée la responsabilité exclusive de riposter à l'invasion. Le , trente-quatre mille soldats français débarquent à Sidi Ferruch. Le début des combats est favorable, les Algériens infligeant 14 pertes humaines et de nombreuses pertes matérielles à l'armée française, et ne comptant aucune perte humaine malgré d'importants dégâts matériels. Confiant, Ibrahim Agha n'avait mobilisé dans un premier temps que 10 000 hommes sur les 40 000 mis à sa disposition. Cependant, rapidement, les combats tournent à la défaveur des Algériens ; l'armement ancien et mal au point des soldats les handicape lourdement, et l'armée algérienne est très vite mise en déroute[27].

Après trois semaines de combat, les Français débarquent à Alger. Hussein Dey envoie une délégation pour négocier avec les Français. La reddition étant désormais inévitable, une convention de paix est signée. Les Français s'engagent à respecter les habitants, leurs biens et leur religion et à ne pas porter atteinte à leur dignité et à celles de leurs femmes. Hussein Dey, sa famille et ses biens sont également garantis d'être protégés. En échange, le contrôle du port, de la Casbah et de la ville elle-même sont cédés aux Français. Ce sont les débuts de la domination française en Algérie. La chute de l'Etat central n'est cependant pas totale : le Beylik de l'Est reste en place et oppose une résistance farouche à l'armée française jusqu'en 1839 ; à l'Ouest, l'Emir Abdelkader récupère le territoire de l'ancien Beylik et la moitié de la ville d'Alger, et ne dépose les armes qu'en 1847. La France ne conquerra la totalité du territoire de la Régence que plusieurs décennies après la chute d'Alger, après des affrontements qui déciment tant la population que les troupes coloniales.

ExilModifier

Le [28], Hussein Dey quitte Alger avec sa famille[29] : son épouse principale, Lalla Fatma, fille de Sidi Hassan Pacha, et trois concubines, son frère et son neveu, trois de ses filles dont deux sont mariées (les deux gendres, Ibrahim Agha et Kaid Ismaël sont respectivement commandant des troupes et ministre de la marine). Il emmène aussi sa suite, un total de 110 personnes des deux sexes (dont son économe, son trésorier, des janissaires et ses esclaves et eunuques). Hussein réclame 30 000 sequins (270 000 fr) comme étant sa pleine propriété, disant qu'il les a laissés à la Casbah. Le comte de Bourmont ordonne aussitôt de les lui remettre et l'autorise à enlever les armes, meubles, étoffes et tapisseries qu'il désire conserver. Hussein Dey et sa suite embarquent sur le navire français Jeanne d'Arc et arrivent à Naples le [30]. Il réside quelque temps à Paris, avant d'être expulsé sur ordre du gouvernement de Charles X et de s'installer à Naples[31]. Le , il se fixe à Livourne et y demeure trois ans.

Mais accusé d'intriguer pour favoriser un soulèvement de la population algérienne et d'entretenir un réseau d'espions en Europe et en Afrique du Nord, il est exilé à Alexandrie pour être placé sous la stricte surveillance de Méhémet Ali, allié de la France. Il y meurt à une date qui n'est pas connue avec précision, mais qui se situerait autour de 1838[32].

Vie privéeModifier

De l'union entre Hussein Dey et son épouse Lalla Fatma naîtront plusieurs enfants :

  • Nafissa (Néfissa) (épouse du Caid Ismael)[33] (parfois orthographiée Nefeessa Hanem)[34]

Dont la fille Hadida Caid Ismael ou sœur Aurelia est décédée en 1929 en Italie à la tête de l'orphelinat de San Giuseppe, Cascano, Caserte au nord de Naples[35].

  • une fille (épouse de Ibrahim Agha qui perdit la bataille de Staouéli le )[36]
  • Amina Hanim, née en 1819 (épouse de Salah Bey)[37]
  • El Hadj Omar[33] (El Hadj Omar Hanefi Pacha ou Omar Bey)[38] (Ou El Hadj Omar ben Hadj Hussein)[39]

HéritageModifier

Une commune de la wilaya d'Alger ainsi que son district sont nommés en son hommage. L'équipe de foot Nasr Athletic Hussein Dey y est basée.

