Hage Geingob

homme d'État namibien de 2015 à 2024

Hage Geingob, né le à Otjiwarongo et mort le à Windhoek (Namibie), est un homme politique namibien, membre de la SWAPO et militant anti-apartheid. Il est Premier ministre du au , et de nouveau du au , date à laquelle il accède à la fonction de président de la République qu'il exerce jusqu'à sa mort.

Hage Geingob
Illustration.
Hage Geingob au Global Gateway Forum en 2023.
Fonctions
Président de la république de Namibie

(8 ans, 10 mois et 14 jours)
Élection 28 novembre 2014
Réélection 27 novembre 2019
Vice-président Nickey Iyambo
Nangolo Mbumba
Premier ministre Saara Kuugongelwa-Amadhila
Gouvernement Geingob I et II
Prédécesseur Hifikepunye Pohamba
Successeur Nangolo Mbumba
Premier ministre de Namibie

(2 ans, 3 mois et 17 jours)
Président Hifikepunye Pohamba
Prédécesseur Nahas Angula
Successeur Saara Kuugongelwa-Amadhila

(12 ans, 5 mois et 7 jours)
Président Sam Nujoma
Prédécesseur Poste créé
Successeur Theo-Ben Gurirab
Ministre namibien du Commerce et de l'Industrie

(4 ans, 7 mois et 26 jours)
Président Hifikepunye Pohamba
Premier ministre Nahas Angula
Prédécesseur Immanuel Ngatjizeko
Successeur Calle Schlettwein
Biographie
Nom de naissance Hage Gottfried Geingob
Date de naissance
Lieu de naissance Otjiwarongo (Sud-Ouest africain)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Windhoek (Namibie)
Nationalité Namibienne
Parti politique SWAPO
Diplômé de Université Fordham
The New School

Hage Geingob Hage Geingob
Présidents de la république de Namibie
Premiers ministres de Namibie

Biographie

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Monica Geingos, son épouse depuis 2015.

Jeunesse et formation

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Hage Geingob est né en 1941[1] dans une famille de l'ethnie Damara à Otjiwarongo dans le Sud-Ouest africain alors sous tutelle de l'Afrique du Sud (au nord d'un territoire devenu ensuite la Namibie). Il passe son enfance dans le district de Grootfontein puis dans celui d'Otavi.

Hage Geingob fait des études au Augustineum Training College de 1958 à 1961[2]. Il en est exclu en 1960 pour avoir participé à une manifestation contre la qualité insuffisante du système éducatif des Africains du Sud-Ouest africain, mais son exclusion est finalement annulée lui permettant d'obtenir son diplôme d'enseignant. Il est alors affecté à l'école primaire de Tsumeb. Au bout d'une année à ce poste, il démissionne et rejoint le Bechuanaland afin de pouvoir accéder à des études supérieures. Il tente de rejoindre Dar es Salaam par un charter affrété par l'ANC sud-africain mais l'avion est immobilisé au sol par les services secrets sud-africains avant son décollage.

En 1964, il rejoint les États-Unis pour suivre des études supérieures de sciences politiques. En 1974, il est diplômé en relations internationales de la faculté de recherches en sciences sociales, à l'université The New School à New York[2].

Carrière politique

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Nations unies

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Hage Geingob devient en 1963 représentant de la branche namibienne de la « South West Africa People’s Organization » (SWAPO)[2]. De 1964 à 1971, il est le représentant de la SWAPO auprès des Nations unies[2] et joue un rôle actif pour faire reconnaître l'organisation comme représentant du Sud-Ouest africain et pour faire retirer son mandat à l'Afrique du Sud.

En 1972, il rejoint le secrétariat des Nations-Unies pour les affaires politiques[2]. En 1975, il est nommé directeur de l'institut onusien pour la Namibie qui doit servir à fournir des cadres de la fonction publique à une future république de Namibie.

Premier ministre

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En 1989, Hage Geingob, déjà membre du comité central, est élu au bureau politique de la SWAPO[2] pour suivre le déroulement de la campagne électorale en Namibie. Le , il retourne dans son pays natal après 27 années d'absence[1]. Le suivant, à la suite des élections qui ont donné 57 % des voix à la SWAPO, il est élu président de l'Assemblée constituante. Il se fait alors l'apôtre de la réconciliation nationale et c'est en grande partie grâce à lui que la Constitution, agréée sans réserve par les juristes sud-africains, est adoptée à l'unanimité des députés en . Il dirige alors le cabinet fantôme en attendant la proclamation de l'indépendance de la Namibie, et gère durant la période transitoire le relais de l'administration sud-africaine par une administration namibienne.

Le , Hage Geingob devient officiellement le premier Premier ministre de Namibie[1]. Bien que Damara, il prend l'ascendance dans un mouvement dominé par l'ethnie ovambo, symbolisant l'ouverture de la SWAPO vers les autres ethnies. Pendant douze ans au poste de premier ministre[1], il soutient et applique une ligne politique modérée en dépit des discours plus radicaux du président Sam Nujoma ou du secrétaire général de la SWAPO, Moses Garoëb.

