Ouvrir le menu principal
Ne doit pas être confondu avec le pacha d'Alger Moustapha Pacha (1596-1599) ou le Grand vizir de l'Empire ottoman Mustapha Naili Pacha (1857).

Mustapha Pacha
Gouverneur de la Régence d'Alger
Image illustrative de l’article Mustapha Pacha
Le Capitaine William Bainbridge paie le droit de passage à Mustapha Pacha, dey d'Alger
Biographie
Nom de naissance Mustapha ben Brahim
Nom arabe مصطفى بن ابراهيم باشا
Fonctions
20e Dey d'Alger

(7 ans, 3 mois et 30 jours)
Prédécesseur Baba Hassan Pacha
Successeur Ahmed II
Khaznadji
Monarque Baba Hassan Pacha
Prédécesseur Baba Hassan Pacha

Mustapha Pacha ou Mustapha VI ben Brahim Pacha (arabe : مصطفى بن ابراهيم باشا) ou Mustafa Pacha est Dey d'Alger entre mai 1798 et le 31 août 1805, date de son assassinat par un janissaire

Sommaire

BiographieModifier

Il succède à Baba Hassan Pacha dont il était khaznadji (ministre des finances) et le neveu et précède Ahmed II. En 1798, Napoléon lance la Campagne d'Egypte, la Sublime Porte contraint donc la régence d'Alger à déclarer la guerre à la France[1] ; en même temps Alger fourni à l'armée du Directoire du blé en grandes quantités[2], par l’intermédiaire de deux marchands, Joseph Cohen Bacri et Naphtali ben Moussa Boudjenah (ou Busnach) les deux sont des proches de Mustapha Pacha[3].  

Les exportations de blé vers la France contribuent à la victoire de Napoléon sur les Ottomans en Égypte mais provoquent l’irritation de Constantinople envers Mustapha Pacha.  

Boudjenah et Bacri profitent de leur influence sur le Dey pour asseoir un empire commercial et finissent par obtenir un quasi-monopole sur le commerce international de la Régence[4]

En février 1800, Mustapha Pacha nomme Boudjenah responsable de la communauté israélite, mais les janissaires, victimes des récurrentes pénuries de blé qui résultent de l'exportation excessive et sous l'influence de la Porte assassinent Boudjenah en 1805.    

Relation avec les États-Unis d'AmériqueModifier

En octobre 1800, le Capitaine William Bainbridge de la marine américaine se trouve à Alger en mission de livraison du tribut annuel;  

Étant à portée des batteries de canons algériens, et sous la menace de la flotte, Mustapha Pacha oblige le capitaine Bainbridge à accepter une mission : transporter, sous pavillon algérien un ambassadeur et des cadeaux vers Constantinople, cet épisode provoque une crispation aux États-Unis[5]

Le 17 juin 1802, un navire nommé The Franklin, faisant route de Marseille vers les indes Orientales, est capturé par des corsaires de Tripoli, le 26 juin, les corsaires accostent à Alger, mais deux jours plus tard, le Dey leur ordonne de larguer les amarres. Le Franklin et sa cargaison sont vendus à Tunis, le capitaine Andrew Morris et son équipage sont transportés enchaînés à Tripoli. Le consul britannique fait libérer les sujets britanniques et les étrangers. Morris et les membres américains de son équipage sont prisonniers de Tripoli. Le consul américain à Alger, Richard O'Brien, demande au Dey d’intercéder en leur faveur, celui-ci demande en juillet au Bey de Tripoli de les libérer. Le 21 septembre, les Américains sont libérés.

En 1802, Mustapha Pacha envoie une lettre au gouvernement américain, il y dit qu'il a réussi à obtenir la libération des marins du navire le Franklin, qui étaient détenus à Tripoli. Il y demande aussi la révocation du consul James Leander Cathecart qui devait remplacer Richard O'Brien[6].

Deux copies en langue arabe sont arrivées aux États-Unis signées du sceau officiel de Mustapaha Pacha. Une des copies est conservée dans la section consulaire des archives du Département d'état Américain tandis que l'autre est dans les archives personnelles du président Thomas Jefferson[7]. À l'arrivée de la lettre en 1802, personne ne put traduire la lettre et ce n'est qu'en mai 1803 que O'Brien traduit la lettre pour le président. Ce dernier, répond le 16 juillet 1803, en remerciant les efforts de Mustapha Pacha pour la libération des marins et nomme Tobias Lear consul à la place de Cathcart[7].

MortModifier

Le 31 août 1805, les janissaires assassinent Mustapha Pacha à la porte de la mosquée quelques semaines après son ami Boudjenah. Il a été enterré à Bab el Oued, puis transféré à la Zaouia Sidi Abderrahmane.

L’Hôpital Mustapha Pacha, situé à Alger porte son nom car le terrain sur lequel il est construit appartenait à Mustapha Pacha, ses héritiers l'ont légué à la communauté.

RéférencesModifier

  1. Abla GHEZIEL, La politique des deys d’Alger à la veille de la conquête française (1730/1830), Toulouse (lire en ligne)
  2. Roland Courtinat, La piraterie barbaresque en Méditerranée: XVI-XIXe siècle, SERRE EDITEUR, (ISBN 9782906431652, lire en ligne)
  3. (en) H. Z(J W. ) Hirschberg, A history of the Jews in North Africa: From the Ottoman conquests to the present time / edited by Eliezer Bashan and Robert Attal, BRILL, (ISBN 9004062955, lire en ligne)
  4. « Une famille dans l'histoire », sur www.bacrie.ca (consulté le 21 mars 2016)
  5. (en) Spencer C. Tucker, The Encyclopedia of the Wars of the Early American Republic, 1783–1812: A Political, Social, and Military History [3 volumes]: A Political, Social, and Military History, ABC-CLIO, (ISBN 9781598841572, lire en ligne)
  6. « Founders Online: To Thomas Jefferson from Mustafa Baba, Dey of Algiers, 17 Octo … », sur founders.archives.gov (consulté le 20 mars 2016)
  7. a et b (en) Thomas Jefferson et Barbara Oberg, The Papers of Thomas Jefferson: 1 July to 12 November 1802, Princeton University Press, (ISBN 069115323X, lire en ligne)

Voir aussiModifier