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Griphopithèque

genre de mammifères

Griphopithecus

Griphopithecus est un genre éteint de singes appartenant à la famille des hominidés. Il vivait en Europe centrale et en Turquie au cours du Miocène moyen, il y a entre 17 et 13,5 millions d'années (Ma).

EspècesModifier

Le genre Griphopithecus comprend deux espèces[1] :

  • Griphopithecus suessi (Abel, 1902) : Europe centrale
    • synonyme : Griphopithecus darwini
  • Griphopithecus alpani (Tekkaya, 1974) : Turquie

DescriptionModifier

Des fossiles de Griphopithecus suessi ont été trouvés sur trois sites d'Europe centrale[2] :

  • une molaire partielle, à Engelswies, en Allemagne, datée entre 17 et 16,2 Ma
  • 5 dents isolées, à Devinska Nova Ves, en Slovaquie, d'environ 15 Ma
  • des ossements post-crâniens, à Klein Hadersdorf, en Autriche, d'environ 15 Ma

Le poids d'un Griphopithecus suessi mâle est estimé à environ 50 kg[3].

Griphopithecus alpani a été trouvé sur deux sites turcs, Pasalar et Çandir, où ses fossiles sont datés entre 15 et 13,6 Ma[2].
Ses dents sont couvertes d'une couche d'émail moyennement épaisse, dénotant peut-être un régime alimentaire relativement diversifié.
L'espèce présenterait un fort dimorphisme sexuel.

ClassificationModifier

Phylogénie des genres actuels d'hominidés, d'après Shoshani et al. (1996)[4] et Springer et al. (2012)[5] :

Hominidae 
 Ponginae 

 Pongo (les orang-outans)


 Homininae 
 Gorillini 

 Gorilla (les gorilles)


 Hominini 
 Panina 

 Pan (les chimpanzés)


 Hominina 

 Homo (les humains)






Griphopithecus appartiendrait au groupe des Kenyapithecinae (Leakey, 1962), parfois aussi appelé Griphopithecinae (Begun, 2002), une sous-famille éteinte de la famille des Hominidae[1].

DébatModifier

Selon le paléoprimatologue canadien David R. Begun, de l'université de Toronto, Griphopithecus pourrait être issu d'Afropithecus, un Hominoidea fossile trouvé au Kenya et daté d'environ 17,5 millions d'années (Ma). Griphopithecus serait arrivé en Europe il y a quelque 17 Ma, à la faveur de la collision des plaques arabo-africaine et eurasiatique. Il se serait diffusé ensuite vers l'Anatolie. Il pourrait être l'ancêtre de Dryopithecus, dont les fossiles sont connus en Europe à partir de 12,5 Ma, et de toute la sous-famille des Homininae, à laquelle appartient le genre Homo[1],[2].

Selon d'autres chercheurs, l'ascendance de la lignée humaine est à rechercher en Afrique, parmi les Homininae africains, qui sont toutefois maigrement représentés dans le registre fossile à ce jour.

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) David R. Begun, The real Planet of the Apes : A new Story of human Origins, Princeton University Press, (lire en ligne)
  2. a b et c (en) Mariam C. Nargolwalla, Eurasian Middle and Late Miocene Hominoid Paleobiogeography and the Geographic Origins of the Homininae, thèse de doctorat de l'université de Toronto, 2009, chapitre 4, p.186, lire en ligne
  3. (en) Isaac Casanovas-Vilar et al., Un updated chronology for the Miocene hominoid radiation in Western Eurasia, 2011
  4. (en) J. Shoshani, C. P. Groves, E. L. Simons et G. F. Gunnell, « Primate phylogeny : morphological vs. molecular results », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 5, no 1,‎ , p. 102-54 (PMID 8673281, lire en ligne)
  5. (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith et al., « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)

BibliographieModifier

  • (en) David R. Begun, « The Miocene Hominoid Radiations », A Companion to Paleoanthropology, Oxford, Wiley-Blackwell,‎ , p. 398-415 (lire en ligne)
  • (en) David R. Begun, The real Planet of the Apes : A new Story of human Origins, Princeton University Press, (lire en ligne)

Voir aussiModifier