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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jourdan et Morhange.
Hélène Jourdan-Morhange
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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De gauche à droite : Luc-Albert Moreau, Hélène Jourdan-Morhange, Madeleine Grey, Germaine Malançon et Maurice Ravel en 1925.

Hélène Jourdan-Morhange, née le à Paris[1] et morte le à Paris[2], est une violoniste classique, une critique musicale et une productrice de radio française.

Sommaire

BiographieModifier

Née Hélène Morhange, en 1913 elle épouse le peintre français Jacques Jean Raoul Jourdan (né le 22 juin 1880 à Paris), mort durant la bataille de Verdun le 25 mars 1916[3].

Élève d'Édouard Nadaud au Conservatoire de Paris, en 1906 elle y obtient obtient un 1er Prix de violon .

Interprète des œuvres de ses contemporains, elle est remarquée dès 1917 par Maurice Ravel dont elle devient une proche amie (il la surnomme affectueusement « Moune ») et une interprète de prédilection. En 1921, elle crée avec Maurice Maréchal le premier mouvement de la Sonate pour violon et violoncelle. En 1922, elle assure la création avec Maurice Maréchal de la version intégrale de la Sonate pour violon et violoncelle ainsi que la première audition française (et non la création mondiale, en Italie) de la Berceuse sur le nom de Fauré. En 1927, il lui dédie sa Sonate pour violon. Après la mort de Ravel en 1937, elle a publié d'importants souvenirs sur le compositeur. En 1947-1949, elle fit partie des membres fondateurs de la Fondation Maurice Ravel.

Elle fut l'interprète et l'amie de nombreux autres musiciens de son temps, dont ceux du Groupe des six. Elle a créé des œuvres de nombreux musiciens autres que Maurice Ravel : Claude Delvincourt, Arthur Honegger (Sonate pour violon et piano n°1, 1918), Georges Migot, Roland-Manuel (Trio dédié à Maurice Ravel, 1919), Germaine Tailleferre (Trio, 1917 ; Quatuor, 1917), Alexandre Tansman, Alexandre Tcherepnine. Elle est la dédicataire d'œuvres de Paul Paray et Florent Schmitt.

Elle eut l'occasion de jouer, notamment avec les pianistes Juliette Meerovitch et Marcelle Meyer, dans plusieurs salons parisiens : ceux d'Étienne de Beaumont, de la princesse de Polignac, de la princesse Eudoxie Murat et la belle-fille de cette dernière, Violette Murat.

Elle fut liée d'amitié avec Colette avec laquelle elle eut une abondante correspondance.

Elle fut la compagne du peintre et graveur Luc-Albert Moreau, qui fit plusieurs portraits de Maurice Ravel. Outre son domicile dans le 17e arrondissement de Paris, elle se rendit souvent dans ce qu'elle appelait « la petite chaumière de Luc-Albert Moreau »[4], Le Petit Moulin ou « Manigot » aux Mesnuls, à proximité de Montfort-l'Amaury où se trouvait le domicile de Ravel, le Belvédère. À partir de 1925, elle se rendit régulièrement, l'été notamment, à la villa « Le Maquis » à Saint-Tropez, acquise par Luc-Albert Moreau et ses amis peintres André Villeboeuf et André Dunoyer de Segonzac. En 1946, après une vingtaine d'années de vie commune avec Luc-Albert Moreau, elle l'épousa à Paris dans l'intimité.

Atteinte d'arthrite des mains, elle doit mettre un terme précoce à sa carrière. Après 1940, elle exerce la critique musicale notamment au périodique Les Lettres françaises ainsi qu'à La Dépêche, Fraternité, Le Guide du concert, la Revue de Paris, Le Soir, Le Spectateur. Après la Libération, elle produit des émissions musicales à la Radiodiffusion française (RDF).

Hélène Jourdan-Morhange et Luc-Albert Moreau sont enterrés au cimetière des Mesnuls.

Sans descendance, son principal héritier est son neveu Bernard Villaret, explorateur et écrivain français, qui publia en 1985 les correspondances de Colette à Hélène Jourdan-Morhange et Luc-Albert Moreau.

En 2016, la Fondation Maurice Ravel a pris en charge l’entretien du violon d’Hélène Jourdan-Morhange et sa mise à disposition de la violoniste Véra Lopatina (du Trio Medici).