Notes et référencesModifier

  1. Charles Warée, Les étrangers à Paris, Paris, , 525 p. (lire en ligne), p. 28 :

    « Le premier Algérien qui mit le pied sur la terre de France et vint contempler les splendeurs de la civilisation dans le centre majestueux l'où elles rayonnent sur l'univers, fut ce grand philosophe pratique, ce Thémistocle barbaresque qu'un coup de chasse-mouches, désormais aussi célèbre que le fameux coup de bâton d'Eurybiade, précipita au bas du trône. Vers le milieu de juin 1831 débarqua sur la place Vendôme, à l'hôtel de Londres, l'ancien souverain de la régence algérienne... »

  2. Raph Uwechue, Africa today., Africa Books Ltd, (ISBN 0-903274-16-7 et 978-0-903274-16-6, OCLC 24930584, lire en ligne)
  3. Jenny Gu et Philip Bourne, « Bookcast - Structural Bioinformatics 2nd Edition Gu & Bourne (Eds.) », sur SciVee, (consulté le )
  4. « Affaires étrangères. Correspondance reçue du consulat d'Alger (1642-1792) », sur FranceArchives (consulté le ) : « L'intensité du jeu diplomatique est sous-tendue par l'importance des relations économiques. Elles se manifestent à travers les activités commerciales de la Compagnie d'Afrique dans ses concessions du Bastion de France à La Calle et de ses comptoirs de Bône, Stora et Collo, l'installation de succursales des principales maisons de commerce de Marseille ou à travers l'affrètement constant de bâtiments français par les Algériens pour Tétouan, Salé, Mogador, Tunis, Alexandrie et, très régulièrement, vers Smyrne pour y embarquer des recrues. »
  5. Stephen Estry, Histoire d'Alger: de son territoire et de ses habitants, Paris, (lire en ligne)
  6. Aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, intitulé en arabe : "Le Miroir" ; par sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja,... Traduit de l'arabe par H.... D........., (lire en ligne), p. 145
  7. Ibid, (lire en ligne), p. 161
  8. a et b Mahfoud Kaddache, L'Algérie des Algériens, , 786 p. (ISBN 978-9961-9662-1-1)
  9. Henri Klein, Les feuillets D'Alger - Villa Yusuf, Comité vieil Alger, (lire en ligne), p. 239
  10. Aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, intitulé en arabe : "Le Miroir" ; par sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja,... Traduit de l'arabe par H.... D........., (lire en ligne), p. 134 :

    « Tout le monde fut étonné de ce que Hussein, qui avait été l’un des favoris d'Omar et son iman, recevait tant d’honneurs de la part d’Ally Pacha... »

  11. Aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, intitulé en arabe : "Le Miroir" ; par sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja,... Traduit de l'arabe par H.... D........., (lire en ligne), p. 141 :

    « Pendant son règne [Hassan Pacha] avait eu l’intention de rétablir l’ordre et la discipline, car à son avènement au pouvoir il avait trouvé le gouvernement dans un désordre difficile à dépeindre. D’anciens abus existaient depuis un grand nombre d’années, et pour parvenir à extirper le mal et opérer une cure radicale dans le gouvernement de la régence, il aurait fallu que le sort en ordonnât autrement et que son règne fût d'une plus longue durée. »

  12. a et b P. Boyer, « Agha », Encyclopédie berbère, no 2,‎ , p. 254–258 (ISSN 1015-7344, DOI 10.4000/encyclopedieberbere.915, lire en ligne, consulté le )
  13. Pierre Boyer, « Le problème Kouloughli dans la régence d'Alger », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, vol. 8, no 1,‎ , p. 79–94 (DOI 10.3406/remmm.1970.1033, lire en ligne, consulté le )
  14. Comment l'Algérie devint française (1830-1848) de Georges Fleury
  15. Aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, intitulé en arabe : "Le Miroir" ; par sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja,... Traduit de l'arabe par H.... D........., (lire en ligne), p. 131 :

    « A cette époque, celui qui voulait être nommé bey n’avait qu’à s’adresser aux parents de cet Ahmed Pacha, auxquels ils promettaient de l’argent. Ces charges étaient vénales, et cette vénalité convenait aux hommes du pouvoir dont les exactions étaient au-dessus des lois. Cet ordre de choses a duré jusqu’à l’événement qui vint frapper la ville de Constantine. »