En 2004, Hage Geingob est élu député pour la quatrième fois consécutive. Il est ministre du Commerce et de l'Industrie du au , date à laquelle il est nommé une deuxième fois au poste de Premier ministre, qu'il occupe jusqu'en mars 2015[1].

Dans l'affaire UraMin, Hage Geingob est un temps consultant rémunéré par l'UraMin, mais affirme avoir toujours déclaré ce rôle et les revenus associés[3].

Président de la République

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Candidat de la SWAPO à l'élection présidentielle de 2014, Geingob est élu dès le premier tour le en obtenant 86,73 % des voix[4]. Il s'agit de la première élection présidentielle en Afrique qui se tient par vote électronique[5]. Il prend ses fonctions le [6], quelques jours après avoir épousé Monica Geingos[7].

En 2016, la croissance de l'économie namibienne passe de 5,7 % à 0,8 %, ce qui impacte la notation du pays par les institutions financières, mais Hage Geingob affirme fin 2017 vouloir maintenir son indépendance vis-à-vis du FMI et de la Banque mondiale[8]. En , alors que la Chine investit massivement en Namibie, Hage Geingob assure que son pays ne compromet pas son intégrité économique et politique pour autant[9].

En , il lance une réforme agraire visant à se réapproprier les terrains agricoles détenus par les blancs et étrangers représentant 43 % des terres arables[10]. En , il relance cette proposition qui semble ne pas avoir abouti la première fois[11],[12]. Ce projet s'inscrit dans son programme de renouveau économique dénommé National Equitable Economic Empowerment Framework (NEEF, inspiré du Black Economic Empowerment sud-africain), un ensemble de lois couvrant 6 domaines stratégiques pour débloquer l'égalité économique dans le pays[13].

En , il interdit à tous ses ministres de voyager aux frais de l'État durant toute la durée du mois, une mesure visant à réduire les dépenses publiques[14].

Le , il est nommé président de la SADC[3],[15]. Le , il assure la médiation entre le duo Jean-Pierre Bemba-Moïse Katumbi, exclus des élections congolaises, et la SADC[16].

À nouveau candidat à l'élection présidentielle de novembre 2019, Geingob est réélu avec 56,3 % des suffrages exprimés, score en baisse par rapport aux 86 % qu’il avait obtenus cinq ans auparavant[17]. Panduleni Itula, candidat dissident de la Swapo, responsable du Mouvement des sans-terre (LPM) de Bernadus Swartbooi obtient 30 % des suffrages. Le chef de l’opposition, McHenry Venaani, du Mouvement démocratique populaire (PDM), autrefois proche de l’Afrique du Sud de l’apartheid, obtient 5,3 % des suffrages. La Swapo obtient de ce fait 65 % des sièges à l’Assemblée nationale, échouant à obtenir une majorité des deux tiers comme dans la législature précédente[18].

À la tribune de l'ONU, le président Geingob a qualifié d'« apartheid vaccinal » les différences de disponibilité des vaccins contre la Covid-19 entre les pays pauvres et les pays riches[19].

Atteint d'un cancer, Hage Gottfried Geingob meurt le 4 février 2024 un peu après minuit dans un hôpital de Windhoek en Namibie à l'âge de 82 ans[1].

Notes et références

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  1. a b c d e et f « Hage Geingob, président de la Namibie et militant contre l’apartheid, est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a b c d e et f (en) « Geingob Hage », sur site du parlement de Namibie
  3. a et b Sonia Rolley, « SADC, RDC, Areva: entretien exclusif avec le président namibien Hage Geingob », sur RFI,
  4. « Namibie : le Premier ministre Hage Geingob élu Président », sur Africa Top Success, .
  5. « Elections en Namibie: premier vote électronique d’Afrique », sur RFI, .
  6. « Namibie : le président Hage Geingob prête serment », Jeune Afrique, .
  7. (en) « Geingob, Monica say 'I do' », The Namibian, .
  8. « La Namibie n'a pas besoin du FMI, selon son président », sur BBC News Afrique, .
  9. (en) Se Young Lee, Lusha Zhang, « Namibia president says China not colonizing Africa -China state media », sur Reuters, .
  10. « Namibie : réforme agraire en vue », sur BBC News Afrique, .
  11. « Namibie: coup d'envoi du débat sur une nouvelle réforme foncière », Le Point, .
  12. (en) « Namibia's president wants to expropriate land from whites », sur Deutsche Welle, .
  13. « Namibie : le président Geingob s’inspire du « Black Economic Empowerment », La Tribune, .
  14. Mamadou Kane, « Namibie : Hage Geingob interdit ses ministres de voyager », sur Afrique sur 7, .
  15. (en) Ramaphosa hands over SADC chairmanship to Namibia's Geingob, www.iol.co.za, 17 août 2018 (consulté le 22 décembre 2018).
  16. RDC: la SADC reçoit l’opposition sur fond de tensions pré-électorales, www.rfi.fr, 15 décembre 2018 (consulté le 22 décembre 2018).
  17. « Namibie : Hage Geingob réélu président avec un score en forte baisse », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  18. « Namibie : le président Hage Geingob réélu, avec un score en forte baisse », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. (en-US) « Africa calls for international support in fight against COVID-19 | Africa Times », sur africatimes.com, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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