PublicationsModifier

OuvragesModifier

  • Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève, Éditions du Milieu du monde, 1945, 271 p. (notice BnF no FRBNF32291620)
Biographie de Maurice Ravel, préfacée par Colette et illustrée par Luc-Albert Moreau.
  • Ravel d'après Ravel, Lausanne, Éditions du Cervin, 1953, 80 p. (notice BnF no FRBNF32518214)
Publication à partir d'entretiens radiodiffusés avec Vlado Perlemuter autour de leur maître et ami commun Maurice Ravel.
  • Mes amis musiciens, Paris, Les Éditeurs français réunis, 1955, 219 p. (notice BnF no FRBNF37748447)
  • Ravel d'après Ravel suivi de Rencontres avec Vlado Perlemuter, Aix-en-Provence, éditions Alinéa, 1989, 159 p. (notice BnF no FRBNF35026112) (ISBN 2-904631-78-X)
Réédition posthume très augmentée de l'ouvrage de 1953 par Jean Roy.

Articles (sélection)Modifier

  • « Mon ami Ravel », La Revue musicale, no 187,‎ , p. 192-197
    Texte réédité par Marcel Marnat dans Maurice Ravel. Qui êtes-vous ?, Lyon, La Manufacture, 1987, p. 316-323
  • « Ravel à Montfort-l'Amaury », Maurice Ravel par quelques-uns de ses familiers, Paris, Éditions du Tambourinaire,‎ , p. 163-169
    Un extrait fut réédité sous le titre « Ravel et ses amis », Cahiers Maurice Ravel, n°1, 1985, p. 32-34 ; l'article a été intégralement réédité dans l'ouvrage Ravel par lui-même et ses amis, Paris, Michel de Maule, 1987, p. 163-169
  • « La musique de chambre », Maurice Ravel, Paris, Les Publications techniques et artistiques,‎ , p. 11-18 (notice BnF no FRBNF33475565)
  • « Correspondance », Contrepoints, no 2,‎ , p. 95 (notice BnF no FRBNF32747949)
    Lettre ouverte à Vladimir Jankélévitch en réponse à des propos tenus sur Maurice Ravel ; lettre rééditée par Manuel Cornejo dans Cahiers Maurice Ravel, n°18, 2016, p. 105
  • « La genèse du Boléro », Le Spectateur,‎ (notice BnF no FRBNF32871641)
    Reprend les souvenirs sur le Boléro déjà publiés en 1945 dans le livre Ravel et nous

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Colette, Lettres à Moune et au Toutounet : texte établi et préfacé par Bernard Villaret, Paris, des Femmes, , 405 p. (notice BnF no FRBNF34835573)  
    Correspondances de Colette à Hélène Jourdan-Morhange dite « Moune » et Luc-Albert Moreau dit « Toutounet »
  • Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes : et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-08064-5, notice BnF no FRBNF36685957), p. 541  
  • Anne Bongrain, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, 1900-1930 : documents historiques et administratifs, Paris, Vrin, (ISBN 978-2-7116-2398-3, notice BnF no FRBNF42627971), p. 556  
  • Manuel Cornejo, « Le "match Debussy-Ravel". Choix de textes : présentation, transcription et notes », Cahiers Maurice Ravel,‎ , p. 81-111 (ISBN 978-2-840497-22-6)  
    Réédition d'un article de Vladimir Jankélévitch, Contrepoints, n°1, janvier 1946, p. 97-99, avec des propos sur Maurice Ravel qui contrarièrent Hélène Jourdan-Morhange, Henri Jourdan et André Schaeffner qui répondirent publiquement dans Contrepoints, n°2, février 1946 et n°5, décembre 1946, textes réédités intégralement
  • Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1776 p. (ISBN 2-36-890577-4, notice BnF no FRBNF45607052)  
    Contient les échanges épistolaires localisés entre Maurice Ravel et Hélène Jourdan-Morhange (33 correspondances de Ravel, 3 seulement de Jourdan-Morhange

RéférencesModifier

  1. Acte de naissance n°492 de l'année 1888 de l'état civil de la Mairie du Xe arrondissement de Paris.
  2. Acte de décès n°1987 de l'année 1961 de l'état civil de la Mairie du XIVe arrondissement de Paris.
  3. Acte de mariage no 586 de l'année 1913 l'état civil de la Mairie du XVIIe arrondissement de Paris.
  4. Hélène Jourdan-Morhange, « Ravel à Montfort-l'Amaury », Maurice Ravel par quelques-uns de ses familiers, Paris, Éditions du Tambourinaire,‎ , p. 163-169 (166)

Voir aussiModifier