  16. Ibid, (lire en ligne), p. 132
  17. Aperçu historique et statistique sur la régence d'Alger, intitulé en arabe : "Le Miroir" ; par sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja,... Traduit de l'arabe par H.... D........., (lire en ligne), p. 162
  18. Abla Gheziel, « Trois réactions « algériennes » sur l’avenir de l’Algérie, 1830-1834 », Insaniyat / إنسانيات. Revue algérienne d'anthropologie et de sciences sociales, nos 65-66,‎ , p. 187–210 (ISSN 1111-2050, DOI 10.4000/insaniyat.14862, lire en ligne, consulté le )
  19. Merouche Lemnouar, « « Chapitre 18 : Marine et raïs dans le reflux », dans : Recherches sur l’Algérie à l'époque ottomane. II. La course, mythes et réalités », Histoire du Maghreb, Éditions Bouchène,‎ , p. 269 (lire en ligne) :

    « En 1827 à Navarin, 6 navires d'Alger sur 8 ont été détruits ou endommagés. »

  20. « Traité de paix avec Alger », sur www.1789-1815.com (consulté le ) : « Le gouvernement français et la régence d'Alger reconnaissent que la guerre n'est pas naturelle entre les deux États, et qu'il convient à la dignité, comme aux intérêts de l'un et de l'autre, de reprendre leurs anciennes liaisons. »
  21. (en) L. Carl Brown, Salah Zaimeche, Keith Sutton et Abdel Kader Chanderli, « Algeria », History,‎ (lire en ligne)
  22. Abun-Nasr, Jamil. A history of the Maghrib in the Islamic period, p. 249
  23. Lettre du 19 décembre 1827 du dey Hussein au grand Vizir (archives du gouvernement turc) citée par Jeannine Verdès-Leroux, article « Coup d'éventail (1827) », dans L'Algérie et la France, Robert Laffont 2009, (ISBN 978-2-221-10946-5), p. 246.
  24. Abun-Nasr, p. 250
  25. Pierre (1775-1847) Auteur du texte Berthezène, Souvenirs militaires de la République et de l'Empire. Tome 1 / par le Bon Berthezène,... ; publiés par son fils et dédiés à S. M. l'empereur Napoléon III, (lire en ligne)
  26. Léon Galibert, Histoire de l'Algérie ancienne et moderne: depuis les premiers établissements des carthaginois, Furne, (lire en ligne)
  27. « La bataille de Staouéli. », sur www.algerie-ancienne.com (consulté le )
  28. Gazette nationale ou le Moniteur universel, Paris, (lire en ligne), p.810
  29. Bajot (M., Louis-Marie), Annales maritimes et coloniales: publiées avec l'approbation du ministre de la marine et des colonies, Paris, Imprimerie royale, , 424 p. (lire en ligne), p.8
  30. Eugène Plantet, Correspondance des Deys d'Alger avec la cour de France 1579-1833 - tome second - 1700-1833, Paris, Felix Alcan, , 641 p. (lire en ligne), p.569
  31. Eugène Léonard Guernier, L'Encyclopédie coloniale et maritime, Encyclopédie coloniale et maritime, (lire en ligne), p. 74
  32. Noureddine Amara, « Les nationalités d’Amîna Hanım. Une pétition d’hérédité à la France (1896-1830) », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 137,‎ , p. 49–72 (ISSN 0997-1327, DOI 10.4000/remmm.9017, lire en ligne, consulté le )
  33. a et b Cour D'appel d'Alger, Journal de la jurisprudence de la Cour impériale d'Alger ["puis" de la Cour d'appel d'Alger et de législation algérienne], Alger, (lire en ligne), p.238
  34. (en) Bayle St. John, Two Years' Residence in a Levantine Family, Chapman and Hall, , 298 p. (lire en ligne), p.188
  35. (it) Annali della missione raccolta trimestrale, Collegio Alberoni, (lire en ligne)
  36. Gustave Mercier, Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie. II, Département de Constantine. Fascicule 4, Paris, (lire en ligne), p.237
  37. Noureddine Amara, « Les nationalités d’Amîna Hanım. Une pétition d’hérédité à la France (1896-1830) », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée,‎ (lire en ligne)
  38. Klein Henri, Feuillets d'El-Djezaïr, volume 2, 1910, Le Vieil Alger et l'occupation militaire française avec vues, plans et coupes, p.50-51
  39. « ANOM archives nationales »

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier